MENA

L’Arabie saoudite met fin à l’embargo contre le Qatar

L’Arabie saoudite met fin à plus de trois ans d’une crise sans précédent, qui a disloqué le Conseil de Coopération du Golfe, en annonçant l’ouverture dès ce lundi ses frontières terrestres, maritimes et aériennes avec le Qatar.

Avec agences

Les frontières terrestres et aériennes entre l’Arabie saoudite et le Qatar, fermées depuis trois ans et demi, seront rouvertes à partir de ce lundi 4 janvier, ont annoncé Riyad et Doha.

L’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane ont convenu de signer un accord à l’issue du sommet du Conseil de coopération du Golfe, qui se tiendra le 5 janvier à Al-Ula, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, a précisé le ministre koweïtien des Affaires étrangères Ahmad Nasser Al-Mohammad Al-Sabah.

Selon un haut responsable de l’administration américaine, cité par Reuters, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte se joindront à cet accord visant à normaliser les relations et lever le blocus du Qatar qui devrait pour sa part abandonner les poursuites contre les autres pays signataires du document.

L’Arabie et plusieurs autres pays arabes, dont le Koweït, avaient imposé en 2017 un embargo commercial et diplomatique au Qatar en accusant cet émirat de soutenir le «terrorisme», ce que ce dernier dément.

A Neom, sur les frontières israéliennes, MBS se fait vacciner contre le Covid-19

Le prince héritier saoudien et vice-premier ministre et ministre de la Défense, Mohammed Ben Salmane, a choisi se nouvelle ville, Neom, au nord du pays et sur les frontières israéliennes pour recevoir ce vendredi, sa première dose du vaccin COVID-19.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu sa première dose du vaccin COVID-19, dans le cadre d’un plan national de vaccination contre le coronavirus lancé par le ministère de la Santé, a rapporté vendredi l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

C’est dans sa résidence dans la ville-projet, la mégalopole 100 % numérique, Neom, située au nord-ouest de l’Arabie saoudite, et à quelques kilomètres des frontières israéliennes, que MBS a reçu sa première dose de vaccin devant les caméras de la télévision nationale.

Après le prince héritier, le ministre de la Culture, le prince Badr Ben Farhan, s’est fait également injecter le vaccin, rapporte l’agence de presse.

Le 17 décembre, l’Arabie saoudite a lancé une grande campagne de vaccination contre le COVID-19. et c’est le ministre de la Santé, le Dr Tawfiq Al-Rabiah, qui a été le premier citoyen saoudien à recevoir le vaccin.

Le Dr Al-Rabiah, s’adressant aux médias, a souligné que le plus grand processus de vaccination du Royaume a commencé conformément aux directives du gardien des deux Saintes Mosquées, le roi Salmane. Le ministre souligne que prince héritier Mohammed Ben Salmane, assure un un suivi direct et régulier de la campagne dans l’objectif de «fournir gratuitement des doses à tous les citoyens et expatriés du Royaume».

«Nous aurons des centres de vaccination dans toutes les régions du Royaume. Nous tenons à rendre le vaccin sûr et à fournir des doses contre le coronavirus à tous. », conclut le ministre.

L’Arabie saoudite voit son déficit budgétaire se creuser face à la pandémie

L’Arabie saoudite, touchée de plein fouet par la crise sanitaire et la chute des prix de brut, a annoncé mardi un déficit budgétaire de 79 milliards de dollars (65 milliards d’euros) pour l’année 2020, un peu plus du double du précédent déficit.

«Il est prévu que le déficit budgétaire augmente à environ 298 milliards de rials à la fin 2020, et nous prévoyons de le réduire d’ici fin 2021 à 141 milliards de rials (31 milliards d’euros)», a indiqué le ministère des Finances dans un communiqué.

Le pays va tailler dans ses dépenses, qui doivent baisser d’environ 7% sur un an pour atteindre 990 milliards de rials (217 milliards d’euros) en 2021, selon le communiqué.

En décembre 2019, le royaume saoudien avait prévu un creusement de son déficit budgétaire, mais à hauteur de 50 milliards de dollars (plus de 40 milliards d’euros), sur fond déjà de baisse des prix du pétrole.

Le déficit en 2019 avait atteint environ 35 milliards de dollars (29 milliards d’euros au cours actuel).

Avant la pandémie, l’Arabie saoudite espérait un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2023.

Le royaume prévoit une croissance de 3,2% en 2021, après une contraction de l’économie anticipée à 3,7% cette année, toujours selon le communiqué du ministère des Finances.

En octobre, le Fonds monétaire international (FMI) avait estimé que l’économie de l’Arabie saoudite devrait se contracter de 5,4% en 2020.

