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MENA

Bras de fer entre MBS et Biden : MBS gagne et arrache l’immunité américaine dans l’affaire Khashoggi

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Revirement surprise de Joe Biden dans sa politique envers celui qu’il traitait de paria, le Prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane. En effet, tard dans la soirée du jeudi au vendredi, le département d’État américain a déclaré que le nouveau statut de Premier ministre de MBS, lui conférait l’immunité contre les poursuites judiciaires pour son rôle présumé dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. « En accordant l’immunité diplomatique au prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, Joe Biden a trahi sa propre rhétorique» a réagi la fiancée de nationalité turque de Khashoggi, Hatice Cengiz.

L’administration Biden a déclaré que le prince héritier Mohammed ben Salman d’Arabie saoudite devrait bénéficier de l’immunité dans le cadre d’une procédure judiciaire américaine concernant son rôle dans le meurtre du dissident saoudien Jamal Khashoggi, bloquant ainsi une tentative de tenir le dirigeant de facto du royaume pétrolier responsable de ce crime.

Khashoggi était un journaliste saoudien bien connu qui a fui l’Arabie saoudite pour les États-Unis et a publié des chroniques sur les colonnes du Washington Post critiquant les politiques du nouveau prince héritier MBS. En octobre 2018, il a été tué et démembré par une équipe d’agents saoudiens à l’intérieur du consulat du royaume à Istanbul, où il s’était rendu pour obtenir les papiers dont il avait besoin pour épouser sa fiancée turque. Les services de renseignement américains ont conclu que le prince Mohammed ben Salmane aurait ordonné l’opération.

Le département d’État américain a qualifié jeudi cette décision de protéger le prince héritier saoudien des tribunaux américains de «purement juridique». Toutefois, malgré sa recommandation à la cour, le département d’État a déclaré «ne pas prendre position sur le bien-fondé du présent procès et réitère sa condamnation sans équivoque du meurtre odieux de Jamal Khashoggi».

L’explication officielle de cet octroi d’immunité à un homme que la CIA soupçonne d’être complice du meurtre de Khashoggi est que le statut du prince héritier saoudien a officiellement changé en septembre lorsqu’il a été nommé premier ministre. Une explication qui convainc peu.

En effet, en Arabie saoudite, le pouvoir appartient au roi, au prince héritier et aux membres de la famille royale liés par le sang. MBS est le véritable dirigeant du pays dès sa nomination en tant que prince héritier en 2017.

D’aucuns ne pouvait imaginer un jour que les États-Unis, en tant que partenaire stratégique et fournisseur d’armes de l’Arabie saoudite, faciliteraient l’arrestation de MBS.

Par ailleurs, en lui accordant ainsi l’immunité, c’est toute la cour royale saoudienne en place qui est soulagée. En contrepartie, il faudrait s’attendre à une tempête de protestations de la part des groupes de défense des droits de l’homme ainsi que de la fiancée de Khashoggi.

A ce titre, la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a réagi violemment sur Twitter en déclarant : «C’est une profonde trahison. Une autre. D’abord méprisé par le Président Trump. Puis le coup de poignard du président Biden. Il y a eu des accords tout au long. Aujourd’hui c’est l’immunité. Tout cela s’ajoute à l’impunité. A tout moment, ils avaient d’autres choix».

La fiancée de Khashoggi, Hatice Cengiz, a pour sa part multiplié les publications sur les réseaux sociaux et les déclarations aux médias contre la décision américaine.

«Biden a sauvé le meurtrier en lui accordant l’immunité. Il a sauvé le criminel et s’est impliqué dans le crime lui-même. Voyons voir qui vous sauvera dans l’au-delà ?» a-t-elle écrit sur Twitter s’adressant à Biden.

«Le département d’État américain a accordé l’immunité à #MBS. Ce n’était pas une décision que tout le monde attendait. Nous pensions qu’il y aurait peut-être une lueur d’espoir pour la justice des États-Unis, mais encore une fois, l’argent est passé en premier. C’est un monde que Jamal ne connaît pas et moi… !» a-t-elle martelé.

«Jamal est encore mort aujourd’hui #injustice #JamalKhashoggi», s’est désolée la fiancé de Khashoggi.

Rencontre Biden / Xi Jinping au G20 et les Midterms modèrent l’agressivité diplomatique de Washington

Le désir de Washington d’améliorer ses mauvaises relations avec les dirigeants saoudiens est sous-jacent à cette décision d’immunité.

Ce n’est un secret pour personne que MBS et le président Biden ne s’apprécient pas et le récent refus des Saoudiens de pomper davantage de pétrole pour faire baisser les prix des carburants aux États-Unis a été pris comme une énième affront à Washington. En outre, les Saoudiens entretiennent des relations de plus en plus chaleureuses avec la Russie et la Chine.

Pour rappel, durant toute sa campagne électorale et dès son installation, Joe Biden affichait sa distance avec MBS. Si la raison affichée de cette position et l’affaire Khashoggi, n’empêche que les démocrates n’ont jamais accepté l’accès au pouvoir du jeune prince sans leur bénédiction, ni avalé d’ailleurs la reconfiguration du Moyen-Orient autour d’une alliance arabo-israélienne mettant hors jeu l’Iran. Lequel état, a joué un rôle central dans la stratégie des démocrates visant à vaciller les monarchies du Golfe.

Mohammed ben Salmane de son côté, n’a pas baissé pour autant les bras face à la pression de Washington. Au paroxysme de la guerre ukrainienne, il va maintenir la pression sur les prix des hydrocarbures, en refusant d’augmenter la production des membres de l’Opep. Une situation qui a créé une inflation mondiale et plombé le bilan économique et social positif engrangé en 2021.

Aujourd’hui, Joe Biden semble réévaluer sa stratégie diplomatique à quelques semaines de l’anniversaire de l’éclatement de la guerre en Ukraine.

Sa rencontre en tête-à-tête de cette semaine avec son homologue chinois Xi Jinping a été le principal signal du changement de la politique américaine. La réunion de trois heures sur l’île balnéaire indonésienne de Bali en marge du G20 a été l’occasion pour un apaisement des tensions. Sans pour autant arrêter la lente érosion des liens financiers et économiques entre les États-Unis et la Chine.

