Diplomatie - Page 38

Le discours vérité du Roi Mohammed VI au sommet Maroc -CCG

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Le texte intégral du Discours prononcé par SM le Roi Mohammed VI, mercredi 20 avril 2016 à Ryad, à l’occasion du sommet Maroc-CCG:

«Louange à Dieu.
Paix et salut sur le Prophète.
Sa famille et Ses compagnons.
Mes Frères, Vos Majestés, Vos Altesses, Excellences,
Je viens aujourd’hui, le cœur plein d’affection et de fierté, celles-là mêmes que Je ressens chaque fois que je Me rends dans la région du Golfe arabe.
Mais Je voudrais, tout d’abord, exprimer Mes remerciements à notre frère, le Serviteur des deux Saintes Mosquées, le Roi Salmane bin Abdelaziz Al-Saoud, qui a bien voulu accueillir cet important Sommet, ainsi qu’à tous les Chefs d’Etat des pays du Conseil de Coopération du Golfe, qui y participent.
Je tiens également à vous dire combien je suis fier et sensible au soutien matériel et moral que vous apportez au Maroc, dans la réalisation de ses projets de développement et la défense de ses justes causes.
En effet, notre rencontre aujourd’hui traduit la profondeur des liens de fraternité et de considération qui nous unissent, et la solidité des relations de coopération et de solidarité qui existent entre nos pays.
Nonobstant les distances géographiques qui séparent nos pays, nous demeurons unis, grâce à Dieu, par des liens solides, qui ne reposent pas seulement sur la langue, la religion ou la civilisation, mais qui s’appuient également sur un attachement commun aux mêmes valeurs et principes et aux mêmes orientations constructives.
Nous partageons aussi les mêmes défis et faisons face aux mêmes menaces, surtout dans le domaine sécuritaire.
Mais pourquoi ce Sommet, le premier du genre? Et pourquoi aujourd’hui précisément?
Mes frères, Vos Majestés, Vos Altesses,
Nous sommes parvenus, grâce à notre volonté commune, à poser les solides fondations d’un partenariat stratégique, issu d’un processus fructueux de coopération au niveau bilatéral.
En effet, le partenariat entre le Maroc et les pays du Golfe n’est pas le produit d’intérêts conjoncturels ou de calculs éphémères. Il puise plutôt sa force dans la foi sincère en la communauté de destin et la concordance des vues concernant nos causes communes.
Nous nous réunissons donc aujourd’hui pour donner une forte impulsion à ce partenariat, qui a atteint un tel degré de maturité que nous nous devons, désormais, d’en développer le cadre institutionnel et les mécanismes opérationnels.
C’est la meilleure démonstration que l’Action arabe commune ne se réalise pas à coups de réunions et de discours, ni au moyen de Sommets périodiques de forme, ou de résolutions toutes prêtes, mais inapplicables.
En revanche, elle requiert des efforts soutenus et une coopération tangible, ainsi que le renforcement et l’exploitation judicieuse des expériences réussies, dont et au premier chef, l’expérience pionnière du Conseil de Coopération des Etats du Golfe Arabe.
C’est un message d’espoir pour nous-mêmes, et un signal fort pour nos peuples quant à notre capacité à élaborer des projets mobilisateurs communs.
Majestés, Altesses,
Ce Sommet se tient dans une conjoncture délicate. La région arabe vit, en effet, au rythme de tentatives de changement de régimes et de partition des Etats, comme c’est le cas en Syrie, en Irak et en Libye, avec tout ce que cela comporte comme tueries, exodes et expulsions d’enfants de la patrie arabe.
Après ce qui fut présenté comme un printemps arabe qui a occasionné tant de ravages, de désolations et de drames humains, nous voilà vivre aujourd’hui un automne calamiteux, avec le dessein de faire main basse sur les ressources des autres pays arabes et de briser les expériences réussies d’autres Etats, comme le Maroc, en portant atteinte à son modèle national original qui le distingue.
Nous respectons la souveraineté des Etats et respectons leurs choix et leurs orientations, pour établir et développer leurs relations avec les partenaires qu’ils veulent. Nous ne sommes pas ici pour demander, les uns aux autres, des comptes sur nos choix politiques et économiques.
Il y a cependant de nouvelles alliances qui risquent de conduire à des divisions et à une redistribution des cartes dans la région. Ce sont, en réalité, des tentatives visant à susciter la discorde et à créer un nouveau désordre n’épargnant aucun pays, avec des retombées dangereuses sur la région, voire sur l’état du monde.
Pour sa part, tout en restant attaché à la préservation de ses relations stratégiques, le Maroc n’en cherche pas moins, ces derniers mois, à diversifier ses partenariats, tant au niveau géopolitique qu’au plan économique.
