Etats-unis

Biden dévoile son équipe de sécurité nationale et de politique étrangère

Joe Biden a dévoilé lundi les premiers grands noms aux postes de la sécurité nationale et de la diplomatie. Le président élu a opté pour des personnalités expérimentées et reconnues plutôt que pour l’effet de surprise. Le conseiller de longue date de Biden, Antony Blinken, est nommé secrétaire d’État, et Jake Sullivan, ancien assistant principal d’Hillary Clinton, est choisi comme conseiller à la Sécurité Nationale.
Biden nommera Alejandro Mayorkas, premier immigrant et premier Latino à diriger le département de la sécurité intérieure, et Avril Haines, première femme directrice du renseignement national.

En plus de son intention précédemment annoncée de nommer Antony Blinken au poste de secrétaire d’État et Jake Sullivan au poste de conseiller à la sécurité nationale, Biden a déclaré ce lundi qu’il nommerait Alejandro Mayorkas à la tête du département de la sécurité intérieure et Avril Haines au poste de directeur de renseignement national.

Linda Thomas-Greenfield, une diplomate afro-américaine chevronnée de 68 ans, qui fut secrétaire d’Etat adjointe pour l’Afrique, sera nommée ambassadrice des Nations Unies, un poste qui sera élevé au statut de ministre dans l’administration Biden.

Le nouveau président a également annoncé qu’il nommerait l’ancien secrétaire d’État John Kerry comme envoyé présidentiel spécial pour le climat et placerait le poste en tant que membre du Conseil de sécurité nationale. Il s’agit là d’une grande nouveauté car c’est pour la première fois qu’un envoyé de haut niveau pour le climat ferait officiellement partie du NSC.

Blinken et Sullivan le duo clé des 100 premiers jours de Biden

Ayant travaillé comme conseiller de Biden pendant des décennies, Antony Blinken est bien connu dans les cercles de la sécurité nationale, où il s’est forgé une réputation de réaliste pragmatique et de solide partisan des institutions multilatérales.

Jake Sullivan quand à lui est un ancien haut collaborateur d’Hillary Clinton qui a également été conseiller à la sécurité nationale de Biden sous l’administration Obama. Il a précédemment déclaré qu’une politique étrangère américaine efficace était enracinée dans de solides institutions démocratiques au pays.

Blinken et Sullivan devraient prendre la tête de plusieurs des principales priorités de Biden au cours de ses 100 premiers jours au pouvoir: Rejoindre et renforcer l’Accord de Paris sur le climat, rejoindre et relancer l’accord nucléaire du Plan d’action global conjoint de 2015 avec l’Iran et rejoindre l’Organisation mondiale de Santé (OMS).

Sullivan a également déclaré que Biden avait l’intention d’organiser un sommet des démocraties mondiales au début de son premier mandat, dans le cadre d’une tentative plus large de construire un front uni entre les principales démocraties pour repousser l’autocratie rampante dans des pays tels que la Russie et la Chine.

Première femme et premier immigrant pour diriger les renseignements

Le choix de Biden pour le poste de directeur du renseignement national, l’ancienne directrice adjointe de la CIA et ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale dans l’administration Obama, Avril Haines, fera d’elle la première femme à diriger la communauté du renseignement.

Tandis que le candidat de Biden à la tête de la sécurité intérieure, Mayorkas, brisera également les barrières historiques s’il est confirmé. Né il y a 60 ans à la Havane, il sera le premier Hispanique à diriger le ministère de la Sécurité intérieure, qui supervise notamment les questions d’immigration. Ce fils de réfugiés anticastristes, ancien procureur fédéral, connaît bien cette administration, dont il fut ministre adjoint de 2013 à 2016.

Dans son nouveau rôle, Mayorkas sera chargé de réformer et de reconstruire un système de contrôle de l’immigration qui est devenu profondément politisé et militarisé sous le président Donald Trump.

Sous Trump, le DHS a supervisé de profondes réductions de l’immigration légale et de l’admission des réfugiés aux États-Unis, et il a mis en œuvre des politiques frontalières draconiennes destinées à décourager les immigrants sans papiers de tenter de traverser la frontière sud.

Missions non encore définies pour John Kerry

Le rôle de John Kerry dans la future administration Biden est pour le moment inconnu, étant donné que son poste est nouvellement créé et surtout élevé au rand de membre du Conseil de sécurité nationale.

