MENA - Page 38

Arabie saoudite : Vaste mouvement de chaises musicales au plus haut sommet de l’Etat

////

A la veille de la visite cruciale en Arabie saoudite du président égyptien, Abdelfattah al-Sissi, et les incidences de ce déplacement sur l’équilibre géopolitique de tout le Moyen-Orient suite à une période de froid entre Ryadh et Le Caire qui a duré plusieurs mois, le Roi Salmane Ben Abdelaziz a procédé, samedi soir, à un vaste mouvement dans les rangs de très hauts responsables civils et militaires.

La principale décision du souverain saoudite est, sans conteste, le limogeage du Chef d’Etat-Major de l’Armée de Terre, le général Saleh Al-Muhaya, remplacé dans la foulée par son adjoint et non moins membre de la famille royale, le Prince Fahd Ben Turki. Ce général trois étoiles est l’homme clé du dispositif militaire saoudien dans la Coalition arabe dans la guerre du Yémen. Homme de terrain et fin stratège, il aura désormais sous ses ordres une armée à lui tout seul, composée de trois brigades blindées, cinq brigades d’infanterie mécanisées, trois brigades légères motorisés, une brigade aéroportée, cinq bataillons d’artillerie indépendantes, en plus d’une flotte baptisée «aviation des forces terrestres royales saoudiennes» qui assure une aéromobilité et un appui aérien rapproché avec sa centaine d’hélicoptères d’attaques et de transport.

Le Roi Salmane a également nommé le porte-parole de la Coalition arabe au Yémen, le général Ahmed Asiri, comme numéro deux du puissant service saoudien du renseignement qu’il cumulera avec ses fonctions de Conseiller du ministre de la Défense. Le général Asiri est un visage connu des médias puisque c’est lui qui est en charge de la communication dans l’armée.

L’Arabie saoudite, qui cherche à faire renaître et à renforcer l’axe sunnite Le Caire-Ryadh-Amman, veut en découdre définitivement avec les rebelles houthis, réputés proches des iraniens et armés par Téhéran, d’où le choix d’un super-général, et prince de surcroît, qui aura carte blanche pour régler militairement cette question qui n’a que trop duré. D’ailleurs, un des décrets royaux ordonne au ministre des Finances d’exécuter immédiatement le paiement des indemnités, des primes et des avantages financiers aux militaires engagés dans l’opération “Restaurer l’Espoir” au Yémen ainsi qu’une bonification de deux mois de salaire. Ce qui est peut être compris que la guerre pourra être encore longue et fastidieuse.

En recevant un Abdelfattah al-Sissi rentré tout auréolé de sa dernière visite aux Etats-Unis, le Roi Salmane Ben Abdelaziz en profite pour nommer son propre fils, le Prince Khaled, en tant qu’ambassadeur à Washington en lieu et place de Abdallah Ben Faiçal Ben Turki. Le Prince Khaled Ben Salmane aura un accès direct et privilégié auprès de Donald Trump.

Un autre fils du Roi Salmane fait son entrée au Conseil des ministres. Le Prince Abdelaziz Ben Salmane est désigné ministre d’Etat chargé de l’Energie. Il prend en charge un secteur fondamental et souverain à la veille de transformations institutionnelles profondes prévues dans le géant mondial Aramco, bras armé de la vision 2030 voulue et portée par le vice-prince héritier Mohamed Ben Salmane.

Affirmant son tour de vis sécuritaire, le Roi Salmane a nommé Mohamed Ghofaili en qualité de Conseiller à la Sécurité nationale en ordonnant la création d’un nouveau Centre de national de la Sécurité, une sorte de Situation Room qui coordonnera toutes les actions des différents services de sécurité et de renseignement sous l’autorité directe du Roi.

 

Abdellah EL HATTACH

 

Crise des migrants syriens : #MAEC convoque l’ambassadeur algérien à Rabat

///

Le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale a convoqué ce samedi l’ambassadeur d’Algérie à Rabat, auquel il a été exprimé la profonde préoccupation du Maroc, suite à la tentative de 54 ressortissants syriens d’entrer illégalement, à partir de l’Algérie, sur le territoire marocain au niveau de la zone frontalière de la ville de Figuig.

Le Maroc a ainsi fait part à l’ambassadeur d’Algérie des témoignages et des photos attestant irréfutablement que ces personnes ont traversé le territoire algérien avant de tenter d’accéder au Maroc (…) et ces personnes ne pouvaient se déplacer à travers le territoire algérien sans être notifiées ou interceptées par les autorités algériennes.

