MENA

Le Conseil des Fatwa des EAU confirme la criminalisation de l’organisation des Frères musulmans et la considère comme une organisation terroriste

Le Conseil des Fatwa des Emirats Arabes Unis réuni ce lundi 23 novembre a soutenu la décision du Comité des grands Oulémas saoudien considérant les Frères musulmans une organisation «terroriste».

Avec WAM

Le Conseil des Fatwa des EAU a annoncé lors da sa réunion régulière qui s’est tenue aujourd’hui par vidéoconférence, son soutien total à la déclaration du Comité des grands Oulémas saoudien, qui fait écho aux précédentes positions des gouvernements des EAU et d’Arabie Saoudite qui considèrent les Frères musulmans comme une organisation terroriste, en raison de leur soutien aux groupes extrémistes violents, de leurs différends avec les dirigeants et de leur désobéissance.

La réunion qui était dirigée par le président du Conseil des Fatwa des EAU, Cheikh Abdallah ben Bayyah a passé en revue la déclaration du Comité des grands Oulémas saoudien, qui affirme que la Charia promeut l’unité et met en garde contre la division et les groupes de voyous.

Le Conseil émirati a également exhorté tous les musulmans à dénoncer les divisions et à éviter de soutenir, de sympathiser et de rejoindre des organisations qui visent à provoquer des divisions, à déclencher des conflits et à verser du sang.

Citant des versets du saint Coran et les paroles et pratiques (Sunna) du prophète Mohamed , le Conseil a affirmé qu’il n’est pas permis de prêter allégeance à une personne autre que le dirigeant, ni à un «émir» .

Bahreïn: décès du Premier ministre, le prince héritier lui succède

Le prince héritier de Bahreïn, Salmane ben Hamad Al-Khalifa, a été nommé Premier ministre mercredi après le décès de son prédécesseur qui avait occupé ce poste depuis l’indépendance de ce petit pays du Golfe en 1971.

Décédé à l’âge de 84 ans, Khalifa ben Salmane Al-Khalifa était le plus ancien Premier ministre du monde. Il était très impopulaire auprès de la communauté chiite du royaume dirigé par une dynastie sunnite et siège de la Ve Flotte américaine.

Selon l’agence de presse officielle bahreïnie BNA, il est mort le matin à l’hôpital Mayo Clinic aux Etats-Unis. Ses funérailles auront lieu après le rapatriement du corps et seront limitées à des proches en raison de l’épidémie du nouveau coronavirus.

Le pays observera un deuil officiel d’une semaine avec les drapeaux mis en berne. Les administrations seront fermées pendant trois jours.

Quelques heures après l’annonce du décès de son oncle, le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa a désigné comme Premier ministre son fils, le prince héritier Salmane, un pragmatique âgé de 51 ans, instruit en Occident et qui a tenté de construire des ponts avec l’opposition, contrairement à son prédécesseur.

Salmane ben Hamad Al-Khalifa, prince héritier, nouveau 1er ministre du Bahreïn

Le prince héritier assumait en fait depuis quelques années les charges du Premier ministre, cheikh Khalifa s’étant progressivement éclipsé avec l’âge.

Loué pour son rôle de premier plan dans l’économie de Bahreïn, cheikh Khalifa a été accusé par ses détracteurs d’incarner la ligne dure du régime en s’opposant à toute réforme politique et en réprimant systématiquement les dissidents.

Grande fermeté

Réputé proche de l’Arabie saoudite, il a adopté la plus grande fermeté contre le mouvement contestataire des chiites qui réclamaient des changements dans le sillage du Printemps arabe de 2011. La répression fut sanglante.

Son départ était réclamé par les manifestants qui avaient occupé la place de la Perle de Manama pendant un mois en février 2011.

Cette place a été rebaptisée par des milliers de manifestants «place Tahrir» -épicentre au Caire de la révolte ayant chassé l’ex-président Hosni Moubarak du pouvoir en 2011, les protestataires réclamant une véritable monarchie constitutionnelle.

Mais le soulèvement a été écrasé mi-mars après l’entrée de troupes du Golfe, notamment saoudiennes, pour protéger des installations vitales.

Pendant de longues années, cheikh Khalifa s’est employé à faire de Bahreïn -qui, contrairement aux autres monarchies du Golfe, n’a que de modestes ressources pétrolières- un centre financier régional.

