Europe - Page 44

Juncker menace Trump de soutenir un « TEXIT »

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Devant l’insistance continue du président des Etats-Unis à vouloir soutenir le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prévenu Donald Trump que s’il «continuait à se réjouir du Brexit, il encouragera l’Ohio et le Texas à quitter les Etats-Unis.»

La menace claire de Jean-Claude Juncker à l’égard de Trump intervient à un moment crucial de l’histoire de l’Union européenne qui vit une véritable déchirure avec la sortie du Royaume-Uni de ses rangs.

Pour Trump, le Brexit va s’avérer être une excellente chose et donne ainsi raison à Londres de vouloir sortir de l’UE, ce à quoi a virulemment rétorqué Juncker qui a averti que s’«il [le président américain] continuait ainsi, je vais encourager l’Ohio et le Texas à quitter les États-Unis».

Lors de son discours au sommet du Parti populaire européen qui se tient à Malte, le président de la Commission, très applaudi par Angela Merkel, a fermement réprimandé Donald Trump, tout en précisant que le Brexit n’était pas synonyme de disparition de l’UE.

LE1

Geert Wilders veut fermer les mosquées, interdire le Coran et traite les marocains de «racailles»

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Sur fond de montée de l’islamophobie dans les Pays-Bas, le parti du politicien d’extrême droite, Geert Wilders, a promis de faire fermer les mosquées et d’interdire le Coran.

La racaille marocaine en Hollande… Bien sûr, ce ne sont pas tous de la racaille, mais il y en a beaucoup, qui rendent nos rues dangereuses, principalement des jeunes, et il faut que ça change. Geert Wilders

Dans un document décrivant son programme électoral pour les élections législatives de mars 2017, le Parti de la Liberté, connu sous son acronyme néerlandais PVV, a déclaré que toutes les mosquées et écoles islamiques devraient fermer et le Coran interdit.

Geert Wilders avait déjà créé la polémique en février dernier lorsqu’il avait lancé une attaque raciste contre les ressortissants marocains en les traitant de «racaille marocaine» dont il a dit vouloir débarrasser le pays pour «le rendre au peuple néerlandais».

Le Parti de la Liberté a également promis de fermer les frontières, interdire la venue de réfugiés en provenance de pays musulmans, fermer les centres d’asile et empêcher les femmes musulmanes de porter le voile en public.

Geert Wilders, qui doit prochainement être jugé pour incitation à la haine raciale, a également déclaré qu’il fera tout son possible pour organiser un référendum sur la sortie des Pays-Bas de l’Union européenne.

De récents sondages ont prédit une flambée des soutiens au PVV, indiquant que ce dernier pourrait gagner jusqu’à 38 sièges (sur 150) au parlement néerlandais. En

L’annonce de ce projet de l’extrême-droite néerlandaise a été faite alors que la crise des réfugiés a conduit à un débat houleux sur la question. Par ailleurs, les attaques contre les centres de réfugiés ont augmenté de façon alarmante.

LE1

L’Union européenne se dote d’un QG militaire central

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Préparé dans le plus grand secret depuis plusieurs mois, le nouveau QG militaire européen mis en place aujourd’hui à Bruxelles par les ministres des Affaires étrangères des 28, est indubitablement la structure embryonnaire d’une future armée de l’Europe pour laquelle Londres a longtemps opposé son veto. Mais avec l’avènement du Brexit, les stratèges du Cabinet de Federica Mogherini -qui a personnellement piloté ce dossier- ont accéléré la sortie de ce projet ambitieux qui viendra contrecarrer les velléités américaines et chinoises en Afrique, en Méditerranée, en Mer Rouge et dans l’Océan indien.

Il y a bien un QG européen qui fonctionne… à Northwood au Royaume-Uni… le QG de l’opération EUNAVFOR Atalanta. Et c’était tout le paradoxe avant la création du QG européen à Bruxelles. Ici le Contre amiral suédois de l’opération Atalanta Jonas Wikström reçoit le chef d’état-major de la marine pakistanaise Muhammad Zakaullah (crédit EUNAVFOR Atalanta)

Les ministres européens des Affaires étrangères ont mis en place ce lundi, à Bruxelles, les mécanismes de base d’un «quartier général» militaire pour l’Union européenne, censé centraliser le commandement de certaines missions extérieures.

Opérationnel dès ce printemps, ce QG aura une capacité militaire de planification et de conduite au sein de l’état-major de l’UE à Bruxelles et qui sera chargé, au niveau stratégique, de la planification et de la conduite opérationnelles de missions militaires à mandat non exécutif, c’est-à-dire non combattant.