Et c’est dans ce cadre que s’inscrit Notre visite réussie en Russie, le mois dernier, visite marquée par le développement de nos relations hissées au niveau de partenariat stratégique approfondi et par la signature d’accords structurants dans de nombreux domaines vitaux.
Nous nous acheminons également vers le lancement de partenariats stratégiques avec l’Inde et la République Populaire de Chine, où Nous nous rendrons en visite officielle bientôt, si Dieu le veut.
Le Maroc est libre dans ses décisions et ses choix et n’est la chasse gardée d’aucun pays. Il restera fidèle à ses engagements à l’égard de ses partenaires, qui ne devraient y voir aucune atteinte à leurs intérêts.
C’est dire que la tenue de ce Sommet n’est dirigée contre personne en particulier, surtout parmi nos alliés. C’est une initiative naturelle et logique de la part d’Etats qui défendent leurs intérêts, comme le font tous les Etats. Il est un fait que nos frères du Golfe supportent le coût et les conséquences des guerres successives que connaît la région.
Majestés, Altesses,
La situation est grave, surtout au regard de la confusion patente dans les prises de position et du double langage dans l’expression de l’amitié et de l’alliance, parallèlement aux tentatives de coups de poignard dans le dos.
Que veulent-ils de nous?
Nous faisons face à des complots visant à porter atteinte à notre sécurité collective. Ceci est clair et n’a pas besoin d’analyse. Ils en veulent à ce qui reste de nos pays, qui ont pu préserver leur sécurité, leur stabilité et la pérennité de leurs régimes politiques.
J’entends par là, les Etats du Golfe arabe, le Maroc et la Jordanie, qui constituent un havre de paix et de sécurité pour leurs citoyens, et un élément de stabilité dans leur environnement.
Nous faisons face aux mêmes dangers, aux mêmes menaces, si variées qu’en soient les sources et les manifestations.
En effet, la défense de notre sécurité n’est pas uniquement un devoir commun, elle est une et indivisible. De fait, le Maroc a toujours considéré que la sécurité et la stabilité des pays du Golfe Arabe sont indissociables de la sécurité du Maroc. Ce qui vous porte préjudice nous affecte aussi et ce qui nous touche vous touche également.
Il s’est toujours attaché à le montrer en tous temps et en toutes circonstances en contrecarrant toutes les menaces auxquelles la région est confrontée, que ce soit lors de la première guerre du Golfe ou à l’occasion de l’opération de restauration de la légalité au Yémen, outre la coopération continue en matière de sécurité et de renseignement.
Mes Frères, Vos Majestés, Vos Altesses,
Les plans d’agression attentatoires à notre stabilité se poursuivent toujours et ne cesseront pas. En effet, après avoir morcelé et détruit nombre de pays du Machreq Arabe, les voilà qui s’en prennent aujourd’hui à son flanc occidental. Le dernier en date concerne les manœuvres orchestrées contre l’intégrité territoriale de votre deuxième pays, le Maroc.
Rien de nouveau, puisque les adversaires du Maroc déploient tous les moyens, directs et indirects, dans leurs menées flagrantes.
Ils tentent, selon les conjonctures, soit de délégitimer la présence du Maroc dans son Sahara, soit d’appuyer l’option de l’indépendance et la thèse séparatiste, ou encore d’affaiblir l’Initiative d’autonomie dont la communauté internationale atteste le sérieux et la crédibilité.
Avec la persistance de ces manigances, le mois d’avril, qui coïncide avec les réunions du Conseil de Sécurité sur l’affaire du Sahara, est devenu un épouvantail qu’on agite à la face du Maroc et, parfois, un moyen de pression ou d’extorsion.
Majestés, Altesses,
Nous saisissons cette occasion pour vous exprimer la fierté et la considération que nous inspire votre soutien constant à notre pays dans la défense de son intégrité territoriale. En effet, les pays du Golfe ont toujours fait leur l’affaire du Sahara marocain et cela ne nous surprend guère de votre part.
Car, déjà, en 1975, ont participé à la Marche Verte lancée à l’époque pour la récupération de nos provinces du Sud, des délégations d’Arabie Saoudite, du Koweït, du Qatar, du Sultanat d’Oman et des Emirats, avec la présence marquante de Notre Frère, Son Altesse Cheikh Mohammed Bin Zayed Al-Nehyane, Prince Héritier d’Abou Dhabi, qui avait 14 ans à l’époque.
Depuis lors, les Etats du Golfe n’ont ménagé aucun effort pour faire triompher notre Cause juste et défendre la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire. Une position que vous avez réaffirmée pendant la dernière crise avec le Secrétaire général des Nations Unies.
