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Incivisme au Moyen-Orient: gants et masques polluent villes et nature

En se promenant dans les rues désertes de Beyrouth confinée, le photographe libanais, Omar Frangieh, a remarqué autour de lui des masques et des gants en plastique, utilisés pour se protéger du nouveau coronavirus puis jetés sans état d’âme, au risque de polluer les villes et la nature.

Le photographe libanais,Omar Frangieh, a pris plus de 200 photos de ces objets avant de réunir ses clichés sur Facebook en un album intitulé «Les envahisseurs de Beyrouth».

De Bagdad à Gaza, les masques et gants sont en forte demande dans les pays du Moyen-Orient, dont les populations espèrent grâce à eux limiter la propagation de la pandémie de Covid-19.

Mais comme les «envahisseurs» sont souvent à usage unique, ils sont ensuite jetés par leurs utilisateurs, parfois à même le sol.

«Le principal souci, c’est que ce matériel de protection peut devenir un problème de santé en polluant les rues de Beyrouth», s’alarme Frangieh auprès de l’AFP.

Le virus se transmet principalement par les gouttelettes émises par les humains lorsqu’ils parlent, éternuent ou baillent, mais peut aussi survivre sur certaines surfaces pendant plusieurs jours, selon des études scientifiques.

Ceux chargés de nettoyer de ces «envahisseurs» les rues de la capitale libanaise risquent donc d’être contaminés par les masques et gants souillés, estime Frangieh, dont le pays compte officiellement 870 cas de la maladie Covid-19 et 26 décès.

Parkings et plages pollués

En Arabie saoudite, où 40.000 cas ont été recensés par les autorités, certains supermarchés obligent leurs clients à utiliser des gants jetables.

Une fois leurs courses terminées, les Saoudiens les abandonnent sur le parking de l’établissement et le vent chaud du désert les parsème dans les villes.

Mais, alors que les pharmacies du pays font face à des persistantes pénuries de masques et gants, le débat se poursuit sur leur véritable efficacité.

Pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il est plus utile de se laver les mains régulièrement, tandis que le Centre américain de prévention des maladies appelle à porter plutôt des masques en tissu, pour laisser leur version jetable aux soignants et autres travailleurs en première ligne de l’épidémie.

Dans l’enclave palestinienne de Gaza sous blocus israélien, la plage, d’ordinaire déjà fortement polluée, est désormais aussi jonchée «d’envahisseurs».

En un coup de vent, ils finissent dans la mer. Non recyclables, ils mettront des années à se dissoudre dans l’eau et risquent d’ici là de mettre en péril la flore et faune maritime.

Quelques commerçants et passants ont pris l’initiative de les collecter pour les jeter dans des bennes à ordures, comme Lina Ouda, venue se promener sur la plage avec son mari.

«J’ai remarqué qu’il y avait des masques et des gants par terre sur la corniche et je les ai mis à la poubelle parce que cela pollue la plage», explique la femme de 30 ans.

«Il n’y a pas d’éducation générale concernant le nettoyage des plages à Gaza, mais certaines personnes le font» d’eux-mêmes, ajoute son mari, Jamal Ouda.

Mais «beaucoup d’autres se baladent en portant des masques et des gants et (à la fin de leur promenade) les jettent sur le sol», déplore-t-il.

Mohammed ben Zayed appelle les Emiratis à mettre fin à la culture de l’excès qui met en péril la sécurité alimentaire de leur pays!

Les mauvaises nouvelles se bousculent aux Émirats arabes unis. Crise économique sans précédent, en raison de l’effondrement du tourisme et du pétrole. Échecs sur tous les fronts militaires, du Yémen à la Libye. La situation est tellement critique que le pays commence à craindre pour sa sécurité alimentaire. Mercredi, les services de communication de Mohammed ben Zayed ont largement diffusé une intervention de ce dernier appelant à lutter contre les dépenses inutiles et le gaspillage alimentaire et à protéger les ressources naturelles des Émirats.

Une fois n’est pas coutume, Mohammed bin Zayed, se laisse filmer, micro ouvert, alors qu’il s’exprimait durant une vidéo-conférence avec des membres de son gouvernement. Une vidéo partagée sur toute les plateformes sociales.

Il s’agit d’une action de communication calculée, à travers laquelle, l’homme fort du pays a voulu alerter l’ensemble de ses concitoyens sur la gravité de la situation économique du pays.