Le Maroc appelle l’Algérie à assumer sa responsabilité politique et morale à l’égard de cette situation, estimant que le drame humanitaire que vivent ces populations syriennes ne devrait pas constituer un élément de pression ou de chantage dans le cadre de l’agenda bilatéral.

“Il est immoral et contraire à l’éthique de manipuler la détresse morale et physique de ces personnes, pour semer le trouble au niveau des frontières maroco-algériennes” précise le communiqué du ministère des Affaires étrangères relayé par la MAP.

Pour le Maroc, de telles pratiques n’ont pour objectif que de susciter un effet d’appel et générer un flux migratoire massif et incontrôlable vers le Maroc.

Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale compte tenir des réunions avec des ambassades et Organisations internationales accréditées au Maroc, afin de les sensibiliser à cette situation et leur expliquer son contexte car (…) pour sa part, le Maroc assume pleinement ses responsabilités à l’égard des populations syriennes : l’hôpital militaire installé au camp Al-Zaatari en Jordanie, prodigue quotidiennement des centaines de prestations médicales aux réfugiés syriens; et un effort substantiel est consenti par les pouvoirs publics pour régulariser la situation des milliers de syriens se trouvant sur le territoire marocain. Il est à rappeler que 5000 personnes ont, ainsi, bénéficié de la première phase de régularisation et plusieurs centaines ont obtenu le statut de réfugiés.

Hier vendredi, un communiqué émanant du ministère de l’Intérieur exprimait l’étonnement du Maroc du fait que les autorités algériennes n’ont pas pris en considération la situation de ces immigrants en les expulsant par force vers le territoire marocain, contrairement aux règles de bon voisinage prônées par le Royaume du Maroc, relevant que l’arrivée de ces immigrants à cette zone frontalière malgré les difficultés liées aux reliefs pour y accéder via le territoire algérien et les contraintes des conditions météorologiques n’aurait pas été possible sans l’assistance et le soutien des autorités algériennes. “Ce n’est pas la première fois que les autorités algériennes procèdent à l’expulsion d’immigrants vers le territoire marocain, des comportements similaires ayant été enregistrés par le passé” a conclu le communiqué du ministère de l’Intérieur.

LE1 avec MAP

African Lion 2017 : les manœuvres entrent dans la phase opérationnelle

//

Quelque 1300 militaires des États-Unis, du Canada, de la France, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal, de l’Espagne et de la Tunisie se retrouvent au Maroc pour participer aux manœuvres de African Lion 2017 #AL17.

#AL17 est un exercice militaire polyvalent dirigé par les Forces armées américaines de l’AFRICOM et piloté par le commandement américain central avec le soutien du Corps des marines américains, de la Navy, de l’armée de l’air des États-Unis et des unités des Gardes nationales de l’Utah et du Kentucky.

L’exercice, qui se poursuit jusqu’au 28 avril à Guelmim, Tan-Tan et Sidi Ifni, bénéficie d’un appui de l’ambassade des Etats-Unis au Maroc, du Bureau de la sécurité de Rabat relevant de l’ambassade et de l’Attaché de défense.

Ces manœuvres terrestres, aériennes et amphibies donnent aux participants l’opportunité de bénéficier de formations conjointes et combinées dans les opérations antiémeutes et d’exercices de tir à balles réelles et de mouvements de blindés avec un appui de forces stationnées dans la région ainsi qu’une coopération étroite avec les pays africains et d’autres partenaires de sécurité multinationaux.

«Nous sommes ravis de faire bénéficier nos partenaires marocains de cette expérience, et pour nous également une occasion d’améliorer nos capacités opérationnelles dans un environnement inconnu, mais non hostile », a déclaré le Commandant Léonard dit “Lenny” relevant de la Joint Task Force African Lion #AL17.

TIFNIT, Maroc – Un soldat de l’armée américaine est en formation lors de la cérémonie de lancement de l’exercice African Lion 17, 19 avril 2017. Diverses unités des forces armées américaines mèneront des opérations de formation multilatérale et de stabilité avec des unités des Forces armées royales. Cet exercice multilatéral combiné vise à améliorer l’interopérabilité et la compréhension mutuelle des tactiques, des techniques et des procédures de chaque nation tout en démontrant le lien fort entre les militaires de la nation

Ce diaporama nécessite JavaScript.