Mogherini préparerait dans le grand secret une armée européenne

Ce quartier général embryonnaire concerne trois «missions non exécutives » déployées dans des pays africains qui souhaitent bénéficier du savoir-faire des militaires européens pour mieux former et entraîner leurs soldats.

Selon Federica Mogherini, chef de la Diplomatie européenne, cette unité chapeautera de Bruxelles trois missions de formation de l’UE (quelque 600 soldats), actuellement déployées au Mali, en Somalie et en République centrafricaine, sous la houlette de l’actuel chef d’état-major européen, le général finlandais Esa Pulkkinen.

Plusieurs pays de l’UE, notamment le Royaume-Uni, voient d’un mauvais oeil toute initiative qui pourrait évoquer une armée européenne. Londres a toujours bloqué toute avancée dans ce domaine, au grand dam de pays comme la France et l’Allemagne.

Les trois missions militaires exécutives de l’UE (Sophia contre les passeurs en Méditerranée, Atalante contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique et Althéa en Bosnie-Herzégovine) continueront d’être commandées à partir de QG établis dans les Etats membres.

LE1

Le CETA approuvé par le Parlement européen

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Le Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, s’est prononcé mercredi en faveur de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, le CETA, objet d’une vive contestation.

Avec ce vote favorable, une grande partie du texte devrait très prochainement être appliquée de manière provisoire, le temps qu’il soit ratifié par l’ensemble des parlements nationaux et régionaux de l’UE, ce qui prendra des années.

 

Plusieurs dizaines d’opposants au traité, issus d’ONG ou de partis de gauche, bloquaient, couchés à terre, l’entrée du Parlement mercredi matin.

«Le monde nous regarde», avait prévenu Mme Malmström, commissaire européenne chargée du commerce, fin janvier. «Nous ne pactisons pas avec le diable […]. Nous parlons du Canada, l’un des pays les plus démocratiques du monde!», avait-elle plaidé face à la contestation.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau doit s’exprimer dans l’hémicycle de son pays jeudi, au lendemain du vote, pour souligner «le caractère singulièrement progressiste de l’accord», un «exemple pour les futurs accords commerciaux», selon son cabinet.

Le texte supprime 99 % des droits de douane. Mais il prône également la coopération en matière sociale, sanitaire et environnementale.

L’Accord économique et commercial global (AECG, en anglais CETA) est a priori soutenu par une majorité d’eurodéputés, essentiellement ceux de droite, ainsi que les libéraux et la plupart des socialistes.

Le CETA est «la réponse de l’Europe et du Canada à la politique de Donald Trump», «un modèle pour l’avenir, fondé sur la coopération, les valeurs et les standards communs», a ainsi affirmé mardi l’Allemand Manfred Weber, président du groupe du Parti populaire européen (PPE, droite), le plus important du Parlement.

Les Verts, l’extrême gauche, l’extrême droite et certains socialistes voteront contre. «Il y a à la fois trop d’incertitudes, trop de risques, trop d’insuffisances», résume le socialiste français Emmanuel Maurel.

Accès aux marchés publics canadiens

Grâce au CETA, les entreprises européennes auront désormais accès aux marchés publics canadiens, y compris ceux des villes et des provinces qui gèrent une part importante des dépenses publiques. Une véritable avancée pour les Européens qui avaient, eux, déjà accordé un large accès à leur marché aux compagnies canadiennes.

Des normes européennes préservées

L’accord, qui concerne plus de 500 millions d’Européens et 35 millions de Canadiens, ne modifiera pas les règles européennes sur la sécurité alimentaire ou la protection de l’environnement, assure l’UE.
Il vise au contraire à améliorer la coopération entre les organismes européen et canadien sur ces normes. Les produits canadiens ne pourront donc être importés dans l’Union européenne que s’ils respectent la réglementation de l’UE et le bœuf aux hormones ne sera pas autorisé.

Création d’un tribunal d’arbitrage

Le point le plus sensible porte sur la possibilité donnée à une multinationale investissant à l’étranger de porter plainte contre un Etat qui adopterait une politique publique contraire à ses intérêts, afin de demander réparation.
Un mécanisme qui a permis à Philip Morris d’attaquer l’Uruguay pour sa politique anti-tabac ou au géant minier Oceanagold de poursuivre le Salvador pour lui avoir refusé un permis d’exploitation pour raisons environnementales.
Le CETA créera un tribunal permanent, modernisé par rapport aux autres traités, composé de 15 juges professionnels nommés par l’UE et le Canada. Toutes les auditions seront publiques et il sera possible de faire appel. « Une sorte de Cour publique des investissements qui ouvre la voie à une Cour internationale des investissements », selon un négociateur européen.
Malgré cela, des ONG n’ont pas été convaincues, craignant que ces « pseudo-juges » soient des avocats d’affaires liés à des cabinets privés.
Une fois que les contours de ces tribunaux auront été définitivement arrêtés, la Belgique s’est engagée à saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour vérifier sa conformité avec le droit européen.