Mais cette fois-ci, la situation est grave et inédite dans l’histoire de ce conflit artificiel suscité autour de la marocanité du Sahara.
Les choses en sont arrivées au point d’engager une guerre par procuration où le Secrétaire général des Nations Unies est instrumentalisé pour essayer de porter atteinte aux droits historiques et légitimes du Maroc concernant son Sahara, comme en témoignent les déclarations partiales du responsable onusien et ses agissements inacceptables afférant au Sahara Marocain.
Mais ne vous en étonnez pas car dès lors qu’on connait les raisons, il n’y a plus de mystère. En effet, que peut faire le Secrétaire général alors qu’il admet ne pas avoir une connaissance complète du dossier du Sahara Marocain, comme c’est le cas pour de nombreuses autres affaires? Mieux encore, il ignore le détail des développements et les véritables dessous du dossier.
Par ailleurs, que peut faire le Secrétaire général alors qu’il est l’otage de certains de ses collaborateurs et de ses conseillers, auxquels il délègue la supervision de la gestion de nombre de dossiers importants, en se contentant, lui, d’appliquer les propositions qu’ils lui présentent?
L’on sait aussi que certains parmi ces fonctionnaires ont des parcours nationaux et des backgrounds politiques particuliers, et qu’ils servent les intérêts d’autres parties, sans respect de l’obligation de neutralité et d’objectivité à laquelle ils sont tenus du fait de leur appartenance à l’Organisation des Nations Unies, et qui se trouve être le fondement de l’action onusienne.
En effet, le Secrétaire général, en dépit de l’estime personnelle que Nous lui portons, n’est en définitive qu’un homme. De ce fait, il lui est impossible deºcerner toutes les affaires soumises aux Nations Unies et de trouver les solutions qu’il faut à toutes les crises et à tous les différends qui éclatent dans le monde.
Je tiens ici à souligner que le Maroc n’a aucun problème ni avec les Nations Unies dont il est un membre actif, ni avec le Conseil de Sécurité dont il respecte les membres avec lesquels il interagit en permanence. Le problème est, plutôt, avec le Secrétaire général, et plus particulièrement avec certains parmi ses collaborateurs en raison de leurs positions hostiles au Maroc.
Le Maroc a toujours coordonné, au sujet ce conflit artificiel suscité autour de son intégrité territoriale, avec ses amis traditionnels, comme les Etats Unis d’Amérique, la France et l’Espagne, et avec ses frères arabes, notamment les pays du Golfe, et africains comme le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Gabon.
Mais le problème reste posé avec les responsables des administrations qui changent en permanence dans certains de ces pays.
A chaque changement, il faut déployer de grands efforts pour informer ces responsables du dossier du Sahara Marocain, de toutes ses dimensions et de ses véritables dessous et leur rappeler que ce conflit, qui dure depuis plus de quarante ans, a fait de nombreuses victimes et occasionné d’importants coûts matériels, et que le dossier du Sahara est l’affaire de tous les Marocains, et non seulement celle du Palais Royal.
Majestés, Altesses,
L’heure de la sincérité et de la vérité a sonné. Le monde arabe traverse une période critique car ce que vivent certains pays n’est pas une exception, mais il s’inscrit plutôt dans le cadre de plans programmés qui nous visent tous.
En effet, le terrorisme ne fait pas que nuire à la réputation de l’islam et des musulmans. Certains s’en servent aussi comme un prétexte pour diviser nos pays et pour y semer la zizanie.
Cette situation exige d’ouvrir un débat franc et profond entre les différents rites pour corriger les mystifications, mettre en lumière la véritable image de l’Islam et réactiver les valeurs de tolérance qui sont les nôtres.
Il ne s’agit pas d’une affaire liée à un pays donné, mais bien de notre besoin d’une prise de conscience collective par rapport à ces défis et d’une volonté réelle de renouveler notre pacte stratégique scellé avec nos partenaires selon des termes bien définis devant régir nos relations pour les décennies à venir.
Nous vivons une période charnière entre ce que nous voulons et ce que les autres veulent que nous soyons.
Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de positions unies et claires rassemblant tous les pays arabes. Car, soit nous nous agrégeons les uns aux autres comme une seule entité et à l’image d’une structure bien charpentée, soit nous serons à l’inverse de ce que nous voulons être.
Puisse Dieu guider nos pas dans l’intérêt bien compris de nos peuples et de notre Oumma.
Wassalamou Alaïkoum Warahmatullahi Wabarakatuh.»