Il a aussi a renforcé les relations avec les Etats-Unis, auxquels son gouvernement a accordé des facilités militaires au moment de l’indépendance en 1971.

Allié des Etats-Unis

Bahreïn est le siège de la Ve Flotte américaine et abrite aussi une base militaire britannique.

Après l’invasion du Koweït en 1990 par les troupes irakiennes de Saddam Hussein, des manifestations en faveur de la démocratie ont eu lieu à Bahreïn.

En 1992, un Majlis al-Choura, conseil consultatif, est créé. Mais cela n’a pas empêché les troubles antigouvernementaux qui, animés par l’opposition chiite, ont repris en 1994 avec des appels au rétablissement du Parlement élu.

Les troubles ont duré jusqu’en 1999 lorsque cheikh Hamad a accédé au trône et amorcé des réformes qui ont rétabli en 2002 le Parlement élu.

Depuis la contestation de 2011, le royaume est secoué par des troubles sporadiques alimentés, selon les autorités, par “des groupes terroristes violents, liés à l’Iran” chiite, ce que Téhéran dément.

Les principaux mouvements d’opposition ont été dissous et des dizaines de dissidents emprisonnés et déchus de leur nationalité.

Cette répression, dénoncée par des organisations de défense des droits humains, n’a pas mis en péril la relation entre Manama et Washington.

Plusieurs dirigeants de la région ont salué la mémoire de cheikh Khalifa dans des messages de condoléances.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le pays vient de normaliser ses relations avec Manama, a salué sa «contribution pour parvenir à la paix entre les deux pays».

Une société financière émiratie poursuit la compagnie aérienne nationale saoudienne en justice

La Saudia, compagnie aérienne nationale saoudienne, fait face à une plainte devant la Haute Cour de Londres déposée le mois dernier par Alif Segregated Portfolio Company, une société émiratie pour violation présumée des contrats de location de 50 appareils Airbus.

Alif Segregated Portfolio Company, société spécialisée dans la location d’aéronefs conforme à la charia islamique, a déposé une plainte contre le transporteur aérien basé à Djeddah, Saudia. Elle réclame 460 millions de dollars d’impayés, des dommages et intérêts et de frais de maintenance. 

Les deux entités avaient signé un accord en 2015 à l’occasion du Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace (SIAE) de Paris-Le Bourget. Annoncé en grandes pompes par Airbus, ledit accord avait créé l’évènement car il était le plus grand deal aérien scellé via un financement islamique.

Dans le cadre de ce contrat, Alif a acquis à travers sa filiale IAFC, International Airfinance Corporation,  30 A320neo et 20 A330-300, et les a loués à Saudia. Les 50 appareils, qui représentent un tiers de la flotte de Saudia, valaient environ 8,2 milliards de dollars lorsque l’accord a été annoncé.

IAFC finance exclusivement des avions Airbus via des produits islamiques pour ses clients au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, en Ethiopie et en Indonésie.

La société plaignante émiratie reproche à Saudia d’avoir cessé de payer le loyer après avoir cherché à réduire ses paiements et de s’être livrée à «des échanges de moteurs et de pièces non autorisés et non notifiés». 

Quand à la compagnie aérienne Saudia elle a déclaré être «actuellement en pourparlers avec le bailleur pour résoudre les différends contractuels». 

A l’image de tout le secteur qui a été mis à genoux par la pandémie de coronavirus, la compagnie aérienne saoudienne a été obligée de clouer au sol ses appareils depuis le 15 mars 2020. L’Arabie saoudite avait suspendu ses vols et interdit les pèlerinages.

Saudia a redémarré ses vols intérieurs en mai et a récemment repris ses vols internationaux, notamment vers des villes du Moyen-Orient, d’Asie, d’Europe, d’Afrique et des États-Unis. Mais la compagnie ne s’attend pas à ce que les opérations aériennes reviennent à la normale avant la fin de l’année et a suspendu les contrats de plusieurs employés de cabine.

Alors que la concurrente Emirates a reçu une subvention de 2 milliards de dollars du gouvernement aucune décision similaire n’a été communiqué côté saoudien pour soulager la compagnie nationale.