TAQA en difficulté cherche à céder ses actifs pétroliers et gaziers en Amérique du Nord

/

Abu Dhabi National Energy Company (TAQA) pourrait céder certains de ses actifs pétroliers et gaziers en Amérique du Nord pour renforcer les capitaux propres de son core business, et ce après trois ans consécutifs de sévère déficit accusant, en 2016, une perte sèche de plus de 5 milliards de dollars et des produits en chute de 17% en une seule année.

Présente dans 11 pays dont le Maroc, Abu Dhabi National Energy Company (TAQA) détenue à 75% par le gouvernement d’Abu Dhabi, a été touchée de plein fouet par la baisse des cours du pétrole.

Accumulant les déficits depuis 2014, elle a enregistré en 2016 une perte nette de 18,55 milliards de dirhams émiratis (5,1 milliards de dollars), par rapport à une perte nette de 1,8 milliard de dirhams émiratis (490 millions de dollars) en 2015.

TAQA, dont l’ensemble des revenus totalisent 16,1 milliards de dirhams émiratis en 2016 (4,35 milliards de dollars), soit une perte de 17 % par rapport à 2015 lorsque les revenus s’élevaient à 19 milliards de dirhams émiratis (5,17 milliards de dollars), a supprimé 1400 emplois depuis 2014 pour en garder 2200 actuellement.

L’annonce de ces résultats a été faite durant l’assemblée générale annuelle des actionnaires tenue hier (19 avril) à Abu Dhabi. Une occasion pour le président de TAQA, Saeed Al-Hajeri, de présenter sa stratégie à court terme pour remonter la pente. Il a ainsi déclaré que l’objectif premier était d’augmenter le capex afin d’accroître les réserves et la production, mais aussi d’examiner des projets de désinvestissements de certains actifs pétroliers et gaziers non essentiels en Amérique du nord dans le but de se recentrer sur les secteurs de l’énergie et de l’eau.

Il est à rappeler que l’activité nord-américaine principale de pétrole et de gaz de TAQA est basée à Calgary en plus de certains actifs dans le sud s’étendant au Montana, au Dakota du Nord et au Wyoming aux États-Unis. TAQA dispose également aux États-Unis d’une centrale électrique à cycle combiné au New Jersey et d’un parc éolien au Minnesota.

ADWEA à la rescousse de TAQA

Au début du mois d’avril, l’Autorité de l’eau et de l’électricité d’Abu Dhabi (ADWEA) a annoncé l’augmentation de sa participation dans TAQA à hauteur de 74%, alors qu’elle en détenait 52,38% auparavant. Une opération qui a été réalisée grâce à une augmentation de capital par apport en nature, sous forme de terrain évalué à 18,7 milliards de dirhams émiratis (5,09 milliards de dollars), une valeur équivalente aux pertes accumulées fin 2016. A en croire le Président Saeed Al Hajeri qui s’adressait aux actionnaires présents lors de l’AG du mercredi, « le terrain ne serait pas à vendre ».

Le Président maintenu et nomination d’un nouveau VP et de 3 nouveaux administrateurs

L’assemblée générale du mercredi 19 avril 2017, a été également l’occasion pour les actionnaires de TAQA de reconduire Saeed Mubarak Al-Hajeri en tant que président du Conseil et d’approuver la nomination de Khalifa Ali Al Qamzi en tant que vice-président ainsi que de trois nouveaux membres du conseil qui se joindront aux membres actuels du board de la société. Il s’agit de Khalifa Ali Al Qamzi, du Dr. Saif Saleh Al Sayari et Mohammad Abdullah Al Suwaidi. Ils s’ajouteront aux membres existants du conseil, Saeed Mubarak Al-Hajeri, Abdul Aziz Abdul Rahman Al Hemaidi, Salem Sultan Al Daheri et Khalid Abdullah Al Mass.

Quid du Maroc ?

TAQA Morocco 1er producteur d’énergie électrique au Maroc s’est imposée en moins de dix ans comme un acteur énergétique, économique et culturel majeur du Royaume. Cotée à la bourse de Casablanca, TAQA Morocco est détenue à 85,79% par Abu Dhabi National Energy Company. Liée à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable par un contrat d’exclusivité valable jusqu’en 2040, elle possède au Maroc la centrale thermique au charbon de Jorf Lasfar (ex-Jorf Lasfar Energy Company) laquelle assure 50% de la production électrique du royaume, avec 14 930,8 GWh, devant l’ONEE (10 491,674 GWh).

Outre le charbon, TAQA Morocco projetait également de se lancer dans le gaz et dans le marché de l’énergie propre(1).

