Diplomatie Royale - Page 18

Consolider la coopération islamique face aux défis qui la menacent

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Dans Son discours adressé à la 13ème Conférence au Sommet des pays de l’Organisation de la Coopération Islamique, tenue jeudi dernier à Istanbul, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a appelé les pays musulmans à mettre en œuvre des stratégies et des programmes de réforme appropriés pour transcender ce que le souverain a appelé «une conjoncture délicate » marquée par la montée, ces dernières années, dans les sociétés occidentales, de courants hostiles à l’Islam et de la culture de la peur, de la méfiance et de la haine à l’égard des minorités musulmanes. Pour ce faire, Sa Majesté le Roi a exhorté les pays de l’OCI à établir et mettre en œuvre les stratégies et les programmes de réforme appropriés, dans le plein respect des spécificités nationales et sur les bases de solidarité et de coopération au sein de l’espace régional et au niveau international.

Le Sommet, qui a rassemblé les Chefs d’Etat, de gouvernement, et des représentants de 56 pays musulmans, avait comme objectif de trouver des solutions tangibles aux graves problématiques auxquelles fait face cette communauté de pays liée par l’Islam, notamment dans une conjoncture des plus tendues et sensibles dans l’histoire de l’OCI, avec des guerres, ravages, troubles sanglants en Irak, en Syrie, au Yémen, en Egypte, entre autre contrées vivant dans l’instabilité et dont les populations cherchent des réponses concrètes et immédiates à leurs problématiques.

Ce qui confère une importance accrue à ces interrogations, ce sont les tentatives de certaines parties, ici et là, visant à exploiter cette situation précaire pour attiser les velléités séparatistes, ou redessiner la carte du monde islamique. Ces tentatives reposent sur des bases faisant l’impasse sur l’Histoire et les identités, reniant les particularismes et les attributs spécifiques. Elles traduisent des visées d’immixtion dans le destin des nations et de mise en danger de la sécurité et la stabilité mondiales.

La Turquie, hôte du Sommet, a multiplié les efforts et les contacts pour rapprocher les points de vue des différents belligérants et acteurs directs et indirects des conflits qui rongent plus d’une dizaine de pays musulmans, et Sa Majesté, dans son appel, a exhorté les pays l’OCI, en tant que force et regroupement «quasi-mondial» comptant plus d’un milliard de musulmans, à accroître cette force et à réussir à exploiter les opportunités de complémentarité offertes et à tirer profit de l’histoire commune et des expériences de ses composantes, pour sortir avec des recommandations efficaces et réalisables, fustigeant au passage les tentatives de certaines parties, visant à exploiter cette situation précaire pour attiser les velléités séparatistes, ou redessiner la carte du monde islamique. Le souverain a mis l’accent sur la nécessité d’intensifier la coopération Sud-Sud, fondée sur la confiance, le réalisme et les intérêts mutuels, et l’élargissement de son champ entre les membres de l’OCI, notamment par le partage des expériences dans tous les domaines, dans le but de rehausser les capacités productives de tous les pays et de consolider leurs économies respectives en vue d’assurer les conditions d’une vie digne et de répandre le bien-être au profit des peuples islamiques.

Si l’objectif du sommet est de chercher des solutions aux dangers auxquels fait face le monde islamique, le président Turc s’est, lui, trouvé dans une véritable impasse diplomatique, en cherchant, non sans grande difficulté, à concilier des points de vue parfois diamétralement opposés comme ceux de l’Iran et de l’Arabie saoudite, du Qatar et de l’Egypte, entre autres positions polarisées qui ont entravé la possibilité d’entrouvrir une quelconque réconciliation. D’où l’appel à l’Iran d’éviter de s’immiscer et d’interférer dans les affaires intérieures des Etats musulmans de la région, y compris la Syrie et le Yémen.

Pendant ce temps-là, le discours de Sa Majesté, juste et consensuel, n’a pas versé dans la partialité, mais en Sa qualité de Amir al-Mouminine et de président du Comité Al-Qods,le souverain a réitéré la mobilisation du Maroc, de son Roi, de son gouvernement et de son peuple, pour défendre Al-Qods et la Palestine avec les différents moyens politiques, juridiques et pratiques disponibles.

Et loin des querelles bilatérales sans lendemain, le discours de Sa Majesté prônait une vision plus globale et de rassemblement et ce, en appelant  les pays musulmans à poursuivre avec la même détermination la mobilisation pour porter secours à Al-Qods et la préserver de la politique de judaïsation systématique qui s’y pratique quotidiennement sur le terrain et accompagner les priorités et besoins des habitants de la Ville Sainte.

