Ahmed Charaï

«Mariage de raison», l’appel d’Ahmed Charai, sur El Mundo, pour des relations hispano-marocaines pragmatiques et sereines

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C’est sur El Mundo, le deuxième quotidien le plus lu en Espagne, après le sportif Marca, qu’Ahmed Charai a publié une radioscopie des relations maroco-espagnoles dans un éditorial sous le titre «Mariage de raison». L’éditorialiste marocain s’est adressé à une opinion publique ibérique qui a subit durant plusieurs semaines une avalanche de fake-news et une stratégie de désinformation d’un groupuscule séparatiste qui terrorise le peuple sahraoui, viole les résolutions onusiennes et qui tente de saboter les relations économiques marocaines et espagnoles séculaires avec l’Afrique subsaharienne.

C’est une plaidoirie que tout patriote animé par la défense de la cause nationale et la promotion de l’image d’un Maroc moderne, responsable, fiable, ambitieux et respectueux du droits international et des accords bilatéraux devrait lire et en extraire les éléments de langages qui donnent à tout discours, sérénité, sagesse et puissance.

Il faut revenir au contexte dans lequel intervient l’éditorial d’Ahmed Charai, le patron de presse marocain actif dans plusieurs centres de réflexions notamment aux États-Unis.

Aujourd’hui, les marocains ne sont pas peu fiers de l’habilité, la fermeté, l’intelligence, la retenue avec laquelle le pays sous la direction du Roi Mohammed VI a réussi à mettre à nu devant l’opinion publique internationale «une alliance du mal», composée de mercenaires hors la lois et un régime militaire en décomposition. Le temps est désormais révolu où certains pays et certains groupe de pression refusaient de reconnaitre le développement économique et social des populations des provinces du sud marocaines, sous le roi Mohammed VI.

Les investissements dans les infrastructures depuis au moins 2015 et phénoménal et les projets économiques font pâlir d’envie l’alliance du mal et ne cessent d’attirer investisseurs, diplomates et compétences. Outre la présence symbolique de la franchise du fast-food américaine, McDonalds, au cœur de la ville de Laâyoune, la France a ouvert deux bureaux de sa Chambre d’Industrie et de Commerce, plusieurs entreprises européennes, turques, et chinoises veulent s’implanter dans les zones industrielles en cours de réalisation dans les 3 régions du sud et les bailleurs de fonds internationaux participent au financement des grands projets structurants notamment le port de Dakhla.

La réalité économique, politique et sociale sur le terrain a renforcé la position du royaume sur le Sahara dans le concert des nations éprises de paix et de démocratie. Un succès qui s’est matérialisé par l’ouverture de plusieurs représentations diplomatiques à Laayoune et à Dakhla. Les pays africains avec qui le Maroc entretient des relations fortes et durables, arrivent en tête avec pas moins de quinze consulats ouverts en moins de 12 mois.

L’Espagne qui n’est pas totalement remise du séisme provoqué par la crise sécessionniste catalane, a tenu une position ambiguë sur le sujet du passage frontalier de Guerguerat, en dépit de l’impact économique qu’ont subit les entreprises espagnoles à cause de l’obstruction du trafic commercial terrestre entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest par les mercenaires financés par l’armée algérienne.

Une position qui trouve son explication par l’instabilité politique qui est loin d’être réglée deux ans et demi après le référendum d’autodétermination de la catalogne du 1er octobre 2017.

Une ambiguïté qui donne peu de crédit au gouvernement de Madrid qui tout en qualifiant l’indépendantisme catalan d’illégal, laisse faire cette même mouvance séparatiste qui fait du dossier Sahara marocain, une caisse de résonnance au projet similaire du polisario au cœur du pays membre de l’Union Européenne.

Ahmed Charai sur El Mundo : «Les relations hispano-marocaines, essentielles pour la géostratégie mondiale»

«Le monde des émotions mettent en péril l’empire de la raison». Ces mots, ce sont ceux de l’éditorialiste marocain Ahmed Charaï, écrits dans les colonnes du quotidien centriste «El Mundo». Un appel à la raison et au pragmatisme dans un contexte international dangereux.

