MENA

Liban : des secouristes fouillent les décombres du port de Beyrouth, des responsables arrêtés

A la recherche de survivants sous le regard angoissé de familles de victimes, des secouristes internationaux fouillent vendredi les décombres du port de Beyrouth dont plusieurs responsables ont été arrêtés après la gigantesque explosion qui a fait plus de 150 morts.

Cette déflagration d’une puissance inouïe, la plus dévastatrice vécue par le Liban, a alimenté la colère de la population, qui avait déclenché en octobre 2019 un vaste mouvement de protestation contre la classe dirigeante.

L’indignation est d’autant plus grande que le gouvernement s’est avéré incapable de justifier la présence du nitrate d’ammonium au port “sans mesures de précaution” de l’aveu même du Premier ministre.

Près de l’épicentre de la déflagration, à proximité des silos géants de céréales détruits, les secouristes français, italiens, allemands et autres coordonnent leurs efforts.

«J’attends d’apprendre que tu as été retiré vivant des décombres, habibi (mon chéri)», a écrit sur Twitter Emilie Hasrouty, soeur d’un fonctionnaire du port âgé de 38 ans, porté disparu dans les silos.

«J’ai frappé à toutes les portes pour avoir de tes nouvelles, et maintenant que l’attente est presque terminée, je suis paralysée par la peur», a-t-elle ajouté.

Vendredi matin, quatre corps ont été retrouvés par les secouristes dans le port presque entièrement détruit par la déflagration mardi. Elle fait également plus de 5.000 blessés, des dizaines de disparus et des centaines de milliers de sans-abri dans les quartiers dévastés proches, alimentant la colère de la population contre la classe politique, accusée d’incompétence et de corruption.

L’aide internationale afflue à Beyrouth, où le président français, Emmanuel Macron, s’est rendu jeudi, réclamant une enquête internationale sur cette explosion provoquée selon les autorités par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées depuis six ans 2.700 tonnes de nitrate d’ammonium, une substance chimique hautement inflammable.

Emmanuel Macron a rencontré les responsables libanais, des hommes politiques, parmi lesquels des membres du Hezbollah, et des représentants de la société civile. Il a appelé à un «profond changement» de la part des dirigeants, annonçant qu’il réunirait «dans les tout prochains jours» une conférence d’aide pour le Liban, en plein naufrage économique depuis plusieurs mois.

Un calme angoissant règne dans le port

Depuis l’explosion mardi soir, les familles des disparus se sont précipitées au port pour avoir des nouvelles de leurs proches.

La particularité du drame de Beyrouth? «L’épicentre est à quelques mètres de nous, alors que dans un séisme, il est souvent à plusieurs centaines de mètres sous terre», a déclaré à l’AFP le colonel Vincent Tissier, qui dirige une équipe de 55 membres de la sécurité civile française.

«Les choses s’effondrent en général par couches, par étages. Ici, tout a été pulvérisé».

Des sauveteurs russes, pataugeant dans du maïs, mènent leurs recherches alors que des excavateurs retirent des conteneurs broyés.

Les équipes de la défense civile libanaise observent anxieusement un chien renifleur qui fait le tour d’un cratère creusé sous une grue échouée. Un calme angoissant règne dans le port, seulement rompu par les bruits des machines déblayant l’immense étendue de décombres, des monticules à n’en plus finir de fer tordu et désarticulé.

Hôpital de campagne russe

Dans une capitale aux airs d’apocalypse, alors que les autorités n’ont mis en place aucun dispositif pour aider les citoyens, des centaines de Libanais se sont mobilisés, dans un vaste élan de solidarité, pour poursuivre les opérations de déblaiement ou accueil des sans-abri.

Plusieurs pays parmi lesquels la France ont pour leur part dépêché du matériel médical et sanitaire ainsi que des hôpitaux de campagne. L’Union européenne a débloqué 33 millions d’euros en urgence et l’armée américaine a envoyé trois cargaisons d’eau, de nourriture et de médicaments.

Des aides de l’Iran, des Emirats arabes unis et de l’Arabie saoudite étaient attendues vendredi. Dans l’immense cité sportive de Beyrouth, la Russie a installé un hôpital de campagne, dressant une vingtaine de tentes médicales où les premiers patients ont commencé à arriver, les hôpitaux de la capitale étant saturés.