Trois points essentiels à retenir du sommet Biden-Xi :

  1. Le retour à un engagement diplomatique régulier est un pas modeste mais significatif.
  2. Biden et Xi sont d’accord sur le fait qu’une « guerre nucléaire ne devrait jamais être menée et ne peut jamais être gagnée. »
  3. La rencontre Biden-Xi n’était qu’un élément d’une vaste campagne diplomatique alors que Xi revient sur la scène internationale pour entamer son troisième mandat.

Les d’entreprises et les hommes d’affaires ont été les premiers à applaudir Biden et Xi pour avoir pris du recul par rapport à une confrontation ouverte et d’avoir stopper la course vers la rupture de leur relation et rejeter l’idée d’un affrontement inévitable.

Le premier impact de cet apaisement serait un probable fin de la guerre en Ukraine. D’une part, la Chine s’est dite prête «d’approfondir» ses échanges avec la Russie «à tous les niveaux» et affirme son «soutient résolue» à Moscou dans les difficultés. D’autre part, l’administration Biden s’attend à avoir moins de liberté d’action au niveau de la Chambre des représentants et du Sénat pour financer la guerre. A tout cela s’ajoute, les signes inquiétants de grave crise économiques et sociale en Europe.

Rencontre confirmée entre Biden et MBS en juillet en Arabie saoudite

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Le président américain Joe Biden rencontrera le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et des dirigeants de près d’une douzaine de pays lors d’un voyage au Moyen-Orient le mois prochain. L’information a été confirmée ce mardi par des sources officielles saoudiennes et américaines.

Le président américain Joe Biden se rendra en Arabie saoudite le mois prochain pour des entretiens bilatéraux et rencontrera le dirigeant de facto du pays, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dans le cadre d’un itinéraire qui comprendra Israël et la Cisjordanie, a déclaré de hauts responsables de l’administration américaine.

«À l’invitation du Gardien des deux saintes mosquées… Le président des États-Unis d’Amérique se rendra au Royaume d’Arabie saoudite les 15 et 16 juillet 2022, au cours de laquelle il rencontrera le Gardien des deux saintes mosquées et SAR le prince héritier», a déclaré l’agence de presse officielle saoudienne.

«Au programme de la visite, le président Biden participera à un sommet conjoint, convoqué par le gardien des deux saintes mosquées, avec les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, le roi de Jordanie, le président égyptien et le premier ministre irakien», poursuit la même source.

Rétropédalage de Joe Biden

Cette annonce de la rencontre entre Biden et MBS officialise la volte-face de président américain vis-à-vis de l’Arabie saoudite, qu’il considérait comme «un État paria» alors qu’il faisait campagne pour la présidence, après le meurtre en 2018 du journaliste Jamal Khashoggi.

Biden va enfoncer le clou en déclarant après son entrée à la Maison-Blanche, «qu’il s’engagerait auprès du roi Salman, et non du prince Mohammed, contrairement à l’ancien président Donald Trump».

Cependant, la hausse des prix du pétrole, l’inflation élevée et le désir de Washington de voir l’Arabie saoudite s’aligner sur sa position envers la Russie et la Chine ont contribué à alimenter des mois d’efforts diplomatiques visant à recadrer les liens.

«Alors que nous recalibrons les relations, nous ne cherchons pas à les rompre, car l’Arabie saoudite est un partenaire stratégique des États-Unis depuis huit décennies», a déclaré un haut responsable de l’administration Biden. «Nous partageons une multitude d’intérêts avec l’Arabie saoudite, qu’il s’agisse de contenir l’Iran, de lutter contre le terrorisme ou d’aider à protéger son territoire.» souligne la même source.

Neuf chefs d’États arabes à Djeddah

À Djeddah, Joe Biden rencontrera les chefs d’État des six membres du Conseil de coopération du Golfe – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Oman, Koweït, Qatar et Bahreïn – ainsi que les dirigeants de l’Égypte, de l’Irak et de la Jordanie.

Avant la visite, les pays de l’OPEP+ ont accepté d’accélérer la production de pétrole et l’Arabie saoudite a contribué à prolonger la trêve au Yémen. Ils ont promis davantage de développements dans les semaines à venir.

Israël-E.A.U-Inde : nouveau groupement diplomatique

Biden s’arrêtera en Israël, en Cisjordanie occupée et en Arabie saoudite au cours de sa visite du 13 au 16 juillet, où il se concentrera notamment sur la sécurité régionale et énergétique et sur le développement de l’intégration d’Israël dans la région, a déclaré Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison Blanche.

Le président rencontrera des dirigeants israéliens et palestiniens et réitérera son soutien à une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

Biden tiendra également un sommet virtuel en Israël avec les dirigeants d’Israël, de l’Inde et des Émirats arabes unis dans ce que le haut fonctionnaire de l’administration a décrit comme un nouveau groupement diplomatique. Les Émirats arabes unis sont devenus le premier pays du Golfe à officialiser ses relations avec Israël lorsqu’ils ont accepté d’établir des liens diplomatiques complets avec l’État juif en 2020.

Dubaï nouvelle destination privilégiée aux oligarques russes

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Les oligarques russes, chassés des capitales occidentales après l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, reçoivent un accueil chaleureux à Dubaï, ce qui met à mal la stratégie des sanctions voulue par les États-unis et ses alliés.

«La vigueur des sanctions imposées sur la Russie constitue en même temps le maillon le plus faible de la stratégie occidentale contre Poutine», a déclaré au New York Times Adam Smith, avocat et ancien conseiller du bureau du département du Trésor américain. «Tout centre financier qui est prêt à faire des affaires quand d’autres ne le sont pas peut être la source d’une brèche dans la digue et compromettre les mesures globales.» a-t-il souligné.

Posant peu de questions sur les sources de l’argent de ses invités, Dubaï est devenu ces dernières années un terrain de jeu très prisé par les fortunes russes. Au moins 38 hommes d’affaires ou responsables liés au président russe Vladimir Poutine possèdent des dizaines de propriétés à Dubaï, évaluées à plus de 314 millions de dollars, selon des données inédites compilées par le Center for Advanced Defense Studies, un organisme à but non lucratif de Washington, indique le Times.