C’est à l’occasion d’un «Majlis» ramadanesque, virtuel, pandémie oblige, sous le thème «Nourrir la nation: la sécurité alimentaire aux EAU», que MBZ, s’adressant à la ministre d’État à la Sécurité alimentaire, Mariam Mohamed Al-Mheiri, a appelé à arrêter le gaspillage et en finir avec la culture de l’excès pour ne pas mettre en péril la sécurité alimentaire du pays, menacée par la crise sanitaire du Coronavirus.

En soulignant, que le public serait réceptif à la nécessité de s’éloigner des mauvaises habitudes, à travers de la sensibilisation à l’école et dans les média, ben Zayed a estimé que la sécurité alimentaire est un écosystème holistique qui concerne non seulement la production alimentaire, mais aborde également la culture de transport et stockage des aliments ou la culture du rationalisme tou en évitant la surutilisation et le gaspillage.

Ces propos étaient accompagnés par le défilement de la caméra entre deux grands plans, celui de MBZ dans son fauteuil et celui de l’écran de la vidéo-conférence dont les 2/3 étaient occupés par la ministre Mariam Mohamed Al-Mheiri. La vidéo montrait également, furtivement, le vice-premier ministre et ministre des Affaires présidentielles, Mansour ben Zayed Al Nahyane, acquiesçant aux directives de son frère.

«Nous avons l’habitude de l’excès que nous devons restreindre. Si cet excès ou ces dépenses excessives sont pour une bonne cause, comme la charité, c’est une bonne chose et nous les soutenons. Toutefois les dépenses excessives sans raison sont un péché.» a-t-il ajouté.

«Il s’agit d’un élément clé de la stratégie de sécurité alimentaire: comment penser nos différentes ressources naturelles telles que l’eau, les sources de nourriture, l’énergie et autres.» souligne l’homme fort du régime.

«L’excès est culturel chez nous, nous devons nous se séparer de ces mauvaises habitudes, et ça ne sera pas sans difficultés », a martelé ben Zayed.

«Les citoyens et les résidents des EAU sont très réceptifs et réactifs. Nous pouvons sensibiliser notre population aux EAU à ce problème et nous assisterons au changement très rapidement.» a-t-il conclut.

Le majlis, a été l’occasion à la ministre d’État à la Sécurité alimentaire de donner un aperçu des mesures prises par son ministère pour faire face aux menaces de la pandémie du Covid-19 sur la sécurité alimentaire dees Émirats. Mariam Mohamed Al-Mheiri, a dévoilé durant cette réunion que le pays obtenait sa nourriture principalement grâce aux importations et qu’à cause du coronavirus de très grandes quantités ont été achemenées de l’étranger.

Riyad s’apprête à prendre des mesures douloureuses face à l’impact économique du coronavirus

L’Arabie saoudite prendra des mesures strictes et douloureuses pour faire face à l’impact économique de la pandémie de coronavirus, a déclaré samedi le ministre des Finances, ajoutant que «toutes les options pour faire face à la crise sont ouvertes».

«Nous devons réduire drastiquement les dépenses budgétaires», a déclaré Mohammed al-Jadaan dans une interview à la chaîne de télévision Al Arabiya, ajoutant que l’impact du nouveau coronavirus sur les finances publiques de l’Arabie saoudite apparaîtra à partir du deuxième trimestre.

«Les finances saoudiennes ont besoin de plus de discipline et la route est longue», a-t-il déclaré.

Une mesure possible serait de ralentir les projets gouvernementaux, y compris les méga-projets, pour réduire les dépenses, a-t-il dit.

Outre la crise sanitaire et les mesures prises pour l’endiguer qui menacent de freiner l’économie du royaume, le premier exportateur mondial de pétrole souffre également des prix historiquement bas du brut.

Les réserves de change de la banque centrale d’Arabie saoudite ont chuté en mars à leur niveau le plus bas depuis 2011 et le déficit budgétaire du pays a atteint 9 milliards de dollars au premier trimestre avec l’effondrement des recettes pétrolières.

Mohammed al-Jadaan a indiqué samedi à Al Arabiya que le pays avait introduit des mesures de relance visant à préserver les emplois dans le secteur privé et à sauvegarder l’approvisionnement des services de base.