Sa Majesté le Roi a eu un long entretien téléphonique avec le Président Russe

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Selon un communiqué du Cabinet royal repris par l’agence MAP, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a eu un entretien téléphonique avec Son Excellence Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie. Cet entretien intervient un mois après la visite historique du souverain en Russie durant laquelle a été entériné par un accord de Partenariat Stratégique Approfondi entre Rabat et Moscou axé sur plusieurs volets : politique, économique, culturel, militaire, agricole et sécuritaire.

Sur le volet agricole, un ‘corridor vert’ a été mis en place entre les deux pays pour fluidifier les échanges sans trop de contraintes douanières. Sur le plan sécuritaire, un protocole d’accord a été paraphé afin de renforcer la coopération bilatérale dans la lutte conte le terrorisme et les divers trafics illicites. L’entretien téléphonique intervient aussi à quelques jours d’un important vote du Conseil de Sécurité de l’Onu sur le Sahara, Conseil dont Moscou est membre permanent.

Driss Benaissa 

Manama, Paris, Ryad, Moscou, épicentres de l’influence diplomatique marocaine

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Le Conseil de la Coopération des pays du Golfe, réuni au complet à Manama au Bahreïn, au niveau des ministres des Affaires étrangères, a tenu une rencontre au Sommet avec le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, avant le déplacement de ce dernier en Irak. A l’ordre du jour de cette réunion, figuraient la situation en Syrie, la crise gouvernementale au Liban et le rapprochement entre Washington et Téhéran.

En marge de cette rencontre hautement stratégique, le Conseil a tenu à rappeler au Secrétaire d’Etat américain, le soutien du CCG à la marocanité du Sahara et son appui au Plan d’autonomie présenté par le Maroc concernant ses provinces du Sud.

Cet engagement politique d’une grande valeur diplomatique, intervient après la tournée du Conseiller de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Fouad Ali El Himma, dans plusieurs capitales du Golfe, dont Ryad où il a rencontré le souverain d’Arabie saoudite et Manama, qui a accueilli la rencontre CCG-Kerry, où il a été reçu par le Roi de Bahreïn. La navette de Fouad Ali El Himma, accompagné de la cheville ouvrière du département des Affaires étrangères et de la Coopération, Nacer Bourita, a donné ses fruits, surtout qu’elle a été précédée par la communication téléphonique entre Sa Majesté Mohammed VI et John Kerry, entretien axé essentiellement sur la question du Sahara.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar, était, jeudi soir, l’invité à dîner, au Quai d’Orsay, de son homologue français, Jean-Marc Ayrault. En plus de la discussion des dossiers relatifs aux relations bilatérales et à la préparation de la COP22, les deux ministres ont abordé les derniers développements de la question du Sahara ainsi que le rapport que comptait présenter le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, au Conseil de sécurité de l’Onu. Les discussions entre les deux chefs de la diplomatie interviennent également au lendemain de la visite de Jean-Marc Ayrault à Alger et à la veille de celle, en Algérie, du premier ministre Francais, Manuel Valls.

Il est clair que l’ordre du jour des discussions entre Mezouar et Ayrault était très dense et comportait aussi la préparation de l’importante réunion de la mi-avril à New York, de la Conférence des Parties sur le climat, une sorte de station d’étape entre la COP21 et la COP22. La situation au Proche-Orient est tout aussi cruciale dans ces échanges, notamment avec la tournée que compte effectuer le président Français, François Hollande, au Liban, en Égypte et en Jordanie et le déplacment du Roi Salmane Ben Abdelaziz en Égypte.

De son côté, MBarka Bouaida, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a eu jeudi, des entretiens avec son homologue de la République islamique d’Iran, Amir Abdellahyane, signal politique très fort de Rabat qui, avec son engagement historique aux côtés des monarchies du Golfe, adopte une neutralité dans la crise entre Ryad et Téhéran, voire de jouer un rôle de médiation entre les deux capitales.

Par ailleurs, le Maroc, partenaire stratégique de la Russie, elle-même alliée centrale de l’Iran, a atteint un degré de maturité diplomatique tel, qu’il est non seulement capable de tenir ces rôles de réconciliations multilatérales globales, mais également de s’imposer comme un acteur majeur de la Paix dans le concert des Nations. Et la dernière visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Moscou en est la meilleure preuve.

