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Maroc, Russie, la feuille de route en marche

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La visite officielle entreprise par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en République fédérale de Russie s’inscrit dans le cadre des relations multilatérales globales qui constituent la trame de la politique étrangère du Royaume du Maroc.

Elle est intervenue à un moment où la Russie cherche à tisser davantage son réseau régional à travers la nécessité de hisser le niveau de coopération avec Rabat à un degré d’échanges dans les secteurs de l’Agriculture, du commerce, du tourisme, du gaz et du pétrole qui seraient à la hauteur du potentiel des deux pays.

La Russie a renforcé ses alliances dans le monde arabo-musulman, et a gagné en influence en Syrie, en Iran, au Liban et en Egypte.

Il était donc important pour le Maroc de multiplier également ses alliances, car aucune amitié ne demeure ni aucune inimité. Ce qui demeure ce sont les intérêts. L’Occident doit assimiler cette nouvelle donne dans ses doctrines, même s’il n’a pas vu d’un bon œil le déplacement royal à Moscou. La visite de Sa Majesté en Russie ne s’est pas faite au détriment des intérêts d’autres pays, mais elle vient renforcer des liens historiques couronnés en 2002 par un partenariat stratégique.

Il est certain que la forte présence chinoise en Afrique, donne de l’appétit à la Russie qui cherchera sans aucun doute à lui damer le pion ou, au moins, à la concurrencer, et cela ne peut se faire qu’à travers le Maroc, le passage obligé vers l’Afrique subsaharienne.

Même sur le plan militaire, les russes sont de plus en plus présents en Mer Méditerranée, et ils ne peuvent davantage déployer cette force que par une coopération étroite avec Rabat qui détient les clés du Détroit de Gibraltar.

La Russie a également besoin des conseils et orientations du souverain, en sa qualité de Amir al-Mouminine, pour comprendre et réguler les phénomènes dits ‘islamistes’, notamment dans la région du Caucase et d’Asie centrale, et les mouvements des ‘djihadistes’ en Syrie, en Irak et au Yémen, et ce grâce à l’expérience marocaine probante dans le domaine de la lutte antiterroriste. D’ailleurs, dans leur Déclaration conjointe, le Maroc et la Russie entendent renforcer leur coopération dans le domaine religieux, y compris à travers l’envoi d’imams marocains en Russie pour l’échange d’expériences, ainsi que la formation d’imams russes dans les établissements marocains d’enseignement religieux.

La machine est désormais en branle : Rabat et Moscou ont décidé de prendre des mesures concrètes pour élargir la coopération dans le domaine de l’agriculture et de la pêche maritime : il s’agit de simplifier au maximum les procédures douanières à travers la mise en place d’un ‘corridor vert’ comme convenu dans la Déclaration conjointe. Et c’est dans ce cadre-là, que le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, Aziz Akhannouch, a rencontré, en milieu de semaine, les exportateurs de fruits et légumes marocains avec, comme point essentiel à l’ordre du jour, la volonté du secteur agricole de mieux adresser le marché russe qui présente de grandes opportunités pour les opérateurs marocains. De son côté, le chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, et le vice-ministre russe de l’industrie et du commerce, Victor Evtohov, ont discuté des moyens de promouvoir les échanges commerciaux entre les deux pays. L’axe Rabat-Moscou a été érigé pour demeurer dans le temps, il appartient donc aux Pouvoirs publics dans les deux pays de l’entretenir et de le développer.

Abdellah El Hattach.

L’esprit d’une marche transgénérationnelle pour la Légalité

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Le 16 octobre 1975, la Cour internationale de justice de La Haye rendait un avis consultatif sur le droit applicable dans l’affaire du Sahara. Elle a précisé dans ses attendus  que le territoire occupé par l’Espagne ne pouvait être considéré comme terra nullius, estimant que Seguia el-Hamra et le Rio de Oro étaient habités par des tribus ayant une organisation sociale et politique et, surtout ayant des liens d’allégeance avec les différents sultans du Maroc.