Une situation géopolitique dont il fait référence dès l’introduction de son article d’opinion : «L’Espagne et le monde entier traversent un moment délicat dans lequel il semble que des valeurs et des principes, inconditionnellement assumés jusqu’à présent, soient remis en question.»

Ce contexte, poursuit l’auteur, fait courir le risque d’une mauvaise lecture des enjeux géostratégiques, ce qui impacterait des relations hispano-marocaines, «essentielles pour les deux pays, bien sûr, mais aussi essentielles en termes géostratégiques mondiaux; essentielles pour l’Europe et essentielles pour l’Afrique».

Ahmed Charaï rappelle que les relations entre Rabat et Madrid ont la particularité d’être stables depuis des décennies et ceci quel que soit le détenteur de la majorité parlementaire en Espagne.

Cette stabilité a pour moteur de puissantes «raisons» objectives mais que la complexité du contexte géopolitique, économique et sanitaire dans le monde risque de mettre en équation à cause des relents du monde des émotions qu’occasionne la crise.

«Cependant, émanent des sentiments qui correspondent davantage au monde des émotions qui mettent en péril l’empire de la raison et qui continuent à empêcher l’extension de cette coopération à des domaines importants tels que le social et la culture, ce qui permettrait une humanisation de la relation.», souligne M. Charaï.

«Dans les années 1970, les économies du Maroc et de l’Espagne étaient à égalité. Aujourd’hui, cela est de l’Histoire» – Ahmed Charaï

Pour illustrer la nature des relations hispano-marocaines, l’éditorialiste va faire la part entre l’économique, le sécuritaire et le socio-culturel.

M. Charaï va étayer l’évolution de l’économie espagnole qui est passée d’une économie comparable à celle du Maroc à une position qui dispute la première place du principal partenaire économique du Royaume.

«Dans les années 1970, les deux économies étaient à égalité. Les productions industrielles apportaient très peu de valeur, tandis que l’agriculture et la pêche étaient très compétitives, notamment par rapport au marché européen.» a-t-il rappelé.

Mais entre temps le dialogue entre les deux pays est passé par des moments complexes surtout après l’entrée de l’Espagne en Europe, souligne l’article. Un dialogue qui se limitait à la pêche hauturière, car le Maroc s’est retrouvé en position désavantageuse face à une l’Espagne privilégiée par l’accord d’association avec l’UE.

«C’était une période très complexe où les deux pays, qui étaient à la recherche d’une voie vers la modernisation structurelle de leurs économies et du système politique, ont été submergés par la faiblesse de leurs économies respectives et la lutte contre la pauvreté, en particulier pour l’Espagne forcée d’atteindre les niveaux du marché européen.» affirme, M. Charaï.

«Mais tout cela est déjà de l’Histoire . Les mutations de l’économie marocaine ont été telles que l’Espagne est désormais en concurrence avec la France pour le rôle de principal partenaire économique.» constate-t-il.

«Le Maroc se montre comme un partenaire très fiable dans le domaine de la sécurité. Ce sont les dirigeants espagnols eux-mêmes qui l’affirment depuis le début de ce siècle» – Ahmed Charai

Même durant les périodes de froid diplomatique, la coopération sécuritaire entre Rabat et Madrid est resté constamment stable. Une fiabilité et une responsabilité que les responsables espagnols reconnaissent devant l’Union européenne où ils s’érigent en tant que défenseur du royaume.

«Les deux pays sont nécessairement préoccupés par la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le trafic international de drogue et l’immigration clandestine. Le Maroc se montre comme un partenaire très fiable. Ce sont les dirigeants espagnols eux-mêmes qui l’affirment depuis le début de ce siècle.» rappelle M. Charaï.