AFRICAN LION 2016 Interopérabilité multinationale

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Jusqu’au 28 avril courant, des unités militaires représentant la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, la Mauritanie, les Pays-Bas, l’Espagne, Sénégal, la Tunisie, le Royaume-Uni, le Canada, les États-Unis et le pays hôte participent, dans le sud du Maroc, à divers entraînements tactiques et exercices de poste de commandement dans le cadre de l’exercice AFRICAN LION 2016, avec comme mission “le soutien aux activités d’entrainement mandatées par l’ONU en vue de faire progresser l’interopérabilité multinationale et le renforcement des capacités dans un contexte de soutien de la paix suivant une potentielle crise régionale.”

Contrairement à l’édition 2015, qui a connu un déploiement massif des composantes terre, air et mer, celle de 2016 sera limitée à l’aspect du maintien de l’ordre durant les opérations onusiennes, et c’est en 2017 que des exercices militaires d’envergure auront lieu.

L’exercice AFRICAN LION, le plus vaste exercice multinational sur le continent africain, sollicite la participation de contingents terrestres, aériens et navals. Il vise à mettre à l’épreuve les capacités interarmées, interinstitutions et multinationales des partenaires à mener des opérations de paix et à enrichir les relations militaires dans la région.

Ce type d’entraînement donne aux participants la possibilité de renforcer leur coopération avec des forces multinationales, de consolider leurs capacités de défense, de maintenir une position stratégique et de se préparer à intervenir en cas de crise sur le continent africain.

Dans le cadre de l’exercice AFRICAN LION 2016 se tiendront plusieurs activités, notamment la planification d’intervention en cas de crise et les opérations conformément aux normes de l’ONU relativement aux opérations de paix, comme la protection des civils et la lutte contre la violence et le trafic humain, ainsi que la formation des pays participants à l’entraînement au sujet du droit des conflits armés.

