fbpx

Le Porte-parole d’Akhannouch : Captieux et Ganache

On peut faire pire que Abayba, faire du Baitas. La malhonnêteté politico-intellectuelle de ce dernier, entretenue par l’obédience aveugle à son maître Aziz Akhannouch, a atteint des sommets. Dans son dernier point de presse, pour justifier les gabegies de Fatim-Zahra Ammor, la pourrie gâtée du gouvernement, Baitas a sous-entendu qu’il ne s’agissait «que d’un don de l’AFD», la ministre peut donc en faire ce qu’elle veut. Circulez y’a rien à voir!

Avec seulement 1,1% de croissance pour l’année en cours et un gouvernement impuissant et incompétant, le Maroc n’est pas à l’abris d’une grave crise économique. Les échos qui viennent des pays voisins sont inquiétants. Il n’y a qu’à suivre le débat sur les menaces de faillite de l’Egypte, lancé cette semaine par Al-Sissi, secoué par le dernier rapport de la Banque Mondiale et du cas du Sri Lanka. Pourtant L’Égypte annonce une croissance de plus 5% en 2022.

Il est urgent de mettre hors d’état de nuire la clique d’amateurs qui gangrènent le gouvernement. Le temps n’est pas à l’amateurisme, il est au jihad économique.

«Quand la médiocrité règne, l’incompétence est une règle, la roublardise une culture», telle est la devise du gouvernement Akhannouch. Entre la cherté de la vie, la passivité de l’excutif, la gabegie des ministres et des élus et l’absurdité de la communication du gouvernement, les marocains ne savent plus où donner la tête.

Cette semaine, le gouvernement s’est surpassé. Tout le monde a entendu Akhannouch scandé au parlement «Simo, Simo, Simo ..» sans que ce Simo daigne l’écouter. – Nota Bene : Simo n’est autre que Mohamed Ghayat, ancien DRH de La Samir, qui pantoufle au parlement, le temps qu’Akhannouch remette la main sur la raffinerie-.

Tout le monde a vu et entendu le Chef du Gouvernement se donner à la délation, accusant son complice dans la libéralisation des hydrocarbures, celui qui lui a permis de doubler sa fortune, Abdelilah Benkirane, d’être à l’origine des flambées des prix.

Tout le monde a vu et entendu également, le SG du PAM et ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, plaidoyer au parlement contre la lutte contre la corruption des élus.

Par contre, peu de marocains ont vu ou entendu le porte-parole du gouvernement mentir sur le prix de la tomate, donner le feu vert à l’augmentation de 30% du prix de l’huile de tournesol et justifier le népotisme et la gabegie de la ministre du tourisme pretextant l’origine de l’argent utilisé, à savoir l’Agence Française de Développement.

Dans un cynisme funeste, la déclartion de Baitas, ce jeudi, au sujet du prix de l’huile de tournosole a été suivi instantanément par l’augmentation de son prix : de 18 à 26 dirhams le litre. «Le prix de l’huile n’a pas augmenté depuis des mois. Les prix des huiles sont liés à la qualité et les produits qu’elles contiennent» a-t-il déclaré, quelques heures seulement avant que le prix des bidons d’huile de 5 litres dans les supermarchés est passé à 130 dirhams.

Au sujet de la polémique de la sous-traitance de l’élaboration d’une loi à deux cabinets conseil dont l’un est celui d’un ancien membre du bureau politique du RNI, Hassan Belkhayat, le porte-parole du gouvernement a fait une déclaration qui a choqué les journalistes présents au point de presse.

Après avoir débité les élèments de langage de la communication de crise: respect des procédures, appel d’offre, bla bla bla, il a clairement sous-entendu que l’argent qui sera versé à ces prestataires, n’est pas du budget de l’Etat mais rien qu’un don de l’Agence Française de Développement. Fatim-Zahra Ammor, la BFF d’Aakhannouch, pouvait donc, selon l’argumentaire de Baitas, en disposer comme elle veut.

Quand le Président de la CGEM utilise du financement de l’Union européenne pour promouvoir sa nièce et son mari, et quand la ministre du Tourisme exploite celui de l’AFD pour arroser ses amis et les consultants proches du parti, c’est la crédibilité du Royaume face aux bailleurs de fonds internationaux qui est menacée.

« Je pense que le point faible de M. Aziz Akhannouch, c’est qu’il s’est entouré, peut-être de n’importe qui, de personnes comme Ammor et comme Baitas. Ce dernier qui, comme on me l’a rapporté, pratiquait jusqu’à récemment, pour arrondir ses fins de mois du racolage avec ses collègues enseignants dans un taxi clandestin dans la commune Assbouya à Sidi Ifni» a écrit le journaliste Mustafa Elfanne sur sa page Facebook.