L’un des héritages du mandat de Kerry en tant que secrétaire d’État, a été l’émergence de l’Amérique en tant que chef de file mondial et organisateur sur les grandes questions climatiques, allant des accords de Paris aux océans en passant par la biodiversité.

«L’Amérique aura bientôt un gouvernement qui traitera la crise climatique comme la menace urgente pour la sécurité nationale», a tweeté Kerry après l’annonce. «Je suis fier de m’associer au président élu, à nos alliés et aux jeunes dirigeants du mouvement pour le climat pour affronter cette crise en tant qu’envoyé du président pour le climat

L’équipe législative de la Maison Blanche prend forme

Ce lundi, Biden a également annoncé deux autres recrutements de haut niveau à la Maison Blanche: Reema Dodin et Shuwanza Goff, qui seront tous deux directeurs adjoints au Bureau des affaires législatives de la Maison Blanche.

Goff et Dodin relèveront tous deux de l’ancienne élève de l’administration Obama, Louisa Terrell, qui a été nommée la semaine dernière pour occuper le poste de directrice des affaires législatives de la Maison Blanche.

Terrell, Goff et Dodin seront chargés de transformer les promesses de campagne de Biden en une législation réelle. Une tache pas particulièrement ardue en raison de la composition très divisée du congres. En tête de leur ordre du jour se trouve un plan de gestion de la pandémie du coronavirus qui, selon les républicains et les démocrates, devra être adopté peu de temps après la prise de fonction de Biden fin janvier.

Joe Biden et sa vice-présidente élue Kamala Harris, feront un discours pour annoncer formellement ces nominations mardi à Wilmington, le fief du président élu, dans le Delaware.

Vaccin contre le Covid-19 : La logistique élimine d’office les pays pauvres d’une vaccination immédiate

Les Etats-Unis pourraient être le premier pays à lancer l’une des opérations de vaccination les plus ambitieuses de l’histoire: distribuer et injecter jusqu’à 600 millions de doses de vaccins contre le Covid-19 en quelques mois seulement.

Avec AFP

Si le monde sait gérer des campagnes massives de vaccination depuis des décennies, contre la rougeole ou la grippe, trois contraintes simultanées compliquent la tâche: la compression du calendrier, le fait que la plupart des vaccins nécessiteront deux doses, et la réfrigération à basse voire très basse température de certains vaccins: -70°C pour celui développé par Pfizer et l’Allemand BioNTech, en bonne voie pour être le premier autorisé aux Etats-Unis… contre +2 à 8°C (température d’un réfrigérateur) pour les vaccins antigrippaux.

Aux Etats-Unis, tout partira pour Pfizer de l’usine de remplissage final à Kalamazoo, dans le Michigan (une autre est à Puurs en Belgique). Le groupe a créé des boîtes d’expédition spéciales, de 40x40x56 cm, remplies de glace sèche. Chaque carton aura 975 flacons contenant 5 doses, soit 4.875 doses.

Six camions quitteront Kalamazoo tous les jours pour remettre les doses aux transporteurs aériens (Fedex, UPS, DHL…), et livrer vite: un ou deux jours aux Etats-Unis, et trois jours mondialement, dit Pfizer à l’AFP.

20 vols cargo quotidiens expédieront les futures doses dans le monde.

Fedex dit à l’AFP avoir obtenu la permission de l’aviation civile de transporter plus de glace sèche à bord de ses Boeing 767 et 777: la glace sèche est du dioxyde de carbone solidifié, dont la sublimation (passage de l’état solide à gazeux) peut être dangereuse pour l’équipage.

A destination, chaque boîte ne pourra être ouverte brièvement que deux fois par jour.

«Cela conviendra à des grands centres de vaccination», dit à l’AFP Julie Swann, experte de la réponse aux pandémies à l’université NC State. Ce vaccin-là ne conviendra pas aux cabinets de médecins ou aux pharmacies.

Au début, les Américains devront donc probablement se rendre dans des hôpitaux et peut-être sur de grands parkings, comme pour les tests aujourd’hui, dit-elle.

Précision importante: les doses pourront rester deux semaines dans leur boîte réfrigérée. Les hôpitaux n’auront pas besoin de congélateur spécial. «Nous ne recommandons pas aux hôpitaux et aux cliniques d’acheter des équipements ultra-froids», a dit Janell Routh, des Centres de lutte contre les maladies (CDC).

Les pays pauvres après

Le deuxième vaccin sur les rangs aux Etats-Unis est fabriqué par Moderna, mais avec un stockage à -20°C. Un congélateur normal fera l’affaire.