La position géostratégique du Royaume s’est davantage renforcée grâce à l’incroyable dynamique enclenchée par le Roi Mohammed VI depuis au moins 2008. Le succès de la stratégie royale a imposé le Royaume comme un leader incontesté du continent.

«L’Espagne, le pays le plus proche de l’Afrique, en est très conscient et promeut par conséquent la coopération bilatérale dans ce sens» assure M. Charaï.

«La politique culturelle déployée depuis Madrid reste trop timide» – Ahmed Charaï

«Il est incompréhensible que les relations culturelles soient à un niveau aussi bas» s’indigne M. Charaï en évoquant le troisième volet de la coopération hispano-marocaine.

Une timidité qui se reflète sur le terrain avec des initiatives qui se comptent sur le bout des doigts et qui ne reflètent pas la hauteur de ce que représente le passé des deux nations, avec un patrimoine fortement basé sur la civilisation islamique et la renaissance européenne.

Pour palier à ce déficit, M. Charaï recommande: 1) le développent d’un système de bourses pour les étudiants marocains, 2) l’amélioration de l’image des émigrants marocains, 3) le renforcement de la présence linguistique, 4) la simplifications des échanges, 5) l’implications des universités, des partis politiques, des médias et des agences gouvernementales.

«Oublier et vouloir changer le fait que le Sahara fait partie de la nation marocaine serait un véritable cataclysme» – Ahmed Charai

Partenaire économique de premier plan; partenaire sécuritaire, fiable, responsable et indispensable; voisin avec des liens historiques et culturels séculaires; terre ferme la plus proche du continent «avenir de la planète», sont des fait qui font perdre à la question du Sahara beaucoup de sa pertinence, auprès de l’ancienne puissance coloniale qui connaît très bien la dossier.

«Madrid a rejoint le processus politique, a soutenu la proposition du Maroc pour une autonomie élargie, la qualifiant de sincère et crédible et le Maroc en a pris note. Que le parti Podemos puisse continuer avec ses positions idéologiques anciennes et usées n’est pas pertinent.» écrit M. Charaï.

«Oublier et vouloir changer le fait que le Sahara fait partie de la nation marocaine serait un véritable cataclysme.» poursuit-il. Car d’une part ceci annoncerait des troubles et des conflits sans fin dans une région du sud de la Méditerranée où le Maroc et l’Espagne sont deux nations très attachées à leur unité et à leur intégrité territoriale.

D’autres part, cette région ne peut se permettre aucun effondrement économique. Bien au contraire affirme M. Charaï : «elle a besoin de plus d’intégration, d’un marché plus profond, pour assurer son décollage et satisfaire les aspirations de sa population majoritairement jeune

Des arguments qui trouvent toute leur pertinence dans l’affaire El Guergarat qui a été un laboratoire de gestion de crise où ont été testés et approuvées, la retenue du Royaume du Maroc, son rôle de défenseur actif de la stabilité régionale, sa position névralgique pour le commerce Nord-Sud, ses efforts de lutte contre la banditisme et le terrorisme ainsi que son soft power»

« L’Espagne en convient et cela renforce la permanence et le renforcement de ce mariage de raison », conclut Ahmed Charaï une analyse et une plaidoirie qui restera sans aucun doute une référence dans la timeline des relations hispano-marocaines.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

Ahmed Charaï : «Ceux qui annonçaient l’apocalypse aux USA, en ont eu pour leurs frais»

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Soutenu par les médias et les big tech, Biden a gagné les élections mais n’a pas réussi à terrasser un Trump qui a gardé une puissance électorale surprenante. Au Maroc, après l’annonce des résultats et le consensus mondial qui s’établie progressivement autour du ticket Biden-Harris, les regards sont désormais dirigés vers le département de Bourita, mais également vers les analyses qui donnent à l’opinion publique des clés de lectures des enjeux de ces élections pour le Royaume. Ahmed Charaï, observateur avisé de la politique américaine et éditorialiste dans de prestigieuses publications outre-Atlantique, a souligné dans sur un édito paru ce dimanche sur L’Observateur, les faits importants à retenir de cette bataille électorale. M. Charaï a tenu à mettre en exergue la solidité des institutions américaines qui a porté la victoire de la démocratie et qui a désenchanté les cassandres qui «pariaient sur les divisions, et annonçaient l’apocalypse».