Le directeur de publication de Anfas a écrit pour sa part : «Dans la perpective d’un remaniement ministériel, Akhannouch est appelé à revoir l’éducation de ses ministres défaillants (losers)».

L’économiste, Philippe Hugon a écrit : «La fragilité renvoie à la faillite des États quant à leurs fonctions régaliennes (finances, sécurité, éducation, santé), aux défauts de légitimité des pouvoirs, à la remise en question du vouloir vivre ensemble». La fragilité est incarnée dans notre contexte par l’incompétence du gouvernement Akhannouch et les menaces alimentaires et énergétiques causées par les bouleversements de l’ordre mondial catalysés par la guerre en Ukraine.

L’amateurisme fait perdre du temps préciseux au Maroc. Le caractère brouillon et improvisé de la politique économique et énergétique gouvernementale menace la solvabilité de l’État.

Les marocains ne croient plus en Akhannouch, il impératif de leur redonner confiance mais également une perspective. C’est l’absence de récit, de courage et de cohérence qui font les jacqueries et les frondes.

Maroc : l’inflation atteint 5,3 % son plus haut niveau depuis plus de 26 ans

Dissimulé dans le dernier paragraphe du communiqué du HCP, l’inflation au Maroc a atteint un niveau jamais vu depuis plus de 26 ans, à savoir 5,3 % en mars par rapport au même mois de l’année précédente, en raison de la montée en flèche des coûts de l’énergie et des denrées alimentaires.

Dans une dépêche MAP au titre rassurant «Hausse de 1,8% des prix à la consommation en mars» se cache une information de taille : l’inflation au Maroc a atteint le niveau record de 5,3 % son plus haut niveau depuis plus de 26 ans.

Il s’agit des derniers chiffres du Haut Commissariat au Plan sur l’indice des prix à la consommation. Le HCP explique ce niveau historique d’inflation par la hausse de l’indice des produits alimentaires de 9,1% et de celui des produits non alimentaires de 2,8%. Des chiffres qui viennent démentir les messages rassurants du Chef du gouvernement lors de sa dernière sortie au parlement où il a accusé les députés de l’opposition d’exagérer les prix de certaines denrées alimentaires.

Statistic: Morocco: Inflation rate from 1986 to 2026 (compared to the previous year) | Statista
Find more statistics at Statista

Le HCP précise également que pour les produits non alimentaires, les variations sur un an glissant vont d’une stagnation pour la «santé» et la «communication» à une hausse de 7,6% pour le «Transport».

Les hausses des produits alimentaires observées entre février et mars 2022 concernent principalement :

  • Les “Légumes” + 13,8%,
  • les “Poissons et fruits de mer” + 6,2%,
  • les “Fruits” + 5,2%,
  • les “Viandes” + 3,5%,
  • le “Lait, fromage et œufs” + 2,1%,
  • le “Pain et céréales” avec 1,9% les “Huiles et graisses” + 1,2%,
  • “Eaux minérales, boissons rafraichissantes, jus de fruits et de légumes” -0,2%

Pour les produits non alimentaires, la hausse a concerné principalement les prix des “Carburants” avec + 8,0%.

Par villes, les hausses de l’IPC ont été enregistrées à :

  1. Errachidia + 2,8%,
  2. Beni- Mellal + 2,5%,
  3. Settat et Al-hoceima + 2,4%,
  4. Fès, Tétouan et Safi + 2,3%,
  5. Meknès, Tanger et Laâyoune avec 2,1%,
  6. Kénitra et Oujda + 1,9%,
  7. Casablanca + 1,7%,
  8. Dakhla + 1,6%,
  9. Marrakech + 1,4%,
  10. Agadir et Rabat + 1,2%,
  11. Guelmim + 0,7%.

Le danger d’un tel niveau d’inflation est qu’il ne soit pas tiré par une économie forte, ni par une tension sur le marché du travail. Le Maroc ne dépassera pas les 1,1% de croissance en 2022 et l’économie continue à détruire des emplois.

En raison de la passivité et l’impuissance du gouvernement Akhannouch face aux défis géostratégiques, le Maroc s’engouffre jour après jour dans une crise à ne plus finir.

L’inflation américaine atteint 8,5 % son plus haut niveau depuis plus de 40 ans.

//

L’inflation aux États-Unis a atteint un niveau jamais vu depuis plus de 40 ans, à savoir 8,5 % en mars par rapport au même mois de l’année précédente, en raison de la montée en flèche des coûts de l’énergie et des denrées alimentaires, des contraintes d’approvisionnement et de la forte demande des consommateurs.