Les oligarques de Poutine posséderaient au moins 76 propriétés à Dubaï, soit directement, soit sous le nom d’un proche parent, et probablement beaucoup plus, selon ledit centre.Parmi les propriétaires figurent un ancien gouverneur de province et directeur de centrale nucléaire, un magnat de la construction et ancien sénateur et un magnat du tabac biélorusse. Six d’entre eux ont fait l’objet de sanctions de la part des États-Unis ou de l’Union européenne, et un autre oligarque visé par de telles mesures y a un yacht amarré

Hospitalité incroyable des Émiratis

Les gouvernements des pays occidentaux imposent depuis les a première semaine de l’invasion russe en Ukraine, des sanctions radicales aux institutions financières russes et au riche cercle restreint de Poutine. Des sanctions qui ont frappé même les centres bancaires notoirement secrets comme la Suisse, Monaco et les Îles Caïmans, qui ont commencé à geler des comptes, à saisir des manoirs et à confisquer des yachts.

Parallèlement, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Égypte ont ouvertement affirmé leur réticence à s’opposer à l’invasion. Appelés à la solidarité dans un moment de crise, chaque nation a plutôt donné la priorité aux relations avec Moscou. Les Émirats et l’Arabie saoudite ont balayé d’un revers de main les appels des Américains à augmenter les approvisionnements en pétrole pour apaiser les marchés de l’énergie. L’Égypte a accepté un prêt de 25 milliards de dollars de la Russie pour financer une centrale nucléaire.

Les Émirats arabes unis sont peut-être ceux dont la position est la plus manifeste, ne serait-ce que parce qu’ils occupent actuellement un siège tournant au Conseil de sécurité des Nations unies. Les Émirats se sont abstenus de voter une résolution dénonçant l’invasion, soutenue par les États-Unis, et ont refusé de critiquer la Russie. Et les responsables émiratis ont rassuré les Russes en leur disant que leurs autorités n’appliqueront pas de sanctions, sauf si elles sont mandatées par les Nations unies – où le veto de Moscou s’y oppose.

«Si nous ne violons aucune loi internationale, alors personne ne devrait blâmer Dubaï, ou les Émirats arabes unis, ou tout autre pays, d’essayer d’accueillir quiconque vient de manière légitime», a déclaré Abdulkhaleq Abdulla, un analyste politique proche des dirigeants des Émirats arabes unis. «Alors quel est le problème ? Je ne vois pas pourquoi l’Occident s’en plaindrait».

Un homme d’affaires arabe qui loue des appartements meublés haut de gamme à Dubaï a décrit une «demande incroyable» de la part des Russes depuis l’invasion. Un bail à durée indéterminée sur un appartement de trois chambres en bord de mer coûte 15 000 dollars par mois.

«Avoir un passeport russe ou de l’argent russe maintenant est très toxique – personne ne veut vous accepter, sauf dans des endroits comme Dubaï», a déclaré au New York Times un homme d’affaires russe qui s’y est réfugié, s’exprimant sous couvert d’anonymat. «Il n’y a aucun problème à être un Russe à Dubaï». Puis, il a partagé avec le journal une invitation électronique qui circule parmi les Russes de Dubaï : «un cocktail sur le toit pour les capital-risqueurs et les start-ups de crypto-monnaies».

Les registres maritimes émiratis montrent que, ces derniers jours, le yacht appartenant à l’oligarque Andrei Skoch, magnat de l’acier et membre de la Douma, a été amarré au large de Dubaï.

Par ailleurs, un avion d’affaires Bombardier appartenant à Arkady Rotenberg, un autre milliardaire russe visé par les sanctions occidentales, a atterri vendredi à Dubaï. Tandis que les avions et bateaux d’autres oligarques considérés comme des cibles potentielles du trésor américain ont également fait des allers-retours aux E.A.U.

New York Times donne le détail des mouvements des russes dans ce pays du Golfe : «Les yachts d’au moins trois autres oligarques sont actuellement amarrés à Dubaï. Un navire de 220 pieds d’un magnat russe de la métallurgie semble être en route depuis les Seychelles. Le Boeing 787 Dreamliner de Roman Abramovich, propriétaire d’origine russe de l’équipe de football britannique de Chelsea, a décollé de l’aéroport vendredi. Un superyacht de 460 pieds appartenant à un autre oligarque a pris la mer le même jour après avoir été ajouté à la liste des russes visés par les sanctions européennes mercredi».

Flambée des prix du pétrole : Biden dos au mur, MBS et MBZ font la sourde oreille

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CNN a levé le voile ce vendredi, sur d’intenses et très discrètes manoeuvres diplomatiques d’une task force de l’administration Biden visant à contourner les relations exécrables entre le président américain et les princes héritiers, d’Arabie Saoudite et des E.A.U, dans le but de contenir la flambée des prix du pétrole suite à la guerre en Ukraine. Étant donné que les hydrocarbures représentent le talent d’Achille de l’alliance anti-russe, Joe Biden s’est retrouvé dos au mur quand Mohammed Ben Salmane a refusé de lui parler tout en se gardant d’influer sur l’OPEP pour augmenter la production mondiale. Au point que le locataire de la Maison Blanche s’est mis dans la tête de réhabiliter le régime de Maduro au Venezuela pour augmenter l’offre mondiale en énergie. Comme le président démocrate n’a pas encore montré de volonté à traiter «convenablement» MBS et MBZ, il n’est pas sur qu’il puisse compter sur leur soutien face à sa guerre personnelle en Ukraine.

CNN a publié un rapport ce vendredi où il est expliqué comment l’administration Biden s’intéresse discrètement aux relations avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour compenser la flambée des prix du pétrole.

Joe Biden a annoncé dés les premiers jours de sa nomination qu’il ne reconnaissait en Arabie saoudite que le roi Salmane. Assumant tout le MBS bashing des démocrates au sujet de l’affaire Khashoggi entre autres. Idem pour MBZ, dirigeant de facto des E.A.U, Biden le considère comme l’allié de Donald Trump. Il a d’ailleurs tout fait pour le mettre sur la touche au profit de son ennemi juré, Tamim Ben Hamad, l’émir du Qatar.

