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Off The Record - Page 13

L’ancien ministre Nabil Benabdellah, RP de luxe du Groupe Addoha

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Pendant que plusieurs projets du Groupe Addoha sont au point mort, notamment celui de la rizière au Sénégal ainsi que la cimenterie CIMAF, lancée à N’Djamena et qui est aujourd’hui à l’arrêt alors qu’elle vient d’être inaugurée en juin dernier en présence du président tchadien Idriss Déby Itno, Anas Sefrioui s’est payé un RP de luxe en la personne de l’ancien ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Nabil Benabdellah, limogé ce soir par le Roi Mohammed VI.

Après avoir failli à plusieurs de ses engagements en Afrique et après avoir utilisé à tout bout de champ le nom du Roi Mohammed VI pour décrocher des contrats juteux dans le contient, et après avoir été sommé de déclarer solennellement et officiellement ses distance avec les hautes sphères du pouvoir, Anas Sefrioui a vu ses projets en Afrique signés en fanfare s’enliser, tardant à voir le jour ou carrément à l’arrêt.

Au Tchad par exemple, la cimenterie inaugurée il y a juste quatre mois avec la présence effective du président tchadien Idriss Déby, est à l’arrêt en raison des résultats de l’étude du coût de production jugé trop élevé pour honorer l’engagement personnel de Anas Sefrioui de livrer du ciment à des prix compétitifs.

Au Sénégal, les tribus de la localité dans laquelle Anas Sefrioui a acquis d’immenses superficies pour monter un projet de culture de riz, se sont soulevées la semaine écoulée demandant à faire annuler cette expropriation. Les populations, proies à cette opération jugée inique, estiment tout d’abord que l’acquéreur est incompétent dans le secteur de la production de riz et, ensuite, refusent le montant du dédommagement considéré comme trop faible.

Face à cette crise, qui touche l’image et les engagements financiers da Anas Sefrioui et de son conglomérat, le patron du Groupe Addoha s’était «attaché les services» d’un RP de luxe : Nabil Benabdellah, le désormais ancien ministre l’Urbanisme et de l’Habitat.

Se déplaçant à bord de l’avion personnel d’Anas Sefrioui pour ses virées en Afrique, Nabil Benabdellah privilégiait les pays où son donneur d’ordre avait des intérêts économiques : le Sénégal, la Guinée et le Tchad. Et comme par coïncidence, ce sont les responsables de ces seuls pays qui étaient “les invités de marque” au Maroc de l’ex-ministre Benabdellah.

En l’espace de quelques semaines, Nabil Benabdellah a participé au Sénégal à un forum sur le bâtiment sponsorisé par Addoha et a reçu une délégation tchadienne en charge du dossier de la cimenterie à l’arrêt de N’Djamena.

Encourager et accompagner les entreprises nationales dans leurs efforts d’exportation et d’implantation à l’international est une chose très louable, mais dans ce cas d’espèce il faut savoir que plusieurs projets du Maroc dans le continent sont en cours d’audit et d’inspection par le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale et dont les résultats aboutiront à une stratégie concertée entre les différents acteurs, institutionnels et départements ministériels. Et les actions en solo de Nabil Benabdellah interféraient justement avec l’audit ordonné par le Roi en personne.

De plus, il appartenait au ministre Benabdellah de défendre les intérêts de tous les opérateurs marocains et non pas d’un seul et unique acteur économique.

Aujourd’hui libre de tout engagement, Nabil Benabdellah peut allègrement rejoindre le Groupe Addoha pour y achever sa mission de « conseil ».

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Remaniement ministériel imminent

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Un remaniement ministériel imminent serait annoncé dans les quelques heures à venir. Un communiqué du Cabinet royal devrait être publié incessamment dans ce sens. C’est ce que croit savoir notre confrère Al-Aoual qui cite une source bien informée.