Abdellah El Hattach 

Maroc, Russie, la feuille de route en marche

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La visite officielle entreprise par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en République fédérale de Russie s’inscrit dans le cadre des relations multilatérales globales qui constituent la trame de la politique étrangère du Royaume du Maroc.

Elle est intervenue à un moment où la Russie cherche à tisser davantage son réseau régional à travers la nécessité de hisser le niveau de coopération avec Rabat à un degré d’échanges dans les secteurs de l’Agriculture, du commerce, du tourisme, du gaz et du pétrole qui seraient à la hauteur du potentiel des deux pays.

La Russie a renforcé ses alliances dans le monde arabo-musulman, et a gagné en influence en Syrie, en Iran, au Liban et en Egypte.

Il était donc important pour le Maroc de multiplier également ses alliances, car aucune amitié ne demeure ni aucune inimité. Ce qui demeure ce sont les intérêts. L’Occident doit assimiler cette nouvelle donne dans ses doctrines, même s’il n’a pas vu d’un bon œil le déplacement royal à Moscou. La visite de Sa Majesté en Russie ne s’est pas faite au détriment des intérêts d’autres pays, mais elle vient renforcer des liens historiques couronnés en 2002 par un partenariat stratégique.

Il est certain que la forte présence chinoise en Afrique, donne de l’appétit à la Russie qui cherchera sans aucun doute à lui damer le pion ou, au moins, à la concurrencer, et cela ne peut se faire qu’à travers le Maroc, le passage obligé vers l’Afrique subsaharienne.

Même sur le plan militaire, les russes sont de plus en plus présents en Mer Méditerranée, et ils ne peuvent davantage déployer cette force que par une coopération étroite avec Rabat qui détient les clés du Détroit de Gibraltar.

La Russie a également besoin des conseils et orientations du souverain, en sa qualité de Amir al-Mouminine, pour comprendre et réguler les phénomènes dits ‘islamistes’, notamment dans la région du Caucase et d’Asie centrale, et les mouvements des ‘djihadistes’ en Syrie, en Irak et au Yémen, et ce grâce à l’expérience marocaine probante dans le domaine de la lutte antiterroriste. D’ailleurs, dans leur Déclaration conjointe, le Maroc et la Russie entendent renforcer leur coopération dans le domaine religieux, y compris à travers l’envoi d’imams marocains en Russie pour l’échange d’expériences, ainsi que la formation d’imams russes dans les établissements marocains d’enseignement religieux.

La machine est désormais en branle : Rabat et Moscou ont décidé de prendre des mesures concrètes pour élargir la coopération dans le domaine de l’agriculture et de la pêche maritime : il s’agit de simplifier au maximum les procédures douanières à travers la mise en place d’un ‘corridor vert’ comme convenu dans la Déclaration conjointe. Et c’est dans ce cadre-là, que le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, Aziz Akhannouch, a rencontré, en milieu de semaine, les exportateurs de fruits et légumes marocains avec, comme point essentiel à l’ordre du jour, la volonté du secteur agricole de mieux adresser le marché russe qui présente de grandes opportunités pour les opérateurs marocains. De son côté, le chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, et le vice-ministre russe de l’industrie et du commerce, Victor Evtohov, ont discuté des moyens de promouvoir les échanges commerciaux entre les deux pays. L’axe Rabat-Moscou a été érigé pour demeurer dans le temps, il appartient donc aux Pouvoirs publics dans les deux pays de l’entretenir et de le développer.

Abdellah El Hattach.

Fouad Ali EL Himma reçu par SM le Roi Hamad bin Issa Al Khalifa, Roi du Bahreïn

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Fouad Ali EL Himma a été reçu, le jeudi 31 Mars, par SM Le Roi Hamad bin Issa Al Khalifa, Roi de Bahreïn, à qui il a remis un message écrit de SM le Roi Mohammed VI.

Dans ce message le Souverain met l’accent sur les liens de fraternité qui lie les deux pays et les deux peuples frères et sur les moyens de les renforcer dans tous les domaines. Le message concernait également le développement des événements au niveau international et régional ainsi que les questions d’intérêt commun.

El Himma a transmis au Roi Hamad Al Khalifa les salutations de SM le Roi Mohammed VI et ses souhaits pour le Royaume de Bahreïn et de son peuple de plus de progrès et de prospérité.

Le Conseiller Royal était accompagné du ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Nacer Bourita.

- avec BNA