Le département du travail américain a indiqué mardi que l’indice des prix à la consommation aux États-unis – qui mesure ce que les consommateurs paient pour les biens et les services – a augmenté le mois dernier à son rythme annuel le plus rapide depuis décembre 1981, contre un taux annuel de 7,9 % en février. La hausse des prix a été implacable, avec six mois consécutifs d’inflation supérieure à 6 %, ce qui dépasse largement l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné une flambée des prix du pétrole et de l’essence en mars. Les prix de l’énergie ont augmenté de 11 % en mars par rapport au mois précédent, selon le ministère. Les prix des produits alimentaires se sont accélérés en mars, augmentant de 1,5 % par rapport au mois précédent, tandis que la hausse des coûts des repas au restaurant s’est modérée.

Approvisionnement, Ukraine et Covid en Chine

«Nous observons une forte dynamique d’inflation dans tous les domaines, tant pour les biens que pour les services», a déclaré au Wall Street Journal Blerina Uruci, économiste américaine chez T. Rowe Price Group Inc. Uruci a souligné que les contraintes de la chaîne d’approvisionnement continuent de pousser les prix à la hausse, à l’exception d’un allègement des coûts pour les voitures d’occasion.

«Pour moi, c’est un voyant rouge», affirme l’économiste. «L’autre voyant rouge est l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la montée du Covid en Chine. Ceux-ci posent des risques que la soi-disant normalisation des chaînes d’approvisionnement prenne plus de temps à se concrétiser.»

Le voyage et l’automobile en constante hausse

Les tarifs des compagnies aériennes ont bondi de 10,7 % en mars par rapport à février, s’accélérant au fur et à mesure que la demande de voyages se rétablissait après la dernière vague de Covid-19. Les prix des voyages aériens étaient 23,6 % plus élevés qu’il y a un an.

Le rebond de la demande de voyages, de restaurants et d’autres services à la suite de la diminution des cas de Covid-19 est également à l’origine de la hausse des prix, et pourrait s’amplifier à mesure que les vacances d’été stimulent les dépenses de loisirs. Une hausse constante des coûts du logement, qui représentent près d’un tiers de l’IPC, ajoute également à la pression inflationniste.

Les prix de l’automobile, qui ont alimenté une grande partie de la poussée inflationniste, ont diminué en mars. Les prix des véhicules d’occasion ont baissé de 3,8 % le mois dernier par rapport à février, mais ils étaient encore en hausse de 35,3 % par rapport à l’année précédente. Les prix des véhicules neufs ont ralenti sur une base mensuelle, augmentant de 0,2 % en mars par rapport au mois précédent. Toutefois, l’augmentation de 12,5 % sur 12 mois a été la plus forte depuis 1975.

Tensions sur le marché du travail

La persistance de la hausse des prix intervient alors que l’économie américaine est forte et que le marché du travail reste tendu. Les employeurs américains ont créé 431 000 emplois en mars, soit le 11e mois consécutif où les gains sont supérieurs à 400 000, ce qui constitue la plus longue période depuis le début des statistiques en 1939.

Les taux d’inflation élevés et en hausse ont accru la pression sur la Fed pour qu’elle continue à relever les taux d’intérêt cette année afin de réduire les pressions sur les prix. La banque centrale a relevé son taux de référence en mars pour la première fois depuis 2018.

Avec une forte croissance de l’emploi et une inflation bien supérieure à l’objectif de la Fed, de nombreux responsables de la Fed ont indiqué qu’ils pourraient soutenir une hausse des taux d’un demi-point de pourcentage – au lieu du traditionnel quart de point – lors de leur prochaine réunion début mai.

Énergie et denrées alimentaires

Les prix de l’énergie ont grimpé en flèche début mars, l’invasion de l’Ukraine par la Russie ayant fait grimper les prix du pétrole brut. Bien que les prix de l’essence aient légèrement baissé ces dernières semaines, ils restent proches des records.

L’inflation des denrées alimentaires fait également grimper la facture d’épicerie des consommateurs. En mars, les prix de la viande aux États-unis ont augmenté de 14,8 % par rapport à l’année précédente, les hot-dogs et les viandes à déjeuner ayant connu la hausse la plus rapide depuis 1979. Les prix des céréales pour petit-déjeuner ont augmenté de 9,2 % l’année dernière, soit la plus forte hausse depuis 1989. La crise ukrainienne risque d’accentuer la pression au cours des prochains mois en raison des perturbations de la production mondiale de blé et d’engrais.

Le poids de la hausse des prix pourrait déclencher un repli de la consommation, a déclaré Richard F. Moody, économiste en chef de Regions Financial Corp. Les dépenses de consommation ont ralenti en février, augmentant de 0,2 % par rapport à janvier, mais elles restent fortes, avec une hausse de 13,7 % par rapport au même mois en 2021.