Avec Reuters

DERNIERE MINUTE : Les Émirats arabe unis annoncent avoir développé un traitement potentiel au Coronavirus

«Les Émirats arabes unis ont développé un traitement innovant et prometteur pour les infections à COVID-19 utilisant des cellules souches», annonce ce vendredi l’agence de presse officielle WAM.

«Un brevet a été accordé par le ministère de l’économie des Émirats arabes unis pour le développement d’un traitement innovant et prometteur des infections à COVID-19 utilisant des cellules souches» a annoncé aujourd’hui l’agence de presse WAM.

Le traitement a été développé par une équipe de médecins et de chercheurs du Abu Dhabi Stem Cell Center (ADSCC), et consiste à extraire les cellules souches du sang du patient et à les réintroduire après les avoir activées. Le brevet a été accordé pour la méthode innovante de collecte des cellules souches, précise la même source.

Le traitement a été administré aux Émirats arabes unis à 73 patients du COVID-19 qui ont tous guéris. L’administration se fait par inhalation dans les poumons après que le patient ait été nébulisé dans une fine brume.

Ce traitement est supposé avoir son effet thérapeutique en régénérant les cellules pulmonaires et en modulant la réponse immunitaire pour l’empêcher de réagir de manière excessive à l’infection au COVID-19 et de causer des dommages supplémentaires aux cellules saines.

Toujours selon la dépêche de l’agence Wam, le traitement expérimental aurait passé avec succès la phase initiale des essais cliniques. Aucun des patients ayant reçu le traitement n’aurait signalé d’effets indésirables immédiats et aucune interaction n’a été trouvée avec les protocoles de traitement conventionnels pour les patients COVID-19. Des essais visant à démontrer l’efficacité du traitement seraient en cours et devraient être achevés dans quelques semaines.

«Le traitement aurait été administré aux patients en même temps que l’intervention médicale conventionnelle et continuera d’être appliqué en complément des protocoles de traitement établis plutôt qu’en remplacement» rassure les autorités sanitaires du pays.

L’agence de presse rappelle que ce traitement s’ajoute  « un arsenal de mesures sanitaires pour lutter contre la la pandémie de COVID-19, tels que le confinement, la distanciation sociale.

Le premier cas aux Emirats Arabes Unis a été signalé le 29 janvier 2020, il y a 92 jours.

Ainsi, au 30 avril 2020, les Emirats Arabes Unis est le 36e pays le plus touché au monde en nombre de cas et 60e pays le plus touché au monde en nombre de décès. On compte aujourd’hui aux Emirats Arabes Unis:

  • 11929 cas confirmés (soit 549 cas supplémentaires par rapport au 29 avril 2020). Pour 100 000 habitants, cela représente 248,6 cas aux Emirats Arabes Unis, contre 6,27 cas en Chine et 249,84 cas en France.
  • 98 décès le 30 avril 2020 aux Emirats Arabes Unis (C’est 9 nouveaux décès par rapport au 29 avril 2020). C’est 0,82 décès pour cent cas aux Emirats Arabes Unis. Pour comparaison, cette valeur est de 5,36 en Chine, 13,6 en Italie et 14,41 en France.

L’Arabie saoudite signe un contrat de 265 millions $ avec une entreprise chinoise pour la production de 9 millions de tests

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L’Arabie saoudite, le pays arabe du Golfe le plus touché par le nouveau coronavirus avec 17.522 cas et 139 décès, a annoncé dimanche un contrat de 265 millions de dollars avec une entreprise chinoise pour intensifier les tests de dépistage du nouveau coronavirus et décidé d’alléger le couvre-feu instauré face à la pandémie.

Selon un communiqué diffusé par l’agence de presse saoudienne, l’accord conclu avec le Beijing Genome Institute (BGI), «d’une valeur de 995 millions de riyals (265 M USD), permettra d’effectuer 9 millions de tests de dépistage et prévoit (l’envoi de) 500 experts, spécialistes et techniciens pour mener ces tests», en Arabie saoudite.

L’accord porte aussi «sur l’établissement de six grands laboratoires dans différentes régions du royaume, y compris un mobile ayant la capacité de produire 10.000 tests par jour», d’après la même source.

Dimanche, l’Arabie saoudite a assoupli le couvre-feu total de 24 heures mis en place pour contenir la propagation du nouveau coronavirus dans la plupart des régions, et les habitants pourront désormais sortir entre 09H00 et 17H00, selon l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

Mais le couvre-feu de 24 heures sera maintenu dans certaines régions, y compris à La Mecque, la ville sainte de l’islam, qui a vu le plus grand nombre d’infections dans le royaume ces derniers jours.