16 fonctionnaires détenus

Jeudi soir, les forces de l’ordre ont eu recours aux gaz lacrymogènes dans le centre-ville pour disperser des dizaines de manifestants enragé par l’incompétence et la corruption des autorités.

Des appels circulent sur les réseaux sociaux pour une manifestation anti-gouvernementale samedi, sous le thème «Pendez-les».

Les autorités libanaises affirment que l’entrepôt a explosé après un incendie. Autorités du port, services des douanes et certains services de sécurité étaient tous au courant que des matières chimiques dangereuses y étaient entreposées mais ils se sont rejeté mutuellement la responsabilité.

Outre le nitrate d’ammonium, le procureur militaire a évoqué la présence de «matériaux hautement inflammables et des mèches lentes» selon un communiqué.

Seize fonctionnaires du port et des autorités douanières ont été arrêtés et placés en détention dans le cadre de l’enquête.

AFP

Al Hajj maintenu, mais uniquement pour les personnes se trouvant à l’intérieur de l’Arabie Saoudite

L’Arabie saoudite a annoncé lundi le maintien fin juillet du grand pèlerinage de La Mecque, avec un nombre très limité de pèlerins en raison de la pandémie du nouveau coronavirus, selon l’agence de presse officielle SPA.

Seules les personnes de toutes nationalités se trouvant à l’intérieur du royaume saoudien pourront effectuer le hajj, conformément aux mesures de précaution destinées à contenir la propagation du virus, a précisé l’agence.

Jusque-là, Ryad maintenait l’incertitude autour de la tenue de ce pèlerinage, l’un des plus importants rassemblements religieux au monde, qui a attiré 2,5 millions de fidèles musulmans en 2019 selon les chiffres du ministère chargé de l’organiser.

Après avoir pris des mesures strictes de confinement, l’Arabie saoudite a levé cette semaine le couvre-feu en vigueur dans tous le pays.

Dimanche, les mosquées de La Mecque ont ainsi rouvert leurs portes aux fidèles.

L’annonce du maintien du hajj intervient également alors que le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a prévenu lundi que la pandémie “continuait de s’accélérer” dans le monde.

C’est notamment le cas en Arabie saoudite, pays arabe du Golfe le plus touché avec une recrudescence du nombre de contaminations. Les autorités ont officiellement recensé plus 161.000 personnes infectées, dont 1.307 sont décédées.

Avec AFP

Macron accuse Erdogan de mener un «jeu dangereux» en Libye

/

Le président français Emmanuel Macron est monté d’un cran lundi dans l’escalade des tensions avec la Turquie, dénonçant le «jeu dangereux» d’Ankara en Libye dans lequel il voit une nouvelle démonstration de la «mort cérébrale» de l’Otan.

«Je considère aujourd’hui que la Turquie joue en Libye un jeu dangereux et contrevient à tous ses engagements (de non ingérence, ndlr) pris lors de la conférence de Berlin» en janvier, a-t-il lancé à l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien Kais Saied à la présidence française.

«Il en va de l’intérêt de la Libye, de ses voisins, de toute la région mais également de l’Europe», a-t-il insisté, précisant avoir tenu “le même discours” au président américain Donald Trump lors d’un entretien téléphonique lundi après-midi.

Il a appelé à ce «que cessent les ingérences étrangères et les actes unilatéraux de ceux qui prétendent gagner de nouvelles positions à la faveur de la guerre» en Libye.

«Les choses ne peuvent se poursuivre ainsi. La Tunisie est l’un des pays qui en souffrent le plus», a renchéri pour sa part le président tunisien, en référence aux risques de déstabilisation aux portes de son pays. Kais Saied, dont c’était le deuxième voyage à l’étranger, après l’Algérie, depuis son élection en décembre, a mis en garde contre une «partition de la Libye», qui serait «un danger pour toute la région».

Ankara, principal soutien international du GNA

La Turquie est devenue le principal soutien international du gouvernement d’union nationale (GNA) de Tripoli, qui a repris début juin le contrôle de l’ensemble du nord-ouest de la Libye en faisant reculer les forces du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est du pays.