Selon le site arabophone, généralement très bien informé, le Roi Mohammed VI devrait recevoir cet après-midi le Premier président de la Cour des Comptes, Driss Jettou, qui devrait remettre au souverain le rapport qui lui a été demandé par Sa Majesté sur les défaillances qu’a connues le projet « Al Hoceima, Phare de la Méditerranée » qui a établi la responsabilité d’un certain nombre de ministres.

La même source ajoute que plusieurs ministres devraient être remerciés et, dans la foulée, un ministre délégué aux Affaires africaines serait nommé conformément au discours royal devant le Parlement à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative.

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Mazars décroche une mission d’envergure auprès de Laprophan

Ça bouge chez Laprophan. Après le recrutement d’un grand ponte des ressources humaines et d’autres profils pointus pour renforcer son comité de direction, Laprophan semble vouloir renouer avec sa gloire d’antan et fait ainsi appel aux services du Cabinet Mazars pour redorer son blason.

Le cabinet Mazars Maroc vient d’officialiser la signature d’un juteux contrat d’accompagnement stratégique auprès d’un des fleurons de l’industrie pharmaceutique marocaine, Laprophan. Les équipes d’Abdou Diop auront pour mission la définition de la vision stratégique et le plan de développement de ce groupe familial.

Il s’agira également pour Mazars de remettre sur orbite un acteur central de la santé publique au Maroc en modernisant ses procédures techniques et de production, en redynamisant ses mécanismes humains et administratifs et en donnant un coup de fouet à l’export.

Rétrospective

Après le décès en janvier 2008 de Abderrahim Bennis, Président fondateur de Laprophan, le premier opérateur marocain qui arrivait à emboîter le pas à la multinationale française Sanofi et sa filiale marocaine Maphar a, depuis, lâché un peu de lest à ses concurrents. En quelques années, le laboratoire s’est fait doubler par son rival historique Cooper Pharma en termes de chiffre d’affaire, et s’est vu concurrencer dans ses niches de marché -où il régnait en maître absolu (soluté par perfusion par exemple) par des acteurs plus petits : la dynamique Sothema et le trouble-fête Pharma 5.

Il s’agit là d’un véritable cas d’école dans le processus de succession au sein d’une entreprise familiale. Mais pour Laprophan, c’était presque du déchirement entre les frères Bennis, Farid le pharmacien, Ali le lobbyiste, et Hassan le marqueteur.

Après plus de quatre années extrêmement tendues entre l’aîné et le cadet d’une part et le benjamin pharmacien d’autre part, c’est enfin le plus déterminé d’entre les trois, celui qui en voulait le plus, à savoir le marqueteur Hassan Bennis, directeur général et vice-président du laboratoire pharmaceutique, qui a pris le destin de Laprophan en main.

Hassan Bennis voit grand et rêve de revoir à nouveau rayonner l’affaire familiale dans toute sa splendeur de l’époque. Tout d’abord, il décide de rompre avec un modèle de management et de gestion dépassés. Pour cela, il ne lésine pas sur les moyens pour attirer les meilleurs profils. Et c’est l’actuel vice-président Ressources humaines Afrique et Océan Indien du groupe Accor, Salim Ennaji, qui trône dans le haut de son tableau de chasse. Salim Ennaji, qui a également été DRH d’Alliances et de Véolia, prendra en charge les fonctions de Secrétaire Général de Laprophan. Il est considéré par ses paires comme une référence dans les métiers des ressources humaines, et il s’agit là pour lui d’une très belle promotion. Il fait partie de cette exceptionnelle génération de managers RH qui commence à s’imposer au niveau national, à l’image de Hicham Zouanat, responsable Développement RH chez SCBC, puis DRH de Centrale Laitière, propulsé DGA en charge des ressources humaines et de la Communication & Relations Publiques du groupe Colorado et qui n’est autre que la pièce maîtresse du patronat et l’homme incontournable au sein de la CGEM en charge de l’épineux processus du dialogue social.