Arabie saoudite: reprise limitée de la Omra

Des fidèles musulmans sont retournés dimanche à La Mecque pour effectuer la Omra, le petit pèlerinage, entouré de strictes mesures de précaution après sept mois d’interruption en raison de la pandémie de Covid-19.

Avec AFP

Par petits groupes encadrés par des soignants veillant au respect du port du masque et des règles de distanciation physique, ces fidèles ont commencé à effectuer le “tawaf”, consistant à faire sept fois le tour de la Kaaba, construction cubique vers laquelle se tournent les musulmans pour prier qui trône au milieu du patio de la Grande mosquée de La Mecque.

La Omra peut être effectué toute l’année contrairement au hajj, limité dans le temps. Il attire annuellement des millions de fidèles venant du monde entier.

En raison de la pandémie, les autorités saoudiennes ont décidé de relancer le petit pèlerinage en trois étapes avec des mesures destinées à empêcher, comme pendant le hajj organisé fin juillet, toute contamination.

Dans un premier temps, seuls 6.000 Saoudiens et résidents étrangers seront autorisés, chaque jour à partir de dimanche, à effectuer ce pèlerinage.

Les 6.000 fidèles seront divisés en 12 groupes pour permettre la fluidité de mouvement et assurer le respect de la distanciation physique lors des circonvolutions autour de la Kaaba, a expliqué le ministre du Hajj et de la Omra, Mohammed Benten la semaine dernière à la télévision saoudienne.

Le 18 octobre, le nombre de fidèles (Saoudiens et résidents étrangers) autorisés à effectuer le petit pèlerinage sera porté à 15.000 par jour et 40.000 autres seront admis dans la Grande mosquée pour les prières quotidiennes.

Les fidèles venant de l’étranger seront eux autorisés à partir du 1er novembre, quand le nombre de pèlerins admis s’élèvera à 20.000 par jour et celui des personnes autorisées à effectuer les prières à 60.000.

Les pays d’origine des pèlerins étrangers seront sélectionnés par le ministère de la Santé sur la base de l’évolution de la pandémie de Covid-19.

Seuls une dizaine de milliers de fidèles résidant en Arabie saoudite ont pu effectuer le hajj cet été contre 2,5 millions de participants venus du monde entier en 2019.

Cette réduction drastique du nombre de pèlerins et les restrictions sanitaires ont permis aux autorités de proclamer qu’il n’y avait eu aucune contamination lors du grand pèlerinage, qui n’a rien rapporté au royaume alors qu’il génère habituellement des milliards de dollars par an.

Arabie Saoudite : En dépit de la répression croissante, des dissidents saoudiens forment un parti d’opposition baptisé «NAAS»

Des dissidents saoudiens exilés dans des pays comme la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont annoncé mercredi le lancement d’un parti d’opposition, la première formation politique du genre sous le règne du roi Salmane.

Avec AFP

L’Arabie saoudite est une monarchie absolue qui ne tolère aucune opposition politique, et la création de ce parti intervient sur fond de répression croissante à l’encontre des dissidents.

Les autorités n’avaient pas réagi dans l’immédiat à la déclaration des dissidents qui a coïncidé avec la célébration du 90e anniversaire de la création du royaume saoudien.

«Nous annonçons la création du Parti de l’assemblée nationale qui vise à instaurer la démocratie comme forme de gouvernement dans le royaume d’Arabie saoudite», ont souligné les dissidents dans un communiqué.

Fondateurs des partis

Le parti est dirigé par le défenseur des droits humains basé à Londres, Yahya Assiri, et compte parmi ses membres l’universitaire Madaoui al-Rachid, le chercheur Saïd ben Nasser al-Ghamdi, le militant Ahmed al-Mshikhs, Abdallah Alaoudh, qui vit aux Etats-Unis et Oman Abdel Aziz, exilé au Canada, ont indiqué à l’AFP des sources proches de la formation.

Cette formation politique ne risque pas de déstabiliser le royaume saoudien mais créé, selon des spécialistes, un nouveau défi aux dirigeants saoudiens, à un membre où le royaume est affecté par la chute des prix du pétrole et s’apprête à accueillir un sommet du G20 en novembre.

