Europe - Page 45

François Hollande chez les Francs-Maçons : du lobbying pro-Macron ?

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En 300 ans d’existence, c’est la première fois qu’un Président de la République en France effectuera un déplacement dans une obédience maçonnique.

Prévue au cours de la dernière semaine du mois de février, la visite de François Hollande au siège du Grand Orient de France, suscite plusieurs interrogations.

Officiellement, ce déplacement coïncidera avec l’anniversaire du IIIe centenaire de la Franc-Maçonnerie moderne, qui a vu le jour en 1717, et François Hollande tient à célébrer cet événement avec ce mouvement mondial très influent dont plusieurs présidents français successifs ont fait secrètement partie. D’où la question légitime : François Hollande est-il Franc-Maçon ? Rien n’est moins sûr mais ce déplacement prouve le rôle fondamental que joue l’obédience maçonnique dans l’architecture des grandes orientations politiques de plusieurs régimes en Occident, européens plus précisément.

La majorité des gouvernants français sont Francs-Maçons

D’autre part, la France passe par une période trouble de sa vie politique avec la montée des extrémismes de droite, le scandale du #PenelopeGate qui est venu bouleverser la campagne de François Fillon et, bien sûr, le boulevard qui est tracé devant Emmanuel Macron pour accéder à la magistrature suprême dans l’hexagone après l’élimination de Manuel Valls de la course à la présidentielle.

Est-ce que François Hollande compte faire du lobbying en faveur de son ancien protégé ? Tout est possible sachant que le président de la République française n’est pas en odeur de sainteté avec le candidat socialiste Benoît Hamon, et qu’il estime aussi que seul Macron, emmené par la verve de sa jeunesse et de sa modernité, peut battre Marine Le Pen. François Hollande ira certainement en ‘mission’ chez les Francs-Maçons pour pousser vers ce scénario.

Akhannouch lance un ultimatum à l’UE

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Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche s’est fendu d’un communiqué d’un ton acéré, à l’encontre de l’Union Européenne (UE) laquelle a fait preuve d’un manque d’engagement et de transparence quant à l’application des dispositions de l’accord agricole la liant au Maroc.
Ultimatum d’Akhannouch : Application des dispositions de l’accord Agricole ou sinon l’UE assumera de lourdes conséquences au plan socio-économique

“Le Maroc et l’Union Européenne sont liés par un accord agricole dont l’application est effective sur le territoire du Royaume du Maroc, et ce, malgré un épisode judiciaire qui a, en toute logique, confirmé le protocole agricole entre le Maroc et l’Union Européenne”, affirme le ministère dans un communiqué.

“Ainsi, celui-ci doit désormais s’appliquer conformément à l’esprit qui a présidé à sa négociation et sa conclusion”, souligne le communiqué, ajoutant que l’Union Européenne doit assurer le cadre nécessaire pour l’application des dispositions de cet accord dans les meilleures conditions.

La Commission Européenne ainsi que le Conseil Européen ont la responsabilité de neutraliser les tentatives de perturbation par des positions et un discours clairs et cohérents avec des décisions que ces instances ont, elles-mêmes, portées et adoptées, note le ministère.

Le Maroc et l’Union Européenne partagent une riche expérience de coopération, relève la même source, ajoutant que “l’accord agricole et de la pêche en compte parmi les exemples les plus réussis et il est primordial de le préserver au risque de déclencher de lourdes conséquences au plan socioéconomique, dont l’UE assumera l’entière responsabilité”.

Le ministère indique que “toute entrave à l’application de cet accord est une atteinte directe à des milliers d’emplois d’un côté comme de l’autre dans des secteurs extrêmement sensibles ainsi qu’un véritable risque de reprise des flux migratoires que le Maroc, au gré d’un effort soutenu, a réussi à gérer et à contenir”.

Le Maroc a conduit une politique volontariste et fortement engagé dans le secteur agricole pour œuvrer à la stabilité des populations et leur sécurité alimentaire à travers une expérience reconnue au niveau du continent, fait valoir le communiqué, soulignant que le Royaume “reste déterminé à poursuivre cette politique de soutien à l’essor d’une agriculture africaine performante à travers l’assistance technique, l’accès aux engrais et l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire”.