Le ton ne cesse de monter entre Paris et Ankara. La France affirme que la Turquie fournit massivement des armes au GNA en violation d’un embargo des Nations unies. La Turquie accuse de son côté Paris de soutenir le maréchal Haftar, et d’être le «sous-traitant de certains pays de la région» dans la crise libyenne, une allusion aux Emirats et à l’Egypte.

Paris s’est toujours défendue de tout soutien au maréchal Haftar. Lundi, le président français a d’ailleurs pris soin de dénoncer «toutes les incursions», celle de la Turquie qui a envoyé des milliers de combattants syriens, comme celle de la Russie via les mercenaires du groupe Wagner.

Il a pointé toutefois «l’inquiétude légitime du président (égyptien) Sissi lorsqu’il voit des troupes arriver à sa frontière».

Les forces du GNA visent désormais la ville côtière de Syrte (450 km à l’est de Tripoli), verrou stratégique vers l’Est contrôlé par le maréchal Haftar.

Mort cérébrale de l’Otan

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a prévenu samedi que toute avancée des pro-GNA vers Syrte pourrait entraîner une intervention «directe» de son pays dans le conflit. Le GNA, reconnu par l’Onu, a dénoncé pour sa part comme une “déclaration de guerre” les menaces de l’Egypte.

Emmanuel Macron a réitéré au passage sa crainte d’une «mort cérébrale» de l’Otan – comme fin 2019 – en raison des tensions récurrente avec la Turquie, également membre de l’Alliance, et du manque de coordination entre ses membres.

La France avait déjà reproché à la Turquie à l’automne dernier d’avoir lancé une offensive contre des milices kurdes syriennes engagées au côté des Américains et des Européens dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI). Paris accuse cette fois la marine turque d’avoir eu un comportement “extrêmement agressif” à l’encontre d’une de ses frégates en Méditerranée début juin.

«Je considère que c’est une des plus belles démonstrations qui soient» de «cette mort cérébrale», a martelé Emmanuel Macron, jugeant «intolérable» qu’une telle confrontation entre deux membres de l’Otan ait donné lieu à «si peu de dénonciation».

«Tant que nous continuerons, membres de l’Otan, Européens, parties prenantes de ce sujet à être faibles dans nos propos ou à manquer de clarté, nous laisserons le jeu des puissances non coopératives se faire», a-t-il asséné.

La joute verbale entre les deux pays semble ne plus cesser de s’accélérer. Ankara a arrêté quatre de ses ressortissants soupçonnés d’espionnage pour le compte de la France, a rapporté lundi un journal progouvernemental turc. Aucune confirmation de source indépendante n’a pu être obtenue.

Avec AFP

Arabie Saoudite : Pas d’ablutions dans les mosquées

Des fidèles masqués ont afflué dimanche dans les mosquées saoudiennes, qui ont rouvert dans tout le royaume sauf dans la ville sainte de La Mecque, après plus de deux mois de fermeture en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

«J’ai prié, loué soit Dieu, dans la mosquée du quartier et c’était une belle sensation», s’est réjouit un internaute sur Twitter.

En application des strictes règles de distanciation, les fidèles ont dû se plier à certaines consignes comme apporter leur tapis de prière et se tenir à plus de deux mètres les uns des autres.

Ils ont également dû réaliser leurs ablutions –rituel de purification– chez eux, et non dans les mosquées.

«Les croyants se sont précipités dans la maison de Dieu pour accomplir le devoir (de la prière) après la réouverture des mosquées», a déclaré le ministère des Affaires islamiques sur Twitter.

Ce dernier a mis en ligne une vidéo montrant de nombreux fidèles masqués dans une mosquée et tendant la main vers une grande bouteille de gel hydro-alcoolique après la prière.

Les mosquées ont reçu l’ordre d’éviter tout attroupement et de ne pas distribuer de nourriture, boissons, encens et brindilles de «miswak» utilisées pour nettoyer les dents, a ajouté le ministère.

Mais sur les réseaux sociaux, certains se sont plaints que certains fidèles ne respectaient pas strictement les règles.