Horizon politique bouché

«Nous lançons ce parti à un moment critique pour tenter de sauver notre pays (…), instituer un avenir démocratique et répondre aux aspirations de notre peuple», a déclaré à l’AFP Yahya Assiri qui a le poste de secrétaire général du parti.

M. Assiri, un ancien officier de l’armée de l’air saoudienne, est le fondateur de l’organisation de défense des droits humains ALQST, qui a son siège à Londres.

Dans son communiqué, la nouvelle formation relève que sa naissance intervient au moment où “l’horizon politique est bouché de tous les côtés”.

«Le gouvernement pratique de manière constante la violence et la répression, avec un nombre croissant d’arrestations et d’assassinats, des politiques de plus en plus agressives contre les Etats voisins, des disparitions forcées et des gens poussés à fuir le pays», ajoute le texte.

L’absence d’un système judiciaire indépendant, le contrôle étroit du gouvernement sur les médias locaux et le fait d’empêcher l’opinion publique de s’exprimer sont d’autres facteurs qui ont conduit à la formation du groupe, selon le communiqué.

L’Arabie saoudite fait depuis longtemps l’objet de critiques internationales pour son bilan en matière de droits humains et ces critiques se sont accentuées depuis que Mohammed ben Salmane, qui se présente comme un réformateur, est devenu prince héritier en juin 2017.

Dictature absolue

Le meurtre du journaliste critique du régime Jamal Khashoggi en octobre 2018 au consulat saoudien à Istanbul a terni l’image du royaume et du prince héritier accusé par la Turquie et des défenseurs des droits humains d’être le commanditaire de cet assassinat.

Le prince Mohammed, âgé de 35 ans, a entamé des réformes audacieuses. Il a réduit les pouvoirs de l’establishment religieux autrefois redouté, a levé l’interdiction, unique au monde, faite aux femmes de conduire, a rouvert des cinémas et a autorisé des divertissements mixtes.

Mais les réformes se sont accompagnées du maintien d’une politique de main de fer envers les opposants, selon des membres de la nouvelle formation.

La formation du Parti de l’assemblée nationale était «attendue depuis longtemps», a déclaré M. Alaoudh, dont le père, Salman al-Awda, un religieux, a été arrêté en septembre 2017 et risque la peine de mort.

Elle vise à protéger le royaume contre «les soubresauts et la dictature absolue et à ouvrir la voie à la démocratie», a-t-il déclaré à l’AFP.

«Le parti tend la main à tous ceux qui s’inquiètent de l’avenir du pays et veulent transformer l’instabilité actuelle en stabilité, en justice et en droits, qu’ils appartiennent à la famille royale ou non», a-t-il dit.

Madaoui al-Rachid, qui fait office de porte-parole officiel de la nouvelle formation, a souligné pour sa part que ses fondateurs n’avaient «aucune animosité personnelle à l’égard des membres de la famille royale saoudienne».

Arabie saoudite: La Omra va reprendre progressivement à partir du 4 octobre

La Omra va reprendre progressivement à partir du 4 octobre, a annoncé le ministère saoudien de l’Intérieur, sept mois après sa suspension en raison de la pandémie de coronavirus.

Avec AFP

L’Arabie saoudite avait suspendu «temporairement» début mars la Omra, pèlerinage qui attire chaque année des millions de pèlerins en Arabie saoudite et peut être entrepris tout au long de l’année. Il s’agissait d’une mesure inédite destinée à prévenir la propagation de la maladie Covid-19.

Dans une première étape, «6.000 citoyens (saoudiens) et résidents (étrangers) du royaume seront autorisés chaque jour à faire la Omra, à partir du 4 octobre», indique le ministère dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

Les fidèles venant de l’étranger seront, eux, autorisés à partir du 1er novembre, quand le nombre de pèlerins admis s’élèvera à 20.000 par jour, ajoute le ministère.

La décision de reprendre l’Omra a été prise pour répondre aux vœux «des musulmans du pays et de l’étranger» de pouvoir se rendre dans leurs lieux saints, selon la même source.

La mesure concerne les villes de La Mecque et de Médine, les deux premiers lieux saints de l’islam.

Double effort

Les autorités avaient également décidé de revoir à la baisse le hajj, le grand pèlerinage de La Mecque, qui a eu lieu cette année entre fin juillet et début août.

