MISSI DOMINICI - Page 3

Italie : La Ligue et le Mouvement 5 Étoiles au gouvernement du « laboratoire politique de l’Europe »

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Le président de la république italienne, Sergio Mattarella, a reçu ce mercredi au Palazzio Quirinale à Rome, Giuseppe Conte, et l’a désigné président du Conseil. Le président de la république a fait durer le suspense depuis le lundi en raison de doutes sur l’autonomie du nouveau chef de gouvernement vis-à-vis du Mouvement Cinq étoiles et de la Ligue qui forment cette coalition. Mais l’esprit de la démocratie a pris le dessus. Sergio Mattarella n’a eu d’autre choix que de se soumettre à la volonté populaire et à celle des urnes. La journaliste italienne basée en France, Arianna Poletti, spécialiste des questions de la zone MENA, a écrit pour LE1.ma sa vision sur la genèse de ce nouvel exécutif accusé de tous les maux bien avant de voir le jour.

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L’an prochain à Al Qods

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L’arrivée au pouvoir à Washington d’une nouvelle administration et la rapidité avec laquelle le nouveau locataire de la Maison Blanche a décidé de reconnaître Al-Qods comme capitale de l’État d’Israël et de transférer son ambassade dans la Ville Sainte, ont chamboulé les équilibres géopolitiques traditionnels dans une région à feu et à sang de Baghdad à Tripoli et de Aden à Damas. Si la cause centrale de la Oumma islamique reste la question palestinienne, ce vendredi, où l’on commémore la “Journée Internationale de la Terre”, les israéliens ont commis un véritable carnage à Gaza faisant des dizaines de morts et de blessés palestiniens innocents dont le seul tort est de réclamer le droit de retour à la terre des aïeux. La nomination à “DC” d’un faucon en tant que Conseiller à la sécurité nationale américaine est lue par Tel-Aviv comme un blanc-seing pour déployer toute la force de Tsahal contre un peuple désarmé en violation du droit international. Dans son éditorial de la semaine, publié dans le magazine Maroc Hebdo, le politologue Mustapha Sehimi, qui est également professeur de droit et avocat au barreau de Casablanca, revient sur le rôle incessant du Maroc et du président du Comité Al-Qods pour trouver une issue juste et définitive à cette question épineuse. LE1.ma reproduit ce texte dans son intégralité avec l’accord de l’auteur.

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Le hirak, d’Al Hoceima à Jerada : Menace sur le pacte collectif

La refonte du “pacte collectif” sur lequel est basé le “système” est devenue une requête urgente. Non pas de la part de la classe politique, sclérosée, mais du marocain initié. La crise institutionnelle, les mouvements sociaux à répétition, les grands dossiers souverains en discussion dans les arènes internationales imposent une réflexion : qu’allons-nous léguer à nos générations futures ? Si les indicateurs du “tableau de bord Maroc” ne sont pas toujours dans le vert, souvent dans l’orange et de plus en plus dans le rouge, il est temps de procéder à une réelle introspection collective pour répondre aux attentes de nos enfants. Si plusieurs générations ont été sacrifiées, les suivantes ne nous pardonneraient jamais l’héritage catastrophique que nous leur laissons. Dans ce sens, le politologue Mustapha Sehimi, qui est également professeur de droit et avocat au barreau de Casablanca, a signé une analyse publiée en éditorial du dernier numéro de l’hebdomadaire Maroc-Hebdo. Vu l’importance du texte, sa pertinence et sa profondeur, LE1.ma le reproduit en intégralité avec l’accord de l’auteur.

 

Un peu d’humilité pour commencer: comment y voir clair dans l’appréhension du déroulement de la vie politique aujourd’hui? Les organes constitutionnels sont en place –gouvernement, parlement… Fonctionnent-ils dans des conditions satisfaisantes? Chacun donnera la réponse allant au-devant de ses inclinations personnelles, partisanes ou politiques. Pour ce qui est de l’institution parlementaire, il est plutôt difficile de lui donner un satisfecit, ne serait-ce que du fait d’un absentéisme pratiquement dominant et de la très faible productivité législative, tant de projets de texte restant encore dans les commissions. Et le gouvernement, maintenant? Il n’est pas mieux loti et ce pour des raisons connues: déficit de leadership de l’actuel chef de l’Exécutif, Saâd Eddine El Othmani, couplé à l’absence d’incarnation d’une politique; fragilité de la majorité

Ce gouvernement se trouve depuis sa nomination, le 5 avril 2017, confronté à ce que l’on pourrait appeler deux «fronts» en même temps. Le premier a trait à l’appréciation royale faite dès les premières semaines de ce cabinet: blâme collectif lors du Conseil des ministres du 25 juin 2017 à Marrakech; assignation durant tout l’été de dix ministres concernés par le programme des conventions d’Al Hoceima d’octobre 2015; renvoi, enfin, de quatre membres du gouvernement.