African Lion et le GCTF, des interfaces militaire et politique Maroc-US

Bourita GCTF

Lors d’une réunion du comité de coordination du Forum mondial de lutte contre le terrorisme le GCTF, tenue le 13 avril 2016 à LA Haye, le Maroc a succédé à la Turquie et a rejoint les Pays-Bas – qui ont eux-mêmes remplacé les Etats Unis- en tant que nouveau co-président du forum. Il est a rappeler que les 2 pays coprésidaient auparavant le Groupe de travail des combattants terroristes étrangers au sein du GCTF.

Nasser Bourita, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Royaume, présent à la cérémonie marquant la passation de la co-présidence, a défini trois fondamentaux du plan d’action stratégique de la co-présidence du GCTF pour la période 2016-2018. Il s’agit de la consolidation et l’innovation, l’action au service du résultat et l’ouverture dans la cohésion portant notamment sur le renforcement de la coordination entre les membres des GCTF, ses institutions spécialisées, les Nations Unies et les organisations régionales et sous régionales.

Aujourd’hui, African Lion et GCTF sont des interfaces militaires et politiques, entres autres, permettant aux États-Unis et au Maroc de coordonner leurs actions pour la sécurité dans la région. Désigné comme un allié majeur hors-OTAN, le Maroc est le premier pays du Maghreb à être un membre de la coalition américaine anti-Daech.

Durant le sommet des dirigeants des États-Unis-Afrique en Août 2014, les deux pays avaient signé un cadre de coopération sur la formation pour les services de sécurité civile ” afin de développer une expertise mutuelle dans les domaines de la gestion des crises, la sécurité aux frontières et enquêtes sur le terrorisme pour renforcer les capacités de lutte contre le terrorisme régional et à stopper l’expansion des terroristes et des réseaux terroristes ”

 

LE1.

Arrivée de Sa Majesté le Roi à Ryad pour prendre part au Sommet Maroc-Pays du Golfe

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Sa Majesté le Roi Mohammed VI, accompagné du Prince Moulay Rachid, est arrivé, dans la nuit de mardi à mercredi à Ryad, en Arabie Saoudite, pour prendre part au Sommet Maroc-CCG.

Le souverain a été accueilli par le Prince Fayçal Ben Bandar Ben Abdulaziz Al Saoud, Gouverneur de la région de Ryad.
Le Roi Mohammed VI est accompagné, lors de cette visite, d’une importante délégation composée notamment des Conseillers du souverain, Taieb Fassi Fihri, Fouad Ali El Himma, Yassir Zenagui et Abdeltif Menouni, du chargé de mission au Cabinet Royal, Mohamed Kettani, du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar et du ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Nasser Bourita.
Premier du genre, le Sommet Maroc-CCG, compte insuffler une nouvelle dynamique au partenariat stratégique et multidimensionnel entre le Maroc et le Conseil de Coopération des pays du Golfe arabe.
Il sera également une occasion de concertation et de coordination des positions pour faire face aux défis et menaces qui guettent la région arabe, d’échange de vues concernant les questions régionales et internationales d’intérêt commun et l’élaboration de positions communes à ce sujet, notamment dans ce contexte régional et international délicat.
– Avec MAP.

Présence du Roi Mohammed VI au 1er Sommet Maroc-CCG

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Le Roi Mohammed VI entamera, mercredi, une tournée dans les pays du Conseil de la Coopération du Golfe (CCG). Selon un communiqué cette du Cabinet royal, cetttz tournée sera marquée par la participation du souverain, à Ryad, au premier Sommet Maroc-CCG qui donnera une nouvelle impulsion aux relations stratégiques, fraternelles et amicales entre les deux parties. La visite royale, sera également l’occasion de discuter des défis qu’affronte la région ainsi que d’échanger sur les sujets d’intérêt commun.

