Libye : Le maréchal Haftar propulse son fils « Saddam » au rang de colonel de son armée

Fort de ses derniers succès remportés lors de sa campagne armée contre aussi bien les rebelles de l’opposition tchadienne ou les groupes terroristes et les bandes criminelles organisées qui sévissent dans le Sud de la Libye, le patron de l’Armée nationale libyenne (ANL), et non moins homme fort de la Cyrénaïque, le maréchal Khalifa Haftar vient de promouvoir un certain nombre de « militaires » au grade de colonels non pas pour faits d’armes avérés mais surtout pour liens familiaux.

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Sur une liste de huit personnes bombardées à de hauts grades dans l’armée, figurent notamment le colonel Ahmed Bouzid Mesmari, qui devient général, ou encore son propre fils, Saddam Khalifa Abou El Kacem Haftar, élevé au rang de colonel. Ce dernier a la particularité de n’avoir jamais fréquenté une académie militaire ou une formation dans ce sens. Le second privilégié dans cette liste n’est autre que son gendre et époux de sa fille. Ayoub Youssef El Ferjani qui n’était jusqu’à 2014 qu’un simple fonctionnaire administratif dans la province d’Ajdabiya, s’est vu attribuer le titre de colonel.

Il y a quatorze mois, le maréchal Haftar avait opéré un changement capital dans la composition de son cabinet militaire en y intégrant deux de ses fils, Saddam et Khaled, ainsi que son gendre Ayoub Youssef, avec le grade de capitaine, tout en les plaçant à la tête de brigades opérationnelles. Saddam, rapidement promu commandant, a hérité de la Brigade 106 une des unités les plus sensibles du dispositif de Haftar. Quant à Khaled, il dirige une unité de renseignement militaire. Tous formés en Jordanie, ce jeune trio fait partie de la garde rapprochée du maréchal.


Le désormais nouveau colonel Saddam Haftar, proche des Emirats arabes unis, est accusé par plusieurs milieux libyens d’avoir détourné, en 2017, des centaines de millions de dollars de la banque centrale libyenne. Une affaire qui a révélé au grand jour la mainmise de la famille Haftar sur les ressources de l’Etat libyen.

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Sur le terrain, et en dépit de ses victoires annoncées, dont certaines informations font état de l’appui décisif de l’armée égyptienne ou le concours de militaires et pilotes russes et un financement émirati, et la crainte de voir Haftar marcher sur Tripoli, les dernières nouvelles rapportées par les médias libyens de violents affrontements entre ses troupes et des groupes armés de la Tribu de Tabou (la Libye compte pas moins de 142 tribus) dans la ville de Morzouk ces dernières 48 heures, font état de plusieurs morts et blessés dans les deux camps alors qu’hier, mercredi, le porte-parole officiel de l’ANL, Ahmed Bouzid Mesmari, nouvellement promu au grade de général, a affirmé depuis la salle d’opérations Karama : “nos forces ont sécurisé la ville de Mourzouk”.

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Information démentie par des tribus de la région qui, citant des sources locales de la ville de Mourzouk, indiquent que les groupes armés du maréchal Haftar, principalement ceux issus de la tribu des Aouled Slimane, se sont retirés après une résistance féroce de la part des combattants de Tabou.

La situation est des plus confuses dans ce pays déchiré par les milices armées et les convoitises régionales et internationales qui n’arrêtent de mettre de l’huile sur le feu.

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