Au passif, cependant les fractures sociales qui se sont aggravées. La cohésion sociale est en effet menacée et, partant, seule la contestation paraît être la formule pouvant donner des résultats.

C’est du sérieux. L’autre front auquel le cabinet s’est trouvé exposé regarde sa capacité à faire face à tant de dossiers complexes et délicats. Le premier d’entre eux intéresse les suites à donner, en termes réactifs et de bonne gouvernance, au «rattrapage» des dysfonctionnements et des promesses liés aux engagements de départ pris à Al Hoceima.

Des résultats ont été obtenus, il faut le reconnaître, et les populations y voient, à juste titre, la reconnaissance et surtout la légitimation –même tardive– de leurs revendications sociales. N’est-ce pas cette même situation qui s’est imposée depuis près de deux mois dans la petite ville minière de Jerada? Mais certains traits distinguent ces deux crises sociales: pas de leadership comme Nasser Zefzafi à Jerada; capitalisation dans cette même ville d’un savoir-faire dans la préparation et la conduite de la contestation; activisme de groupes liés à Al Adl Wal Ihsane et à Annahj Addimocrati, radicalité conduisant à l’affrontement violent avec les forces de l’ordre.

Que peut, dans ces conditions, le cabinet actuel? Le décalage, pour ne pas parler de divorce patent, est important entre le discours gouvernemental avec ses postures et ses déclarations et des réalités sociales, telles qu’en ellesmêmes, vécues et même subies par les citoyens. Pourtant, à l’actif du Maroc de 2018, les grands chapitres sont à rappeler: une monarchie consensuelle, un bloc normatif de progrès dans la nouvelle Constitution de juillet 2011, la popularité du Roi et son vaste dessein d’un projet de société moderne, démocratique et solidaire, enfin d’immenses potentialités dans ses forces vives (femmes, jeunes, cadres, entrepreneurs, …).

Les représentants institutionnels sont dépassés… Cherchez l’erreur: c’est le pacte collectif qu’il faut reconstruire

Au passif, cependant les fractures sociales qui se sont aggravées. La cohésion sociale est en effet menacée et, partant, seule la contestation paraît être la formule pouvant donner des résultats. Au départ, celle-ci était limitée à la manifestation comme expression d’une citoyenneté pleine et entière recouvrant aussi les droits économiques et sociaux –c’était même un signe de «bonne santé» démocratique.

Mais la contestation aujourd’hui relève d’un autre registre et d’une grille différente: le rejet du «système» avec ses pans administratifs ainsi qu’avec ses structures d’intermédiation, élues ou non. Les représentants institutionnels sont dépassés; les syndicats ne comptent que 3% d’encartés dans le monde du travail; les partis sont dans le même palier avec un total de moins de 500.000 membres, soit 2% des 24 millions de citoyens en âge de voter.

Cherchez l’erreur: c’est le pacte collectif qu’il faut reconstruire. Le nouveau modèle de développement à l’ordre du jour ne peut faire l’impasse sur cette équation de l’insertion de la crise sociale dans une autre gouvernance publique, pour éviter la réplique du hirak d’Al Hoceima et de Jerada.


Par Mustapha Sehimi

Malte ou comment devenir très grand quand on est tout petit

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On dit souvent que les voyages forment la jeunesse, mais moi, après un séjour de quelques jours à Malte, je puis vous dire que les voyages ça secoue parfois des gens qui ne sont plus très jeunes comme moi. En vérité, Malte m’a donné une vraie gifle qui m’a non seulement réveillé mais m’a poussé aussi à avoir un autre regard pas très bienveillant envers mon pays et envers des pays comme le mien. Vous vous doutez bien que ce n’est pas la première fois que je voyage, ni que je vais dans un pays développé en Europe ou ailleurs, mais c’est la première fois où j’ai mis les pieds dans un État minuscule géographiquement mais bien grand historiquement, économiquement et socialement.