Consolider la coopération islamique face aux défis qui la menacent

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Dans Son discours adressé à la 13ème Conférence au Sommet des pays de l’Organisation de la Coopération Islamique, tenue jeudi dernier à Istanbul, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a appelé les pays musulmans à mettre en œuvre des stratégies et des programmes de réforme appropriés pour transcender ce que le souverain a appelé «une conjoncture délicate » marquée par la montée, ces dernières années, dans les sociétés occidentales, de courants hostiles à l’Islam et de la culture de la peur, de la méfiance et de la haine à l’égard des minorités musulmanes. Pour ce faire, Sa Majesté le Roi a exhorté les pays de l’OCI à établir et mettre en œuvre les stratégies et les programmes de réforme appropriés, dans le plein respect des spécificités nationales et sur les bases de solidarité et de coopération au sein de l’espace régional et au niveau international.

Le Sommet, qui a rassemblé les Chefs d’Etat, de gouvernement, et des représentants de 56 pays musulmans, avait comme objectif de trouver des solutions tangibles aux graves problématiques auxquelles fait face cette communauté de pays liée par l’Islam, notamment dans une conjoncture des plus tendues et sensibles dans l’histoire de l’OCI, avec des guerres, ravages, troubles sanglants en Irak, en Syrie, au Yémen, en Egypte, entre autre contrées vivant dans l’instabilité et dont les populations cherchent des réponses concrètes et immédiates à leurs problématiques.

Ce qui confère une importance accrue à ces interrogations, ce sont les tentatives de certaines parties, ici et là, visant à exploiter cette situation précaire pour attiser les velléités séparatistes, ou redessiner la carte du monde islamique. Ces tentatives reposent sur des bases faisant l’impasse sur l’Histoire et les identités, reniant les particularismes et les attributs spécifiques. Elles traduisent des visées d’immixtion dans le destin des nations et de mise en danger de la sécurité et la stabilité mondiales.

La Turquie, hôte du Sommet, a multiplié les efforts et les contacts pour rapprocher les points de vue des différents belligérants et acteurs directs et indirects des conflits qui rongent plus d’une dizaine de pays musulmans, et Sa Majesté, dans son appel, a exhorté les pays l’OCI, en tant que force et regroupement «quasi-mondial» comptant plus d’un milliard de musulmans, à accroître cette force et à réussir à exploiter les opportunités de complémentarité offertes et à tirer profit de l’histoire commune et des expériences de ses composantes, pour sortir avec des recommandations efficaces et réalisables, fustigeant au passage les tentatives de certaines parties, visant à exploiter cette situation précaire pour attiser les velléités séparatistes, ou redessiner la carte du monde islamique. Le souverain a mis l’accent sur la nécessité d’intensifier la coopération Sud-Sud, fondée sur la confiance, le réalisme et les intérêts mutuels, et l’élargissement de son champ entre les membres de l’OCI, notamment par le partage des expériences dans tous les domaines, dans le but de rehausser les capacités productives de tous les pays et de consolider leurs économies respectives en vue d’assurer les conditions d’une vie digne et de répandre le bien-être au profit des peuples islamiques.

Si l’objectif du sommet est de chercher des solutions aux dangers auxquels fait face le monde islamique, le président Turc s’est, lui, trouvé dans une véritable impasse diplomatique, en cherchant, non sans grande difficulté, à concilier des points de vue parfois diamétralement opposés comme ceux de l’Iran et de l’Arabie saoudite, du Qatar et de l’Egypte, entre autres positions polarisées qui ont entravé la possibilité d’entrouvrir une quelconque réconciliation. D’où l’appel à l’Iran d’éviter de s’immiscer et d’interférer dans les affaires intérieures des Etats musulmans de la région, y compris la Syrie et le Yémen.

Pendant ce temps-là, le discours de Sa Majesté, juste et consensuel, n’a pas versé dans la partialité, mais en Sa qualité de Amir al-Mouminine et de président du Comité Al-Qods,le souverain a réitéré la mobilisation du Maroc, de son Roi, de son gouvernement et de son peuple, pour défendre Al-Qods et la Palestine avec les différents moyens politiques, juridiques et pratiques disponibles.

Et loin des querelles bilatérales sans lendemain, le discours de Sa Majesté prônait une vision plus globale et de rassemblement et ce, en appelant  les pays musulmans à poursuivre avec la même détermination la mobilisation pour porter secours à Al-Qods et la préserver de la politique de judaïsation systématique qui s’y pratique quotidiennement sur le terrain et accompagner les priorités et besoins des habitants de la Ville Sainte.