Entrée en vigueur progressive

S’il est approuvé par le Parlement européen, une grande partie du traité entrera en vigueur de façon provisoire, essentiellement en ce qui concerne les dispositions relevant de la compétence exclusive de l’UE.
Parmi les chapitres provisoirement exclus, ce fameux tribunal d’arbitrage. En cas de litige avec un Etat, une entreprise devra porter plainte devant la juridiction du pays concerné ou la chambre arbitrale internationale de Paris, par exemple.
Reste un obstacle de taille : pour entrer définitivement en vigueur, le CETA devra être approuvé par les 38 Parlements nationaux et régionaux de l’UE. Une procédure très incertaine qui pourrait prendre des années.

Avec AFP

François Hollande chez les Francs-Maçons : du lobbying pro-Macron ?

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En 300 ans d’existence, c’est la première fois qu’un Président de la République en France effectuera un déplacement dans une obédience maçonnique.

Prévue au cours de la dernière semaine du mois de février, la visite de François Hollande au siège du Grand Orient de France, suscite plusieurs interrogations.

Officiellement, ce déplacement coïncidera avec l’anniversaire du IIIe centenaire de la Franc-Maçonnerie moderne, qui a vu le jour en 1717, et François Hollande tient à célébrer cet événement avec ce mouvement mondial très influent dont plusieurs présidents français successifs ont fait secrètement partie. D’où la question légitime : François Hollande est-il Franc-Maçon ? Rien n’est moins sûr mais ce déplacement prouve le rôle fondamental que joue l’obédience maçonnique dans l’architecture des grandes orientations politiques de plusieurs régimes en Occident, européens plus précisément.

La majorité des gouvernants français sont Francs-Maçons

D’autre part, la France passe par une période trouble de sa vie politique avec la montée des extrémismes de droite, le scandale du #PenelopeGate qui est venu bouleverser la campagne de François Fillon et, bien sûr, le boulevard qui est tracé devant Emmanuel Macron pour accéder à la magistrature suprême dans l’hexagone après l’élimination de Manuel Valls de la course à la présidentielle.

Est-ce que François Hollande compte faire du lobbying en faveur de son ancien protégé ? Tout est possible sachant que le président de la République française n’est pas en odeur de sainteté avec le candidat socialiste Benoît Hamon, et qu’il estime aussi que seul Macron, emmené par la verve de sa jeunesse et de sa modernité, peut battre Marine Le Pen. François Hollande ira certainement en ‘mission’ chez les Francs-Maçons pour pousser vers ce scénario.

Akhannouch lance un ultimatum à l’UE

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Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche s’est fendu d’un communiqué d’un ton acéré, à l’encontre de l’Union Européenne (UE) laquelle a fait preuve d’un manque d’engagement et de transparence quant à l’application des dispositions de l’accord agricole la liant au Maroc.
Ultimatum d’Akhannouch : Application des dispositions de l’accord Agricole ou sinon l’UE assumera de lourdes conséquences au plan socio-économique

“Le Maroc et l’Union Européenne sont liés par un accord agricole dont l’application est effective sur le territoire du Royaume du Maroc, et ce, malgré un épisode judiciaire qui a, en toute logique, confirmé le protocole agricole entre le Maroc et l’Union Européenne”, affirme le ministère dans un communiqué.

“Ainsi, celui-ci doit désormais s’appliquer conformément à l’esprit qui a présidé à sa négociation et sa conclusion”, souligne le communiqué, ajoutant que l’Union Européenne doit assurer le cadre nécessaire pour l’application des dispositions de cet accord dans les meilleures conditions.

La Commission Européenne ainsi que le Conseil Européen ont la responsabilité de neutraliser les tentatives de perturbation par des positions et un discours clairs et cohérents avec des décisions que ces instances ont, elles-mêmes, portées et adoptées, note le ministère.