Les centres commerciaux et les commerces de détail sont en outre autorisés à rouvrir dans toutes les régions jusqu’au 13 mai, a indiqué SPA.

Face à l’épidémie, l’Arabie saoudite a fermé les lieux publics non-essentiels et interdit le petit pèlerinage musulman, la omra, à La Mecque et Médine.

En revanche, les autorités du royaume n’ont pas encore annoncé si le hajj, le grand pèlerinage, prévu cette année fin juillet, serait maintenu. Mais elles ont appelé les fidèles musulmans à suspendre pour le moment leurs préparatifs pour le hajj face aux incertitudes que fait planer la pandémie.

C’est l’un des plus grands rassemblements religieux au monde. L’année dernière, quelque 2,5 millions de fidèles du monde entier ont participé au hajj que tous les musulmans doivent accomplir au moins une fois dans leur vie s’ils le peuvent.

Tamim et MBS en course pour l’organisation des Jeux asiatiques 2030

Doha, capitale du Qatar, et Riyadh, capitale de l’Arabie saoudite, ont soumis des offres officielles pour accueillir les 21es Jeux asiatiques avant la date limite du 22 avril de l’OCA. Le dossier de candidature du Comité National Olympique de chaque pays était accompagné de lettres de soutien de la ville et des gouvernements respectifs.

Le Conseil Olympique d’Asie, COA, a annoncé jeudi qu’il avait reçu deux offres pour accueillir son événement phare, les Jeux asiatiques, en 2030. Il s’agit de deux villes du Golfe, Doha et Riyadh.

Le COA rappelle que contrairement à l’Arabie saoudite qui n’a jamais organisé d’événement multisports asiatique, Doha avait pour sa part accueilli en décembre 2006, les 15èmes Jeux asiatiques.

Le président du Conseil olympique d’Asie, le koweitien Ahmad Al-Fahad Al-Sabah, a déclaré que le COA était ravie de recevoir deux offres solides pour les Jeux asiatiques en 2030.

«Cela démontre la confiance dans le Mouvement olympique en Asie et renforce davantage notre réputation d’accueillir des événements sportifs de classe mondiale et à grande échelle.»

Les 19e Jeux asiatiques auront lieu à Hangzhou, en Chine, en 2022 et la 20e Asiad se tiendra à Aichi-Nagoya, au Japon, en 2026.

«Avec ces deux candidatures pour les Jeux asiatiques de 2030, nous avons maintenant la stabilité et la continuité dans notre mouvement sportif pour la prochaine décennie», a ajouté Sheikh Ahmad.

La désignation de la ville hôte des 21es Jeux asiatiques en 2030 aura lieu à l’occasion de l’Assemblée générale du COA le 29 novembre 2020, en marge des 6es Jeux asiatiques de plage à Sanya, en Chine.

Les Jeux asiatiques ont eu lieu pour la première fois en 1951 à New Delhi, en Inde, bien que les racines de l’événement multisports international du continent remontent au premier championnat d’Extrême-Orient à Manille, aux Philippines, en 1913.

Candidatures sur fond de rivalité régionale

Le 5 juin 2017, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte décrétaient un embargo terrestre, aérien et maritime contre le Qatar. Les quatre pays sous influence de Mohammed ben Zayed accusent Doha de de soutenir des organisations extrémistes et lui reprochent aussi sa proximité avec l’Iran.

Alors que le Qatar et l’Arabie Saoudite montraient fin 2019 des signes de rapprochement, la relation avec les Emirats arabes unis n’a jamais été aussi tendue.

Vidéo : L’Iran lance son premier satellite militaire

L’Iran a annoncé le lancement «avec succès» mercredi d’un premier satellite militaire, deux mois après l’échec de la mise en orbite d’un satellite scientifique et dans un contexte de tensions avec Washington qui perdurent malgré la pandémie de nouveau coronavirus.

L’annonce a été faite par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique qui a salué sur son site internet «une grande réussite et un nouveau développement dans le domaine de l’espace pour l’Iran islamique».

Le satellite, baptisé Nour, a été «lancé avec succès ce matin à partir du lanceur Qassed depuis le désert de Markazi (centre) en Iran”» a indiqué le site Sepahnews, organe des Gardiens.