Pour celui-là, le gouvernement fédéral organisera la distribution (gratuite) aux Etats et territoires, via le distributeur McKesson. Chaque juridiction décidera ensuite de distribuer les doses aux hôpitaux, aux pharmacies, aux médecins, voire aux universités ou entreprises…

Un schéma décentralisé, comme pour la pandémie de grippe H1N1 en 2009.

«Le gouvernement fédéral n’a pas l’intention de toucher, à quelques très rares exceptions, une seule dose de vaccin avant qu’elle soit injectée dans les bras des Américains», a dit Paul Mango, un responsable de l’opération “Warp Speed” (plus vite que la vitesse de la lumière).

L’objectif: offrir des vaccins aux «plus vulnérables» avant fin décembre, aux personnels de santé avant fin janvier, et à tous les Américains d’ici début avril.

Pfizer pense produire 50 millions de doses cette année et 1,3 milliard en 2021. Les commandes des pays sont déjà passées: 20 à 30 millions à livrer avant fin décembre aux Etats-Unis, 100 millions en tout; 200 millions à l’Union européenne, 120 millions au Japon, 30 millions au Royaume-Uni, 20 millions au Canada.

Puis Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson, Sanofi et d’autres espèrent avoir des vaccins à leur tour, et la logistique mondiale changera d’échelle.

Sur deux ans, le transporteur DHL estime le besoin à 15.000 vols, et 15 millions de colis réfrigérés à livrer dans le monde.

Quant aux pays pauvres, ils n’ont pas d’espoir de bénéficier des premiers vaccins réfrigérés, dit à l’AFP Prashant Yadav, expert de la logistique sanitaire au Center for Global Development. Ils auront besoin de stocker de grandes quantités de vaccins au-delà des deux semaines limites des colis réfrigérés.

Or les congélateurs à -80°C, dit-il, coûtent cinq fois plus cher que les congélateurs standards, et ne sont fabriqués qu’à la demande.

Mike Pompeo met la pression sur le camp des démocrates : «il y aura une transition en douceur vers la deuxième administration Trump»

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré qu’il y aurait une «transition en douceur vers une deuxième administration Trump» mettant la pression sur le camp Joe Biden qui n’a pas encore de visibilité sur le processus de l’installation du nouveau président prévue le 20 janvier prochain.

Alors que le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo tenait une conférence de presse pour discuter des questions de politique étrangère, en marge de la visite de la ministre des affaires étrangères sud-coréenne, Kang Kyung-wha, l’intérêt des journalistes présents s’est porté principalement sur les résultats des élections et si le département d’État travaillerait avec l’équipe de transition de Biden.

«Vous avez posé une question ridicule, ce département se soucie profondément de s’assurer que les élections dans le monde sont sûres et sûres, libres et équitables», a-t-il déclaré.

«Il y aura une transition en douceur vers une deuxième administration Trump», a-t-il répondu avec le sourire.

La déclaration a été suivie d’un rire guindé, il n’est donc pas clair s’il parlait sérieusement des contestations judiciaires de l’administration Trump contre les élections, ou dans une tentative d’humour.

«Nous sommes prêts, le monde regarde ce qui se passe», a-t-il déclaré par la suite.

«Nous comptons les votes, lorsque le processus sera terminé, il y aura des électeurs sélectionnés, il y a un processus que la constitution énonce assez clairement. Le monde doit avoir toute la confiance qu’il faut pour la transition afin que le Département d’État soit fonctionnel aujourd’hui, réussisse aujourd’hui et réussisse avec le président qui sera en fonction le 20 janvier.» a-t-il martelé.

«Nous voulons que chacun de ces votes soit compté de la même manière que nous nous attendons à ce que chaque vote ici aux États-Unis soit compté aussi. C’est tout à fait approprié, les États-Unis ont un système électoral profondément ancré dans notre Constitution, et nous allons nous assurer que nous y parvenons.», affirme le haut responsable américain.

Donald Trump a promis de continuer à se battre après que les résultats estimés par l’Associated Press et d’autres organisations médiatiques, ont déclaré gagnant le ticket Biden-Harris.

Il est à noter qu’à date d’aujourd’hui, les agences fédérales auraient été averties de ne pas coopérer avec l’équipe de transition de Joe Biden.

Le compte Trump échappera aux avertissements de Twitter après la passation du pouvoir en janvier

Le président américain sortant Donald Trump sera soumis aux mêmes règles de Twitter Inc que les autres utilisateurs lorsque le président élu Joe Biden prendra ses fonctions le 20 janvier, a confirmé la société cette semaine.

