Diplomatie - Page 39

Aïcha ElBasri: Une enquête sur la visite polémique de Ban Ki-moon s’impose

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Aïcha El Basri
Aïcha ElBasri, Ancienne porte-parole de la Mission de l’Union Africaine et des Nations Unies au Darfour

Ce n’est pas en tant que Secrétaire général de l’ONU que Ban Ki-moon a visité l’Algérie et le front Polisario pour relancer les pourparlers de paix du Sahara, mais en tant que général tout court ; un général déplacé dans des camps ennemis pour mettre le feu à la poudrière.

Il faut dire que depuis les années 1980, aucun des trois Secrétaires généraux des Nations Unies qui l’ont précédé – qu’il s’agisse de Perez de Cuellar, de Boutros Boutros Ghali ou de Kofi Annan – n’a effectué une visite d’une seule partie de ce conflit, à savoir le Front Polisario et l’Algérie. Jamais un chef de la diplomatie onusienne n’a utilisé le terme « occupation » en parlant de terres officiellement désignées par l’ONU de « territoires non autonomes». Jamais un chef de l’ONU ne s’est rendu dans les territoires disputés confiés par le Maroc à la supervision des casques bleus pour y effectuer une visite à Bir Lahlou, une localité d’un « Etat » non reconnu par l’ONU. Si l’on ajoute à cela le signe V de victoire que Ban a affiché lors de la parade militaire organisée par le Polisario, il y a de quoi se poser un tas de questions sur l’objectif de cette visite pour le moins douteuse.

Ce qui renforce les suspicions sur l’intention derrière cette visite c’est que Ban Ki-moon l’inscrit contre l’esprit et la lettre des résolutions du Conseil de Sécurité. Ce dernier exhorte le Secrétaire général à aider le Maroc et le Polisario à parvenir à « une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies. »

Cependant, aussi bien à Alger, dans les camps de Tindouf et les territoires disputés, Ban a agi autrement. Il a fait preuve de partialité en manquant aussi de réitérer la position du Conseil de Sécurité

« demandant à nouveau que soit envisagé l’enregistrement des réfugiés dans les camps de réfugiés de Tindouf. » Il est évident que si son intention avait été d’engager les parties à poursuivre les négociations en vue d’une solution politique, une visite officielle des territoires disputés qui exclut le Maroc n’aurait pas eu lieu. Il aurait tout simplement attendu jusqu’à ce que les conditions d’une visite constructive soient réunies.

Reste à se demander alors pourquoi le chef of l’ONU a bravé l’opposition des autorités marocaines à cette visite qui ne pouvait être que dangereusement biaisée. Les conséquences de ces violations des résolutions du Conseil de Sécurité par le plus haut fonctionnaire des Nations Unies qui a passé plus de neuf ans à la tête de l’Organisation sont graves. Aujourd’hui, les chances de rapprochement des parties au conflit au Sahara semblent s’éloigner. Cette visite a mis la région sur le pied de guerre avec le Polisario menaçant publiquement de reprendre les armes contre le Maroc.

Par conséquent, il convient de demander au Conseil de Sécurité d’ouvrir sans tarder une enquête sur les tenants et aboutissants de cette visite officielle qui risque de déstabiliser le Maroc, la seule nation stable de l’Afrique du Nord qui a échappé aux guerres qui meurtrissent la région, et d’éloigner les chances d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, comme l’exige le Conseil de Sécurité.

Aïcha ElBasri

Maroc, Russie, la feuille de route en marche

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La visite officielle entreprise par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en République fédérale de Russie s’inscrit dans le cadre des relations multilatérales globales qui constituent la trame de la politique étrangère du Royaume du Maroc.

Elle est intervenue à un moment où la Russie cherche à tisser davantage son réseau régional à travers la nécessité de hisser le niveau de coopération avec Rabat à un degré d’échanges dans les secteurs de l’Agriculture, du commerce, du tourisme, du gaz et du pétrole qui seraient à la hauteur du potentiel des deux pays.