Le satellite Nour (Lumière en persan) a «orbité autour de la Terre à 425 km», selon la même source.

La télévision d’Etat a diffusé des images de ce qu’elle a présenté comme étant le satellite, monté sur une fusée pour le lancement de mercredi.

Le fuselage de la fusée porte le nom de l’engin, baptisé Qassed (Messager en persan). Et sur un côté on pouvait lire l’inscription: “Gloire à Dieu qui a mis cela à notre disposition”.

Il n’y avait aucun moyen de vérifier de manière indépendante ce lancement.

Disant avoir visité le site de lancement il y a trois semaines, le ministre iranien des Télécommunications Mohammad Javad Azari Jahromi a salué mercredi «une grande réalisation nationale», exprimant ses “sincères félicitations à la force aérospatiale des Gardiens”

https://twitter.com/azarijahromi/status/1252870441770704900

«Ils sont excellents», a-t-il ajouté sur Twitter, en allusion au satellite et au «lanceur à combustible solide à trois étages» utilisé pour l’opération.

Ce lancement survient plus de deux mois après l’échec le 9 février de la mise en orbite d’un satellite d’observation scientifique, baptisé Zafar (Victoire en persan).

Le lancement du Zafar avait été condamné par la France et les Etats-Unis qui ont accusé Téhéran de vouloir renforcer ses compétences dans le domaine des missiles balistiques par le biais du lancement de satellites.

Les Etats-Unis avaient qualifié notamment le tir par Téhéran d’une fusée chargée du lancement d’un satellite en janvier 2019 de «provocation» et de violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Cette résolution appelle l’Iran à «ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des charges nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques».

Affirmant n’avoir aucun projet de se doter de l’arme atomique, Téhéran assure que ses programmes balistique et spatial sont licites et ne violent pas la résolution.

En pleine pandémie

L’hostilité de longue date entre Téhéran et Washington a été exacerbée depuis que Washington a décidé en mai 2018 de dénoncer unilatéralement l’accord international sur le nucléaire iranien (conclu en 2015) et de rétablir des sanctions économiques punitives contre Téhéran.

Les tensions ont atteint un nouveau pic après l’élimination du puissant général iranien Qassem Soleimani, tué dans une frappe de drone américaine à Bagdad le 3 janvier.

Et tout récemment, un nouvel incident a mis face à face le 15 avril l’US Navy et les Gardiens de la Révolution dans les eaux du Golfe.

L’Iran se considère comme le gendarme du Golfe et dénonce la présence militaire occidentale dans ce bras de mer crucial pour l’approvisionnement mondial en pétrole.

L’annonce du lancement du satellite militaire mercredi intervient sur fond de grave crise sanitaire en Iran, pays parmi les plus touchés par la pandémie du nouveau coronavirus.

La République islamique accuse les États-Unis de «terrorisme économique», Téhéran devant faire face à la fois à l’épidémie et aux sanctions américaines qui étouffent son économie depuis leur retour en 2018.

Depuis plusieurs semaines, l’Iran estime que les sanctions américaines contre Téhéran affaiblissent sa capacité à lutter contre la pandémie.

Celles-ci asphyxient financièrement le pays et restreignent ses capacités à emprunter sur le marché international.

Sur le papier, les biens humanitaires (médicaments, équipements médicaux notamment) échappent aux sanctions, mais en réalité, les banques internationales préfèrent généralement refuser une transaction impliquant l’Iran, quel que soit le produit concerné, plutôt que de courir le risque de s’exposer à des représailles des Etats-Unis.

Téhéran a annoncé en mars avoir demandé au Fonds monétaire international (FMI) une ligne de crédit d’urgence pour un montant pouvant s’élever à environ 5 milliards de dollars.

Mais Washington, qui mène une campagne de “pression maximale” contre l’Iran, a indiqué n’avoir aucune intention d’autoriser un tel prêt, accusant Téhéran d’utiliser ses ressources pour financer “le terrorisme à l’étranger”.

L’Iran a enregistré officiellement près de 5.300 morts du nouveau coronavirus et environ 85.000 cas de contamination, soit le bilan le plus lourd du Moyen-Orient.

Certains, à l’étranger comme à l’intérieur du pays, estiment que ces chiffres sont sous-estimés, évoquant quatre à cinq fois plus de morts.