Mais l’évolution de la guerre en Ukraine a replacé ces deux pays au centre de l’échiquier mondial. Bien que les sanctions visant les hydrocarbures aient été délibérément écartées par Biden dans le but de protéger ses alliés occidentaux, en particulier ceux de l’Union européenne, contre les chocs déstabilisants des prix, les sanctions financières et logistiques ont ébranlé un marché où la Russie en est le deuxième exportateur mondial.

«Les producteurs russes, dans le sillage des sanctions, ont eu du mal à conclure de nouvelles commandes de pétrole, les acheteurs se rebiffent en raison de leur méfiance quant à l’étendue et à la portée des sanctions visant la banque centrale du pays et ses principales institutions financières» écrit CNN.

L’appel de Poutine à MBS vs l’appel de Biden au roi Salmane

Parmi les révélations de CNN, le refus de Mohammed ben Salmane de parler à Joe Biden. Le prince héritier a dit à la Maison Blanche : « Comment votre président ne reconnait que le roi Salmane, alors il n’a qu’à parler à mon père ». 

«Lorsque les responsables américains ont finalement abordé la possibilité d’un appel entre Biden et MBS fin janvier, les responsables saoudiens ont proposé à la place de mettre Biden au téléphone avec son père de 86 ans, le roi Salman, le dirigeant officiel du royaume – et la personne que Biden avait identifiée au début de sa première année comme son homologue direct» affirme CNN.

«Ce serait leur première conversation en 12 mois», souligne la même source.

Toujours, selon la chaine américaine, MBS, qui devait se rendre à Pékin pour les cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, a annulé son voyage pour pouvoir assister à l’appel téléphonique entre son père et Biden.

«Bien qu’il ne soit pas clair s’il était dans la pièce, MBS a écouté l’appel, mais n’a pas parlé» souligne CNN.

Le ministère chinois des affaires étrangères avait justifié l’absence du prince héritier saoudien à la cérémonie d’ouverture des JO  par des «raisons de calendrier».

CNN, citant les responsables de ces négociations, considère que cette prise de contact avec le roi Salmane a ouvert une fenêtre «sur une relation qui, tout en restant complexe, a montré des signes de stabilisation à un moment critique». 

Selon un responsable américain, la conversation du 9 février a porté sur la nécessité de garantir la stabilité de l’approvisionnement mondial en pétrole et a déclenché un voyage en Arabie saoudite de deux hauts responsables de Biden.

Trois jours plus tard, Brett McGurk et Amos Hochstein, les principaux émissaires de Biden pour la sécurité nationale et l’énergie dans la région, se sont rendus à Riyad, la capitale saoudienne, pour une réunion en tête-à-tête de plusieurs heures avec MBS et de hauts responsables saoudiens, dont le frère de MBS, le prince Abdel Aziz ben Salman, ministre de l’énergie du royaume.

«Nous n’avons pas demandé explicitement l’augmentation de la production du pétrole lors de cette réunion» ont précisé les deux responsables.

Contrairement à l’optimisme de ces négociateurs, d’autres responsables américains reconnaissent que les relations sont loin d’être aussi solides qu’elles l’étaient autrefois et qu’elles nécessiteront une attention plus soutenue de la part de l’administration Biden, écrit CNN.

Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec MBS et le cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan des Émirats arabes unis.

Poutine a clairement indiqué qu’il ne serait pas favorable à une augmentation de la production, qui se ferait en grande partie aux dépens de son pays.

Les membres de l’OPEP+ ont choisi de s’en tenir au calendrier d’approvisionnement convenu lors de leur réunion du 2 mars, une décision qui n’a pas surpris les responsables américains à l’époque.

Pourtant, les retombées économiques qui ont suivi ont entraîné une rupture d’approvisionnement tangible. Les entreprises mondiales du secteur de l’énergie ayant boudé la Russie, même si sa production de pétrole s’est maintenue, une grande partie de ces barils russes n’a pas été commercialisée.

L’administration Biden sous pression

Au début de la semaine, les États-Unis ont pris l’initiative d’interdire les importations de pétrole russe aux États-Unis, ce qui ne représente qu’une petite partie des exportations totales de la Russie, mais constitue une autre mesure qui a jeté un froid sur le marché et contribué à faire monter les prix.

Il s’agit d’une réalité douloureuse qui a mis en lumière des mois d’efforts discrets, mais urgents, des responsables américains pour obtenir une augmentation de la production d’énergie de la part de l’industrie et des pays du monde entier.

Dirigée par Hochstein, l’envoyé du département d’État pour l’énergie, et McGurk, cette action a consisté en des contacts au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique du Nord, ainsi qu’en des discussions intensives avec les producteurs américains.

Au fur et à mesure que la hausse des prix se poursuivait, la nature discrète de ces efforts a fait place à une communication publique directe.

«Nous voulons davantage d’approvisionnement en pétrole dans le monde», a déclaré Daleep Singh, conseiller adjoint de Joe Biden pour la sécurité nationale, chargé de l’économie internationale.

«Nous voulons que cela vienne des producteurs qui ont des capacités de constituer des réserves». Singh a explicitement noté que l’Arabie saoudite était l’un de ces producteurs.

Par ailleurs, des responsables de Biden ont eu, ce mois ci, des entretiens diplomatiques au Venezuela, pays riche en pétrole, bien que l’administration ait depuis minimisé l’idée d’une augmentation de la production de ce pays lourdement sanctionné.

De plus, l’éventualité d’un accord nucléaire imminent avec l’Iran pourrait éventuellement relancer une vague de pétrole iranien sanctionné sur le marché, mais cela n’est pas considéré comme une solution à court terme par la Maison Blanche.

En réalité, la majeure partie de la capacité pétrolière de réserve envisagée par les responsables américains de l’énergie provient du Moyen-Orient. Les responsables et les acteurs du marché estiment que le moyen le plus rapide de mettre le plus de pétrole sur le marché est d’augmenter la production de l’Arabie saoudite en particulier.

Pour cela, les responsables américains sont conscients qu’ils doivent s’attaquer aux relations très tendues entre le président Joe Biden et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, le dirigeant de facto du royaume. Depuis les premiers jours de l’administration Biden, les Saoudiens se sont sentis personnellement lésés par ce qu’ils disent avoir été la décision du président de calibrer toute la relation autour du meurtre en 2018 du journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi.