«Il y a un élément de choc des prix lorsque les gens font le plein ou vont à l’épicerie. Les ménages à revenus faibles et moyens doivent déjà faire des choix sur ce qu’ils achètent parce qu’ils doivent payer beaucoup plus pour la nourriture et l’énergie», a déclaré Richard Moody.

Source WJS

«MEDI 1» : Hassan Khiyar a loupé le coche pour construire un groupe audiovisuel digne de ce nom

/

Douze ans après sa nomination à la tête de Medi 1, le bilan de Hassan Khiyar est décevant. En plus des audiences en constante dégringolade, l’ancien administrateur d’Alstom Maroc n’a pas préservé la valeur et l’aura de la marque qui, naguère dominait l’information et l’influence dans tout le Maghreb.

Rien ne va plus dans le groupe audiovisuel dirigé depuis 2010 par Hassan Khyar. Les chiffres des audiences parlent d’eux-mêmes : 2,9 % pour la chaine télé Medi1 TV et moins de 6,5% pour l’emblématique radio «Medi 1».

La première radio du Maghreb est devenue l’ombre d’elle même et le projet de chaine de télévision panafricaine est un cuisant échec. Pourtant, Hassan Khiyar, un dirigeant rompu à la culture du résultat et à la valeur du travail avait tout pour réussir. En plus d’un appui institutionnel prestigieux, il avait entre les mains une marque historiquement influente et forte et tenait les rênes de la régie publicitaire, Régie 3.

Les quatre péchés capitaux de Hassan Khyar

La bonne volonté, la capacité de travail et la discrétion dont fait preuve M. Khyar ne lui ont pas suffit pour réussir sa mission de transformer le groupe Medi 1. Ses choix éditoriaux marketing et sa gestion des ressources humaines ont plombé tous ses efforts. Si à la radio, le lobby français a réussi à prendre le dessus, se laissant grignoter jour après jour ses parts de marchés par ses concurrentes locales, la télé quand à elle se retrouve à date d’aujourd’hui sans identité et sans âme.

1. Stratégie multimarques défaillante

Hassan Khyar a probablement été influencé par son confrère Khalil Hachimi Idrissi quand à sa stratégie de marque. Pourtant, contrairement au patron de la MAP qui avait hérité d’un branding désuet, le PDG de Medi 1 se reposait sur une marque puissante qu’il devait la porter encore plus haut.

M. Khyar ne s’est contenté de la marque Medi 1 TV, il en a ajouté M Télévision, M Afrique, M Maghreb, M Arabic, Medi1news, Medi1podcast. En six années, la valeur de la marque s’est effritée et le stock de l’audience hérité de Abbas Azzouzi s’est fondu. D’aucuns aujourd’hui ne peut définir l’audience de la chaine.

2. Digital abandonné en cours de route

Du temps de Azzouzi et durant les premières années du règne de Khyar, Medi1 TV s’est distinguée par une stratégie et une présence digitales agressives au point de faire trembler Soread 2M.

Du jour au lendemain, la chaine décide de lever le pied et de tourner le dos à ce qui constituait sa particularité et sa différenciation vis-à-vis sa concurrence locale.

3. Ligne éditoriale : incolore et indolore

Hassan Khyar a finit par rendre la ligne éditorial de Medi 1 à son image : pas de vague, pas de prise risque et pas de coups d’éclats. Le PDG vit avec cette hantise de recevoir des coups de fils inquisiteurs concernant une phrase ou un sujet traité par ses journalistes. Résultat, point de coup de fils, point d’identité et encore moins d’audience.

4. Gestion des ressources humaines : le talent d’Achille de M. Khyar

De part le fait qu’elle soit née d’une JV entre Rabat et Paris et d’avoir été longtemps sous l’emprise d’un seul homme, feu Pierre Casalta , Medi 1 est une organisation complexe. Son dirigeant se voit donc dans l’obligation de cultiver la coopération entre les divers fonctions et corps de métiers du groupe audiovisuel pour atteindre l’excellence opérationnelle.

Cette dynamique attendue de la part de Hassan Khyar n’a pas été au rendez-vous, principalement en raison de ses difficultés relationnelles. Lesquelles difficultés ont fait émerger d’autres problématiques : le manque d’innovation et de créativité et l’impact négatif renvoyé sur le collectif, avec des conséquences directes en termes de confiance, de satisfaction et d’engagement.

«En manque d’idées novatrices et surtout de sens journalistique, le PDG a fait le vide autour de lui» écrit Maghreb Intelligence.

La même source rappelle également le triste bilan RH de M. Khyar : «une série de licenciements de journalistes et de techniciens de la chaîne et de multiples bras de fer avec les syndicats».