Année difficile

«Cette année a été difficile à l’échelle mondiale et des mesures et des initiatives exceptionnelles ont dû être prises», a déclaré le roi Salmane d’Arabie saoudite.

Il a souligné que le budget de l’année 2021 donnerait «la priorité à la protection de la santé des citoyens et des résidents et à leur sécurité. Les efforts continueront pour freiner les effets de cette pandémie».

Plus grande économie du monde arabe et premier exportateur de brut au monde, la riche monarchie du Golfe a annoncé en mai un plan d’austérité prévoyant un triplement de la taxe sur la valeur ajoutée et la fin des allocations mensuelles à ses citoyens, en réaction à la chute historique du prix et de la demande du pétrole et à la pandémie de Covid-19.

A la même époque, le royaume a dit qu’il prévoyait d’emprunter près de 60 milliards de dollars sur l’année pour financer son déficit budgétaire.

Ryad n’a pas réussi à équilibrer ses comptes depuis la déroute des prix du pétrole de 2014, ce qui a poussé le pétro-État à emprunter ces dernières années plus de 100 milliards de dollars et à puiser dans ses réserves pour combler ces déficits.

Les revenus pétroliers génèrent plus des deux tiers des recettes publiques saoudiennes.

Selon les économistes, le pays a besoin d’un prix du brut d’environ 80 dollars le baril pour équilibrer son budget, supérieur au prix actuel (environ 50 dollars).

Pour faire face à la baisse du prix du brut, Ryad cherche à diversifier son économie, en investissant notamment dans les nouvelles technologies et dans des mégaprojets d’infrastructures.

Grâce à sa richesse pétrolière, le royaume a pu pendant des décennies se passer de taxes. Il n’a introduit une TVA à 5% qu’en 2018, dans le cadre d’un plan visant à réduire sa dépendance à l’or noir.

En raison de la pandémie, les autorités saoudiennes ont revu à la baisse le nombre de participants au hajj, le grand pèlerinage de La Mecque, qui a eu lieu cette année entre fin juillet et début août.

Seuls une dizaine de milliers de fidèles résidant en Arabie saoudite ont pu l’effectuer, contre quelque 2,5 millions de participants venus du monde entier en 2019. Et cela a privé l’Arabie saoudite d’importants revenus, alors que Ryad espérait pouvoir accueillir tous les ans 30 millions de pèlerins d’ici à 2030.

Rien ne vas plus entre Abu Dhabi et Alger : après le consulat à Laâyoune, les EAU interdisent l’entrée au pays aux algériens

Au lendemain de l’alerte donnée par Maghreb Intelligence au sujet d’un avertissement envoyé par Mohammed Ben Zayed au locataire d’El Mouradia qui marque une forte dégradation des relations entre les deux pays, les médias algériens font état de la décision des EAU de suspendre la délivrance des visas aux Algériens.

Les Emirats arabes unis ont diffusé ce mardi 24 novembre une circulaire qui stipule la suspension de la délivrance des visas un certains nombre de pays notamment, l’Algérie, la Tunisie, la Turquie et l’Iran.

«Conformément à la dernière circulaire publiée par le service de l’immigration, les demandes de visa d’entrée au pays, y compris les visas de travail, sont suspendues jusqu’à nouvel ordre pour les nationalités des pays suivants : Yémen, Syrie, Irak, Libye, Afghanistan, Pakistan, Somalie, Liban, Kenya, Tunisie, Algérie, Turquie et Iran.» ont annoncé les autorités émiratis dans la circulaire adressée aux services d’émigration.

Les divergences entre Abou Dhabi et Alger se sont accentués depuis l’arrivée de Tebboune au pouvoir. Et ça concerne plusieurs dossiers, notamment le Sahara marocain, le processus de paix libyen et palestinien et le plus récent les compromis du nouveau locataire d’El-Mouradia avec le lobby truc. Lesquelles divergences sont considérées par la presse algérienne, depuis la mort du général Gaïd Salah, comme étant «hostiles aux intérêts géostratégiques algériens». Ce qui pousse à craindre une dérive dangereuse vers une guerre froide entre les deux pays.

Maghreb Intelligence, un des médias les plus informés sur les affaires internes algériennes, nous informe dans une dépêche exclusive publiée ce lundi, que les services émiratis ont adressé un message d’avertissment clair et précis à leurs homologues algériens dés la fin septembre 2020.

Selon la même source, Abu Dhabi a clairement signifié à Alger qu’elle «n’hésiterait pas une seule seconde» à adopter des sanctions économiques et politiques à l’encontre de l’Algérie si les autorités algériennes continuent de s’allier avec les lobbys anti-émiratis dans la région. Abu Dhabi aurait même menacé l’Algérie de revoir totalement sa coopération économique et bilatérale.