Fort de cette référence, feu Sa Majesté Hassan II s’adressait le jour même à son peuple pour lui exprimer Sa décision d’organiser une Marche Verte à destination du Sahara marocain pour recouvrer les droits inaliénables du Royaume du Maroc sur ses territoires méridionaux. Son vœu le plus cher était de prendre personnellement la tête de cette Marche pacifique. Mais le devoir d’un chef, comme il aimait à le répéter, était de rester à son poste de commandement, afin de veiller à l’exécution des ordres et de demeurer en contact permanent avec toutes les provinces du Royaume.

Il s’agissait, en fait, d’un véritable pari psychologique sur lequel tout reposait. En effet, faire affronter à des centaines de milliers de volontaires, aux mains nues, les champs de mines, les tanks et les légions de l’armée franquiste, c’était les envoyer à la mort. Mais pour Hassan II, c’était aussi risquer de se retrouver devant une alternative suicidaire : reculer en perdant la face ou se lancer dans une guerre perdue d’avance.

Le soir même à New York, au siège des Nations Unies, et à la demande de l’Espagne qui qualifiait cette Marche d’« invasion », le Conseil de Sécurité adoptait la résolution 377 qui demandait aux parties de faire preuve de retenue et de modération. Mais c’est dans la ferme résolution du Maroc et sa farouche énergie, ainsi que l’indomptable détermination de toutes les composantes du pays au service de la cause de leur Nation, que feu Hassan II a puisé toutes les forces pour rejeter catégoriquement cette résolution.

Et ni les résolutions 379 du 2 novembre 1975 et 380 du 6 novembre, ni le ton menaçant du président du Conseil de Sécurité, l’ambassadeur russe Yakov Malik appelant le Maroc à stopper immédiatement la Marche, n’ont pu arrêter la volonté d’un Roi et d’un peuple. Hassan II répondait au Conseil de Sécurité «la Marche continuera son chemin pour atteindre ses objectifs définis».

Son successeur, le Roi Mohamed VI, tout en demeurant dans l’esprit et dans la lettre de la Marche Verte, a proposé une nouvelle approche moderniste et volontariste qui fait de l’Initiative d’autonomie un projet concerté, pertinent et conforme à la légalité internationale, et ce en rupture avec la thèse unilatérale d’autodétermination basée exclusivement sur l’option du référendum.

Et alors que les ennemis de la Nation ne cessent de brandir des thèses dépassées pour faire dévier le processus de négociations de son cheminement normal, les campagnes médiatiques qui les accompagnent sont orchestrées dans le sillage d’un embarras excessif, d’une escalade agressive des adversaires et un état de trébuchement sans précédent.

Et tout comme le 6 novembre 1975, où, dans une discipline impeccable, et selon une organisation magistrale, Hassan II venait de faire la preuve, en face du monde entier, qu’il était le souverain d’un peuple capable de la plus grande marche pacifique de l’histoire contemporaine, Sa Majesté Mohammed VI traite, aujourd’hui, avec un esprit constructif les résolutions onusiennes dans le but de réunir les conditions appropriées pour une négociation sérieuse seule à même de garantir une issue politique et pacifique à un faux problème qui n’a que trop duré. Le souverain a également réussi à défaire le Maroc du Plan Baker II et du projet de scission soufflé par Abdelaziz Bouteflika, et a pu stopper les manœuvres visant à faire élargir à tort les prérogatives de la Minurso aux volets dits des ‘Droits de l’homme’ dans un pays devenu incontestablement un modèle de société démocratique dans le monde arabe et qui s’est engagé, depuis plusieurs décennies, dans le processus de la démocratisation, de la modernité et de l’égalité.

Ce même élan de ferveur populaire spontané s’est exprimé par une Marche de 3 millions de marocains qui, d’une seule voix, ont représenté tout un pays pour refuser catégoriquement et condamner les dérapages dangereux du Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon.

Marche

En tout état de cause, le Royaume, fort du consensus de l’ensemble des composantes de la Nation autour de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, demeure confiant en la sagesse des membres du Conseil de Sécurité et des Grandes Puissances, et en leur capacité à trouver les formules appropriées pour préserver le processus politique de toutes dérives aux conséquences lourdes et néfastes pour la stabilité de toute la région.

Abdellah El Hattach

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