Quand vous êtes à Malte,vous êtes à la fois à Rome, à Londres, à Bordeaux, à Madrid, à Vienne, à Tunis ou à Tanger. Il y a même un grand quartier qui porte le nom de… Rabat et un autre qui s’appelle, à juste titre « Mdina », exactement comme nos vieilles villes antiques

Ce voyage était à caractère professionnel puisque j’ai participé au 5ème Forum Méditerranéen du Tourisme qui se tient à Malte tous les ans.

Votre humble serviteur a été invité en tant que tout nouveau Secrétaire Général de l’AMJET, la section locale de Fijet (Fédération Internationale des Journalistes et Écrivains du Tourisme), en compagnie de mon vieil ami et cher Président, Najib Senhadji, par mon nouvel ami M. Tijani Haddad, ancien ministre du tourisme de Tunisie et actuel Président de Fijet Monde. D’ailleurs, même Najib, dont c’était la 3ème participation à ce forum, a été secoué autant que moi sinon plus par ce périple court mais tellement envoûtant.

Comme je ne pourrais pas tout vous raconter, je vais me limiter aux éléments qui m’ont le plus interpellé et le plus touché.
Tout d’abord, la rigueur et la précision dans l’organisation. Il faut d’abord que je vous donne deux chiffres-clés de ce forum : 1200 participants de 39 pays. Essayez d’imaginer la logistique nécessaire à une rencontre d’une telle envergure dont la réussite a été totale.

Les responsables du tourisme du Maroc ont brillé par leur absence

Je passe rapidement sur l’accueil à l’aéroport et sur le transport aux hôtels, et je passe directement au pot de bienvenue très cool et très convivial organisé le soir même de notre arrivée, pour permettre aux participants de se retrouver ou de faire connaissance. A cette occasion, Tony Zahra, le grand et puissant patron de la MHRA – l’Association des hôteliers et restaurateurs de Malte – a organisé une cérémonie solennelle pour remercier d’une manière très chaleureuse, très expressive et très amicale Andrew Agius Muscat, membre du bureau de MHRA et, surtout, Président de Fijet Malte, qui a été la cheville ouvrière de l’organisation de ce forum et de ceux qui l’ont précédé.

Si je vous en parle, c’est pour vous dire qu’on reconnaît un grand peuple également par sa culture de reconnaissance et de gratitude, des denrées bien rares dans nos contrées. C’est le lendemain que devaient démarrer les travaux du forum à l’Hôtel Hilton Malta, un vrai joyau tant au niveau architectural qu’au niveau des équipements et infrastructures.

Le démarrage du forum était prévu sur le programme à 9h15. Et bien, je vous assure qu’à 9H15 tapantes, Andrew était au micro pour souhaiter la bienvenue aux participants et annoncer l’ouverture officielle des travaux. Son speech n’a pas duré plus de 5 mn pour laisser place aux premières Master Classes , 12 au total, qui allaient se dérouler tout au long de la journée dans plusieurs salles de l’hôtel sur des thèmes divers et instructifs comme, par exemple, « l’efficacité énergétique des hôtels en méditerranée », « l‘état de l’hospitalité et de l’investissement dans la région méditerranéenne », « Les femmes et le leadership touristique », « L’héritage culinaire méditerranéen », « La technologie ou comment redéfinir l’avenir de l’hospitalité » et bien d’autres sujets, dont même un sur le film touristique qui, je viens de l’apprendre, dispose de son propre festival international.

Bref, nous n’avions que l’embarras du choix et notre seul problème était de savoir comment être dans une Master Class tout en étant dans une autre.

Concernant ces Master Classes, il n’y avait pas d’interruption pour déjeuner ou autre car les organisateurs avaient installé dans toutes les salles et durant toute la journée, des buffets avec de l’eau, du café, du thé et même des sandwichs et des gâteaux. On se levait en silence, on se servait tout en continuant d’écouter les interventions. Parce que les participants sont venus à ce forum pour échanger et pour apprendre et ils n’ont donc pas de temps à perdre.

Au même moment se tenait une exposition permanente avec divers stands de diverses sociétés et de nombreux pays qui exposaient ce qu’ils ont de plus nouveau ou de plus performant.

L’authenticité et la modernité ont un pays, et ce n’est forcément celui auquel vous pensez.

Et à propos de pays, les responsables du tourisme du Maroc ont brillé par leur absence. Normalement l’ONMT, notre office du tourisme devrait être là car sa principale mission est, théoriquement, de promouvoir notre pays sur le volet touristique. Et ce forum était justement une occasion unique et économique de rencontrer des professionnels et des journalistes de tous les continents de la planète et qui leur étaient offerts, comme ça, sur un plateau d’argent. 1200 participants de 39 pays, vous dis-je !