Fin de mandat

«D’après plusieurs observateurs le mandat de Hassan Khiyar à la tête de Medi 1 TV arriverait bientôt à son terme», révèle Maghreb Intelligence.

Un départ prévisible depuis l’annonce en mai 2021 par le ministre de la communication de l’époque Othman El Ferdaous de la prise du contrôle par la SNRT de la Soread et de Medi1TV, donnant naissance à un pôle audiovisuel public.

Une décision salvatrice qui devrait permettre au Maroc de mutualiser les ressources et les efforts pour faire émerger un paysage audiovisuel que mérite tous les marocains.

Décrédibilisé, Akhannouch cède sa place à Bourita pour rassurer les acteurs économiques

/

Fait inédit dans l’histoire du Maroc moderne. Le Chef de la diplomatie se réunit avec les acteurs économiques du pays pour les écouter, les rassurer et leur proposer des solutions pour faire face à la conjoncture actuelle! Discrédit total du Chef de gouvernement Aziz Akhannouch devenu en seulement 6 mois partie intégrante de la crise sociale-économique sévère dont fait face le Royaume.

C’est une dépêche de la MAP qui restera gravée dans l’histoire du pays. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger, Nasser Bourita, et la ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, ont présidé, jeudi à Rabat, une réunion de travail avec :

  • Bank Al-Maghrib,
  • Tamwilcom,
  • Office des Changes
  • Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM)
  • Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM)

L’objet de cette réunion de Nasser Bourita avec les représentants du secteur privé et financier du pays, comme l’a défini la dépêche de la MAP est de :

  1. Prendre connaissance de la situation économique et financière nationale,
  2. Examiner les impacts potentiels de la crise ukrainienne sur l’économie marocaine,
  3. Proposer des solutions aux opérateurs économiques pour faire face à la conjoncture actuelle.

Le tact et la rigueur de Nasser Bourita ont été déterminant dans la réussite de cette concertation avec un écosystème économique et financier qui navigue à vue en raison de l’inertie et la torpeur du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch. D’autant plus que ce dernier est un acteur économique majeur du Maroc et pas n’importe lequel. Il est le premier fournisseur des hydrocarbures du pays, secteur sous tension depuis des mois et source des risques d’inflations et de baisse de pouvoir d’achat des marocains. Il est de facto un boulet à tout dialogue gouvernemental avec le tissu économique, car il en sera juge et partie.

La communication maitrisée de Nasser Bourita et sa crédibilité auprès des citoyens ainsi que le sérieux de Nadia Fettah ont rassuré les opérateurs économiques qui ont demandé à ce que ce cadre de concertation soit maintenu. A ce titre, Bourita s’est engagé pour en apporter l’appui du ministère des Affaires étrangères de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger.

Décisions actées

Eu égard aux résultats favorables réalisés dans le cadre de la mise en œuvre des programmes d’appui au financement des entreprises, notamment les dispositifs covid-19, et afin de renforcer l’appui au financement du cycle d’exploitation et la relance de l’investissement des entreprises, il a été décidé à l’issue de cette rencontre de relever les plafonds de garantie au titre de l’offre classique «Tamwilcom» afin d’augmenter le potentiel d’offre de crédits de trésorerie et de rééchelonner les crédits «Oxygène et relance» pour une durée pouvant atteindre 3 ans.

Après la suspension de Visa et Mastercard, la Russie switch au système chinois UnionPay, le deuxième plus grand réseau mondial de cartes de crédit

//

Après la suspension des activités de Visa et Mastercard, les banques russes ont déclaré qu’elles envisageaient désormais d’émettre des cartes utilisant le système chinois UnionPay, deuxième plus grand réseau mondial de cartes de crédit et celui qui connaît la plus forte croissance.

Plusieurs banques russes ont déclaré dimanche qu’elles commenceraient bientôt à émettre des cartes utilisant le système de l’opérateur de cartes chinois UnionPay couplé au réseau Mir propre à la Russie, après que Visa et MasterCard ont déclaré qu’ils suspendaient leurs opérations en Russie.

La Sberbank, première banque russe à tomber sous le coup des sanctions occidentales, a déclaré qu’elle étudiait la possibilité d’émettre des cartes co-brandées Mir-UnionPay. «Nous vous informerons ultérieurement du calendrier d’émission.» a souligné le communiqué.

Pendant ce temps, Alfa Bank, deuxième banque russe, a déclaré qu’elle «travaille déjà au lancement de cartes sur UnionPay, le système de paiement national chinois».

Selon les agences de presse russes, la Rosbank, la Tinkoff Bank et la Credit Bank of Moscow (MKB) travaillent également au lancement de cartes UnionPay.

Le réseau chinois UnionPay s’est récemment étendu à 180 pays, dont les États-Unis, le Canada et l’Union européenne.