La Russie a renforcé ses alliances dans le monde arabo-musulman, et a gagné en influence en Syrie, en Iran, au Liban et en Egypte.

Il était donc important pour le Maroc de multiplier également ses alliances, car aucune amitié ne demeure ni aucune inimité. Ce qui demeure ce sont les intérêts. L’Occident doit assimiler cette nouvelle donne dans ses doctrines, même s’il n’a pas vu d’un bon œil le déplacement royal à Moscou. La visite de Sa Majesté en Russie ne s’est pas faite au détriment des intérêts d’autres pays, mais elle vient renforcer des liens historiques couronnés en 2002 par un partenariat stratégique.

Il est certain que la forte présence chinoise en Afrique, donne de l’appétit à la Russie qui cherchera sans aucun doute à lui damer le pion ou, au moins, à la concurrencer, et cela ne peut se faire qu’à travers le Maroc, le passage obligé vers l’Afrique subsaharienne.

Même sur le plan militaire, les russes sont de plus en plus présents en Mer Méditerranée, et ils ne peuvent davantage déployer cette force que par une coopération étroite avec Rabat qui détient les clés du Détroit de Gibraltar.

La Russie a également besoin des conseils et orientations du souverain, en sa qualité de Amir al-Mouminine, pour comprendre et réguler les phénomènes dits ‘islamistes’, notamment dans la région du Caucase et d’Asie centrale, et les mouvements des ‘djihadistes’ en Syrie, en Irak et au Yémen, et ce grâce à l’expérience marocaine probante dans le domaine de la lutte antiterroriste. D’ailleurs, dans leur Déclaration conjointe, le Maroc et la Russie entendent renforcer leur coopération dans le domaine religieux, y compris à travers l’envoi d’imams marocains en Russie pour l’échange d’expériences, ainsi que la formation d’imams russes dans les établissements marocains d’enseignement religieux.

La machine est désormais en branle : Rabat et Moscou ont décidé de prendre des mesures concrètes pour élargir la coopération dans le domaine de l’agriculture et de la pêche maritime : il s’agit de simplifier au maximum les procédures douanières à travers la mise en place d’un ‘corridor vert’ comme convenu dans la Déclaration conjointe. Et c’est dans ce cadre-là, que le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, Aziz Akhannouch, a rencontré, en milieu de semaine, les exportateurs de fruits et légumes marocains avec, comme point essentiel à l’ordre du jour, la volonté du secteur agricole de mieux adresser le marché russe qui présente de grandes opportunités pour les opérateurs marocains. De son côté, le chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, et le vice-ministre russe de l’industrie et du commerce, Victor Evtohov, ont discuté des moyens de promouvoir les échanges commerciaux entre les deux pays. L’axe Rabat-Moscou a été érigé pour demeurer dans le temps, il appartient donc aux Pouvoirs publics dans les deux pays de l’entretenir et de le développer.

Abdellah El Hattach.

Le Conseil de sécurité dévoile son calendrier pour le Sahara

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Les agendas du mois d’avril 2016 s’annoncent bien remplis pour les 15 membres du Conseil de Sécurité de l’Onu. En effet, le Conseil a validé vendredi soir la déclinaison du  calendrier se ses travaux sur le Sahara marocain. Ainsi, est-il prévu que le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, soumette le vendredi 8 avril, son rapport au Conseil de sécurité, à la lumière de la tournée qu’il a effectuée dans la région au mois de mars, et à l’aune du rapport qui lui a été remis par son envoyé spécial, Christopher Ross.

Une semaine plus tard, soit le 15 avril, ce sera le tour de la composante militaire de la MINURSO de statuer sur la situation du cessez-le-feu. Les discussions des membres du Conseil de sécurité resteront ouvertes, officiellement et officieusement, solennellement et dans les coulisses, via les diplomates ou à travers les lobbyistes et ce, jusqu’au 27 avril, date de l’ouverture des délibérations, phase finale avant le vote d’une nouvelle résolution sur le Sahara qui est attendue avant le 30 avril – fin du mandat de la MINURSO et qui doit être prorogé-, probablement le 28 avril.