Ils auraient dû être là aussi pour s’instruire et se former, ou juste pour apprendre à copier sur de plus forts qu’eux pour faire, ou juste essayer de faire comme eux. Comble de l’ironie, il y avait un pays qu’on ne pouvait pas penser qu’il serait là et qui avait son stand avec brochures, dépliants et… dattes. Oui, vous l’avez deviné, c’est notre cher voisin et néanmoins meilleur ennemi officiel : l’Algérie. Et oui !

D’ailleurs, l’Algérie n’était pas le seul pays arabe, car il y avait aussi la Tunisie avec une délégation d’au moins 5 participants dont 3 anciens ministres et un ancien préfet. Même la Palestine avait une délégation dont un des membres a animé avec brio la Master Class sur le tourisme religieux. Et oui, ça aussi ça existe.

Le soir, nous avons été invités à un dîner offert dans un magnifique palais par Mme Marie-Louise Coleiro Preca, la Présidente de la République de Malte et qui, soit dit en passant, est devenue presque une amie. En effet, quand elle est arrivée à l’entrée de la grande salle des fêtes, elle m’a spontanément tendu la main et je lui ai tendu la mienne tout en me présentant. Dès qu’elle a appris que j’étais Marocain, elle m’a fait un grand sourire, et nous avons échangé quelques mots très agréables que je ne pourrais pas vous révéler.

Après cela, elle a tenu à me présenter une grande personnalité qui, m’a-t-elle précisé, vient aussi du Maroc. En fait, c’était Dr Abdelaziz Ben Othman Altwaijri qui n’est autre que le Directeur Général de l’Organisation Islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO). En vérité, il n’est pas Marocain (Saoudien, ndlr), mais il vit au Maroc puisque le siège de l’ISESCO se trouve à Rabat.

Andrew Muscat, le maître de cérémonie, a appelé Najib Senhadji à monter sur scène pour recevoir un trophée à la mémoire de Mustafa Trai, le défunt et regretté ex-président de Fijet Maroc

Le lendemain, la séance a été ouverte par ma (presque) nouvelle amie, la Présidente de Malte. Elle est arrivée pile à l’heure prévue, devancée quelques minutes plutôt par le Roi de Ghana, celui qu’on appelle « Le roi des Ashanti » qui est venu avec toute sa très sympathique et très colorée smala.

Au-delà de son aspect quelque peu folklorique, cette présence avait un objectif que nous avons vite compris, notamment à travers le long mais important discours du roi, lu avec un excellent anglais et dans lequel il a défendu ardemment l’appartenance de son petit royaume la République Ghanéenne, et nous a montré clairement qu’il n’était pas là juste pour amuser la galerie, mais aussi pour faire la promotion du tourisme et de l’investissement dans son pays.

Après ce spectacle exotique et quelques autres numéros artistiques locaux, nous sommes de nouveau passés aux choses sérieuses avec des débats professionnels qui ont vu la participation d’éminentes personnalités et des spécialistes de plusieurs domaines, venus de plusieurs pays. Chaque débat était animé par un animateur ou une animatrice, et le temps imparti était strictement respecté par tous et par toutes. C’était vraiment digne des grandes émissions de télévision. Les discussions étaient d’un niveau très élevé mais sans arrogance ni préciosité. Nous avons même assisté à un moment à un échange vif mais civilisé entre un des débatteurs du panel, je crois, anthropologue, et le Dr Taleb Rifai, l’ex DG de l’OMT, l’Organisation Mondiale du Tourisme.

Un ancien hôpital qui a été transformé en lieu de fêtes et de spectacles, et où se déroulent des concerts presque tous les jours

Avant de finir sur ce volet je voudrais dire un petit mot sur la décoration de la scène. En guise de plateau, les organisateurs ont choisi de reproduire à l’identique un des balcons -très beau et très caractéristique en bois coloré- qu’on trouve un peu partout dans les immeubles Maltais. C’était là où les personnalités étaient invitées à prendre la parole, et toutes se sont prêtées à ce jeu avec plaisir et avec le sourire.

J’en arrive maintenant à la soirée de clôture et de gala qui a eu lieu dans un vieil espace plein d’histoire, mais dont la beauté et le confort feraient rougir d’envie et de jalousie les plus grands théâtres du monde. En fait, c’est un ancien hôpital qui a été transformé en lieu de fêtes et de spectacles, et où se déroulent des concerts presque tous les jours.