Reuters

Twitter accompagne d’avis «d’intérêt public» certains tweets de «leaders mondiaux» qui enfreignent les règles et qui seraient supprimés sans cet avertissement.

Des tweets similaires de candidats politiques et d’élus ou de représentants du gouvernement sont plutôt masqués et Twitter prend des mesures pour limiter leur portée.

La société a toutefois déclaré que ce traitement ne s’appliquait pas aux anciens titulaires de postes.

«Ce cadre politique s’applique aux dirigeants mondiaux actuels et aux candidats à un poste, et non aux citoyens privés lorsqu’ils n’occupent plus ces postes», a déclaré un porte-parole de Twitter dans un communiqué.

Twitter a ajouté plusieurs avertissements et précisions aux tweets du compte @realDonaldTrump, nombre de messages du président ayant exprimé des allégations non fondées de fraude électorale depuis le suffrage de mardi.

La société avait d’abord caché l’un des tweets du président américain derrière une mention “d’intérêt public” au mois de mai lorsque Donald Trump avait enfreint les règles de la société visant à prévenir les messages prônant la violence.

Par ailleurs, selon les règles de Facebook Inc, il semble que les publications de Donald Trump ne seront plus exemptées de l’examen par les partenaires tiers de vérification des faits de la société après l’entrée en fonction de Joe Biden en janvier.

Selon le règlement en ligne de Facebook, la société définit les personnalités politiques – dont les publications sont exemptes de vérification des faits – comme des candidats à une élection, des titulaires de postes et de nombreux membres de leurs cabinets, ainsi que les partis politiques et leurs dirigeants.

Selon ces mêmes règles, «les anciens candidats ou anciens fonctionnaires continuent d’être couverts par (le) programme de vérification des faits par des tiers».

Facebook n’a pas répondu aux questions de Reuters sur la manière dont il traiterait le compte de Donald Trump.

Donald Trump limoge le chef du Pentagone Mark Esper

Le ministre américain de la Défense Mark Esper, limogé sans cérémonie lundi après 16 mois à la tête du Pentagone, n’a jamais réussi à gérer l’irascible Donald Trump, à qui il a pourtant donné de nombreux gages.

«Mark Esper est limogé. Je le remercie pour son travail», a tweeté le président américain, deux jours après l’annonce par les médias de sa défaite face à Joe Biden à la présidentielle américaine.

Ancien camarade de classe à l’académie militaire de West Point du très influent chef de la diplomatie Mike Pompeo, Mark Esper, 56 ans, n’était pas le premier choix du président américain après la démission fracassante de Jim Mattis fin 2018.

C’est vers un ancien de Boeing, Patrick Shanahan, que le président se tourne pour diriger la première armée du monde. Mais un scandale familial le fait renoncer au poste et le président Trump choisit alors le secrétaire à l’armée de terre pour lui succéder en juillet 2019.

Patrick Shanahan, nouveau chef du Pentagon aux côtés de Donald Trump

Mais ce gestionnaire a du mal à résister au bouillant Donald Trump, au point que des élus du Congrès finiront par l’affubler du surnom «Yesper» (Oui-sper).

Quand le président américain sape l’autorité de la justice militaire en novembre 2019 en exigeant d’exonérer de crimes de guerre un soldat, Edward Gallagher, dont le cas était défendu par la chaîne conservatrice Fox New, le ministre de la Défense s’incline.

Quand Donald Trump ponctionne le budget militaire pour le mur qu’il fait ériger à la frontière avec le Mexique, Mark Esper annule début 2020 l’achat de plusieurs avions furtifs F-35 et de drones pour débloquer 3,8 milliards de dollars.

Alors que Jim Mattis avait démissionné pour protester contre le retrait de Syrie, Mark Esper obtempère lorsque Donald Trump rappelle en octobre 2019 les forces américaines déployées dans le nord-est syrien.

Pourtant, ce retrait ouvre la voie à une offensive militaire turque visant les forces kurdes, alliées de la Coalition internationale dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique. Donald Trump finira par ordonner aux forces américaines de rester pour “protéger le pétrole”.

Ce sont les manifestations monstres du printemps, après la mort fin mai d’un Afro-Américain, George Floyd, tué par policier blanc lors de son arrestation, qui vont précipiter la perte de Mark Esper.