Dégel des relations entre l’Algérie et la Mauritanie

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L’Algérie et la Mauritanie ont convenu de normaliser leurs relations après une période de froid qui a duré plusieurs mois. Cette décision est intervenue après l’audience accordée par le président Mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, à Abdelkader Messahel émissaire du président algérien et numéro 2 de la diplomatie algerienne qui lui a remis une missive de Abdelaziz Bouteflika.

Fouad Ali EL Himma reçu par SM le Roi Hamad bin Issa Al Khalifa, Roi du Bahreïn

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Fouad Ali EL Himma a été reçu, le jeudi 31 Mars, par SM Le Roi Hamad bin Issa Al Khalifa, Roi de Bahreïn, à qui il a remis un message écrit de SM le Roi Mohammed VI.

Dans ce message le Souverain met l’accent sur les liens de fraternité qui lie les deux pays et les deux peuples frères et sur les moyens de les renforcer dans tous les domaines. Le message concernait également le développement des événements au niveau international et régional ainsi que les questions d’intérêt commun.

El Himma a transmis au Roi Hamad Al Khalifa les salutations de SM le Roi Mohammed VI et ses souhaits pour le Royaume de Bahreïn et de son peuple de plus de progrès et de prospérité.

Le Conseiller Royal était accompagné du ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Nacer Bourita.

- avec BNA

 

Christopher Ross s’oppose aux thèses séparatistes

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Des sources concordantes  ont indiqué à #LE1 que l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies, Christopher Ross, aurait informé l’Algérie et la direction du Polisario de l’impossibilité d’aller dans la voie de l’indépendance du Sahara ou la création d’un Etat dans la région. Une position qui conforte le Maroc dans sa proposition qui est celle d’une large autonomie sous souveraineté marocaine. D’ailleurs, et pour appuyer cette orientation, plusieurs anciens ambassadeurs américains à Rabat ont insisté, dans une lettre adressée au Secrétaire d’Etat, John Kerry, sur l’impératif d’un «soutien sans équivoque» des Etats-Unis aux relations avec «notre plus ancien allié» (Ndlr le Maroc), suite aux dérapages du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en violation de la neutralité des Nations Unies. D’autre part, le Directeur du Centre international des études sur le terrorisme (ICTS), relevant du prestigieux Think Tank américain “Potomac Institute for Policy Studies”, Yonah Alexander, a indiqué qu’une «solution autre que le Plan d’autonomie prôné par le Maroc est inapplicable » et dangereuse pour toute la région, car le Maroc «a réussi à mettre en place une approche holistique et multidimensionnelle qui s’attaque aux causes profondes favorisant l’émergence du terrorisme et de l’extrémisme violent.»

Plus qu’un simple ”malentendu”, les propos du SG de l’ONU ne sont ”ni justifiables ni effaçables”

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Rabat – Les propos et les actes inadmissibles du Secrétaire Général de l’ONU lors de sa récente tournée régionale ne peuvent être réduits à un simple ”malentendu”, mais ce sont des actes d’une gravité sans précédent, qui ne sont ”ni justifiables, ni effaçables”, a affirmé mardi le Ministère des Affaires étrangères et de la coopération (MAEC), réitérant toutefois la disposition du Maroc à s’engager dans un dialogue responsable, global et constructif au sujet de la crise provoquée par les propos du SG de l’Onu.

Sollicité par différents organes de presse sur les derniers développements de la crise entre le Maroc et le Secrétariat Général de l’ONU, le Porte-parole du MAEC a tenu à souligner que ”contrairement à ce qu’avance le porte-parole du Secrétaire Général, la situation provoquée par les propos et les actes inadmissibles du Secrétaire Général, ne peut se réduire à un simple ‘malentendu’. Il s’agit, en réalité, d’actes d’une gravité sans précédent, qui ne sont ni justifiables ni effaçables”

Avec MAP