«Nature Morte» oeuvre de l'artiste, Mustapha Akrim, qui expose un charnier d’animaux morts réalisé en « béton »

Etat des lieux et perspectives des arts plastiques au Maroc : l’appel de Hicham Daoudi pour un véritable débat national

Cinquante ans après la première note sur la situation des arts plastiques au Maroc, pensée par Mohamed Melehi, en 1969, donnant lieu à l’exposition dissidente de la place Jamaâ El Fna de Marrakech, et où se sont affirmés les noms de Farid Belkahia, Hamidi, Ataâllah, Mustapha Hafid, Mohamed Chebaâ, les pères fondateurs de l’art contemporain au Maroc, Hicham Daoudi, fondateur du Comptoir des Mines, de la Compagnie marocaine des œuvres d’art (CMOOA), du magazine Diptyk et président de l’Art Holding Morocco, lance un appel pour un débat national sur les arts plastiques au Maroc.

Hicham Daoudi, particulièrement actif et engagé dans l’écosystème artistique marocain, n’est pas à sa première sortie médiatique au sujet de l’art marocain, et pour cause, la «crise» du secteur dépasse aujourd’hui, les difficultés endémiques du secteur, laissant éclater au grand jour des scandales qui ternissent davantage l’image de l’artiste et de l’investisseur. Hicham Daoudi appelle à davantage d’engagement dans le secteur et plaide pour la création d’une plateforme d’échange et de discussion entre tous les acteurs concernés, dans une tentative de faire sortir l’art marocain de sa léthargie qui n’a que trop duré.


POUR UNE PLATEFORME D’ÉCHANGE ET DISCUSSION

par Hicham Daoudi

Les événements récents ayant marqué la galaxie des arts et les évolutions de la société marocaine avec son ouverture toujours plus grande sur le monde extérieur, nous interpellent nous invitent à repenser nos engagements respectifs dans le secteur des arts. Il est peut être grand temps de créer une grande plate forme d’échange et de discussion et où se retrouveraient professionnels du secteur, artistes, fondations et musées privés, écoles des beaux arts, médias artistiques, critiques d’art et autres acteurs en lien avec ce domaine.

Sans s’affilier à aucune autre organisation professionnelle, cette plate forme pourrait conduire à la naissance d’une nouvelle entité capable en interne de trouver des solutions à de nombreuses problématiques rencontrées au Maroc, et inventer des passerelles entre les acteurs du secteur au service des artistes et des étudiants en beaux arts.

Il est peut être grand temps de créer une grande plate forme d’échange et de discussion et où se retrouveraient professionnels du secteur

Lutter contre les déserts culturels, aller vers le monde étudiant et scolaire, travailler sur la base d’une charte d’éthique commune, lutter contre les faussaires, réunir la documentation disponible, dialoguer avec les autorités sur la question des subventions et de la fiscalité, instaurer un système de concours et de jury pour récompenser des initiatives, travailler à la projection de l’art marocain en dehors de nos frontières, et veiller à la situation sociale des artistes et leurs ayants droit me semble aujourd’hui primordial à aborder avec l’ouverture d’un débat franc, sain et serein où l’intérêt collectif est supérieur à celui des petits intérêts personnels. Les petites querelles d’ego, les petites phrases blessantes doivent être oubliées et enterrées pour nous concentrer sur un nouvel objectif. Pour ce faire, j’invite les gens de bonne volonté à y souscrire. Faire preuve de bienveillance collective, d’audaces et d’ambition ne peut que servir l’art marocain.

Depuis la première note sur la situation des arts plastiques au Maroc datant de février 1969, on est en 2019, soit un demie siècle après, qu’avons nous accompli des premières revendications des pères fondateurs de l’art marocain?

Jamaâ El Fna, l’exposition manifeste, Marrakech, 1969 (de gauche à droite: M. Ataallah, F. Belkahia, M. Hafid, M. Hamidi, M. Chebaâ et M. Melehi).

La rencontre que je souhaite organiser, s’inscrit dans l’héritage de l’AMAP en incluant aujourd’hui les facteurs nouveaux qui font partie du paysage culturel, musées privés fondations, écoles et universités qui dispensent des formations culturelles et artistiques.