«Il est difficile d’arriver à une bon résultat sans traiter avec MBS», a expliqué un responsable américain à CNN. «Il n’y a pas d’autre moyen de le faire».

Test de résistance de MBZ

«Les Émirats arabes unis font partie de ces producteurs qui disposent de capacités pétrolières inutilisées. Mais c’est aussi un allié traditionnel qui entretient des relations de plus en plus tendues avec les États-Unis depuis l’entrée en fonction de Biden» affirme CNN.

Le pays s’est senti particulièrement lésé par les États-Unis lorsqu’il n’a pas bénéficié d’un soutien massif après l’attaque meurtrière par drone perpétrée en janvier aux Émirats arabes unis par les Houthis soutenus par l’Iran, a expliqué un responsable américain.

Ils craignent également qu’un éventuel nouvel accord sur le nucléaire iranien soit trop faible renforçant la nuisibilité du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Quand Biden a envoyé ses principaux collaborateurs en Arabie saoudite, son coordinateur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au Conseil de sécurité nationale a fait une halte aux Émirats arabes unis. McGurk a mis l’accent sur le Yémen, notamment en soulignant le soutien des États-Unis à la défense territoriale du pays contre les attaques de missiles et de drones menées par l’Iran, indique CNN.

Il est à rappeler que les Émirats arabes unis se sont abstenus lors de l’adoption d’une résolution par les États-Unis visant à condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies, en grande partie en raison de la frustration suscitée par le Yémen.

L’ambassadeur émirati à Washington Yousef Al Otaiba s’est plaint de la dynamique instable dans les déclarations publiques de la Maison Blanche, notant que la relation entre son pays et l’administration Biden «connait des jours où la relation est très saine et des jours où la relation est remise en question».

«Aujourd’hui, nous traversons un test de résistance, mais je suis convaincu que nous nous en sortirons et que nous arriverons à un meilleur endroit», a-t-il ajouté.

Les déclarations du diplomate sur le volonté des E.A.U d’augmenter la production du pétrole, nuancées dans la foulée par son ministre de l’énergie ont eu un effet de yoyo sur les marchés.

«Les Émirats arabes unis sont attachés à l’accord OPEP+ et à son mécanisme d’ajustement mensuel de la production», a déclaré Suhail Al Mazrouei sur Twitter dans ce qui semble être un effort pour rassurer les autres membres.

La prochaine réunion de l’OPEP+ est prévue pour le 31 mars.

MBS : l’Arabie Saoudite pourrait réduire ses investissements aux États-unis

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Dans une interview accordée au magazine américain The Atlantic, le prince héritier saoudien a menacé de réduire l’investissement de son pays aux États-unis et le renforcer en Chine. Dans cet entretien MBS s’est défendu sur l’affaire Khashoggi, a défendu sa vision 2030 et la solidité de son économie, a critiqué la politique de l’administration Biden concernas son pays, a qualifié Israël d’«allié potentiel» et l’Iran de «voisin» avec lequel il devrait cohabité tout revendiquant la légitimité de son régime basé sur la «monarchie absolue».

L’Arabie saoudite a la possibilité de réduire ses investissements aux États-Unis, a déclaré jeudi le prince héritier Mohammed Bin Salman, dans une longue interview paru ce jeudi 3 mars sur le magasin amarina The Atlantic.

Les propos de MBS ont également été rapportés par l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

«De la même manière que nous avons la possibilité de renforcer nos intérêts, nous avons la possibilité de les réduire», a-t-il déclaré, en parlant des investissements saoudiens aux États-Unis qui, selon SPA, s’élèvent à 800 milliards de dollars.

Interrogé sur le fait Biden se méprenait sur un aspect de sa personne, MBS a répondu : «Tout simplement, cela m’est égal». S’aliéner la monarchie saoudienne, a-t-il suggéré, nuirait à la position de Biden. «C’est à lui de penser aux intérêts de l’Amérique». Puis il a haussé les épaules.

Mohamed Bin Salmane a également souligné que les investissements saoudiens en Chine ne dépassaient pas les 100 milliards de dollars. Toutefois ils se développent très rapidement.

«L’Arabie saoudite évolue au sein du G20 et notre ambition est de franchir la barre des 15 d’ici 2030» a-t-il affirmé.

L’Arabie saoudite fait partie des pays dont la croissance est la plus rapide au monde et notre économie connaîtra une croissance de 7 % l’année prochaine, a soutenu le prince héritier saoudien. «Nous disposons de deux des dix plus importants fonds du monde et d’un emplacement stratégique par lequel transite 27 % du commerce mondial» poursuit-il.

MBS a soutenu également sa vision 2030 dont les principaux axes sont le développement de la ville de Neom et la transformation culturelle de la société.

«Il y a ceux qui veulent faire échouer la Vision 2030… et nous leur adressons le message suivant : Notre projet n’échouera jamais.» a-t-il fermement déclaré.

Neom compte attirer des milliards de dollars d’investissements et des millions de résidents, saoudiens et étrangers, d’ici 10 à 20 ans, a confié MBS à Atlantic. «Dubaï s’est développé à un rythme similaire dans les années 1990 et 2000» a-t-il souligné.

A propos de la concurrence avec Dubaï Mohamed Bin Salmane a tenu à préciser que Neom n’est «pas une copie de quoi que ce soit d’autre», pas une photocopie de Dubaï. Mais il a plus en commun avec le grand courant mondialisé qu’avec n’importe quoi dans l’histoire d’un pays qui, jusqu’à récemment, a remarquablement réussi à protéger sa culture traditionnelle des flatteries de la modernité.

L’Arabie saoudite est basée sur une «monarchie absolue»

MBS a rejeté la suggestion du journaliste de «The Atlantic» selon laquelle ce système de gouvernance était dépassé et pourrait être remplacé par une monarchie constitutionnelle – où les citoyens ont des droits affranchis qui ne sont pas accordés par un monarque ou un demi-monarque. «Non», a-t-il répondu. «L’Arabie saoudite est fondée sur la monarchie absolue» et lui, en tant que prince héritier, préserverait le système. S’en retirer reviendrait à trahir toutes les monarchies et tous les Saoudiens qui lui sont assujettis. «Je ne peux pas organiser un coup d’État contre 14 millions de citoyens» a-t-il dit.

