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Informations sensibles remises par Trump aux Russes : Poutine met la pression sur Washington

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Le président russe Vladimir Poutine a proposé de fournir une retranscription de la réunion controversée qui a eu lieu dernièrement au bureau ovale entre le président Donald Trump et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

«Si l’administration américaine le trouve nécessaire, nous sommes prêts à fournir le compte rendu de la conversation entre Trump et Lavrov au Sénat et au Congrès», a déclaré Poutine.

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Sotchi, en Russie, Poutine a rejeté les allégations selon lesquelles Trump aurait partagé des informations secret-défense avec des diplomates russes en les qualifiant de «schizophrénie politique».

L’intervention de Poutine a mis la pression sur la Maison Blanche pour fournir sa propre transcription de la réunion. Le comité du renseignement du Sénat a déjà demandé un hearing sur ce qui a été dit lors de la réunion des membres de l’administration Trump qui étaient présents lors de cette réunion.

Ce qui a davantage compliqué la position de Trump, est que sa rencontre avec Lavrov et l’ambassadeur de Russie à Washington, Sergey Kislyak, est intervenue un jour après que Trump ait limogé le directeur du FBI James Comey, l’homme qui a mené une enquête sur les liaisons douteuses entre les membres de l’équipe de campagne du Président américain et la Russie.

Trump a accepté de partager des informations de sécurité sur le terrorisme et la sécurité de l’aviation avec les Russes, disant qu’il avait le «droit absolu» de le faire, mais la Maison Blanche n’a ni confirmé ni réfuté si cette information était classifiée.

Pour rappel, le Washington Post avait rapporté, lundi, les accusations selon lesquelles Trump aurait transmis à Lavrov et Kislyak les détails de la façon dont DAESH voulait utiliser des ordinateurs portables comme engins explosifs sur les avions.

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Cybercriminalité : Un rescapé de l’attentat d’Argana à Marrakech condamné aux Etats-Unis. La Russie parle de «kidnapping»

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Le Consulat général de Russie à Seattle est en alerte maximum. La cause, un ressortissant russe, Roman Seleznev, est reconnu coupable de cybercriminalité et est jugé par un tribunal américain. Il vient d’écoper de 27 ans de détention alors que le procureur en réclamait 30. La défense a fait appel.

La représentation russe dans l’Etat de Washington -au nord-ouest des Etats-Unis-, dirigée par le diplomate Khalit Aisin, suit de près ce procès placé sous haute sécurité par les autorités américaines.

Roman Seleznev, fils de Valery Seleznev, un haut dignitaire russe proche de Poutine, serait «gravement malade, et a subi une grave blessure lors [de] l’attaque terroriste au Maroc en 2011 (ndlr : attentat du 28 avril 2011, restaurant Argana, Marrakech, avait fait au moins 16 morts); d’ailleurs, il a été diagnostiqué avec une hépatite» selon son avocat Igor Litvak qui espère «que le tribunal en appel prendra en compte son état de santé.»

Roman Seleznev a été interpellé à l’aéroport international de la République des Maldives le 5 juillet 2014. Le jour même, il a été extradé vers l’île de Guam, un territoire non incorporé des États-Unis relevant de l’archipel des îles Mariannes. Le tribunal du district de Guam a refusé de libérer Roman Seleznev et a rendu une décision de l’expulser vers Seattle, où des charges de cybercriminalité portées contre lui ont été portées.

Des images de Seleznev prises avec des piles d’argent ont été trouvées sur son ordinateur portable suite à son arrestation en 2014 aux Maldives.

Les enquêteurs américains soupçonnent Seleznev d’avoir volé et vendu des informations de cartes de crédit de citoyens américains entre octobre 2009 et février 2011 d’une valeur de 170 millions de dollars. Selon les enquêteurs, le ressortissant russe a été impliqué dans le piratage de quelque 200 000 (2 millions selon la presse américaine) numéros de cartes de crédit qui a touché 3700 institutions financières et quelque 500 commerces. En août 2016, Seleznev a été reconnu coupable de cybercriminalité.

Communiqué du Département de l’information et de la presse du Ministère des Affaires Générales au sujet de la détention de Roman Seleznev

En revanche, Moscou affirme que Seleznev n’a pas été arrêté mais «enlevé» par les autorités américaines, et que les poursuites sont «d’ordre politique».

Le ministère russe des Affaires étrangères a exprimé à plusieurs reprises des protestations énergiques contre la politique des autorités américaines qui encouragent leurs services secrets à «kidnapper [les] citoyens [russes] à l’étranger». «Les cas tragiques de Roman Seleznev et Konstantin Yaroshenko sont des exemples de cette politique. Les autorités américaines ont mis ces citoyens russes en prison et les ont délibérément privés d’une assistance médicale appropriée», estime le ministère russe des Affaires étrangères.

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