Visa et Mastercard suspendent leurs activités en Russie

«Notant la nature sans précédent du conflit actuel et l’environnement économique incertain», Mastercard a déclaré avoir «décidé de suspendre les services de notre réseau en Russie».

De son côté, Visa a déclaré qu’à «compter d’aujourd’hui» (samedi), elle allait «travailler avec ses clients et partenaires en Russie pour cesser toutes les transactions Visa au cours des prochains jours.»

Selon la Maison Blanche, le président américain Joe Biden, lors d’une conversation avec Volodymyr Zelenskyy, a salué les décisions de Visa et Mastercard de suspendre leurs services en Russie.

«Le président Biden a souligné les actions en cours entreprises par les États-Unis, leurs alliés et partenaires, et le secteur privé pour augmenter les coûts de l’agression de Russie en Ukraine. Il a salué en particulier la décision prise par Visa et Mastercard de suspendre leurs services en Russie», a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

L’inflation espagnole atteint son plus haut niveau depuis 33 ans en raison de la flambée des prix de l’électricité

///

Les prix à la consommation espagnols ont augmenté bien au-delà des attentes en février et ont atteint le niveau le plus élevé depuis trois décennies, soit 7,4 % en glissement annuel, contre 6,1 % en janvier, selon les données rapides de l’Institut national de la statistique (INE) lundi.

Reuters

Les augmentations soutenues des prix des aliments et des boissons non alcoolisées ainsi que des coûts des carburants ont porté l’inflation à son point le plus élevé depuis juillet 1989, a indiqué l’Institut national de la statistique d’Espagne, l’INE.

La hausse des prix «est principalement due aux prix de l’énergie et au fait que nous comparons à un mois plat l’année dernière», a déclaré la ministre de l’Économie espagnole Nadia Calvino dans une interview à la station de radio Cadena SER lundi.

Les analystes interrogés par Reuters s’attendaient à ce que les prix à la consommation sur 12 mois augmentent de 6,8 % en février.

Les poussées d’inflation en Espagne et dans d’autres pays de la zone euro mettent la pression sur la Banque centrale européenne pour qu’elle modifie sa politique monétaire, commence à supprimer progressivement son programme d’achat d’obligations et augmente les taux d’intérêt.

L’inflation sur 12 mois en Espagne atteint 7,4 % en février, le taux le plus élevé depuis 1989.

L’indice des prix à la consommation harmonisé de l’UE pour l’Espagne a augmenté de 7,5 % au cours de la période de 12 mois se terminant en février, soit une hausse plus rapide que les 6,8 % attendus par les analystes interrogés par Reuters et que les 6,2 % enregistrés en janvier.

L’inflation de base, qui exclut les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, s’est établie à 3,0 % en glissement annuel, contre 2,4 % en janvier, atteignant son taux le plus élevé depuis la crise financière de 2008.

La ministre de l’Économie espagnole Nadia Calvino a prévenu que l’invasion de l’Ukraine par la Russie jeudi dernier pourrait maintenir l’inflation à un niveau élevé dans la région à l’avenir, car elle a déclenché des hausses des prix du pétrole et du gaz.

«L’évolution des prix est le principal aspect que cette guerre peut avoir d’un point de vue économique», a déclaré Nadia Calvino. Elle a appelé à une réponse européenne commune pour minimiser l’impact sur la croissance économique.

Hausse des prix : Les épiciers dénoncent les «magouilles» des distributeurs d’Unilever

/

Dans une vidéo vue par 1,6 million de marocains, un épicier de la ville d’Agadir lance une alerte sur des pratiques douteuses des vendeurs et distributeurs de la multinationale Unilever. Un coup de sang qui vient alimenter la grogne populaire naissante contre la hausse des prix des denrées alimentaires et des hydrocarbures.

ll ne manquait plus que les multinationales, leurs vendeurs et leurs distributeurs de contribuer par leurs pratiques douteuses et leur manque de transparence à la hausse des prix, menaçant par ricochet le pouvoir d’achat des marocains et accentuant leur précarité.

Cette une vidéo cumulant plus de 1,6 million de fois, 14.000 partages, 1.500 commentaires et 48.000 interactions qui va lancer l’alerte. Elle a été postée le 17 février courant par un épicier de la ville d’Agadir sur la page Facebook de l’Association Agadir des commerçants de denrées alimentaires de détail.

«Nous voulons que cette vidéo arrive à cette société», entame le membre de l’association pointant du doigt un détergeant de la multinationale Unilever.

«Le vendeur nous annonce un prix pour le détergent et quand les camions nous livrent ils nous présentent systématiquement des tarifs plus élevés inscrits au stylo sur les factures», a-t-il dénoncé.