Hassan Bennis veut son usine avec un œil sur l’Afrique

Le projet d’une usine High Tech, sur un site de 90000 m2 acquis dans la banlieue casablancaise, est dans le pipe depuis plusieurs années mais n’a pas encore réussi à voir le jour, ce qui n’est pas pour plaire à Hassan Bennis. Car en plus du financement bouclé et des équipes préparées, les concurrents ont été plus rapides et plus efficaces. Un argument qui s’ajoute à l’affaire de la propriété des brevets qui a disqualifié l’ancien président Farid Bennis.

Le nouvel homme fort de Laprophan rêve de conquérir davantage l’Afrique, même si le groupe pharmaceutique augmente annuellement son chiffre d’affaire à l’export vers les pays du continent. En face, la concurrence a mis en oeuvre des stratégies africaines plus offensive en phase avec les orientations royales. Cooper, par exemple, a été des voyages du souverain en Afrique et a signé en 2017 des conventions de construction d’unités de production en Côte d’Ivoire et au Rwanda, tandis que Sothema avait déroulé dès 2013 un plan d’action africain agressif et très ambitieux en comparaison avec sa taille et lorgnerait même un accès à l’Afrique Lusophone.

Raison pour laquelle, certainement, Laprophan a injecté du sang neuf à ses équipes de la communication et de l’exportation en la personne de jeunes loups, des Bennis troisième génération, fraîchement diplômés, pour donner un coup de fouet à cette stratégie africaine du groupe.

Et c’est dans cet environnement que les experts de Mazars auront à baigner pour accompagner le groupe vers un nouveau cap. Et le choix de Mazars n’est pas anodin. Son patron connaît le continent du bout des doigts, il a été presque de toutes les tournées de Mohammed VI en Afrique et sait pertinemment quelles sont les priorités du Maroc dans son développement industriel à l’international.

Déjà, en interne, Hassan Bennis a balisé le terrain. Il pense ainsi à révolutionner les outils de pilotage de Laprophan, avec la mise en place d’un ERP dans l’objectif de gagner à la fois en efficience et en efficacité et favoriser la transparence et les synergies entre les différents métiers et sites du groupe pharmaceutique.

Cette refonte de fond en comble balaie d’un revers de la main les rumeurs d’une possible cession du groupe pharmaceutique à Moulay Hafid Elalamy d’ailleurs très proche des Bennis.

Laprophan, un lobbyeur discret

Quelques initiés seulement connaissent le rôle très actif des frères Bennis et de Laprophan pour des opérations de lobbying.

En plus d’êtres des consuls honoraires de quelques pays, la fratrie Bennis soutient depuis des années le forum Crans Montana de Dakhla pour la promotion de l’intégrité territoriale du Maroc. Les Bennis ont également pris part au dîner de gala offert en l’honneur du Prince Moulay Rachid à l’occasion du 60ème anniversaire des Accords d’Aix-les-Bains.

D’ailleurs, Ali Bennis, membre du Cercle des ambassadeurs à Paris, est régulièrement sollicité pour renforcer les liens d’amitié franco-marocains par des missions ad hoc.

Ce monde de l’influence et du lobbying n’est pas non plus inconnu du Cabinet Mazars qui pilote plusieurs missions dans ce sens. Les deux parties, si elles arrivent à accorder leurs violons, réussiront sans aucun doute à relever le défi qui est le leur : redonner à Laprophan la place qui lui sied dans le secteur de l’industrie pharmaceutique marocaine et africaine.

Abdellah El Hattach

Fouzi Lekjaa, ce fonctionnaire fantôme

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Depuis plus de six ans, il dirige l’un des départements les plus importants de l’administration marocaine, la direction du Budget. Une direction qui joue un rôle central dans la politique des stratégies sectorielles de l’Etat et s’occupe du pilotage de l’ensemble des finances publiques du pays. Fouzi Lekjaa, le directeur du Budget, est donc responsable de l’architecture du budget de l’État par la voie des négociations avec les différents ministères et réalise, entre autres analyses des enjeux financiers des politiques publiques, des prévisions sur les évolutions des dépenses et des recettes publiques. A la tête de plusieurs centaines de cadres supérieurs, et grand spécialiste des montages comptables les plus complexes, il est le véritable numéro 2 du département de l’Economie et des Finances vu l’importance stratégique de la direction qu’il chapeaute depuis 2011. Mais tout ça demande un engagement à temps plein. Sauf que depuis le mois d’avril 2014, Fouzi Lekjaa est totalement pris dans la spirale du football marocain après avoir été porté à la présidence de la FRMF.