Toufiq : l’Islam a depuis ses débuts émergé comme religion et Etat

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Imarat Al‐Mouminine constitue un système politico‐religieux qui puise sa légitimité du fait que l’islam a depuis ses débuts émergé comme religion et Etat

Devant un parterre de diplomates étrangers représentant les missions diplomatiques internationales accréditées à Rabat, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a affirmé que la gestion du champ religieux au Maroc est confiée à l’institution de la ‘Commanderie des croyants’ portée par le Roi Mohammed VI, en vertu du contrat d’allégeance qui constitue «un système politico-religieux qui puise sa légitimité du fait que l’islam a, depuis ses débuts, émergé comme religion et Etat.» Le ministre a également expliqué que le Roi Mohammed VI qui est à la fois chef spirituel et temporel du Royaume du Maroc, veille à «la préservation des cinq droits fondamentaux qui sont la foi, la vie, l’ordre public, la propriété et l’honneur», notant que l’article 41 de la Constitution stipule que la religion fait partie des prérogatives d’Amir Al-Mouminine du fait du consensus de la Oumma autour de sa personne.»

Le Royaume s’appuie en cela notamment sur le dogme Achaarite qui définit la foi selon une acception assez large, et le rite Malékite qui offre de riches outils méthodologiques de jurisprudence. A ce propos, Ahmed Toufiq a expliqué que les Marocains ont développé une thèse intégrée issue de leurs traditions dans la pratique du culte et l’interprétation de la religion, ce qui a permis de considérer que « la Commanderie des croyants comme l’unique système politico-religieux accepté par la conscience islamique, chose qui est concrétisée chez nous au Maroc.» Le Maroc, a-t-il poursuivi, a développé les fondamentaux de sa politique religieuse en harmonie avec ses choix politiques, économiques, institutionnels et des droits de l’Homme, sans contradiction aucune avec les principes fondamentaux de la religion.

Ahmed Toufiq, qui animait une conférence organisée aujourd’hui à Rabat par la Fondation diplomatique en présence de représentants du corps diplomatique accrédité à Raba, a évoqué plusieurs questions liées à la chose religieuse au Maroc, notamment la longue histoire de la cohabitation avec les minorités et de tolérance du Royaume, l’organisation de l’émission des fatwas, les attributions du Conseil supérieur des Ouléma et des conseils locaux des Ouléma, l’enseignement religieux originel et les efforts du Maroc dans la formation et l’encadrement des imams de plusieurs pays africains frères.

Le ministre des Habous et des Affaires islamiques avait, la semaine écoulée, présidé l’ouverture d’une rencontre tenue sous le thème “Production d’un discours différent pour faire face aux idéologies extrémistes”, organisée par l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates et l’Université euro-méditerranéenne en Slovénie, en présence du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Slovénie, Karl Erjavec.

 

LE1.

Sa Majesté le Roi a eu un long entretien téléphonique avec le Président Russe

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Selon un communiqué du Cabinet royal repris par l’agence MAP, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a eu un entretien téléphonique avec Son Excellence Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie. Cet entretien intervient un mois après la visite historique du souverain en Russie durant laquelle a été entériné par un accord de Partenariat Stratégique Approfondi entre Rabat et Moscou axé sur plusieurs volets : politique, économique, culturel, militaire, agricole et sécuritaire.

Sur le volet agricole, un ‘corridor vert’ a été mis en place entre les deux pays pour fluidifier les échanges sans trop de contraintes douanières. Sur le plan sécuritaire, un protocole d’accord a été paraphé afin de renforcer la coopération bilatérale dans la lutte conte le terrorisme et les divers trafics illicites. L’entretien téléphonique intervient aussi à quelques jours d’un important vote du Conseil de Sécurité de l’Onu sur le Sahara, Conseil dont Moscou est membre permanent.

Driss Benaissa