Seuls une dizaine de milliers de fidèles résidant en Arabie saoudite ont pu l’effectuer, contre quelque 2,5 millions de participants venus du monde entier en 2019.

La décision des autorités saoudiennes risque de priver l’Arabie saoudite d’importants revenus, alors que Ryad espérait pouvoir accueillir tous les ans 30 millions de pèlerins d’ici à 2030.

Les pèlerinages coûtent généralement des milliers de dollars aux fidèles qui économisent souvent pendant des années et doivent s’inscrire sur de longues listes d’attente pour avoir une chance d’y participer.

Les autorités sanitaires ont déclaré qu’aucun cas de coronavirus n’avait été signalé sur les lieux saints pendant le hajj, l’un des cinq piliers de l’islam.

Les pèlerins ont fait le tour de la Kaaba le long de chemins préservant la distance physique. Ils étaient également soumis à des contrôles de température réguliers et tenus de se mettre en quarantaine obligatoire après le rituel.

Le roi Salmane, qui dirige le royaume à 84 ans, a déclaré que la tenue du hajj en pleine pandémie nécessitait «un double effort» de la part des autorités saoudiennes.

Défi logistique

Les pèlerinages du hajj et de la Omra représentent un défi logistique énorme, avec des foules colossales s’entassant dans des lieux saints relativement petits, les rendant vulnérables à la contagion.

Le royaume a cherché à contenir un pic d’infections sur son territoire, avec désormais plus de 330.000 cas – le plus élevé du Golfe – et plus de 4.500 décès. Mais plus de 312.000 personnes infectées sont déclarées guéries à la date de ce mardi.

Le tourisme religieux, qui représente 12 milliards de dollars (10,2 milliards d’euros) chaque année, selon les chiffres du gouvernement, est vital pour les finances saoudiennes dans un contexte de chute des cours du pétrole, dont le royaume est le premier exportateur au monde.

L’Arabie saoudite, qui dépensait naguère sans compter grâce aux revenus de l’or noir, est désormais contrainte à ce qu’une source proche du gouvernement qualifie de “resserrement budgétaire”.

Liban: puissante explosion dans un bâtiment du Hezbollah dans le Sud

Une puissante explosion a secoué mardi un bâtiment du Hezbollah aux abords d’un village du Sud du Liban, provoquant d’épaisses volutes de fumée noire.

Avec AFP

Un habitant du village d’Aïn Qana a évoqué une maison faisant office de «centre du Hezbollah», précisant que des membres du mouvement chiite armé avaient bouclé le secteur.

«Tout le village a été secoué», a-t-il dit, rapportant des dommages matériels dans le périmètre de l’explosion.

Un photographe de l’AFP a constaté qu’un cordon sécuritaire avait été érigé par des membres du Hezbollah.

Selon les «informations préliminaires» de source militaire, il s’agit d’un «site du Hezbollah» où «se trouvaient des munitions».

L’armée a indiqué dans un communiqué avoir dépêché des forces sur les lieux de la déflagration et «amorcé une enquête sur les causes de l’explosion».

Une source proche du parti pro-iranien a évoqué un «accident» et indiqué à l’AFP qu’il s’agissait bien “d’un site du Hezbollah” mais «pas d’un entrepôt» d’armes du parti.

Des médias locaux relatant une version «non officielle du Hezbollah» ont évoqué la présence sur le site de mines et obus datant de la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006, récupérés par des ONG dans les champs voisins en vue de les neutraliser.

Selon l’Agence nationale d’information (ANI), l’explosion, dont les «causes (sont) inconnues, a coïncidé avec le survol de l’aviation ennemie, qui depuis ce matin n’a pas quitté le ciel» de la région où se trouve Aïn Qana, en allusion à Israël.

Le Hezbollah n’a pas encore officiellement commenté l’incident tandis qu’un porte-parole de l’armée israélienne a affirmé à l’AFP «ne pas commenter les informations de médias étrangers».

Dans le sud du Liban, bastion du Hezbollah, des affrontements limités ont opposé ces derniers mois le mouvement chiite au voisin israélien à la frontière.

Poids lourd de la vie politique, représenté au gouvernement et au Parlement libanais, le Hezbollah est militairement engagé aux côtés du régime de Bachar al-Assad dans le conflit en Syrie, où il est régulièrement la cible de frappes israéliennes.

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