“Les actes visant à dresser des obstacles devant l’entrée des produits marocains sur les marchés européens doivent être sanctionnés et traités avec la plus grande fermeté de la part de notre partenaire européen”, affirme le communiqué, notant que de “telles nuisances mettent en péril un édifice de coopération construit sur de nombreuses années ne laissant de choix au Maroc que de s’en détourner au profit d’une accélération de partenariats initiés dans des pays et régions diverses notamment la Russie, la Chine, l’Inde, le Japon, les pays du Golfe ainsi qu’auprès de nos voisins africains”.

Et de souligner que “l’absence d’un engagement franc de la part de l’UE imposera au Maroc un choix décisif où il sera question de préserver un partenariat économique patiemment entretenu ou de s’en défaire sans retour pour se focaliser sur la construction de nouvelles relations et circuits commerciaux”.

“Le Maroc s’inscrit dans une démarche constructive avec son partenaire historique. Il est, toutefois, nécessaire que l’Union européenne veille à la préservation de ces relations avec un pays qui a démontré sa fiabilité en tant que partenaire et ce, dans un cadre global où les échanges commerciaux dans les secteurs agricole et de la pêche sont une partie d’un tout”, conclut le ministère.

MAP

Les douze commandements de Jacques Attali au futur Président de la République Française

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Longtemps resté en retrait des débats des primaires pour la campagne électorale des présidentielles en France, Jacques Attali, ancien Conseiller de François Mitterrand et président de Positive Planet, s’est fendu d’un long article sur les colonnes du quotidien Le Monde dans lequel il trace une véritable feuille de route à celui qui gagnera la confiance des Français au mois de Mai 2017 et siégera à la magistrature suprême de la République Française. L’importance du document et son timing très sensible ont convaincu la rédaction de Le1 à le reproduire pour ses lecteurs.

Bonne lecture.

Les primaires sont terminées. Les principaux candidats sont en lice. Certains n’iront pas au terme de la campagne. D’autres, peut-être, surgiront encore. Il n’empêche : on n’a pas encore parlé de l’essentiel. Il ne reste que quelques semaines pour que les candidats fassent connaître leur vision du monde, leurs perceptions des menaces qui guettent la France, leurs analyses des atouts du pays, et surtout les grandes lignes de ce qu’ils mettraient en œuvre, s’ils étaient, l’un ou l’autre, élu.

A l’heure où j’écris, presque rien de tout cela n’est disponible. Et pourtant, le monde dans lequel nous entrons n’appelle pas de demi-mesure ; les menaces de guerre sont aujourd’hui immenses ; le terrorisme rode autour de nous ; le spectre de la crise économique n’est pas écarté ; la laïcité n’est plus garantie ; les menaces sur notre environnement s’affirment chaque jour d’avantage. Les progrès de la science bouleversent métiers et modes de vie. En France, en particulier, la situation est fort inquiétante : plus de 20 % des jeunes sont au chômage ; la dette publique atteint 100 % du PIB ; le déficit extérieur est de plus de 8 % du PIB. Trois signes annonciateurs d’un déclin.

Face à tout cela, ceux des grands pays qui ne seront pas dirigés par des gens fermes, ayant une vision claire des réformes nécessaires et urgentes, seront balayés par l’Histoire. Le niveau de vie de leurs habitants s’effondrera ; leur influence dans le monde s’affaiblira.

Le moment est donc venu, en France, d’exiger des candidats à l’élection présidentielle qu’ils s’engagent clairement sur l’essentiel. Notre pays ne peut plus se contenter de petites phrases et de minuscules projets. Il a besoin d’une mise à niveau de l’action publique, digne de ce que font les autres grandes nations ; digne aussi ce que font, avec audace, clairvoyance et succès, dans notre pays, bien des entrepreneurs, des syndicalistes, des professeurs, des chercheurs, des médecins, des ouvriers, des commerçants, des paysans, des soldats et plus généralement tant d’autres entreprenants.

Il nous faut donc un président à la hauteur de nos talents. A la hauteur des talents de la France.