Israël un «allié potentiel» et pas un mot sur les Accords d’Abraham

Dans son interview avec The Atlantic MBS a fait passer subtilement la nature de ses relations avec Israël. Une première fois en critiquant l’attitude des États-unis envers sa politique et la seconde défendant son projet Neom.

«L’Amérique doit maintenant décider si cette vision vaut la peine d’être encouragée. Il y a vingt ans, si vous m’aviez dit qu’en 2022, le futur roi d’Arabie saoudite entretiendrait des relations avec Israël, traiterait les femmes comme des membres à part entière de la société, punirait la corruption, même dans sa propre famille, endiguerait le flux de djihadistes, diversifierait et libéraliserait son économie et sa société, et encouragerait le monde à voir son pays et son pays à voir le monde – que le wahhabisme soit maudit – je vous aurais répondu que votre machine à remonter le temps fonctionnait mal et que vous aviez visité 2052 au plus tôt. Maintenant que MBS est au pouvoir, toutes ces choses se produisent. Mais l’effet n’est pas aussi agréable que je l’avais espéré.» a-t-il martelé.

«Même l’emplacement de Neom est suggestif» écrit The Atlantic. Il est loin de l’endroit où vivent réellement les Saoudiens. Au lieu de cela, il est blotti dans un coin pratiquement vide, comme s’il cherchait sa subsistance et son inspiration en Jordanie et en Israël.

Conditions de l’interview

«Lors de nos rencontres, le prince héritier était charmant, chaleureux, informel et intelligent» écrit Graeme Wood, le journaliste qui a conduit les interview du prince héritier saoudien. «Mais même lorsqu’elle est la plus affable, la monarchie absolue ne peut échapper à la bizarrerie» poursuit-il.

Le journaliste raconte le périple de sa première rencontre : «Pour notre première rencontre, MBS nous a convoqués dans un palais isolé au bord de la mer Rouge, le bunker COVID de sa famille. Les protocoles étaient multiples : une succession de tests PCR par des infirmières des cliniques royales ; un jet Gulfstream au milieu de la nuit en provenance de Riyad ; un convoi à partir d’une piste d’atterrissage déserte ; une remise d’appareils électroniques ; une escale dans une mystérieuse maison d’hôtes visible sur les photos satellite mais non indiquée sur Google Maps. Il nous a invités dans son palais vers 1 h 30 du matin, et nous avons parlé pendant près de deux heures».

Pour la deuxième rencontre, dans son palais de Riyad, écrit Graeme Wood, on nous a demandé d’être prêts pour 10 heures. Les salles étaient en effervescence. Le prince héritier venait de rentrer après près de deux ans de travail à distance, et les assistants et les ministres arpentaient les tapis rouges à la recherche d’une rencontre, le première depuis des mois, avec le patron.

«Des paquets et des documents négligés s’étaient empilés sur les bureaux et les tables de son bureau, qui était vaste mais pas très luxueux. La concession la plus évidente au bon goût était un télescope démodé sur un trépied, dont l’altitude était suffisamment basse pour qu’il semble pointer non pas vers le ciel mais vers Riyad, la métropole désertique tentaculaire et inesthétique d’où la famille Saoud a régné pendant la majeure partie des trois derniers siècles», décrit-il.

«Au début des deux conversations, MBS s’est dit attristé que la pandémie l’empêche de nous embrasser» rapporte le journaliste. Il s’est excusé du fait que nous devions tous porter des masques. (Chaque réunion a été suivie par de multiples princes, principalement silencieux, portant des robes blanches et des masques identiques, ce qui nous laisse incertains, à ce jour, de savoir qui était exactement présent). Le prince héritier a laissé sa tunique déboutonnée au col, dans un style décontracté désormais privilégié par les jeunes hommes saoudiens, et il a donné des réponses détendues, non psychopathes, aux questions sur ses habitudes personnelles. Il essaie de limiter son utilisation de Twitter. Il prend son petit-déjeuner tous les jours avec ses enfants. Pour le plaisir, il regarde la télévision, en évitant les émissions, comme House of Cards, qui lui rappellent le travail. Au lieu de cela, a-t-il dit sans ironie apparente, il préfère regarder des séries qui l’aident à échapper à la réalité de son travail, comme Game of Thrones.

Avant les réunions, le journaliste de The Atlantic a demandé à l’un des conseillers de MBS s’il y avait des questions qu’il pouvait poser à son patron et que lui-même ne pouvait pas poser. «Aucune», a-t-il répondu, sans faire de pause – «et c’est ce qui le rend différent de tous les princes héritiers qui l’ont précédé». «On m’a dit qu’il tirait son énergie du fait d’être mis au défi» a écrit Graeme Wood, visiblement très impressionné.

Au lendemain de sa rencontre avec MBS, Macron autorise l’arrestation d’un suspect du meurtre de Khashoggi

L’un des suspects du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en 2018 a été arrêté en France mardi 7 décembre à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Réagissant à cette arrestation, l’ambassade saoudienne à Paris a démenti l’implication de son ressortissant dans le meurtre du journaliste Khashoggi et demande sa libération.

Le suspect, un citoyen saoudien a présenté mardi un passeport au nom de Khalid Alotaibi, 33 ans. Il s’apprêtait à embarquer pour Riyad, quand il a été interpellé par la police aux frontières.

Cet ancien membre de la Garde royale d’Arabie Saoudite, qui était sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour assassinat émis par la Turquie, a été placé en rétention judiciaire en attendant de savoir si le parquet général décide ou non de son extradition.

Il est soupçonné d’être un des membres présumé du commando qui a assassiné le journaliste saoudien au consulat d’Arabie saoudite en Turquie, à Istanbul.

Selon la presse française, des vérifications étaient toujours en cours pour s’assurer de l’identité de l’interpellé.

