Ahmed Charaï

TRIBUNE – Les barbares de chez nous

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La lutte contre le terrorisme n’est pas un luxe et n’est pas du seul ressort des services de sécurité. Il s’agit d’un travail de fond, un travail générationnel qui implique une éducation tous azimuts et à tous les étages. De la cellule familiale à la société dans son ensemble, en passant par l’école et la rue. Avec l’amplification de l’impact des réseaux sociaux et des moyens de communication, l’effort doit être redoublé pour s’attaquer à la racine du mal. Si la pratique de la religion n’est pas incompatible avec l’expression de l’éthique et l’esprit de la loi, il est dangereux de stigmatiser l’Islam à chaque fois que des écervelés commettent un forfait, comme d’ailleurs jamais nous ne pointons du doigt le judaïsme ou le christianisme quand des musulmans ou autres sont victimes de pratiques criminelles en Occident ou au Moyen-Orient. La violence et le terrorisme n’ont ni religion, ni foi, ni loi. Et ils sont universels. D’où l’importance d’une approche didactique et humaniste pour en contrer les velléités et les dérives. L’intérêt de la tribune de Ahmed Charaï réside dans le fait qu’elle met le doigt dans la plaie sans le remuer mais tire la sonnette d’alarme quant aux manifestations de la haine et de la radicalisation qui touchent certains pans de notre société. Ahmed Charaï pointe ainsi les «élites» qui ont démissionné sur ce sujet et qui ne s’expriment plus pour défendre les libertés individuelles, pendant que la société marocaine continue de produire la barbarie de manière endogène. LE1.

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Maroc et Espagne, partenaires dans la stabilité de l’ouest de la Méditerranée

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Indubitablement, l’espace méditerranéen demeure une des zones les plus sensibles de la planète tant sur le plan géostratégique que militaire et économique. Si la Mare Nostrum est commandée par la VIe Flotte aéronavale américaine avec Naples comme PC avancé, le flanc est de cet espace est sous influence multiple : russe, israélienne, turque, égyptienne et iranienne par Hezbollah interposé. A l’opposé géographique de cette zone en ébullition où se perpétuent d’interminables conflits armés, le flanc ouest de la Méditerranée contrôlé par le Maroc sur sa rive sud et par l’Espagne au nord, connaît une certaine stabilité. Relative certes mais bien réelle. Ces deux pays, séparés par l’ultra-stratégique détroit de Gibraltar sont avant-postes de leur continent respectif : l’Afrique et l’Europe. Par cette position de choix, le Maroc n’est plus le gendarme de service du vieux continent mais son allié et partenaire stratégique ainsi que celui de l’OTAN. Et l’Espagne est bien consciente de ce statut particulier dont jouit le royaume chérifien. Raison pour laquelle toute la politique étrangère de Madrid prend pleinement en considération les attentes de son voisin méridional, et de même pour Rabat qui fait de l’Espagne une de ses priorités absolues, non seulement en termes de politique de bon voisinage, mais plus globalement dans toute la plénitude de ses relations internationales.

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Les dames en fer du renseignement américain

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Si Gina Haspel et Kirstjen Nielsen sont aujourd’hui les véritables fers de lance du renseignement et de la sécurité aux États-Unis, la première à la tête de la CIA et la seconde comme patronne de la sécurité intérieure, elles n’en sont pas moins les véritables instigatrices de la politique extérieure de leur pays dans les domaines de leur compétence. Ces deux femmes, qui ont gravi les échelons de l’administration américaine par le seul biais de la méritocratie, valeur chère aux puristes américains, peuvent déployer leurs programmes à la tête de leurs départements respectifs sans craindre de blocage ou une quelconque influence de la part de la Maison Blanche, et ce en raison de spécificités juridiques et constitutionnelles qui sont l’apanage de la démocratie américaine. Dans un article intitulé «Les dames en fer», Ahmed Charai explique avec la plume de l’expert qui est la sienne, cette facette peu connue de la relation entre l’exécutif américain et la plus grande agence de renseignement du monde.

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Les nouveaux enjeux sécuritaires, par Ahmed Charai

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La conférence sur la sécurité, qui s’est tenue en Allemagne, est un véritable carrefour qui éclaire sur la marche du monde. Une question pesait de tout son poids, celle du rôle des USA de Donald Trump dans l’ordre international. Le nouveau locataire de la Maison Blanche avait déclaré que « l’Otan était obsolète » et propose un nouveau deal avec la Russie. Jamais la représentation américaine n’a été aussi forte, lors de la tenue de cette conférence sur la sécurité, qui en était à sa 53ème édition : le Vice-président Pence se voulait rassurant, tout en estimant que les Européens devraient participer un peu plus à l’effort militaire. John McCain, célèbre Sénateur républicain, deux fois candidat malheureux à la présidence, a parlé « d’ordre mondial qui peut décliner et tomber ».

En fait, ces inquiétudes exprimées, sont le reflet d’une réalité objective, celle du multilatéralisme, comme l’a dit Angela Merkel. La réalité c’est qu’il y a un monde multipolaire, porteur de dangers, mais aussi d’opportunités. En Europe de l’Est, le danger c’est une Russie revancharde qui n’a pas hésité à annexer la Crimée et à soutenir la rébellion des russophiles de Donetsk. En Europe du Sud, le premier défi sécuritaire est le terrorisme et donc l’autre flanc de la Méditerranée, du Sahel au Moyen Orient.

Pour les USA, stratégiquement, même sous la direction de l’Administration Obama, l’épicentre s’est déplacé vers l’Asie. Ce désengagement américain, qui est une perspective historique, pose à l’Europe, de manière lancinante, la question de la défense commune. On le voit d’ailleurs dans les débats électoraux en France et en Allemagne, surtout après le Brexit.

Le seul point commun, c’est la nécessité de la lutte contre le terrorisme. Tous les participants en font une priorité, même la Russie. Mais chacun selon sa pendule, parce que le jeu des puissances régionales et des alliances prête à confusion, les objectifs stratégiques n’étant pas les mêmes. Mais à Munich, les participants ont préféré afficher l’unanimité face au monstre terroriste.

L’élément nouveau qui a émergé lors de cette conférence, c’est la cyberguerre et son danger pour la démocratie. On connaissait les risques liés aux infrastructures, à l’espionnage technologique. Désormais, c’est la marche même des institutions démocratiques qui est en danger. On a suivi tous le débat virulent aux USA sur la « probable » influence russe durant la compagne présidentielle. Les Allemands soupçonnent une attaque contre le parlement en 2015. Emmanuel Macon, candidat à la présidentielle française, dénonce des centaines d’attaques de hackers contre son site qui seraient en provenance de Russie.

La présidente estonienne a appelé les Européens à « coopérer pour protéger les démocraties des ingérences et des « fake news ». C’est dire si le problème est lancinant. Cette cyber-guerre interpelle tous les pays. Si les systèmes les plus protégés sont, à ce point, vulnérables, que dire des autres ? Or, l’expérience démontre qu’une puissance étrangère peut intervenir dans une campagne électorale et avantager le candidat de son choix. C’est historiquement inédit, et c’est un nouvel enjeu sécuritaire pour les démocraties.

Pour le moment, il n’y a que le constat qui est fait.

Ahmed CHARAI – CEO Globla Media Holding