Aujourd’hui, avec ce recentrage stratégique de TAQA Global et sa situation financière difficile, y aurait-il un quelconque impact sur le secteur énergétique au Maroc ? La filiale marocaine qui affiche une santé financière correcte, continuera t-elle à accompagner la stratégie énergétique du Royaume ? La baisse de voilure en termes de communication serait-elle une prémisse d’un recentrage de son activité au Maroc?

Des interrogations qui seront probablement au menu de l’Assemblée Générale Ordinaire des actionnaires de TAQA Morocco prévue pour le 28 Avril.

(1) A travers une ferme éolienne à Tanger visant un objectif de production de 140 mégawatts. Projet annoncé en grande pompe en janvier 2016 et qui n’aurait pas encore abouti à date d’aujourd’hui.

LE1

 

Trump en tournée au Proche-Orient ?

///

Selon des sources proches de la Maison Blanche dont LE1 a eu connaissance, le Président américain, Donald Trump, pourrait effectuer une tournée au Proche-Orient avant l’été prochain.

Si l’information se confirmait, ce serait le premier déplacement à l’étranger du président américain depuis son investiture en janvier dernier.

En ce moment, le Secrétaire américain à la Défense, James Mattis, est en roadtrip dans la région, lequel l’a conduit en Arabie saoudite, en Egypte et en Israël pour s’achever en Djibouti.

De son côté, le vice-président Mike Pence est actuellement en tournée asiatique qui le mène notamment en Corée du Sud, au Japon et en Malaisie.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

LE1

Al Jazeera : Erdogan fustige la politique expansionniste de l’Iran et dénonce l’hypocrisie européenne

//

Le Président turc Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé virulemment ce qui se passe actuellement en Syrie par l’amoncellement du pays, sa destruction totale, sa division, le transfert des populations civiles et la déstructuration sociale qui y est menée. Tout en fustigeant avec véhémence la politique expansionniste iranienne dans une région chaotique.

Lors d’un entretien accordé à l’émission “Bila houdoud” diffusée mercredi soir sur la chaîne qatariote Al-Jazeera, Erdogan a appelé le Président américain a déployer un embargo aérien en vue de protéger le peuple kurde en Syrie des attaques massives du régime de Bachar al-Assad, en dénonçant au passage la nonchalance de Barack Obama, espérant que cela changera avec la nouvelle administration américaine.

Concernant la situation en Irak, Erdogan a affirmé qu’on ne peut pas résoudre les problèmes profonds de ce pays sur la base du nationalisme, de la doctrine et de la démagogie : le Président turc a mis en garde l’Iran qui, selon ses termes, poursuit une politique impérialiste persane et expansionniste chiite au détriment des intérêts du peuple irakien, ce à quoi s’oppose Ankara.

Pour ce qui est des relations avec l’Europe, Erdogan a utilisé des termes très durs envers Bruxelles l’accusant de nazisme et de fascisme vis-à-vis de la Turquie, qualifiant cela comme une guerre contre son pays, interpellant au passage les européens d’avoir menti concernant les promesses avancées quant aux aides potentielles pour réguler et gérer le flux de réfugiés en provenance de Syrie.

Fort des résultats du référendum qui a vu la victoire du OUI aux reformes auxquelles il a appelées, Erdogan s’est moqué de ceux qui accusent le régime de s’autocratiser : “un dictateur ne sort pas des urnes” a clos Erdogan en référence aux multiples coups d’Etat militaires qu’a connus la Turquie dans le passé et dont le principal bénéficiaire étaient les partis laïques.

LE1

L’AFP offre une tribune à Bachar Al-Assad

//

Quelques jours après l’attaque américaine sur une des bases aériennes de l’armée syrienne, Bachar Al Assad a accordé un entretien à l’Agence France Press (AFP), dans lequel il a réfuté ce qu’il a appelé les “allégations” de l’Occident sur la détention et l’utilisation par la Syrie d’armes chimiques. Il est également revenu sur les 6 ans de conflit que connait son pays et l’action de son armée dans la lutte contre le terrorisme en détaillant le rôle de chaque faction et chaque protagoniste dans le théâtre de guerre.

Il a aussi fustigé l’intervention américaine minimisant son impact sur la politique de Damas dont la priorité aujourd’hui est de “nettoyer” les derniers bastions terroristes et de gérer les flux humains que ça soit les familles qui cherchent refuge en dehors des frontières de la Syrie ou celles qui tentent un retour à leur domicile malgré l’état de chaos dans lequel se trouve la majorité des villes et villages après des années de bombardement.

LE1