«Cela dure depuis longtemps (…) l’attitude du distributeur n’a qu’une seule explication et on va être directes : il y a des magouilles et nous nous en payons le prix. Réglez vos problèmes entre vous» poursuit notre épicier.

Et d’ajouter :« Il n’y a plus de confiance entre les épiciers et cette société (ndlr, Unilever/OMO)».

A la lecture des commentaires, outre l’expression du mécontentement général contre la hausse des prix, il en sort que le distributeur applique des hausses non contractuelles d’environ 3% sur certains produits d’unilever sans aucun contrôle de celle-ci. Une anarchie qui accentue davantage le sentiment ambiant de cherté de la vie et de baisse du pouvoir d’achat au Maroc.

Unilever et les pouvoirs publics doivent prendre très au sérieux ces alertes émanant d’une population fragile menacée par la précarité et la pauvreté.

FC Media rafle à Mediarep l’Appel d’offre d’affichage urbain de la SNRT

/

Finalement, c’est sur les panneaux de FC Media, que la SNRT diffusera ses publicités pour l’année en cours. Le leader national de l’affichage a remporté ce marché à l’issue d’un appel d’offre auquel a soumissionné un concurrent unique, Mediarep, une régie publicitaire fondée par l’actuelle ambassadrice du Royaume en Norvège, Nabila Freidji. L’offre financière du soumissionnaire retenu s’élève à 14.447.400 dhs, alors que le marché était estimé à 15.600.000 dhs TTC.

Dans le cadre du renforcement du lien entre sa marque et son audience et de sa relation de proximité avec celle-ci, la SNRT a lancé, le 8 décembre 2021, un appel d’offre pour choisir son partenaire pour l’affichage urbain 4X3 pour l’année 2022 dont le coût des prestations a été estimé à 15.600.000,00 dhs TTC.

L’avis de cet appel d’offre publié sur les quotidiens, Assahra Almaghribiya et Le Matin, a suscité l’intérêt de deux sociétés spécialisées de la place, FC Media, détenue par Mohamed Mounir Majidi, et Mediarep cofondée par l’actuelle ambassadrice du Royaume en Norvège, Nabila Freidji.

A l’examen des offres techniques et financières, le maître d’ouvrage de la SNRT représentée par la Direction Marketing et Programmation TV, a éliminé la soumission de Mediarep et a retenu celle de FC Media qui en plus d’une offre technique plus étoffée a présenté la meilleure offre financière arrêtée à 14.447.400,00 dhs.

Extrait du PV de l’AO 51AOM/SNRT/2021

Grâce à une présence sur tout le territoire marocain, FC Media est devenu un acteur national incontournable de l’affichage et le mobilier urbains. La société couvre également les univers aéroportuaire, ferroviaire, autoroutes ainsi que les centres commerciaux et centres de loisirs.

FC Media a étoffé son offre avec de nouveaux panneaux numériques de grande qualité qui lui ont permis de se démarquer davantage de ses concurrents. En effet, en plus de la diffusion d’un contenu plus attractif, plus agréable et plus riche, ces nouveaux supports digitaux ont permis à FC Media de proposer à ses clients une offre premium unique sur le marché. Une offre qui de surcroît permet une meilleure facturation. Un panneau numérique serait facturé, au prix facial de 1 à 1,5 millions de dirhams, soit 3 à 4 fois le tarif d’un panneau classique.

Ce marché de la SNRT remporté par FC Media, est un événement majeur du secteur publicitaire. Après deux années de vaches maigres durant lesquelles les annonceurs ont drastiquement réduit et souvent annulé leurs budgets de communication et de publicité, cet investissement de presque 15 millions de dirhams représente l’espoir d’un appel d’air que pourrait suivre d’autres opérateurs publics et privés.

L’attente est très forte des sociétés d’affichages et régies publicitaires, des agences de communications mais également des médias, sauvagement concurrencés par les GAFA. Une attente qui est entrain de muer à de la panique avec les perspectives économiques désastreuses qui se dessinent, résultat de la conjugaison de facteurs aggravants qui sont la sécheresse, la pandémie, l’inflation et l’instabilité géopolitique.

La guerre de tranchées continue entre Youness Moujahid et Khalil Hachimi Idrissi

/

La nouvelle est tombée ce mercredi et c’est une première. Le Conseil National de la Presse présidé par Youness Moujahid retire la carte de presse à Khalil Hachimi Idrissi, directeur général de l’agence officielle MAP, pour une durée d’une année. Maghreb Intelligence qui a rapporté l’information en exclusivité, qualifie cette décision de «séisme dans le milieu médiatique et de la presse au Maroc». Si la motivation officielle de ce verdict inédit du CNP est le contenu jugé diffamatoire d’un livre édité par la MAP, la réalité des faits est plus complexe. Il s’agit d’un nouvel épisode d’une «guerre de tranchées» entre les deux rivaux de la presse nationale, Youness Moujahid et Khalil Hachimi Idrissi.