«Au milieu de tant d’acrimonie, d’angoisse et de peur pour l’avenir, certains Américains ont perdu de vue ce que nous autres citoyens du monde voyons clairement: un pays étonnant et résilient qui reste le pivot du monde, le grand inspirateur des jeunes esprits et le grand espoir des idéaux nobles.» affirme Ahmed Charaï dans son éditorial, consacré aux élections américaines.

«Les institutions américaines sont solides et l’ont démontré, ceux qui pariaient sur les divisions, annonçaient l’apocalypse, en ont eu pour leurs frais», martèle l’éditorialiste qui se réjouit de la sérénité dont ont fait preuve les électeurs et qui a renforcé la grande démocratie américaine.

Victoire de la démocratie

« Le taux de participation élevé et le record des voix obtenus dans les deux camps est un fait notable dans un contexte socio-économique en berne en raison du coronavirus et malgré une campagne harassante et clivante », affirme M. Charaï.

En effet, les derniers résultats non définitifs du scrutin montrent que sur 239,2 millions de personnes éligibles au droit de vote, entre 149,1 millions et 165 millions ont voté. Soit un taux de participation situé entre 62,3 % et 69 %.

Le taux de participation de 1960 à 2020 aux élections présidentielles américaines, en pourcentage du corps électoral.

Avec cette participation historiquement haute, le nombre de voix recueillies par les deux candidats n’a jamais été aussi élevé. Donald Trump, a dépassé en 2020 le record détenu en 2008 par Barack Obama, qui avait recueilli 69,5 millions des suffrages.

Le président élu, le démocrate Joe Biden, a rassemblé 75,6 millions de voix contre 71,0 millions pour le républicain Donald Trump.

«La démocratie américaine sort renforcée de cette séquence. Comme d’habitude, les Américains ont tenu à renforcer les contre-pouvoirs, puisque le sénat reste rouge. C’est un équilibre des pouvoirs qui permet à toutes les institutions de jouer leur rôle, sans bloquer la marche du pays.», souligne M. Charaï.

Ces élections de tous les superlatifs, ont également été marquées par la consécration de la sénatrice californienne Kamala Haris en tant que première femme, noire et asiatique, vice-présidente des États-Unis.

«Cette élection est historique. Elle a mis pour la première fois une femme à la Vice-Présidence. Kamala Harris est une métisse, produit du rêve américain. Elle est le symbole que dans ce pays tout est possible. » appuie l’éditorialiste.

«Cela s’appelle une grande démocratie» s’est-il exclamé.

A quoi s’attendre avec Joe Biden?

A l’interrogation que tout le monde se pose: « Que va faire Joe Biden ? », Ahmed Charaï , ne s’est pas lancé dans de l’anti-trumpisme primaire et émotionnel qui pilule sur les réseaux sociaux et les médias. Il va ainsi rappeler le fait central de ces élections : « La campagne a été plutôt un vote pour ou contre Trump ».

M. Charaï note ensuite que la gestion de la pandémie a indéniablement coûté très cher au président sortant, tout en reconnaissant son bilan économique positif.

Pour rappel, à fin 2019, le chômage était au plus bas depuis cinquante ans, y compris pour les Afro-Américains, le taux de pauvreté absolue était le plus faible depuis les années 1960, un revenu médian record et une croissance supérieure à celle de l’Europe. La crise liée à la pandémie a tout anéantie.

«Joe Biden n’a pas développé réellement un programme économique. Est-ce qu’il va garder le cap protectionniste ? En vérité on n’en sait rien», estime Ahmed Charaï. «Revenir sur des décisions qui ont relancé la machine parait très difficile, surtout en ces temps d’incertitude.», poursuit-il.