Ce président n’aura pas, et c’est une bonne chose, autant de pouvoir que ses prédécesseurs. Il sera largement dépendant de ce qui se passera dans le monde. Il aura cependant encore un rôle majeur : il devra fixer au pays une orientation, donner un sens à son avenir, lancer les réformes nécessaires, avec une majorité parlementaire et le soutien le plus large possible du pays.

Plusieurs dizaines de milliers de Français, rassemblés sous le nom de « France 2022 », ont élaboré, avec moi, pendant un an, un programme complet et cohérent, regroupant des réformes essentielles et urgentes que ni la droite ni la gauche n’ont osé jusqu’ici mettre en œuvre ou annoncer. Des réformes qui peuvent sauver la France et rendre à ses habitants emploi et prospérité.

Ce programme est réaliste. Sans entrer dans ses détails, ni exiger de chaque candidat en lice qu’il s’engage sur chacune des mesures qu’il contient, je jugerai, nous jugerons, les candidats sur leur capacité à vouloir proposer et mettre en œuvre douze propositions de ce programme, parmi celles qui influeraient le plus sur l’avenir du pays, et dont nous les invitons à venir débattre ouvertement devant tous les Français, pour que chacun se les approprie et, si nécessaire, les améliore..

Les voici :
1. Augmenter massivement les taux d’encadrement dans les écoles maternelles et primaires des quartiers, pour réussir l’intégration dans la République laïque et fraternelle.
2. Créer un revenu universel de formation pour ne laisser aucun chômeur sans formation de haut niveau et rémunérée, aucun jeune sans apprentissage concret et payé, aucun SDF sans offre de réinsertion ; et, pour que, en conséquence, chacun puisse se loger décemment.
3. Faire de la prévention en matière de santé et de respect de soi une priorité absolue, tant dans les régimes de Sécurité sociale qu’à l’école et au travail.
4. Egaliser les conditions de fin de carrière de tous ; en fusionnant les régimes de retraite et en faisant en sorte que le départ à la retraite soit le début d’une deuxième vie active, au service des siens et des autres.
5. Donner à l’armée, à la justice et à la police les moyens d’assurer la sécurité de tous. Le budget total de ces trois fonctions de souveraineté devra atteindre les 3 % du PIB en 2022.
6. Faire basculer vers le carbone l’assiette d’une partie de la fiscalité pesant aujourd’hui sur le travail ; pour faire de la protection des sols, des mers, des sous-sols, un enjeu national prioritaire. ‎
7. Promouvoir fiscalement la création d’entreprises et d’entreprenants, et faire revenir en France les talents partis à l’étranger.
8. Réaffirmer les termes stricts de la laïcité, et l’appliquer à toutes les cultures qui font la France.
9. Ne pas laisser la dette publique dépasser 100 % du PIB et la faire décroître avant 2022.
10. En Europe, promouvoir la mise en place d’une police commune des frontières et d’une défense commune.
11. Faire de la francophonie une institution forte, capable en particulier de participer au développement et au maintien d’un Etat de droit dans les pays du Sahel.
12. Redonner du sens au long terme : en s’engageant à faire en sorte que le président de la République suivant, élu en 2022, le soit pour sept ans non renouvelables ; en réduisant de moitié le nombre de parlementaires ; et en remplaçant le Conseil économique et social par une Chambre des générations futures, chargée de faire entendre la voix des générations suivantes, avec des membres âgés de moins de 30 ans.

Tout cela peut paraître hors de portée. C’est en tout cas très loin des préoccupations de la plupart des acteurs du jeu politique français, et des comédies dérisoires jouées dans une démocratie moribonde. C’est pourtant l’essentiel, pour sortir le pays de la spirale du déclin où il est engagé. A nous, tous ensemble, d’exiger que ces propositions, très concrètes et très réalistes, soient prises au sérieux et que les candidats s’engagent à les mettre en œuvre rapidement après les élections présidentielle et législatives. Pour que la France devienne une société du plein et bon emploi. C’est possible. C’est nécessaire. C’est urgent.
Exigeons-le.

Jacques Attali