Quand on est directeur du Budget, on n’a plus le temps à quoi que ce soit d’autre. C’est l’équivalent d’un directeur des affaires générales au ministère de l’Intérieur ou d’un directeur des affaires criminelles au ministère de la Justice, ça n’arrête jamais et la machine a besoin constamment d’un patron, d’un chef d’orchestre, parce qu’on est régulièrement sollicité et à tous les niveaux. Et une journée de 24h ne suffit plus.

Depuis maintenant trois ans, le directeur du Budget, Fouzi Lekjaa, passe entre 95 et 100 jours par an au service de la Fédération de football. Soit près du tiers du temps qu’il devrait consacrer annuellement au service public dont il a la responsabilité.

Fouzi Lekjaa est fonctionnaire de l’Etat, il est donc assujetti aux termes des lois et règlements en vigueur dans la fonction publique. Et ses absences répétées à son poste au ministère de l’Economie et des Finances posent un vrai problème juridique et administratif et constituent un handicap à la bonne marche de l’administration.
Puise-t-il ses nombreuses absences à la direction du Budget qu’il dirige de son quota de congé annuel ? C’est fort probable, mais selon les dispositions du Dahir n° 1-58-008 du 24 février 1958 et la Circulaire n° 5-11-FP du 5 juin 2011 la durée du congé annuel est fixée à 22 jours ouvrables par année. Comment justifie-t-il donc les autres jours où il est absent de son bureau ? Qu’en pense son patron Mohamed Boussaid ?

Selon la loi, «le fonctionnaire est réputé en activité lorsqu’il exerce effectivement les fonctions de l’un des emplois correspondants dans l’administration où il est affecté.» Fouzi Lekjaa peut opposer à cette séquence le fait qu’il soit éventuellement mis à disposition, ou bénéficiant d’un congé administratif exceptionnel, ou d’un congé pour raisons de santé, ou d’un congé sans solde, ou de la décharge de service pour l’exercice d’une activité syndicale etc. Mais le directeur du Budget n’est dans une aucune de ces situations.

On sait aussi que des congés exceptionnels ou des permissions d’absence peuvent être accordés à plein traitement aux fonctionnaires recevant un mandat public, mais limités dans le temps et l’espace. Et la présidence de la FRMF ne rentre pas dans le cadre des mandats publics, car il s’agit d’une association, et pour les fonctionnaires, il est interdit d’exercer une mission associative durant les jours et heures de travail réglementaires.

Il s’agit donc de la part de Fouzi Lekjaa d’un grand manquement aux dispositions de la loi marocaine.

Il ne s’agit pas pour le président de la FRMF de sa première violation de la loi. Il y a quelques mois, sa villa sise à Temara était l’objet d’un cambriolage. Plus de 1 million de dirhams en devises ont été dérobés. Que faisait un montant aussi important dans la maison secondaire de Fouzi Lekjaa ? Détenir des devises en liquide chez soi à la maison est formellement interdit par la loi marocaine. Comment l’explique-t-il, lui, le directeur du Budget, garant du moindre centime de l’argent public ? Qu’en pense son patron Mohamed Boussaid ?