Au sujet des relations internationales et diplomatiques, M. Charai est formel: « On est sûr que les USA vont revenir au multilatéralisme. Le Président élu a annoncé qu’il reviendra à l’accord de Paris sur le climat. Ce n’est pas une mince affaire parce que cela touchera des secteurs productifs. Il veut aussi apaiser les relations internationales avec la Chine, la Russie, l’Iran

«C’est une diplomatie plus classique qui se mettra en place.» a-t-il affirmé.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

TRIBUNE – Les barbares de chez nous

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La lutte contre le terrorisme n’est pas un luxe et n’est pas du seul ressort des services de sécurité. Il s’agit d’un travail de fond, un travail générationnel qui implique une éducation tous azimuts et à tous les étages. De la cellule familiale à la société dans son ensemble, en passant par l’école et la rue. Avec l’amplification de l’impact des réseaux sociaux et des moyens de communication, l’effort doit être redoublé pour s’attaquer à la racine du mal. Si la pratique de la religion n’est pas incompatible avec l’expression de l’éthique et l’esprit de la loi, il est dangereux de stigmatiser l’Islam à chaque fois que des écervelés commettent un forfait, comme d’ailleurs jamais nous ne pointons du doigt le judaïsme ou le christianisme quand des musulmans ou autres sont victimes de pratiques criminelles en Occident ou au Moyen-Orient. La violence et le terrorisme n’ont ni religion, ni foi, ni loi. Et ils sont universels. D’où l’importance d’une approche didactique et humaniste pour en contrer les velléités et les dérives. L’intérêt de la tribune de Ahmed Charaï réside dans le fait qu’elle met le doigt dans la plaie sans le remuer mais tire la sonnette d’alarme quant aux manifestations de la haine et de la radicalisation qui touchent certains pans de notre société. Ahmed Charaï pointe ainsi les «élites» qui ont démissionné sur ce sujet et qui ne s’expriment plus pour défendre les libertés individuelles, pendant que la société marocaine continue de produire la barbarie de manière endogène. LE1.

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Maroc et Espagne, partenaires dans la stabilité de l’ouest de la Méditerranée

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Indubitablement, l’espace méditerranéen demeure une des zones les plus sensibles de la planète tant sur le plan géostratégique que militaire et économique. Si la Mare Nostrum est commandée par la VIe Flotte aéronavale américaine avec Naples comme PC avancé, le flanc est de cet espace est sous influence multiple : russe, israélienne, turque, égyptienne et iranienne par Hezbollah interposé. A l’opposé géographique de cette zone en ébullition où se perpétuent d’interminables conflits armés, le flanc ouest de la Méditerranée contrôlé par le Maroc sur sa rive sud et par l’Espagne au nord, connaît une certaine stabilité. Relative certes mais bien réelle. Ces deux pays, séparés par l’ultra-stratégique détroit de Gibraltar sont avant-postes de leur continent respectif : l’Afrique et l’Europe. Par cette position de choix, le Maroc n’est plus le gendarme de service du vieux continent mais son allié et partenaire stratégique ainsi que celui de l’OTAN. Et l’Espagne est bien consciente de ce statut particulier dont jouit le royaume chérifien. Raison pour laquelle toute la politique étrangère de Madrid prend pleinement en considération les attentes de son voisin méridional, et de même pour Rabat qui fait de l’Espagne une de ses priorités absolues, non seulement en termes de politique de bon voisinage, mais plus globalement dans toute la plénitude de ses relations internationales.