Lutter contre les déserts culturels, aller vers le monde étudiant et scolaire, travailler sur la base d’une charte d’éthique commune, lutter contre les faussaires

Le secteur de l’art est un véritable écosystème qui peut être une force et une locomotive économiques et politiques de notre pays si on arrive toutefois à clarifier les relations entre acteurs publics et privés, qu’une fiscalité flexible et légitime lui corresponde, que des moyens publics lui soit alloués pour favoriser la production artistique et qu’une formule de consécration des plus talentueux soit mise en place. Le code d’importation, d’exportation et de transit par un guichet unique national où des agents formés peuvent traiter efficacement les dossiers sans recourir à de multiples autorisations réunies entre divers ministères est essentiel pour notre ouverture sur le monde tant pour accueillir que pour diffuser.

Travailler à intégrer les étudiants sortis des écoles et leur favoriser leur première visibilité tout en luttant contre leur précarité est fondamentale et c’est le rôle de tous les espaces d’art du royaume dans un calendrier qui reste à inventer.

De nouveaux événements doivent voir le jour dans les régions et les zones périphériques du Royaume pour que la diffusion artistique ne soit plus l’apanage et le privilège de villes florissantes. La projection du meilleur de notre art dans les biennales et grandes manifestations artistiques mondiales est une urgence.

Toutes ces raisons que je cite ne sont que la partie visible de l’iceberg et tant de choses restent à identifier.

Puisqu’il existe des mécanismes pour aider les producteurs de cinéma, inventons ceux du milieu artistique où les banques auront aussi un rôle à jouer en créant un crédit culturel.

Si vous souscrivez aux points que je viens d’énumérer, il est temps alors de nous rencontrer pour une nouvelle situation des arts plastiques au Maroc 50 ans après sous la bienveillance des premiers membres de l’Association marocaine d’art photographique (AMAP).


Hicham Daoudi une référence marocaine

Quinze ans après l’ouverture à Casablanca de la Compagnie marocaine des oeuvres et objets d’art (CMOOA), à la fois galerie et hôtel des ventes, Hicham Daoudi est devenu une référence dans le royaume. En octobre 2014, il a été décoré du « Wissam Al Moukafaâ Al Watania de l’ordre d’officier » par le roi Mohammed VI au titre de « fondateur de la première exposition africaine d’art à Marrakech » à l’occasion de l’inauguration de l’inauguration du Musée Mohammed VI d’art contemporain.
Serial entrepreneur, il va lancer en 2011, à Casablanca, la  Galerie HD et puis en novembre 2016, le Comptoir des Mines Galerie, une salle des ventes à l’échelle du continent africain. Il s’agit d’un nouveau centre d’art contemporain au Maroc qui ambitionne de travailler aux côtés des meilleurs artistes issus du continent pour permettre la réalisation de leurs projets et leur donner la plus importante visibilité.

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Nawfal Laarabi

Nawfal Laarabi

Intelligence analyst at UBERAL Public Affairs
Social media strategist / Intelligence analyst. 20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisation dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.
Nawfal Laarabi

3 Comments

  1. “Excellente initiative de Monsieur Hicham Daoudi, en espérant qu’il trouvera des oreilles attentives à l’éclosion de cette “entreprise” artistique. Puisse cette idée de créer “Une plateforme d’échanges entre tous les acteurs de bonne volonté du monde de l’art”se concrétiser dans un avenir proche. Puisse t-elle s’enrichir de débats sains et constructifs, et échapper aux querelles vaines et destructrices, aux polémiques inutiles, et à l’avidité de ceux qui voudraient se l’accaparer pour des besoins strictement personnels.”
    Je ne suis pas du domaine, cette idée m’a séduit et je me suis aventuré pour vous livrer mes souhaits de réussite, pour le développement de l’art et son rayonnement dans notre pays.

  2. Hicham Daoudi, précurseur, novateur, persévérant et passionné. Ses catalogues de ventes aux enchères sont depuis 15 ans, une mine, une bible, un baromètre des cotations des artistes marocains. L’art au Maroc lui doit beaucoup.
    Bonne route à toute l’équipe ! et si besoin, nous, petits acteurs de la vie artistique du royaume, nous sommes là pour apporter notre pierre à l’édifice !
    Sandrine Taillefer, galerie VILLA HOUDA à Mohammedia

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