Serait-il couvert par son ministre ? C’est ce qu’avancent les mauvaises langues qui croient savoir que si Lekjaa n’est pas inquiété c’est à cause de son appartenance au RNI, aussi parti de Mohamed Boussaid. Mais il est de notoriété publique que le cœur de Lekjaa est partagé entre RNI et PAM : l’un pour des raisons pragmatiques et l’autre pour des raisons affectives. Rien qu’à voir l’étiquette politique des membres du Bureau de la FRMF qu’on comprendrait l’allégeance des uns et des autres. Il faudra donc aller chercher les raisons de cette impunité ailleurs !

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500 millions de dollars de Ryad à Rabat pour payer les salaires des fonctionnaires

Dans sa lettre de cadrage adressée le 11 août dernier aux différents départements ministériels, le chef du gouvernement a fixé quatre grands axes concernant les priorités de l’exécutif : le social, l’industrialisation, la régionalisation avancée et la réforme de la Justice et de l’Administration. Mais le gouvernement n’avait même plus les moyens de payer les fonctionnaires, il alors fait appel aux saoudiens pour sauver la mise.

La note de cadrage de Saad dine El Otmani, qui tire la sonnette d’alarme quant à l’aggravation des disparités sociales et territoriales, incite à une amélioration des services aux citoyens, encourage à catalyser l’investissement privé et stimule la croissance des petites et moyennes entreprises, tout en insistant sur l’urgence d’une réforme de l’Administration par sa numérisation et d’un grand coup de fouet au chantier de la Justice.

Sauf que les moyens mis sur la table pas l’équipe d’El Otmani n’étaient pas suffisants. Les pouvoirs publics ont alors appelé les saoudiens à la rescousse. Ryadh a alors mobilisé le Fonds Saoudien pour le Développement pour pouvoir injecter du cash directement dans le budget de l’Etat mais avec une condition : ne pas inscrire les dépenses de fonctionnement dans le budget d’investissement. Autrement dit, pousser l’exécutif dirigé par El Otmani à distinguer une fois pour toutes les deux chapitres que les gouvernements précédents avaient tendance à confondre.

Une semaine après la circulaire du chef du gouvernement contenant la note de cadrage du PLF 2018, et pendant que le Roi d’Arabie saoudite se trouvait toujours au Maroc, pour son séjour annuel de villégiature à Tanger, un accord de prêt  a été conclu  à Rabat le 17 août entre le gouvernement marocain et le Fonds Saoudien pour le Développement en vue de l’octroi d’un prêt de 500 Millions de dollars au Maroc dans le but d’appuyer l’équilibre budgétaire, consacrer les dépenses du personnel et garantir le paiement des salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités au risque d’un vrai shutdown passé sous silence.

Décret n° 2-17-508 du 07 septembre 2017 portant approbation de l’accord de prêt conclu le 17 août 2017 entre le gouvernement du Royaume du Maroc et le Fonds Saoudien pour le Développement (FDS), publié au Bulletin Officiel n°6606 du 21 septembre 2017

En 2017, le Maroc a bénéficié de plusieurs prêts et dons du Fonds saoudien pour le développement, parmi eux l’octroi, en avril dernier, d’un don de 100 millions de dollars, en appui au financement des PME dans le pays. Sans oublier que le projet de construction du TGV au Maroc a aussi bénéficié d’un prêt de ce même Fonds d’une valeur de 200 millions de dollars.

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Grande confusion chez les banques et les notaires après l’entrée en vigueur d’une loi controversée

Les établissements bancaires et les études de notaires ont été assaillis ce début de semaine par des clients en panique après le blocage, au niveau national, de la signature des actes de ventes des biens immobiliers acquis par emprunt bancaire. A l’heure où nous écrivons ces lignes, personne au Maroc, ni corps notarial, ni établissements de crédit ne sont dans la possibilité de rassurer les clients sur l’issue de ce grand cafouillage.

Lundi, le marché de l’immobilier s’est réveillé sous le choc d’apprendre que les procurations sous seing privé données par les Présidents des établissements bancaires aux directeurs centraux et, par sub-délégation, aux directeurs d’agence, n’étaient plus valides et que toutes les transactions immobilières étaient suspendues.