Le Maroc et l’Union Européenne partagent une riche expérience de coopération, relève la même source, ajoutant que “l’accord agricole et de la pêche en compte parmi les exemples les plus réussis et il est primordial de le préserver au risque de déclencher de lourdes conséquences au plan socioéconomique, dont l’UE assumera l’entière responsabilité”.

Le ministère indique que “toute entrave à l’application de cet accord est une atteinte directe à des milliers d’emplois d’un côté comme de l’autre dans des secteurs extrêmement sensibles ainsi qu’un véritable risque de reprise des flux migratoires que le Maroc, au gré d’un effort soutenu, a réussi à gérer et à contenir”.

Le Maroc a conduit une politique volontariste et fortement engagé dans le secteur agricole pour œuvrer à la stabilité des populations et leur sécurité alimentaire à travers une expérience reconnue au niveau du continent, fait valoir le communiqué, soulignant que le Royaume “reste déterminé à poursuivre cette politique de soutien à l’essor d’une agriculture africaine performante à travers l’assistance technique, l’accès aux engrais et l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire”.

“Les actes visant à dresser des obstacles devant l’entrée des produits marocains sur les marchés européens doivent être sanctionnés et traités avec la plus grande fermeté de la part de notre partenaire européen”, affirme le communiqué, notant que de “telles nuisances mettent en péril un édifice de coopération construit sur de nombreuses années ne laissant de choix au Maroc que de s’en détourner au profit d’une accélération de partenariats initiés dans des pays et régions diverses notamment la Russie, la Chine, l’Inde, le Japon, les pays du Golfe ainsi qu’auprès de nos voisins africains”.

Et de souligner que “l’absence d’un engagement franc de la part de l’UE imposera au Maroc un choix décisif où il sera question de préserver un partenariat économique patiemment entretenu ou de s’en défaire sans retour pour se focaliser sur la construction de nouvelles relations et circuits commerciaux”.

“Le Maroc s’inscrit dans une démarche constructive avec son partenaire historique. Il est, toutefois, nécessaire que l’Union européenne veille à la préservation de ces relations avec un pays qui a démontré sa fiabilité en tant que partenaire et ce, dans un cadre global où les échanges commerciaux dans les secteurs agricole et de la pêche sont une partie d’un tout”, conclut le ministère.

MAP

Les douze commandements de Jacques Attali au futur Président de la République Française

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Longtemps resté en retrait des débats des primaires pour la campagne électorale des présidentielles en France, Jacques Attali, ancien Conseiller de François Mitterrand et président de Positive Planet, s’est fendu d’un long article sur les colonnes du quotidien Le Monde dans lequel il trace une véritable feuille de route à celui qui gagnera la confiance des Français au mois de Mai 2017 et siégera à la magistrature suprême de la République Française. L’importance du document et son timing très sensible ont convaincu la rédaction de Le1 à le reproduire pour ses lecteurs.

Bonne lecture.

Les primaires sont terminées. Les principaux candidats sont en lice. Certains n’iront pas au terme de la campagne. D’autres, peut-être, surgiront encore. Il n’empêche : on n’a pas encore parlé de l’essentiel. Il ne reste que quelques semaines pour que les candidats fassent connaître leur vision du monde, leurs perceptions des menaces qui guettent la France, leurs analyses des atouts du pays, et surtout les grandes lignes de ce qu’ils mettraient en œuvre, s’ils étaient, l’un ou l’autre, élu.

A l’heure où j’écris, presque rien de tout cela n’est disponible. Et pourtant, le monde dans lequel nous entrons n’appelle pas de demi-mesure ; les menaces de guerre sont aujourd’hui immenses ; le terrorisme rode autour de nous ; le spectre de la crise économique n’est pas écarté ; la laïcité n’est plus garantie ; les menaces sur notre environnement s’affirment chaque jour d’avantage. Les progrès de la science bouleversent métiers et modes de vie. En France, en particulier, la situation est fort inquiétante : plus de 20 % des jeunes sont au chômage ; la dette publique atteint 100 % du PIB ; le déficit extérieur est de plus de 8 % du PIB. Trois signes annonciateurs d’un déclin.

Face à tout cela, ceux des grands pays qui ne seront pas dirigés par des gens fermes, ayant une vision claire des réformes nécessaires et urgentes, seront balayés par l’Histoire. Le niveau de vie de leurs habitants s’effondrera ; leur influence dans le monde s’affaiblira.