Passeport du supect Khalid Alotaibi

L’ambassade d’Arabie Saoudite s’insurge

L’ambassade saoudienne a réagi mardi soir en publiant sur Twitter un démenti de l’implication de son ressortissant dans l’affaire Khashoggi.

«Le citoyen en question qui a été arrêté n’a aucun lien avec l’affaire» a écrit ce mardi soir sur Twitter l’ambassade d’Arabie Saoudite.

«L’ambassade du Royaume d’Arabie Saoudite à Paris tient à préciser que les informations diffusées dans les médias, concernant l’arrestation d’un citoyen saoudien suspecté dans le cadre de l’affaire Khashoggi, sont inexactes», écrit l’ambassade, qui demande «sa libération immédiate.»

«L’ambassade souhaite également préciser que la justice saoudienne a rendu son verdict envers les coupables du meurtre du citoyen saoudien Jamal Kashoggi, que Dieu lui fasse miséricorde, et que ces derniers purgent actuellement leurs peines respectives», a-t-elle affirmé.

Macron-MBS, une rencontre très contestée en France

Trois ans après le meurtre du journaliste dissident Jamal Khashoggi, Emmanuel Macron est le premier dirigeant occidental à rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane.

Fustigé par la presse de don pays, le président français a été obligé de se justifier en affirmant que sa rencontre avec MBS était pour aider le Liban et veiller à la stabilité dans le Golfe.

Macron a également assuré avoir « parlé de tout, absolument sans aucun tabou » avec son interlocuteur, lors d’un échange « direct » et « efficace » sur les questions de droits de l’homme, mais sans prononcer le nom de l’ancien chroniqueur du Washington Post assassiné dans l’ambassade saoudienne en Turquie.

https://twitter.com/guillaumedaret/status/1467129731292274692?s=21

Les Émiratis travailleront désormais le vendredi

Les Émirats arabes unis ont annoncé ce mardi 7 décembre l’adoption d’une semaine de travail de quatre jours et demi et du déplacement du week-end à samedi et dimanche. La mesure qui entrera en vigueur à partir du début de l’année prochaine permettra au pays d’aligner son économie sur les marchés mondiaux. Le changement est significatif, étant donné que le vendredi est depuis longtemps un jour sacré pour les fidèles de l’Islam. La plupart des pays du Golfe ont des week-ends du vendredi au samedi. Cette décision pourrait augmenter l’attrait des E.A.U auprès des investisseurs étrangers qui subissent depuis plusieurs mois une pression importante de l’Arabie saoudite qui s’est décidée à concurrencer son allié en décrétant une loi obligeant les entreprises à avoir un siège social régional sur son sol pour pouvoir bénéficier des commandes de secteur public.

Les Emirats arabes unis auront à partir du 1er janvier 2022 une semaine de travail de quatre jours et demi, tandis que le week-end commencera le vendredi après-midi et se prolongera jusqu’au dimanche.

Le gouvernement fédéral émirati a déclaré que cette décision « garantirait des transactions financières, commerciales et économiques sans heurts avec les pays qui suivent un week-end du samedi au dimanche, facilitant ainsi le renforcement des liens commerciaux internationaux et des opportunités pour des milliers d’entreprises multinationales et basées aux Émirats arabes unis ».

Il est à noter qu’au cours de l’année écoulée, les Émirats arabes unis ont pris des mesures pour rendre leur économie plus attrayante pour les investissements et les talents étrangers pour faire face à la rivalité économique croissante avec l’Arabie saoudite voisine.

Qualité de vie

La semaine à 4 jours et demi offrant un long week-end aux salariés et aux fonctionnaires facilitera vraisemblablement l’acceptation de l’opinion publique de ce changement. D’ailleurs le communiqué du gouvernement fédéral insiste sur le fait que la nouvelle organisation du temps de travail «améliorerait l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des employés».

«Les heures de travail du vendredi seront de 7h30 à 12h00 et ceux du lundi au jeudi commenceront à 7h30 et se termineront à 15h30» a indiqué le bureau des médias du gouvernement

«L’adoption d’un système de travail agile permettra aux Émirats arabes unis de réagir rapidement aux changements émergents, augmenter la productivité et améliorer et d’améliorer le bien-être sur le lieu de travail et l’équilibre travail-vie personnelle», a souligné l’agence de presse officielle WAM.

Le pays espère également que cette décision stimulera «non seulement les opportunités commerciales, mais ajoutera également au mode de vie flexible, sûr et agréable que les Émirats arabes unis offrent à leurs citoyens et résidents», selon la même source.

Révolution silencieuse

Le vendredi est un jour férié hebdomadaire dans de nombreux pays à majorité musulmane. La circulaire du gouvernement a noté que plusieurs, comme l’Indonésie et le Maroc, ont des week-ends du samedi au dimanche.

Abdulkhaleq Abdulla, professeur de sciences politiques à la retraite basé aux Émirats arabes unis, a déclaré à CNBC que cette décision était largement attendue et conforme au plan du pays de se mondialiser.

«Les Emirats Arabes Unis du 21e siècle ne sont pas les mêmes que les Emirats Arabes Unis du 20e siècle», a déclaré Abdullah, décrivant le changement comme une «révolution» silencieuse.

Il est à rappeler que les Émirats arabes unis ont commencé par libéraliser les lois concernant la cohabitation avant le mariage, la consommation de l’alcool et les lois sur les libertés individuelles, en plus de l’introduction de visas à plus long terme pour attirer les entreprises et les talents.

L’Arabie saoudite met fin à l’embargo contre le Qatar

L’Arabie saoudite met fin à plus de trois ans d’une crise sans précédent, qui a disloqué le Conseil de Coopération du Golfe, en annonçant l’ouverture dès ce lundi ses frontières terrestres, maritimes et aériennes avec le Qatar.

Avec agences

Les frontières terrestres et aériennes entre l’Arabie saoudite et le Qatar, fermées depuis trois ans et demi, seront rouvertes à partir de ce lundi 4 janvier, ont annoncé Riyad et Doha.

L’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane ont convenu de signer un accord à l’issue du sommet du Conseil de coopération du Golfe, qui se tiendra le 5 janvier à Al-Ula, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, a précisé le ministre koweïtien des Affaires étrangères Ahmad Nasser Al-Mohammad Al-Sabah.