Le comble c’est que l’annulation de ces procurations devait être effective depuis le 14 septembre, date de la publication dans le bulletin officiel de la loi n°69-16 complétant l’article 4 de la loi n°39-08 relative aux droits réels, conformément au préambule du Dahir n°1-17-50 du 30 août 2017.

Ce texte a pour principal objectif d’exiger l’authenticité de toute procuration relative aux transactions immobilières. Concrètement cela veut dire qu’un Othman Benjelloun, par exemple, devra se présenter personnellement devant le notaire pour chaque procuration !

La spoliation foncière origine de cette chasse contre les procurations sous seing privé

L’affaire remonte à 2016, quand le Roi Mohammed VI avait saisi l’ancien ministre de la justice et des libertés, Mustapha Ramid, suite à des plaintes concernant des affaires de spoliation foncière. Le souverain avait dénoncé ce phénomène de spoliation foncière qui ternit  l’image du Maroc et porte préjudice au droit de propriété consacré et garanti par la constitution marocaine.

Ramid avait alors saisi les procureurs généraux près les Cours d’Appel du royaume et, par la suite rédigé une note de synthèse qui sera la base du projet de loi, restituant le travail des différents parties prenantes qui s’étaient penchées sur ce problème : la Direction Générale des Impôts, l’Agence Nationale de la Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie, l’Ordre National de Notaires, l’Ordre National des Adouls et l’Association des Barreaux d’avocats du Maroc. La note avait pointé du doigt les fausses procurations établies sous seing privé que ce soit au Maroc ou à l’étranger, objet de toutes les transactions d’escroquerie.

Quand l’excès de précipitation du Conservateur Général déclenche la panique

Le Conservateur général de l’Agence Nationale de la Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie, dans sa dernière Circulaire n°20/17 du 21 septembre 2017, s’est adressé aux différents conservateurs du Royaume, les invitant à n’accepter que les procurations authentiques, établies par un notaire, un adoul ou un avocat, même celles rédigées avant le 14 septembre 2017.

Ce que le conservateur n’a pas vu venir, ce sont toutes ces procurations sous seing privé établies par les Présidents des établissements bancaires à leur directeurs, et celles relevant de l’administration publique dans toute leur densité.

Des réunions marathon mardi et mercredi

Pour trouver une issue à cette situation de crise, une réunion d’urgence a été convoquée mardi avec la participation du GPBM. D’après les sources de Le1.ma, cette réunion houleuse s’est prolongée jusqu’à mercredi et a poussé le Conservateur général à se plier à la pression du GPBM en vue de garder le statu quo, notamment en ce qui concerne les banques et l’administration publique. Autrement dit, continuer à accepter les procurations sous seing privé au niveaux des banques et de l’administration publique, avec une seule une exception, de taille, celle du groupe Al Omran qui doit présenter des actes authentifiés pour toute transaction.

Quid des transactions signées avant le 14 septembre 2017 ?

Autre point de blocage causé par cette nouvelle loi, ce sont les transactions immobilières contractées avant le 14 septembre 2017 que le texte a négligées ou omis de citer. Ce qui laisse présager l’application du principe de la non rétroactivité de la loi et, de ce fait, l’acceptation ipso facto par la conservation foncière des dites procurations sous seing privé.

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[Photo du Jour] : Mohamed Yassine Mansouri veille au grain

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Cette photo en dit long sur l’implication personnelle du patron de la DGED Mohamed Yassine Mansouri dans le bon déroulement de la présence diplomatique du Maroc aux Nations Unies.

Baptême de feu pour Nasser Bourita en tant que chef de la diplomatie marocaine dans les arcanes de la diplomatie internationale, la #UNGA 2017 constitue un passage important dans la carrière diplomatique des ministres des affaires étrangères du monde. Terrorisme, Migration, Affaires économiques, Climat, Processus de paix et Intégrité territoriale, des grands dossiers que le nouveau ministre a eu à gérer dans un ballet de réunions effréné sous l’œil bienveillant de Mansouri.