«Je jure devant Dieu que certaines personnes ne se soucient de rien. Pas de masque facial. Pas de tapis», a témoigné un internaute.

Levée entière des restrictions à partir du 21 juin

L’Arabie saoudite, qui abrite les lieux les plus sacrés de l’Islam, a fermé les mosquées pendant plus de deux mois pour limiter la propagation du virus.

Le royaume, qui a annoncé le plus grand nombre de cas de coronavirus dans le Golfe, sort tout juste d’un couvre-feu total et national qui avait été imposé pendant l’Aïd al-Fitr, la fête musulmane marquant la fin du mois de jeûne du ramadan.

Les vols intérieurs ont également repris dimanche avec une centaine de vols prévus selon les médias d’État.

Le ministère de l’Intérieur a déclaré qu’il commencerait à assouplir les restrictions de manière progressive, avec une levée du couvre-feu dans tout le pays –sauf à La Mecque– entre 6H00 et 20H (heures locales) jusqu’au 20 juin.

À La Mecque, important foyer d’infections, le couvre-feu sera levé entre 6H00 et 15H00 jusqu’au 20 juin, avant d’être réduit de cinq heures supplémentaires.

L’Arabie saoudite a enregistré officiellement plus de 85.000 cas de nouveau coronavirus et 503 décès.

Le royaume a suspendu en mars le petit pèlerinage (“Omra”) à La Mecque qui se pratique toute l’année, par crainte que le virus ne se propage dans les villes saintes de La Mecque et de Médine.

Cette suspension restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre, a déclaré le ministère de l’Intérieur. Les autorités n’ont pas encore annoncé si le hajj, prévu pour la fin juillet, serait maintenu cette année mais elles ont exhorté les musulmans à reporter temporairement leurs préparatifs pour le pèlerinage annuel.

L’année dernière, quelque 2,5 millions de fidèles du monde entier se sont rendus en Arabie pour participer au hajj, pèlerinage que les musulmans sont tenus de réaliser au moins une fois au cours de leur vie s’ils en ont les moyens.

La grande mosquée de La Mecque est presque vide de fidèles depuis le mois de mars, et son esplanade entourant la Kaaba, structure cubique vers laquelle se tournent les musulmans pour prier, n’a jamais connu une affluence aussi réduite.

Seuls les employés de la mosquée et le personnel de sécurité ont été autorisés à y effectuer les cinq prières quotidiennes.

3.000 nouveaux cas du Coronavirus en 24h en Iran, pic inédit depuis deux mois

L’Iran a annoncé lundi près de 3.000 nouvelles contaminations au nouveau coronavirus au cours des dernières 24 heures, soit la plus forte hausse enregistrée depuis deux mois dans le pays.

«Les gens semblent penser que le coronavirus est terminé» mais il est «loin de l’être» et «nous pourrions assister à tout moment à un (autre) pic dangereux», a mis en garde le ministre de la Santé Saïd Namaki, dans une interview télévisée.

D’après le porte-parole du ministère, Kianouche Jahanpour, 2.979 nouveaux cas ont été enregistrés, ce qui porte le bilan total des malades du Covid-19 à 154.445.

Le virus a en outre fait 7.878 morts dans la République islamique, dont 81 ces dernières 24 heures.

Les provinces du Hormozgan (sud), de Kermanshah (ouest) et du Sistan-Balouchistan (sud-est) connaissent actuellement une résurgence d’infections, a indiqué M. Namaki.

La moitié des victimes enregistrées ces dernières 24h ont été localisées dans trois provinces, a-t-il ajouté, sans les nommer.

«Si cela continue, le nombre de morts pourra revenir à trois chiffres.»

Le nombre de nouveaux cas enregistrés en Iran a connu une hausse quasi constante depuis le 2 mai, date à laquelle le pays avait annoncé avoir atteint un plus bas en deux mois.

D’après certains experts étrangers mais aussi plusieurs responsables iraniens, les chiffres du gouvernement sont largement sous-estimés.

Les autorités sanitaires ont à plusieurs reprises alerté sur la situation dans la province du Khouzestan, dans le sud-ouest du pays.