Il donne d’abord des gages au président républicain en pré-positionnant près de Washington des renforts militaires. Il parle des rues de la capitale fédérale comme d’un “champ de bataille” et s’affiche auprès de M. Trump lorsque celui-ci se fait photographier devant une église après la dispersion brutale d’une manifestation près de la Maison Blanche.

Divorce consommé avec Trump

Mais au sein de l’armée américaine, considérée comme un ascenseur social et où les minorités sont largement représentées, l’incident provoque le malaise. Plusieurs officiers noirs de haut rang expriment publiquement leur soutien aux manifestants.

Deux jours plus tard, le chef du Pentagone désamorce la crise en s’opposant publiquement au déploiement de l’armée pour réprimer les manifestations.

«Je ne suis pas favorable à décréter l’état d’insurrection», déclare-t-il, en référence au seul décret qui permettrait légalement au président de déployer des soldats d’active face à des citoyens américains, et non plus des réservistes de la Garde nationale.

Le divorce avec Donald Trump est consommé.

En août, le président américain commence à évoquer publiquement son possible limogeage.

Sa perte d’influence devient palpable. C’est le chef de la diplomatie, Mike Pompeo, qui inaugure une base navale. Donald Trump adopte l’idée de l’ancien ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, Richard Grenell, de réduire la présence militaire américaine en Allemagne et M. Esper n’a plus qu’à s’exécuter.

C’est le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Robert O’Brien, qui annonce en octobre le projet de ramener à 2.500 le nombre de soldats en Afghanistan début 2021, contredisant le chef d’état-major, le général Mark Milley.

Le chef du Pentagone devient ultra-prudent, presque effacé. Il ne donne plus de conférence de presse, n’accorde plus d’interview. Il ne prononce que des discours préparés à l’avance, ne parle aux journalistes que sous le couvert de l’anonymat.

Mark Esper est remplacé par le directeur du centre national de contre-terrorisme, Christopher Miller, qui devient ministre par intérim jusqu’au 20 janvier 2021.

Ahmed Charaï : «Ceux qui annonçaient l’apocalypse aux USA, en ont eu pour leurs frais»

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Soutenu par les médias et les big tech, Biden a gagné les élections mais n’a pas réussi à terrasser un Trump qui a gardé une puissance électorale surprenante. Au Maroc, après l’annonce des résultats et le consensus mondial qui s’établie progressivement autour du ticket Biden-Harris, les regards sont désormais dirigés vers le département de Bourita, mais également vers les analyses qui donnent à l’opinion publique des clés de lectures des enjeux de ces élections pour le Royaume. Ahmed Charaï, observateur avisé de la politique américaine et éditorialiste dans de prestigieuses publications outre-Atlantique, a souligné dans sur un édito paru ce dimanche sur L’Observateur, les faits importants à retenir de cette bataille électorale. M. Charaï a tenu à mettre en exergue la solidité des institutions américaines qui a porté la victoire de la démocratie et qui a désenchanté les cassandres qui «pariaient sur les divisions, et annonçaient l’apocalypse».

«Au milieu de tant d’acrimonie, d’angoisse et de peur pour l’avenir, certains Américains ont perdu de vue ce que nous autres citoyens du monde voyons clairement: un pays étonnant et résilient qui reste le pivot du monde, le grand inspirateur des jeunes esprits et le grand espoir des idéaux nobles.» affirme Ahmed Charaï dans son éditorial, consacré aux élections américaines.

«Les institutions américaines sont solides et l’ont démontré, ceux qui pariaient sur les divisions, annonçaient l’apocalypse, en ont eu pour leurs frais», martèle l’éditorialiste qui se réjouit de la sérénité dont ont fait preuve les électeurs et qui a renforcé la grande démocratie américaine.

Victoire de la démocratie

« Le taux de participation élevé et le record des voix obtenus dans les deux camps est un fait notable dans un contexte socio-économique en berne en raison du coronavirus et malgré une campagne harassante et clivante », affirme M. Charaï.

En effet, les derniers résultats non définitifs du scrutin montrent que sur 239,2 millions de personnes éligibles au droit de vote, entre 149,1 millions et 165 millions ont voté. Soit un taux de participation situé entre 62,3 % et 69 %.

Le taux de participation de 1960 à 2020 aux élections présidentielles américaines, en pourcentage du corps électoral.

Avec cette participation historiquement haute, le nombre de voix recueillies par les deux candidats n’a jamais été aussi élevé. Donald Trump, a dépassé en 2020 le record détenu en 2008 par Barack Obama, qui avait recueilli 69,5 millions des suffrages.