J’ai vérifié cela sur place grâce aux nombreuses affiches placardées à l’intérieur. Ce soir-là, nous avons assisté à un concert donné par l’Orchestre Philharmonique de Malte renforcé par plusieurs groupes de plusieurs styles de musique. Pas moins de 15 morceaux et non des moindres ont été joués. Ça allait de Puccini et Verdi jusqu’à Edith Piaf et bien d’autres.

De grands moments de bonheur, mais aussi d’émotions

Le moment le plus émouvant pour nous, les deux seuls marocains venus du Maroc, c’est lorsque, au milieu du programme, Andrew Muscat, le maître de cérémonie, a appelé Najib Senhadji à monter sur scène pour recevoir un trophée à la mémoire de Mustafa Trai, le défunt et regretté ex-président de Fijet Maroc. Le trophée a été remis à Najib, sous les applaudissements de tout le public présent, par la Présidente de Malte en personne qui était, visiblement elle aussi, très émue.

Après cet intermède triste mais solennel, le programme musical a repris de plus belle et a fini par une chanson chantée en choeur par tout le public.

Ce tout petit État de seulement 430 000 habitants, a réussi à attirer l’année passée plus de 2 millions de touristes, soit 5 fois sa population.

Le 3ème jour, les responsables du Forum ont eu la gentillesse d’organiser spécialement pour les membres de Fijet Monde une excursion inoubliable dans plusieurs lieux historiques et célèbres de Malte. Grâce à cette sortie, nous avons fait la connaissance de plusieurs lieux historiques qui font partie du patrimoine très riche et très diversifié de Malte, tels que le Palais Grand Master avec ses beaux tableaux de maîtres et ses magnifiques tapisseries ou bien la célèbre Cathédrale St Johns avec ses murs recouverts d’or pur 24 carats.

Mais nous avons découvert également combien ce pays est ouvert sur l’art moderne dont nous avons pu admirer un échantillon étonnant dans la rue même où se trouve la cathédrale : des dizaines de mini frigos de la marque Red Bull peints en direct et exposés dans la rue.

L’authenticité et la modernité ont un pays, et ce n’est forcément celui auquel vous pensez.

En conclusion, ce que j’ai retenu de ce trop court voyage, c’est que ce petit pays qui ressemble à un jeu de cartes postales, n’en est pas moins un grand pays ambitieux et performant.

Un de ses points forts, c’est sa diversité culturelle et sa richesse sociale.

Plusieurs peuples ont vécu dans ces Îles, à travers les siècles.

Ils se sont parfois disputés, se sont souvent réconciliés, et ils ont toujours fini par se mélanger.

Et le résultat de ce mixage est juste fabuleux : un peuple divers mais uni par le désir ardent d’être chaque jour plus beau et la volonté inébranlable d’aller toujours plus haut.

C’est un peuple fier et ouvert, ambitieux et attachant, performant et modeste, travailleur et jouisseur.

Quand vous êtes à Malte,vous êtes à la fois à Rome, à Londres, à Bordeaux, à Madrid, à Vienne, à Tunis ou à Tanger. Il y a même un grand quartier qui porte le nom de… Rabat et un autre qui s’appelle, à juste titre « Mdina », exactement comme nos vieilles villes antiques.

Maintenant, pour finir, j’aimerais vous donner quelques chiffres pour vous faire réfléchir. Malte est un tout petit Etat dont les 3 îles qui la composent ne dépassent pas en totalité une superficie de 316 km2. Et bien, ce tout petit État de seulement 430 000 habitants, a réussi à attirer l’année passée plus de 2 millions de touristes, soit 5 fois sa population.

Si, pour nous amuser un peu, on appliquait ce rapport à notre pays, le Maroc devrait normalement drainer… 180 millions de touristes !
Enfin, et alors que le taux de croissance du tourisme dans le monde est de 3,6 % et en Europe de 3,9 %, il atteint 24 % à Malte !

Que nos responsables, ceux qui étaient absents de ce forum mais aussi les autres, en prennent de la graine.

Quant à moi, je projette déjà de retourner de nouveau à Malte, mais cette fois-ci pour faire du tourisme, pas pour en parler.

Marketplace de Facebook, le « Avito Killer » bientôt déployé au Maroc

C’est une bien mauvaise nouvelle du marché des petites annonces au Maroc, Facebook lancera dans les prochaines semaines, dans 3 pays de la région Mena que sont l’Egypte, l’Algérie et le Maroc, sa plateforme gratuite de petites annonces, Marketplace, accessible aux utilisateurs du réseau social.