Le Khouzestan reste classé rouge –plus haut niveau de risque selon le code couleur établi par les autorités–, et est la seule province où ont été réimposées des mesures de confinement pour lutter contre l’épidémie.

«Nous avons imploré les gens de ne pas organiser de mariages ou des funérailles mais ils n’ont pas écouté», notamment dans le Khouzestan, a déclaré M. Namaki.

Avec AFP

Reprise des prières collectives dans les mosquées en Iran

Le président iranien Hassan Rohani a annoncé samedi la reprise des prières collectives dans les mosquées de son pays, où l’épidémie de Covid-19 semble repartir à la hausse.

«Il a été décidé d’ouvrir les mosquées dans l’ensemble du pays et non seulement dans les zones blanches, ce qui donne aux croyants la possibilité de faire leurs prières journalières en respectant les règles (d’hygiène) qui s’imposent», a déclaré M. Rohani dans une allocution télévisée, sans donner plus de précisions.

Pays du Moyen-Orient le plus frappé par la pandémie de Covid-19, l’Iran a commencé à alléger en avril les restrictions imposées à la population pour lutter contre la propagation de l’épidémie et a instauré une classification du territoire en zones blanches, jaune orangé et rouges reflétant une plus ou moins grande présence du virus SARS-CoV-2.

Fermées progressivement dans toute la République islamique dans les semaines ayant suivi l’annonce des premiers cas de Covid-19 en février, les mosquées avaient été autorisées à rouvrir leurs portes pendant le ramadan (25 avril au 24 mai), dans les zones blanches, mais uniquement pour des prières individuelles.

Quelques exemptions pour les prières collectives et hors des zones blanches avaient été accordées, notamment pour la fête du Fitr, qui marque la fin du mois du jeûne musulman.

Alors que tous les fonctionnaires iraniens travaillant encore de chez eux étaient censés reprendre physiquement leur poste dans leur administration samedi, Rohani a annoncé la levée des restrictions horaires imposant aux centres commerciaux de fermer à 18h.

Le président iranien a également mis en garde la population contre la tentation de croire que le pays était débarrassé du virus, prévenant que celui-ci était là pour durer.

Il a exhorté la population a respecter scrupuleusement les règles de distanciation sociale.

Selon les derniers chiffres officiels annoncés samedi par le ministère de la Santé, le virus a tué 57 personnes supplémentaires depuis vendredi, ce qui porte à 7.734 morts le bilan de la pandémie en Iran.

Au cours des dernières 24 heures, 2.282 nouvelles contaminations au virus ont été recensées à l’échelle du pays, ce qui porte à 148.950 le nombre de cas officiellement déclarés en Iran depuis février.

Les chiffres officiels témoignent d’une accélération de la propagation de la maladie depuis le début du mois de mai. Vendredi, le nombre de nouveaux cas quotidiens annoncés a atteint un plus haut en près de deux mois, à 2.819 personnes.

Avec AFP

Les Émirats Arabes Unis disloquent le Yémen

Trente ans après l’unification des anciens Etats du Nord et du Sud du Yémen en un seul pays, ce dernier semble sur le point de se disloquer, sous l’effet d’un profond désaccord entre deux alliés de la région l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis.

En 2011, dans le sillage du Printemps arabe, le Yémen qui faisait face à la montée de groupes jihadistes et à de graves difficultés économiques a subit son lot de contestations. En fin politicien, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis la réunification du pays en 1990, laissera sa à Abd Rabbo Mansour Hadi.

Les Houthis, un mouvement rebelle yéménite chiite, concentré dans les montagnes du nord-ouest du pays, à la frontière de l’Arabie saoudite et appuyé par l’Iran, s’engouffrent dans la brèche et prennent la capitale, Sanaa en 2014.

Les rebelles vont prendre le contrôle du palais présidentiel et de la capitale du Yémen, Sanaa. Un coup d’état qui a poussé le gouvernement dirigé par Abdrabbo Hadi, d’abord replié à Aden puis réfugié en Arabie saoudite, à demander l’aide de Riyad, son allié historique.