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Exclusif : Noureddine Bensouda pressenti pour Bank al-Maghrib

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Plusieurs articles de presse ont fait état dans les semaines écoulées d’une éventuelle nomination de Salaheddine Mezouar ou Hassan Bouhemou à la tête de Bank al-Maghrib en remplacement de Abdellatif Jouahri qui a atteint la limite d’âge. Mais nombre de contraintes font que ce choix ne sera peut-être pas possible. Alors que plusieurs éléments vont dans le sens de la désignation de Noureddine Bensouda en qualité de futur Gouverneur de la Banque centrale.

La fonction de Gouverneur de l’Institut d’émission nécessite indépendance, intégrité et probité intellectuelle et morale. Qualités réunies chez Abdellatif Jouahri qui, malgré les quelques couacs en fin de mission, a continué à jouir d’un certain consensus dans les rangs des opérateurs économiques et des partenaires institutionnels.
Son successeur devra bénéficier des mêmes qualités et aptitudes pour pouvoir diriger la Banque d’Etat. Le nom de Salaheddine Mezouar a beaucoup circulé dans les salons et repris par certains médias. De même que le nom de Hassan Bouhemou, ex-patron de SNI.

L’ancien ministre de l’Economie et des Finances, qui a sans aucun doute les compétences requises pour diriger un grand groupe financier ou tout autre établissement public d’envergure, ne peut vraisemblablement pas être investi Gouverneur de Bank al-Maghrib pour une raison très simple : il est étiqueté politiquement et a dirigé une formation politique dont il est toujours membre du Bureau politique. Il n’est donc ni indépendant ni autonome. Il a en outre beaucoup d’intérêts politiques, énormément d’adversaires et certainement autant d’amis, alors que le Gouverneur de la Banque centrale doit être nécessairement neutre et impartial.

De plus, Salaheddine Mezouar, n’a pas encore soldé le dossier du crédit personnel qu’il traîne avec BMCE Bank of Africa et impliquant ses deux enfants et ce dans l’affaire dite «Sindibad Beach Resort» (cf. LeConfidentiel by le1.ma , N°1, Mars 2017), ce qui rend l’ancien chef de la diplomatie inéligible à cette haute fonction.

De son côté, l’ancien président de la SNI, Hassan Bouhemou, s’il a l’avantage de son jeune âge et sa grande capacité de travail, pèche lui aussi par son défaut d’indépendance vu qu’il demeure organiquement lié à une nébuleuse d’opérateurs économiques et de personnalités influentes qui viendraient biaiser sa liberté de trancher quand il faudra trancher.

Fait insolite, au lendemain des premières rumeurs sur sa désignation en tant que Gouverneur de Bank al-Maghrib, Hassan Bouhemou a vite fait créer une page Wikipédia relatant son parcours et sa carrière et le désignant candidat à la direction de l’OCP ou la CDG.

En revanche, l’actuel trésorier général du Royaume, Noureddine Bensouda, serait le mieux placé pour hériter de ce poste sensible et stratégique. L’ancien camarade de classe de Mohammed VI au Collège royal n’est pas apparenté politiquement et a toujours su garder des rapports équidistants avec les différents partenaires et opérateurs économiques ou institutionnels.

Et onze ans à la tête de la direction générale des Impôts, ont permis à Noureddine Bensouda de se forger le profil idoine pour succéder à Abdellatif Jouahri qui a beaucoup de sympathie pour lui. Lors d’un événement récent, l’échange d’amabilité entre les deux hommes n’a pas laissé indifférent et peut-être même que Jouahri a clairement manifesté sa préférence quant à l’identité de son successeur.

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Exclusif : Le puissant Secrétaire général de Marjane démis de ses fonctions

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L’influent Secrétaire général du Groupe Marjane, Mohamed Rais, a été poussé vers la sortie de la holding pour faute grave. Conduit manu militari en dehors du siège du Groupe, Mohamed Rais a été contraint à la démission.