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Les dames en fer du renseignement américain

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Si Gina Haspel et Kirstjen Nielsen sont aujourd’hui les véritables fers de lance du renseignement et de la sécurité aux États-Unis, la première à la tête de la CIA et la seconde comme patronne de la sécurité intérieure, elles n’en sont pas moins les véritables instigatrices de la politique extérieure de leur pays dans les domaines de leur compétence. Ces deux femmes, qui ont gravi les échelons de l’administration américaine par le seul biais de la méritocratie, valeur chère aux puristes américains, peuvent déployer leurs programmes à la tête de leurs départements respectifs sans craindre de blocage ou une quelconque influence de la part de la Maison Blanche, et ce en raison de spécificités juridiques et constitutionnelles qui sont l’apanage de la démocratie américaine. Dans un article intitulé «Les dames en fer», Ahmed Charai explique avec la plume de l’expert qui est la sienne, cette facette peu connue de la relation entre l’exécutif américain et la plus grande agence de renseignement du monde.

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Les nouveaux enjeux sécuritaires, par Ahmed Charai

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La conférence sur la sécurité, qui s’est tenue en Allemagne, est un véritable carrefour qui éclaire sur la marche du monde. Une question pesait de tout son poids, celle du rôle des USA de Donald Trump dans l’ordre international. Le nouveau locataire de la Maison Blanche avait déclaré que « l’Otan était obsolète » et propose un nouveau deal avec la Russie. Jamais la représentation américaine n’a été aussi forte, lors de la tenue de cette conférence sur la sécurité, qui en était à sa 53ème édition : le Vice-président Pence se voulait rassurant, tout en estimant que les Européens devraient participer un peu plus à l’effort militaire. John McCain, célèbre Sénateur républicain, deux fois candidat malheureux à la présidence, a parlé « d’ordre mondial qui peut décliner et tomber ».

En fait, ces inquiétudes exprimées, sont le reflet d’une réalité objective, celle du multilatéralisme, comme l’a dit Angela Merkel. La réalité c’est qu’il y a un monde multipolaire, porteur de dangers, mais aussi d’opportunités. En Europe de l’Est, le danger c’est une Russie revancharde qui n’a pas hésité à annexer la Crimée et à soutenir la rébellion des russophiles de Donetsk. En Europe du Sud, le premier défi sécuritaire est le terrorisme et donc l’autre flanc de la Méditerranée, du Sahel au Moyen Orient.

Pour les USA, stratégiquement, même sous la direction de l’Administration Obama, l’épicentre s’est déplacé vers l’Asie. Ce désengagement américain, qui est une perspective historique, pose à l’Europe, de manière lancinante, la question de la défense commune. On le voit d’ailleurs dans les débats électoraux en France et en Allemagne, surtout après le Brexit.

Le seul point commun, c’est la nécessité de la lutte contre le terrorisme. Tous les participants en font une priorité, même la Russie. Mais chacun selon sa pendule, parce que le jeu des puissances régionales et des alliances prête à confusion, les objectifs stratégiques n’étant pas les mêmes. Mais à Munich, les participants ont préféré afficher l’unanimité face au monstre terroriste.

L’élément nouveau qui a émergé lors de cette conférence, c’est la cyberguerre et son danger pour la démocratie. On connaissait les risques liés aux infrastructures, à l’espionnage technologique. Désormais, c’est la marche même des institutions démocratiques qui est en danger. On a suivi tous le débat virulent aux USA sur la « probable » influence russe durant la compagne présidentielle. Les Allemands soupçonnent une attaque contre le parlement en 2015. Emmanuel Macon, candidat à la présidentielle française, dénonce des centaines d’attaques de hackers contre son site qui seraient en provenance de Russie.

La présidente estonienne a appelé les Européens à « coopérer pour protéger les démocraties des ingérences et des « fake news ». C’est dire si le problème est lancinant. Cette cyber-guerre interpelle tous les pays. Si les systèmes les plus protégés sont, à ce point, vulnérables, que dire des autres ? Or, l’expérience démontre qu’une puissance étrangère peut intervenir dans une campagne électorale et avantager le candidat de son choix. C’est historiquement inédit, et c’est un nouvel enjeu sécuritaire pour les démocraties.

Pour le moment, il n’y a que le constat qui est fait.

Ahmed CHARAI – CEO Globla Media Holding

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