Disponible en langue arabe, Marketplace permettra aux personnes âgées de dix-huit ans et plus, des trois pays de la région Mena, de consulter des offres d’objets (meubles, électroniques, vêtements…) ou de mettre en ligne des petites annonces de manière simple et intuitive. Lorsqu’une personne repère une annonce qui l’intéresse, le contact se fait avec le vendeur via Messenger. La remise de l’objet se fait en mains propres car Facebook ne prend en charge ni la livraison, ni le paiement, et ne prélève pas de commission sur la transaction.

1 utilisateur de Facebook sur 4 utilise Marketplace

Lancé aux États-Unis en 2016 et en Europe en 2017, le service Marketplace est actuellement actif dans 51 pays. La plateforme attire 700 millions de visiteurs mensuels, soit environ un utilisateur de Facebook sur quatre dans le monde. Aux Etats-Unis, rien qu’au mois de mai 2017, plus de 18 millions d’annonces de vente de produits y ont été publiées.

Marketplace un concurrent de taille de Avito et de MarocAnnonces.com

L’arrivée de Marketplace au Maroc constitue un sérieux danger pour les plateformes de petites annonces marocaines telles que : Avito, MarocAnnonces, PetitesAnnonces de Maroc Telecom et dans une moindre mesure Jumia.

En effet la puissance de MarketPlace réside dans :

  1. L’extrême popularité de Facebook auprès des marocains, qui rendra les investissements des autres plateformes en référencement, targeting, communication et recrutement et fidélisation de nouveaux clients plus conséquents.
  2. Marketplace affiche et met en avant les objets mis en vente en tenant compte des habitudes de consommation de l’utilisateur, ses centres intérêts ainsi qu’à sa position géographique, grâce à la puissance des algorithmes de Facebook.
  3. Enfin, le principal avantage concurrentiel mis en avant par Facebook, est l’élimination du risque de l’anonymat des vendeurs qui caractérise les sites comme Avito, ou MarocAnnonces. Marketplace permet en effet de consulter les profils des vendeurs, de savoir depuis combien de temps ils sont sur le réseau social et d’identifier les éventuels amis en commun.

Il est à rappeler que Marketplace a connu un premier flop en 2007. Mark Zuckerberg avait lancé un service similaire, baptisé également Marketplace, qui n’avait pas séduit les internautes. Une première expérience qui a été suivie en 2012, par le lancement d’une boutique cadeaux, fermée deux ans plus tard. Aujourd’hui, Facebook dispose d’espaces Boutiques et de Groupes de vente de produits auxquels vient s’ajouter le Marketplace.

Comment le marché va-t-il réagir face à ce nouveau venu ? Facebook réussira-t-il à transformer la consommation des petites annonces et les drainer vers sa nouvelle plateforme ? Comment les intermédiaires qui pullulent sur Avito et MarocAnnonces vont-il s’adapter à cette nouvelle plateforme ? L’avenir nous le dira !

 

Les professionnels du secteur des nouvelles technologies s’insurgent contre leur exclusion de l’Agence du Digital

En marge de l’Assemblée Générale élective du nouveau bureau de la Fédération des Nouvelles technologies de l’Information, des Télécommunications et de l’Off-shoring, l’APEBI, s’est tenue mardi 23 janvier, la présentation de la feuille de route de l’Agence du Digital. Moulay Hafid Elalamy, retenu en raison de la cérémonie d’installation des nouveaux ministres, c’est le secrétaire d’Etat chargé de l’Investissement, Othman El Ferdaous, qui l’a représenté. Un exercice périlleux, pour le jeune ministre devant une assistance constituée de vieux routiers du secteur qui ont vu succédé sur une vingtaine d’année, plusieurs gouvernements avec leurs lots de projets de modernisation des services publics, d’informatisations, qui n’ont pas été de tout succès.

Les revendications populaires, trame de fond de la stratégie digitale

Othman El Ferdaous a planté le décor dès l’ouverture de cette réunion en projetant la photo d’une manifestation montrant des jeunes portant des pancartes revendiquant le droit à une vie meilleure et digne. Sur ces pancartes, le ministre va superposer ses solutions, une sorte de modélisation à la problématique sociale et économique : pour assurer une vie meilleure aux jeunes et aux marocains cela passe par la création d’emplois donc de la productivité, et pour assurer une vie digne, cela passe par un Etat intelligent, interprété par ce modèle par de la confiance. Othman El Ferdaous conclut que la productivité et la confiance sont les éléments qui peuvent être atteints rapidement par la digitalisation.