 

La «démission» de Mohamed Rais du Secrétariat général du Groupe Marjane, à la tête duquel il est demeuré plus de huit ans, a secoué le microcosme initié casablancais. Et c’est apparemment le président du Groupe Ayoub Azami, connu pour avoir dans son tableau de chasse plus de quatre dirigeants «fauteurs» du groupe Sonasid, qui a lui-même conduit cette opération mani pulite, exigeant de Mohamed Rais d’émarger sa démission et de quitter illico presto les locaux de la 1ère compagnie de distribution du Royaume. Il faut dire qu’aucune information n’a filtré de l’enquête interne menée in personam et discrètement par le président Azami ni sur les causes de cette décision qui en a surpris plus d’un.

Le quasi-inamovible Mohamed Rais a démarré dans le groupe comme directeur des Systèmes d’information et organisation, logistique et approvisionnement, c’est-à-dire au coeur du réacteur de la détermination des marges bénéficiaires du Groupe Marjane. Promu en 2009 en tant que Secrétaire général, il est connu par ses collègues comme puissant et indéboulonnable : il a effectivement survécu à trois présidents successifs, Tajeddine Guennouni remplacé en 2010, Mohammed El Amrani remercié en 2015, et Abdellah Tabat congédié en 2015.

Associé au shift stratégique malheureux qui a fait éloigner Marjane de son coeur de métier, la distribution, vers la promotion immobilière et hôtelière, Mohamed Rais partage ainsi en partie la responsabilité d’une décision qui a fait perdre à Marjane holding des années de développement face à une concurrence étrangère redoutable: le turc BIM et le français Carrefour.

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L’ambassade du Maroc au Ghana refuse de renouveler son visa au vice-président du patronat togolais

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L’ambassade du Royaume à Accra a refusé de renouveler le visa d’entrée au Maroc au vice-président du Conseil national du patronat au Togo chargé du Commerce et du secteur informel, Yiva Badohu. Pour d’obscures considérations «administratives», il s’est vu notifier une fin de non recevoir et un délai de sept jours pour récupérer le fameux sésame.

L’homme d’affaires togolais, patron, entre autres, du géant de l’agroalimentaire TOGO-FOOD, a présenté sa demande le 24 août dernier auprès des services consulaires relevant de l’ambassade du Maroc à Accra, au Ghana, dont dépend également le Togo. Yiva Badohu devait se rendre au Maroc pour une mission d’affaires.

Paradoxe de ce refus, c’est que Yiva Badohu, qui se trouve également être le vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, n’est pas à sa première visite au Maroc. En juin 2015, ce proche du président de la République, Faure Gnassingbe, faisait partie de la délégation ministérielle togolaise conduite par le ministre des affaires étrangères de son pays qui s’est rendue en visite officielle au Maroc pour développer les relations économiques entre les deux pays.

Pis, au mois d’avril 2017, Yiva Badohu, Franc-maçon et responsable des relations extérieures au sein de Grande Loge nationale togolaise, a bénéficié d’un visa marocain de trois mois à entrées multiples.

Il y a moins d’un mois, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, réunissait les consuls généraux du Maroc à travers le monde auxquels il a rappelé les directives royales énoncées dans le discours du Trône qui a mis le doigt sur les carences de l’administration laquelle «souffre d’une faible gouvernance et d’une productivité insuffisante». Lors de cette réunion, Nasser Bourita a appelé les services consulaires à fournir des réponses rapides aux requêtes des citoyens et, surtout, à mettre fin aux dysfonctionnements qu’ils connaissent.

D’autre part, un projet de décret est actuellement à l’étude au Secrétariat général du gouvernement visant à réduire la durée des congés annuels dont bénéficie le personnel des affaires étrangères pour le ramener de 45 à 22 jours ouvrables et ce dans le but de mieux rationaliser le rapport entre le temps réel travaillé par l’agent consulaire et sa productivité tangible au service du citoyen.

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