Macron : Nous sommes face à une guerre mondiale d’un nouveau genre

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Aux premiers moments de la crise sanitaire, Emmanuel Macron avait alerté les français que leur pays était en guerre face au Coronavirus. Douze mois après, le président français est monte d’un cran en affirmant ce jeudi 25 mars, au terme du sommet européen par visioconférence, que «l’Europe était face à une guerre mondiale d’un nouveau genre». Blessée dans sa fierté, la France, unique pays du Conseil de Sécurité à avoir échoué à développer un programme de vaccin anti-Covid, aura-t-elle choisi de diaboliser ses adversaires pour masquer son échec ainsi que celle de la centrale d’achat européenne? Macron a-t-il eu raison de qualifier la pandémie de guerre mondiale et de pointer un jeu d’influence «meurtrier» de la Chine et de la Russie, qui cacherait un basculement programmé de l’épicentre de la planète vers l’Est ?

Ce qui est certain, c’est que le Maroc, grâce à une vision éclairée, une lecture juste de la situation géopolitique et une série d’actions décisives du roi Mohammed VI, ne s’est pas laissé berné par l’égoïsme et l’hypocrisie d’un continent qui se déclare toujours représentant du monde libre.

Que s’est-il passé ?

«Nous sommes face à une guerre mondiale d’un nouveau genre face aux attaques, aux velléités russes et chinoises d’influence sur le vaccin» a mis en garde le président français ses homologues européens réunis ce jeudi 25 mars dans un sommet européen par visioconférence.

«Face à cela nous devons être souverains. Nous sommes en train de nous mettre en capacité de produire pour les vaccins de seconde génération» a-t-il ensuite déclaré, assurant que l’Europe était désormais « en train de répondre à cette crise» et qu’elle serait « le continent qui produira à la fin de l’été le plus de doses dans le monde ». En attendant, « les semaines qui viennent seront difficiles », a-t-il reconnu au sujet de la flambée des contaminations en France.

 

Si Macron a choisi d’attaquer la Chine et la Russie, il a par ailleurs évité de cibler le Royaume-Unis, un autre pays qui fait mieux que la France et l’Europe, grâce à l’efficacité de sa stratégie de développement et de fabrication du vaccin AstraZeneca. Lequel vaccin a été sujet d’un bras de fer entre les capitales européennes et Londres qui a duré plusieurs semaines.

En effet, Emmanuel Macron semble avoir répondu aux pressions de l’Allemagne qui a clairement exprimé une volonté de jouer l’apaisement. Mark Rutte comme Angela Merkel, la chancelière allemande, ont chacun appelé à une solution «gagnant-gagnant » plutôt qu’à un bras de fer qui passerait par un blocage par l’UE de ses exportations de vaccins. Des chiffres publiés hier ont révélé que l’UE avait exporté plus de doses (77 millions) qu’elle n’en avait administrées à ses citoyens (62 millions) depuis le début de la pandémie, rapport LesEchos.fr.

En quoi est-ce significatif ?

Emmanuel Macron considère aujourd’hui le vaccin russe Spoutnik V et le chinois Sinopharm comme des armes d’influence. Le président français avait pourtant annoncé début février lors de son passage au 20H de TF1, que l’homologation du vaccin russe pouvait être envisagée au sein de l’Union européenne.

Macron avait également affirmé que cette décision ne relevait pas du politique. «C’est une décision scientifique, et heureusement. Il faut que nos concitoyens soient protégés.» avait-il déclaré à la chaine télé. À ce jour, trois vaccins sont autorisés au sein de l’Union européenne : Pfizer, Moderna et AstraZeneca. «D’autres suivront», a-t-il assuré. Une sortie qui voulait rassurer l’opinion publique française qui s’impatiente face aux déboires de l’administration Macron dans sa gestion de la vaccination. Et qui s’interrogeait sur la démarche de la Hongrie, qui avait commandé le vaccin russe sans attendre le feu vert de l’UE.

Sanofi et Pasteur, portes drapeaux de l’industrie pharmaceutiques françaises, ont démontré l’essoufflement de la recherche française. Ne finançant suffisamment pas la recherche, les deux structures se sont vues surplanter par l’Allemagne, le Royaume-Unis et les États-Unis.

«En France on comptait sur Sanofi. Mais Sanofi n’est plus un promoteur de l’innovation. Elle ne finance plus la recherche & développement et préfère soit acheter des start-ups ou soit faire de la communication pour vendre les médicaments qui lui rapportent les plus d’argent, et payer les dividendes des actionnaires» a déclaré à RT France, Michèle Rivasi, députée européenne.

Une déclaration qui a été appuyée par une note récente du Conseil d’analyse économique qui énumère des éléments sur l’échec du «pays de Pasteur» à produire un vaccin contre le coronavirus. Le verdict du Conseil est sans appel : la France paie son manque d’investissements dans la recherche.

L’autre fiasco français est celui de la start-up Valneva, qui malgré la présence de la Banque publique d’investissement (BPI) parmi ses actionnaires de référence, n’a pu obtenir de soutien suffisant auprès des autorités françaises pour obtenir des précommandes de l’Union européenne. C’est finalement le gouvernement de Boris Johnson qui a apporté les financements nécessaires pour poursuivre ses recherches qui profiteront aux Britanniques qui bénéficieront de 100 millions de doses.

Quand on regarde la carte industrielle de la production de vaccins, la France n’est pas un pays qui peut se vanter d’en être un acteur incontournable. L’approche offensive de Macron face aux fournisseurs des vaccins n’est pas certain qu’elle soit productive. Elle pourrait pousser les Etats, sous la pression de leur opinion publique et de la crise économique à y aller en ordre dispersé. Si Macron juge que l’état de la France était similaire à celui de 1940, c’est qu’il reconnait son échec en mettant son pays dans une situation explosive. Il est donc loin du winner et du leader rassembleur.

Dans sa quête de reconquérir l’influence bonapartiste de la France, Emmanuel Macron s’est cassé les dents dans presque toutes les actions qu’il a entreprises. Branlée au Sahel. Faillite dans le dossier de gaz de l’est de la Méditerranée. Fiasco en Libye. Stérile au Liban. Inoffensif face à la Turquie. Fragile devant la Russie. Désarmé face à l’Allemagne.

Des échecs qui ont rendu le président français paranoïaque. Entre la Turquie qui veut influencer ses élections et la Russie et la Chine qui veulent l’envahir, il ne voit plus la planète que manouvres hostiles et menaces de déstabilisations.

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