Selon un haut responsable de l’administration américaine, cité par Reuters, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte se joindront à cet accord visant à normaliser les relations et lever le blocus du Qatar qui devrait pour sa part abandonner les poursuites contre les autres pays signataires du document.

L’Arabie et plusieurs autres pays arabes, dont le Koweït, avaient imposé en 2017 un embargo commercial et diplomatique au Qatar en accusant cet émirat de soutenir le «terrorisme», ce que ce dernier dément.

A Neom, sur les frontières israéliennes, MBS se fait vacciner contre le Covid-19

Le prince héritier saoudien et vice-premier ministre et ministre de la Défense, Mohammed Ben Salmane, a choisi se nouvelle ville, Neom, au nord du pays et sur les frontières israéliennes pour recevoir ce vendredi, sa première dose du vaccin COVID-19.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu sa première dose du vaccin COVID-19, dans le cadre d’un plan national de vaccination contre le coronavirus lancé par le ministère de la Santé, a rapporté vendredi l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

C’est dans sa résidence dans la ville-projet, la mégalopole 100 % numérique, Neom, située au nord-ouest de l’Arabie saoudite, et à quelques kilomètres des frontières israéliennes, que MBS a reçu sa première dose de vaccin devant les caméras de la télévision nationale.

Après le prince héritier, le ministre de la Culture, le prince Badr Ben Farhan, s’est fait également injecter le vaccin, rapporte l’agence de presse.

Le 17 décembre, l’Arabie saoudite a lancé une grande campagne de vaccination contre le COVID-19. et c’est le ministre de la Santé, le Dr Tawfiq Al-Rabiah, qui a été le premier citoyen saoudien à recevoir le vaccin.

Le Dr Al-Rabiah, s’adressant aux médias, a souligné que le plus grand processus de vaccination du Royaume a commencé conformément aux directives du gardien des deux Saintes Mosquées, le roi Salmane. Le ministre souligne que prince héritier Mohammed Ben Salmane, assure un un suivi direct et régulier de la campagne dans l’objectif de «fournir gratuitement des doses à tous les citoyens et expatriés du Royaume».

«Nous aurons des centres de vaccination dans toutes les régions du Royaume. Nous tenons à rendre le vaccin sûr et à fournir des doses contre le coronavirus à tous. », conclut le ministre.

L’Arabie saoudite voit son déficit budgétaire se creuser face à la pandémie

L’Arabie saoudite, touchée de plein fouet par la crise sanitaire et la chute des prix de brut, a annoncé mardi un déficit budgétaire de 79 milliards de dollars (65 milliards d’euros) pour l’année 2020, un peu plus du double du précédent déficit.

«Il est prévu que le déficit budgétaire augmente à environ 298 milliards de rials à la fin 2020, et nous prévoyons de le réduire d’ici fin 2021 à 141 milliards de rials (31 milliards d’euros)», a indiqué le ministère des Finances dans un communiqué.

Le pays va tailler dans ses dépenses, qui doivent baisser d’environ 7% sur un an pour atteindre 990 milliards de rials (217 milliards d’euros) en 2021, selon le communiqué.

En décembre 2019, le royaume saoudien avait prévu un creusement de son déficit budgétaire, mais à hauteur de 50 milliards de dollars (plus de 40 milliards d’euros), sur fond déjà de baisse des prix du pétrole.

Le déficit en 2019 avait atteint environ 35 milliards de dollars (29 milliards d’euros au cours actuel).

Avant la pandémie, l’Arabie saoudite espérait un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2023.

Le royaume prévoit une croissance de 3,2% en 2021, après une contraction de l’économie anticipée à 3,7% cette année, toujours selon le communiqué du ministère des Finances.

En octobre, le Fonds monétaire international (FMI) avait estimé que l’économie de l’Arabie saoudite devrait se contracter de 5,4% en 2020.

Année difficile

«Cette année a été difficile à l’échelle mondiale et des mesures et des initiatives exceptionnelles ont dû être prises», a déclaré le roi Salmane d’Arabie saoudite.

Il a souligné que le budget de l’année 2021 donnerait «la priorité à la protection de la santé des citoyens et des résidents et à leur sécurité. Les efforts continueront pour freiner les effets de cette pandémie».

Plus grande économie du monde arabe et premier exportateur de brut au monde, la riche monarchie du Golfe a annoncé en mai un plan d’austérité prévoyant un triplement de la taxe sur la valeur ajoutée et la fin des allocations mensuelles à ses citoyens, en réaction à la chute historique du prix et de la demande du pétrole et à la pandémie de Covid-19.

A la même époque, le royaume a dit qu’il prévoyait d’emprunter près de 60 milliards de dollars sur l’année pour financer son déficit budgétaire.

Ryad n’a pas réussi à équilibrer ses comptes depuis la déroute des prix du pétrole de 2014, ce qui a poussé le pétro-État à emprunter ces dernières années plus de 100 milliards de dollars et à puiser dans ses réserves pour combler ces déficits.

Les revenus pétroliers génèrent plus des deux tiers des recettes publiques saoudiennes.

Selon les économistes, le pays a besoin d’un prix du brut d’environ 80 dollars le baril pour équilibrer son budget, supérieur au prix actuel (environ 50 dollars).

Pour faire face à la baisse du prix du brut, Ryad cherche à diversifier son économie, en investissant notamment dans les nouvelles technologies et dans des mégaprojets d’infrastructures.

Grâce à sa richesse pétrolière, le royaume a pu pendant des décennies se passer de taxes. Il n’a introduit une TVA à 5% qu’en 2018, dans le cadre d’un plan visant à réduire sa dépendance à l’or noir.

En raison de la pandémie, les autorités saoudiennes ont revu à la baisse le nombre de participants au hajj, le grand pèlerinage de La Mecque, qui a eu lieu cette année entre fin juillet et début août.

Seuls une dizaine de milliers de fidèles résidant en Arabie saoudite ont pu l’effectuer, contre quelque 2,5 millions de participants venus du monde entier en 2019. Et cela a privé l’Arabie saoudite d’importants revenus, alors que Ryad espérait pouvoir accueillir tous les ans 30 millions de pèlerins d’ici à 2030.

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