Ce message d’avertissement a été envoyé au général Abdelghani Rachedi, l’ancien attaché militaire de l’Algérie à Abu Dhabi et l’actuel patron de la Direction générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), la principale branche des services algériens, un poste qu’il occupe depuis fin avril 2020.

Le général Abdelghani Rachedi avait transmis le message très rapidement au Président Algérien Tebboune qui s’est gardé de réagir hâtivement pour ne pas précipiter l’Algérie dans une crise régionale très complexe, souligne Maghreb Intelligence.

La même source, estime que l’ouverture d’un consulat des EAU dans la ville de Laâyoune au Sahara marocain au début de ce mois de novembre est un message clair à l’Algérie que les deux pays ne sont plus dans le même camp.

Le Conseil des Fatwa des EAU confirme la criminalisation de l’organisation des Frères musulmans et la considère comme une organisation terroriste

Le Conseil des Fatwa des Emirats Arabes Unis réuni ce lundi 23 novembre a soutenu la décision du Comité des grands Oulémas saoudien considérant les Frères musulmans une organisation «terroriste».

Avec WAM

Le Conseil des Fatwa des EAU a annoncé lors da sa réunion régulière qui s’est tenue aujourd’hui par vidéoconférence, son soutien total à la déclaration du Comité des grands Oulémas saoudien, qui fait écho aux précédentes positions des gouvernements des EAU et d’Arabie Saoudite qui considèrent les Frères musulmans comme une organisation terroriste, en raison de leur soutien aux groupes extrémistes violents, de leurs différends avec les dirigeants et de leur désobéissance.

La réunion qui était dirigée par le président du Conseil des Fatwa des EAU, Cheikh Abdallah ben Bayyah a passé en revue la déclaration du Comité des grands Oulémas saoudien, qui affirme que la Charia promeut l’unité et met en garde contre la division et les groupes de voyous.

Le Conseil émirati a également exhorté tous les musulmans à dénoncer les divisions et à éviter de soutenir, de sympathiser et de rejoindre des organisations qui visent à provoquer des divisions, à déclencher des conflits et à verser du sang.

Citant des versets du saint Coran et les paroles et pratiques (Sunna) du prophète Mohamed , le Conseil a affirmé qu’il n’est pas permis de prêter allégeance à une personne autre que le dirigeant, ni à un «émir» .

Bahreïn: décès du Premier ministre, le prince héritier lui succède

Le prince héritier de Bahreïn, Salmane ben Hamad Al-Khalifa, a été nommé Premier ministre mercredi après le décès de son prédécesseur qui avait occupé ce poste depuis l’indépendance de ce petit pays du Golfe en 1971.

Décédé à l’âge de 84 ans, Khalifa ben Salmane Al-Khalifa était le plus ancien Premier ministre du monde. Il était très impopulaire auprès de la communauté chiite du royaume dirigé par une dynastie sunnite et siège de la Ve Flotte américaine.

Selon l’agence de presse officielle bahreïnie BNA, il est mort le matin à l’hôpital Mayo Clinic aux Etats-Unis. Ses funérailles auront lieu après le rapatriement du corps et seront limitées à des proches en raison de l’épidémie du nouveau coronavirus.

Le pays observera un deuil officiel d’une semaine avec les drapeaux mis en berne. Les administrations seront fermées pendant trois jours.

Quelques heures après l’annonce du décès de son oncle, le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa a désigné comme Premier ministre son fils, le prince héritier Salmane, un pragmatique âgé de 51 ans, instruit en Occident et qui a tenté de construire des ponts avec l’opposition, contrairement à son prédécesseur.

Salmane ben Hamad Al-Khalifa, prince héritier, nouveau 1er ministre du Bahreïn

Le prince héritier assumait en fait depuis quelques années les charges du Premier ministre, cheikh Khalifa s’étant progressivement éclipsé avec l’âge.

Loué pour son rôle de premier plan dans l’économie de Bahreïn, cheikh Khalifa a été accusé par ses détracteurs d’incarner la ligne dure du régime en s’opposant à toute réforme politique et en réprimant systématiquement les dissidents.

Grande fermeté

Réputé proche de l’Arabie saoudite, il a adopté la plus grande fermeté contre le mouvement contestataire des chiites qui réclamaient des changements dans le sillage du Printemps arabe de 2011. La répression fut sanglante.

Son départ était réclamé par les manifestants qui avaient occupé la place de la Perle de Manama pendant un mois en février 2011.