Mohamed ben Salmane alors fraichement nommé ministre de la défense à l’âge de trente ans et sous influence totale de Mohammed Ben Zayed, prince héritier des EAU, met en place sous son commandement une coalition de pays arabes voisins pour combattre les Houthis et soutenir les forces loyales au Président Hadi.

Le jeune ministre de la défense va déployer des moyens colossaux pour cette guerre par procuration avec l’Iran qu’il pensait finir en quelques semaines. MBS ne réalisait pas qu’il s’était embourbé dans un conflit qui allait éclater le Conseil de coopération du Golfe, épuiser les finances du Royaume et arrêter ses plus grands champs pétroliers.

L’été 2019, éclateront au grand jour les divergences profondes entre les deux principaux alliés de ce conflit, Ryadh et Abu Dhabi. Les forces militaires engagées par les Emirats arabes unis, vont bombarder et tuer pas moins de 40 soldats du gouvernement appuyé par l’Arabie saoudite. Des bombardements qui vont permettre la prise par des séparatistes du palais présidentiel à Aden, capitale provisoire du pays.

Cette bataille d’Aden avait opposé le groupe armé appelé «Cordon de sécurité», financé par Abu Dhabi et les unités loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par Ryadh. Tous sont pourtant théoriquement alliés contre les Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa, au nord.

Cette grave escalade qui a mis à nu la fragilité de l’alliance des deux grands pays du Golfe, a été annonciatrice selon plusieurs observateurs d’un «shift» révélateur des réelles ambitions des EAU au Yémen. Alors que MBS cherchait à se protéger de son ennemi juré l’Iran. MBZ qui entretient de très bonnes relations avec les Ayatollahs, cherche à contrôler le sud du Yémen dans le cadre de son appétence à l’hégémonie et son obsession de vouloir contrôler les principaux chokepoints maritimes de la région.

En fait, Ben Zayed a passé à l’offensive au moment où il s’était rendu compte, que le leader qu’il avait choisi pour diriger l”Arabie Saoudite n’allait pas survivre longtemps à la pression internationale et interne après la multiplication des scandales qui ont détruit la réputation du jeune réformateur de l’Arabie saoudite.

MBZ acte la division du Yémen

Le 22 mai 1990, les dirigeants de la République du Yémen du Nord et du Yémen du Sud annoncent à Sanaa, la capitale, la naissance d’un seul et unique pays dans l’euphorie générale. C’était l’aboutissement du «rêve de toute une génération de Yéménites» , témoigne le politologue Saleh al-Baidhani.

Mais aujourd’hui, ce rêve s’est envolé et le pays est empêtré dans des conflits sans fin, avec une mosaïque de zones rivales.

Sanaa et de larges zones du nord du pays sont désormais entre les mains des rebelles Houthis, tandis que le gouvernement contrôle la zone centrale de Marib et des provinces de l’est.

Le sud-ouest, lui, reste aux mains du général Tarek Saleh, neveu de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, tandis que les séparatistes du Conseil de transition du sud (STC), qui revendiquent l’indépendance du Sud, tiennent la grande ville d’Aden et des pans de cette partie du pays.

Les affrontements entre les séparatistes financés par les Emirats Arabes Unis les forces progouvernementales soutenues par l’Arabie Saoudite ont entériné la fin du Yémen tel qu’il avait été imaginé en 1990.

Interrogé par l’AFP, Ali al-Sarari, conseiller du Premier ministre Maïn Abdelmalek Saïd, ne voit que deux options pour le futur: «un Yémen fragmenté ou un Yémen décentralisé et fédéral» qui naîtrait d’un accord politique.

Lequel paraît pour l’instant illusoire: le conflit au Yémen a fait depuis 2014 des milliers de morts, essentiellement des civils, selon les organisations humanitaires, et le pays est confronté à la pire crise humanitaire au monde d’après l’ONU.

Et avec la proclamation le 26 avril de l’autonomie du Sud par les séparatistes –dont des éléments étaient formés par l’allié de Ryad, les Emirats arabes unis–, la division du Yémen semble actée.

«L’unité du Yémen dans son état actuel n’existe plus», confirme Majed al-Mathhaji, à la tête d’un centre de réflexion à Sanaa. «La guerre a créé une nouvelle réalité sur le terrain.»

1 2 3 41