Le moment est donc venu, en France, d’exiger des candidats à l’élection présidentielle qu’ils s’engagent clairement sur l’essentiel. Notre pays ne peut plus se contenter de petites phrases et de minuscules projets. Il a besoin d’une mise à niveau de l’action publique, digne de ce que font les autres grandes nations ; digne aussi ce que font, avec audace, clairvoyance et succès, dans notre pays, bien des entrepreneurs, des syndicalistes, des professeurs, des chercheurs, des médecins, des ouvriers, des commerçants, des paysans, des soldats et plus généralement tant d’autres entreprenants.

Il nous faut donc un président à la hauteur de nos talents. A la hauteur des talents de la France.

Ce président n’aura pas, et c’est une bonne chose, autant de pouvoir que ses prédécesseurs. Il sera largement dépendant de ce qui se passera dans le monde. Il aura cependant encore un rôle majeur : il devra fixer au pays une orientation, donner un sens à son avenir, lancer les réformes nécessaires, avec une majorité parlementaire et le soutien le plus large possible du pays.

Plusieurs dizaines de milliers de Français, rassemblés sous le nom de « France 2022 », ont élaboré, avec moi, pendant un an, un programme complet et cohérent, regroupant des réformes essentielles et urgentes que ni la droite ni la gauche n’ont osé jusqu’ici mettre en œuvre ou annoncer. Des réformes qui peuvent sauver la France et rendre à ses habitants emploi et prospérité.

Ce programme est réaliste. Sans entrer dans ses détails, ni exiger de chaque candidat en lice qu’il s’engage sur chacune des mesures qu’il contient, je jugerai, nous jugerons, les candidats sur leur capacité à vouloir proposer et mettre en œuvre douze propositions de ce programme, parmi celles qui influeraient le plus sur l’avenir du pays, et dont nous les invitons à venir débattre ouvertement devant tous les Français, pour que chacun se les approprie et, si nécessaire, les améliore..

Les voici :
1. Augmenter massivement les taux d’encadrement dans les écoles maternelles et primaires des quartiers, pour réussir l’intégration dans la République laïque et fraternelle.
2. Créer un revenu universel de formation pour ne laisser aucun chômeur sans formation de haut niveau et rémunérée, aucun jeune sans apprentissage concret et payé, aucun SDF sans offre de réinsertion ; et, pour que, en conséquence, chacun puisse se loger décemment.
3. Faire de la prévention en matière de santé et de respect de soi une priorité absolue, tant dans les régimes de Sécurité sociale qu’à l’école et au travail.
4. Egaliser les conditions de fin de carrière de tous ; en fusionnant les régimes de retraite et en faisant en sorte que le départ à la retraite soit le début d’une deuxième vie active, au service des siens et des autres.
5. Donner à l’armée, à la justice et à la police les moyens d’assurer la sécurité de tous. Le budget total de ces trois fonctions de souveraineté devra atteindre les 3 % du PIB en 2022.
6. Faire basculer vers le carbone l’assiette d’une partie de la fiscalité pesant aujourd’hui sur le travail ; pour faire de la protection des sols, des mers, des sous-sols, un enjeu national prioritaire. ‎
7. Promouvoir fiscalement la création d’entreprises et d’entreprenants, et faire revenir en France les talents partis à l’étranger.
8. Réaffirmer les termes stricts de la laïcité, et l’appliquer à toutes les cultures qui font la France.
9. Ne pas laisser la dette publique dépasser 100 % du PIB et la faire décroître avant 2022.
10. En Europe, promouvoir la mise en place d’une police commune des frontières et d’une défense commune.
11. Faire de la francophonie une institution forte, capable en particulier de participer au développement et au maintien d’un Etat de droit dans les pays du Sahel.
12. Redonner du sens au long terme : en s’engageant à faire en sorte que le président de la République suivant, élu en 2022, le soit pour sept ans non renouvelables ; en réduisant de moitié le nombre de parlementaires ; et en remplaçant le Conseil économique et social par une Chambre des générations futures, chargée de faire entendre la voix des générations suivantes, avec des membres âgés de moins de 30 ans.

Tout cela peut paraître hors de portée. C’est en tout cas très loin des préoccupations de la plupart des acteurs du jeu politique français, et des comédies dérisoires jouées dans une démocratie moribonde. C’est pourtant l’essentiel, pour sortir le pays de la spirale du déclin où il est engagé. A nous, tous ensemble, d’exiger que ces propositions, très concrètes et très réalistes, soient prises au sérieux et que les candidats s’engagent à les mettre en œuvre rapidement après les élections présidentielle et législatives. Pour que la France devienne une société du plein et bon emploi. C’est possible. C’est nécessaire. C’est urgent.
Exigeons-le.

Jacques Attali

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