Cette mise en scène constituera le fil conducteur de la présentation de OEF, pseudo que le ministre chérit particulièrement. Durant son intervention, il n’a cessé de marteler : je ne veux pas de modèle californien, ni d’indicateurs étrangers ; la technologie doit répondre aux revendications des marocains.

Par ailleurs, Othman El Ferdaous a prouvé être décomplexé par rapport aux nouvelles tendances numériques mondiales : Intelligence Artificielle, Blockchain, Réalité Virtuelle, tout en livrant des illustrations concrètes de leur utilisation dans la vie courante du marocain normal, de l’autoentrepreneur et de la PME.

Concernant l’Agence du Développement du Digital, dont la Directrice générale par intérim était présente à l’évènement, Othman El Ferdaous a partagé l’objectif premier de son département quant à la réussite de la mission de l’Agence, à savoir ne pas faillir dans l’opération de recrutement des ressources humaines dont une partie sera constituée probablement des cadres de la direction du numérique qui ont postulé pour rejoindre l’ADD. OEF a également précisé à l’assistance que le recrutement de son Directeur général était en cours.

Absence de l’APEBI dans le Conseil d’administration de l’ADD, les professionnels s’insurgent

Les professionnels du secteur des Nouvelles technologies de l’Information et membres de l’APEBI, ont exprimé leur étonnement et leur déception quant à l’absence de l’APEBI aussi bien du Conseil d’Administration de la nouvelle Agence du Développement du Digital que du board des experts.

Ces acteurs du secteur du numérique, qui ont fait valoir leur longue expérience aussi bien au niveau domestique qu’à l’export, se sont interrogé sur la raison qui a poussé le département de Moulay Hafid Elalamy de ne pas les consulter pour établir la feuille de route du numérique. Alors qu’ils étaient systématiquement sollicités pour toutes les stratégies durant plus de 17 années, et ce depuis le premier projet eGov.

El Ferdaous s’est défendu en expliquant que sa présence à cet évènement s’inscrivait justement dans le sens du partage et de l’écoute des professionnels. Cependant, ces derniers persistent et signent, et semblent exiger un siège en bonne et due forme à l’ADD et n’ont pas hésité à qualifier l’absence de l’APEBI du Conseil d’administration de l’Agence d’erreur.

#digitalfikra a frustré les professionnels

L’initiative #digitalfikra lancée par Othman El Ferdaous, et qui a connu un franc succès, surtout auprès des cadres, des jeunes entrepreneurs et autres startupers, semble avoir frustré les professionnels. Une frustration somme toute légitime car les pouvoirs publics et ce nouveau gouvernement ont tout à gagner en écoutant les diverses expériences, positives ou négatives, et entretenir un partenariat basé sur le dialogue et la confiance.

D’ailleurs, Mohamed Horani, président de HPS, a été le premier à s’exprimer en mettant au centre du débat la question de la confiance. Pour l’ancien patron des patrons, on ne peut pas disposer d’une confiance virtuelle entre le secteur privé et le secteur public si on n’établit pas au préalable une confiance physique.

La glace semble avoir été brisée

Cette rencontre semble avoir brisé la glace qui s’est formée entre l’APEBI et le département de Moulay Hafid Elalamy et de Othman El Ferdaous. D’un côté, les professionnels de la NTIC ont pu transmettre leurs interrogations ainsi que leur détermination à jouer un rôle central dans le dispositif et, d’autre part, le ministère informé, semble mieux outillé pour réussir l’installation de l’Agence du Développement du Digital et surtout d’accélérer sa transformation numérique qui tarde à se mettre en place en faisant perdre au Maroc beaucoup d’argent et beaucoup d’emplois.

Saloua Karkri-Belekziz reconduite pour un 2ème mandat

La dame de fer de l’Offshoring, Saloua Karkri-Belekziz a été largement plébiscitée par les membres de la fédération pour briguer un deuxième mandat. Un mandat qu’elle veut axer sur la création de l’emploi et l’innovation. Pour l’accompagner dans ce challenge, l’APEBI a élu un nouveau Vice-président, Youssef El Alaoui, co-fondateur du leader national de la mobilité, Mobiblanc. Youssef El Alaoui a d’ailleurs présenté le plan d’action 2018-2020 de l’APEBI, où la transformation numérique, la stratup et l’innovation constituent des paris stratégiques dans le but de créer une rupture nette, tout en consolidant les réalisations et les acquis accumulés.