Le président élu, le démocrate Joe Biden, a rassemblé 75,6 millions de voix contre 71,0 millions pour le républicain Donald Trump.

«La démocratie américaine sort renforcée de cette séquence. Comme d’habitude, les Américains ont tenu à renforcer les contre-pouvoirs, puisque le sénat reste rouge. C’est un équilibre des pouvoirs qui permet à toutes les institutions de jouer leur rôle, sans bloquer la marche du pays.», souligne M. Charaï.

Ces élections de tous les superlatifs, ont également été marquées par la consécration de la sénatrice californienne Kamala Haris en tant que première femme, noire et asiatique, vice-présidente des États-Unis.

«Cette élection est historique. Elle a mis pour la première fois une femme à la Vice-Présidence. Kamala Harris est une métisse, produit du rêve américain. Elle est le symbole que dans ce pays tout est possible. » appuie l’éditorialiste.

«Cela s’appelle une grande démocratie» s’est-il exclamé.

A quoi s’attendre avec Joe Biden?

A l’interrogation que tout le monde se pose: « Que va faire Joe Biden ? », Ahmed Charaï , ne s’est pas lancé dans de l’anti-trumpisme primaire et émotionnel qui pilule sur les réseaux sociaux et les médias. Il va ainsi rappeler le fait central de ces élections : « La campagne a été plutôt un vote pour ou contre Trump ».

M. Charaï note ensuite que la gestion de la pandémie a indéniablement coûté très cher au président sortant, tout en reconnaissant son bilan économique positif.

Pour rappel, à fin 2019, le chômage était au plus bas depuis cinquante ans, y compris pour les Afro-Américains, le taux de pauvreté absolue était le plus faible depuis les années 1960, un revenu médian record et une croissance supérieure à celle de l’Europe. La crise liée à la pandémie a tout anéantie.

«Joe Biden n’a pas développé réellement un programme économique. Est-ce qu’il va garder le cap protectionniste ? En vérité on n’en sait rien», estime Ahmed Charaï. «Revenir sur des décisions qui ont relancé la machine parait très difficile, surtout en ces temps d’incertitude.», poursuit-il.

Au sujet des relations internationales et diplomatiques, M. Charai est formel: « On est sûr que les USA vont revenir au multilatéralisme. Le Président élu a annoncé qu’il reviendra à l’accord de Paris sur le climat. Ce n’est pas une mince affaire parce que cela touchera des secteurs productifs. Il veut aussi apaiser les relations internationales avec la Chine, la Russie, l’Iran

«C’est une diplomatie plus classique qui se mettra en place.» a-t-il affirmé.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

Trump, qui jouait au golf lorsque Biden se faisait déclaré président-élu, refuse d’accepter la défaite

Le président Donald Trump était en train de jouer au golf lorsque les chaines d’information ont annoncé Joe Biden prochain président des États-Unis. Trump s’est rendu samedi sur son terrain de golf à Sterling, en Virginie, sa 209e sortie de golf depuis qu’il est à la Maison Blanche, selon le décompte de CBS News.

Trump savait ce qui allait se passer et ne voulait pas être à la Maison Blanche lorsque la nouvelle allait tomber. Alors que l’Associated Press et les chaînes d’information ont appelé à l’élection présidentielle de l’ancien vice-président Joe Biden, Trump a publié un tweet selon laquelle l’élection était «loin d’être terminée».

«Nous savons tous pourquoi Joe Biden se précipite pour se faire passer pour le vainqueur et pourquoi ses alliés des médias essaient si dur de l’aider: ils ne veulent pas que la vérité soit révélée», a écrit Trump dans un communiqué.

«Le fait est que cette élection est loin d’être terminée. Joe Biden n’a été certifié vainqueur d’aucun État, et encore moins de l’un des États hautement contestés se dirigeant vers des recomptages obligatoires, ou des États où notre campagne présente des défis juridiques valables et légitimes qui pourraient déterminer le vainqueur ultime».

Trump est de retour à la Maison Blanche

Le résident Donald Trump est retourné à la Maison Blanche, dans une ville de Washington très différente, après avoir perdu sa candidature à la réélection.

Le cortège de Trump est revenu de son club de golf en Virginie par des routes largement débarrassées des automobilistes samedi après-midi.

Mais alors qu’il s’approchait de la Maison Blanche, il fut accueilli avec des huées. Des chants de «perdant, perdant, perdant» et des insultes ont également été entendus au passage de son cortège.

Trump est le premier président à perdre sa réélection depuis George H.W. Bush en 1992.

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