Cette place a été rebaptisée par des milliers de manifestants «place Tahrir» -épicentre au Caire de la révolte ayant chassé l’ex-président Hosni Moubarak du pouvoir en 2011, les protestataires réclamant une véritable monarchie constitutionnelle.

Mais le soulèvement a été écrasé mi-mars après l’entrée de troupes du Golfe, notamment saoudiennes, pour protéger des installations vitales.

Pendant de longues années, cheikh Khalifa s’est employé à faire de Bahreïn -qui, contrairement aux autres monarchies du Golfe, n’a que de modestes ressources pétrolières- un centre financier régional.

Il a aussi a renforcé les relations avec les Etats-Unis, auxquels son gouvernement a accordé des facilités militaires au moment de l’indépendance en 1971.

Allié des Etats-Unis

Bahreïn est le siège de la Ve Flotte américaine et abrite aussi une base militaire britannique.

Après l’invasion du Koweït en 1990 par les troupes irakiennes de Saddam Hussein, des manifestations en faveur de la démocratie ont eu lieu à Bahreïn.

En 1992, un Majlis al-Choura, conseil consultatif, est créé. Mais cela n’a pas empêché les troubles antigouvernementaux qui, animés par l’opposition chiite, ont repris en 1994 avec des appels au rétablissement du Parlement élu.

Les troubles ont duré jusqu’en 1999 lorsque cheikh Hamad a accédé au trône et amorcé des réformes qui ont rétabli en 2002 le Parlement élu.

Depuis la contestation de 2011, le royaume est secoué par des troubles sporadiques alimentés, selon les autorités, par “des groupes terroristes violents, liés à l’Iran” chiite, ce que Téhéran dément.

Les principaux mouvements d’opposition ont été dissous et des dizaines de dissidents emprisonnés et déchus de leur nationalité.

Cette répression, dénoncée par des organisations de défense des droits humains, n’a pas mis en péril la relation entre Manama et Washington.

Plusieurs dirigeants de la région ont salué la mémoire de cheikh Khalifa dans des messages de condoléances.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le pays vient de normaliser ses relations avec Manama, a salué sa «contribution pour parvenir à la paix entre les deux pays».

Une société financière émiratie poursuit la compagnie aérienne nationale saoudienne en justice

La Saudia, compagnie aérienne nationale saoudienne, fait face à une plainte devant la Haute Cour de Londres déposée le mois dernier par Alif Segregated Portfolio Company, une société émiratie pour violation présumée des contrats de location de 50 appareils Airbus.

Alif Segregated Portfolio Company, société spécialisée dans la location d’aéronefs conforme à la charia islamique, a déposé une plainte contre le transporteur aérien basé à Djeddah, Saudia. Elle réclame 460 millions de dollars d’impayés, des dommages et intérêts et de frais de maintenance. 

Les deux entités avaient signé un accord en 2015 à l’occasion du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace (SIAE) de Paris-Le Bourget. Annoncé en grandes pompes par Airbus, ledit accord avait créé l’évènement car il était le plus grand deal aérien scellé via un financement islamique.

Dans le cadre de ce contrat, Alif a acquis à travers sa filiale IAFC, International Airfinance Corporation,  30 A320neo et 20 A330-300, et les a loués à Saudia. Les 50 appareils, qui représentent un tiers de la flotte de Saudia, valaient environ 8,2 milliards de dollars lorsque l’accord a été annoncé.

IAFC finance exclusivement des avions Airbus via des produits islamiques pour ses clients au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, en Ethiopie et en Indonésie.

La société plaignante émiratie reproche à Saudia d’avoir cessé de payer le loyer après avoir cherché à réduire ses paiements et de s’être livrée à «des échanges de moteurs et de pièces non autorisés et non notifiés». 

Quand à la compagnie aérienne Saudia elle a déclaré être «actuellement en pourparlers avec le bailleur pour résoudre les différends contractuels». 

A l’image de tout le secteur qui a été mis à genoux par la pandémie de coronavirus, la compagnie aérienne saoudienne a été obligée de clouer au sol ses appareils depuis le 15 mars 2020. L’Arabie saoudite avait suspendu ses vols et interdit les pèlerinages.

Saudia a redémarré ses vols intérieurs en mai et a récemment repris ses vols internationaux, notamment vers des villes du Moyen-Orient, d’Asie, d’Europe, d’Afrique et des États-Unis. Mais la compagnie ne s’attend pas à ce que les opérations aériennes reviennent à la normale avant la fin de l’année et a suspendu les contrats de plusieurs employés de cabine.

Alors que la concurrente Emirates a reçu une subvention de 2 milliards de dollars du gouvernement aucune décision similaire n’a été communiqué côté saoudien pour soulager la compagnie nationale.

1 2 3 42