Dans le détail, l’ambition du binôme Belekziz/ElAloaui et de son Conseil d’Administration, constitué de 20 membres est de « Réussir le choix stratégique de la transformation digitale du Maroc, et placer la Fédération au cœur de cet enjeu ». 5 axes stratégiques sont proposés pour atteindre cet objectif :

  • Partenariat avec l’Agence de Développement du Digital dans le cadre de la stratégie Digitale Nationale :
    • Former, encadrer et outiller l’administration et la PME afin de réussir la transition numérique
    • Booster la Start-up
  • Création d’une cellule de veille Digitale
  • Implication dans la résolution de la problématique des ressources humaines dans le secteur IT: de la formation à l’employabilité ;
  • Opérationnalisation de la structure d’animation de l’Offshoring et régionalisation ;
  • Accompagnement de l’ambition d’investissement et d’export de nos membres.

Agence de développement du digital – ADD

L’Agence du développement digital a pour mission d’accélérer la transformation numérique de l’économie nationale. Elle se chargera de mettre en place des approches intégrées dans le domaine du développement numérique au Maroc, de mettre en œuvre les stratégies de l’Etat en la matière et de promouvoir la diffusion d’outils numériques. Son Conseil d’administration est composé des représentants du secteur public (ANRT, ANPME, AMDIE) et du secteur privé (président des chambres de commerce, d’industrie et des services, représentants de la CGEM et du secteur des assurances). L’ADD est actuellement dirigée par Khouloud Abejja, directrice générale par intérim et conseillère du ministre de l’Industrie, accompagnée par 4 experts: Nadia Filali, Laila Bennis, Ali El Amrani et Tarik Fadli.(Source tic-maroc.com)

Rome compte allouer 100 millions d’euros pour sa mission au Niger

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La ministre italienne de la Défense, Roberta Pinotti, a déclaré que son pays comptait accorder un budget de 100 millions d’euros à son opération en cours au Niger en vue de gérer le flux des migrants et d’accompagner Niamey dans la lutte anti-terroriste. L’Italie, qui compte ainsi redéployer ses forces en Irak et en Afghanistan vers une plus grande présence au sud de la Méditerranée, maintient toujours des unités au Kosovo, au Liban et en Syrie.

Dans une communication conjointe au Sénat et la Chambre des représentants, la ministre Roberta Pinotti a précisé que le contingent italien au Niger, qui comptera à terme, quelque 470 éléments de l’Esercito italiano, devra porter assistance à ce pays fragile du Sahel qui accueille 150 000 réfugiés.

Roberta Pinotti, qui s’exprimait devant les Commissions des affaires étrangères et de la défense du Sénat et de la Chambre réunies conjointement, a exposé le rapport du gouvernement italien sur les progrès des différentes missions italiennes à l’international et exprimé le besoin d’une enveloppe de 100 millions d’euros pour mener à bien l’opération de stabilisation au Niger.

C’est en novembre dernier que Rome et Niamey s’étaient mis d’accord pour l’envoi de cette mission militaire.
Pour rappel, le président du Conseil italien, Paolo Gentiloni avait, lors de sa conférence de presse de fin d’année, fait part de l’intention de son pays d’envoyer une mission militaire au Niger en vue de contribuer à la formation des forces de sécurité de ce pays dans la lutte anti-terroriste et contre l’immigration illégale pour parer à la situation très précaire en Libye. Surtout que les combats qui ont éclaté lundi dans le secteur de l’aéroport de Mitiga près de Tripoli, à la suite de l’attaque d’un groupe armé, ont entraîné la suspension sine die de tous les vols dans le pays.

Paris en concurrence avec Rome

De son côté, la France a convoqué pour aujourd’hui une réunion des ministres de la Défense et des chefs d’état-major des armées des cinq pays de la région du G5 Sahel en vue de la construction d’une force conjointe, et ce en présence de huit pays contributeurs, de l’ONU, de l’Union africaine, et de l’Union européenne, et ce en préparation de la Conférence des donateurs qui aura lieu à Bruxelles le 23 février prochain.

En décembre dernier, le président français, Emmanuel Macron, avait réussi à obtenir de l’Arabie saoudite une contribution de 100 millions d’euros et 30 millions d’euros des Emirats arabes unis en faveur de la future force conjointe antiterroriste du G5 Sahel.