Préparez votre bol de popcorn, le récit est autant croustillant que désolant!

Juin 2018, à l’occasion de la constitution du Conseil National de la Presse, une lutte d’influence entre le clan Youness Moujahid et celui de Khalil Hachimi Idrissi éclate au grand jour.

Acte 1 : Constitution du CNP

Le DG de la MAP soutenu par la majorité de ses journalistes, par Nourredine Miftah, Président de la FMEJ et par Ali Bouzerda et Abdessamad Bencherif, respectivement têtes de listes candidates «Le Changement» et «Fidélité et responsabilité», a vigoureusement accusé le SNPM, représenté par le duo Abdallah Bakkali et Youness Moujahid, de verrouiller les élections du CNP en faveur de la liste que soutient le syndicat, à savoir celle de Hamid Saâdni «Liberté, probité et professionnalisme».

Khalil Hachimi Idrissi va pousser ses journalistes de la MAP à déposer plainte en référé auprès du tribunal administratif de Rabat afin d’invalider l’opération d’élection des membres du Conseil national de la presse. Une plainte qui sera rejeté par le tribunal qui s’est déclaré incompétent. Débouté également en appel, le clan MAP décide de boycotter ces élections.

Les protagonistes vont continuer à se harponner par communiqués interposés, même après l’annonce des résultats en faveur de la seule liste en course, celle de Hamid Saâdni qui comprend tous les ténors du Syndicat de la presse.

Acte 2 : Élections des instances du CNP

Le jeudi 4 octobre 2018, la veille des élections des instances du CNP, Khalil Hachimi Idrissi publie l’un de ses communiqués les plus virulents contre des confrères. Il décrit le binôme Younes Moujahid et Abdallah Bekkali «d’individus disqualifiés moralement et discrédités sur le plan déontologique». Encore plus grave, il les met dans le même sac que les membres de la Fédération Internationale des Journalistes en les accusant d’être «au service d’un agenda «étranger» !

«Ces individus ont toujours été au service d’un agenda étranger» a écrit le DG de la MAP dans son communiqué. 

L’offensive à l’arme lourde de Khalil Hachimi Idrissi n’a pas eu l’effet escompté. Le lendemain, soit le vendredi 05 octobre 2018, les membres du CNP élus en juin, se sont réunis au siège du ministère de la Culture et de la Communication, en présence du ministre Mohamed Laaraj, et ont élu Youness Moujahid président du Conseil National de la Presse pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois.

https://twitter.com/IFJGlobal/status/1048238266443599872

Acte 3 : Abdellah Bekkali accuse Khalil Ahchimi Idrissi de dilapidation de deniers publics

Le 9 mai 2019, lors d’une conférence de presse donnée à Tanger, Abdellah Bekkali, président du SNPM aurait accusé Khalil Hachimi Idrissi de dilapidation de deniers publics, entre autres. Le journaliste d’Assabah, rapporte ces propos dans un article publié sur les colonnes du quotidien arabophone. Il n’en fallait pas plus pour que le patron de la MAP porte plainte. D’abord devant le tribunal de première instance de Rabat contre Bekkali et Ramchi, le 27 juin 2019. Six mois plus tard, le tribunal donne son verdit et décide, le 14 janvier 2020, de rejeter la plainte pour vices de forme. Khalil Hachimi Idrissi dépose une deuxième plainte à Casablanca contre le président du SNPM, le journaliste et le directeur de publication du groupe Eco Media, Abdelmounaïm Dilami. Ce n’est que le 5 juillet 2021, soit dix-huit mois plus tard que le verdict est tombé: Abdellah Bekkali est innocenté alors que Dilami et Ramchi sont condamnés pour diffamation à une amende de 10.000 dirhams chacun et 1.000 dirhams chacun au titre des dommages profit du plaignant. Abdellah Bekkali s’en sort miraculeusement.

Acte 4 : Cartes de presse professionnelles «made» par la MAP

Ne s’avouant pas vaincu, le patron de la MAP va tenter en mars 2020, un «forcing» pour s’émanciper du CNP. Dès les premières semaines de l’avénement de la pandémie et peu content de la délivrance des cartes de presse à ses journalistes par le Conseil de Moujahid, il annonce dans une dépêche officielle qu’il allait lancé sa propre carte de presse professionnelle. Encore une fois il ne va pas y aller de main morte. Il va justifier sa démarche inédite par le fait que le CNP est «une association non constitutionnelle, et dans laquelle la MAP n’a le statut ni d’électeur ni d’éligible».

«Les conditions exigées par le Conseil national de la presse (CNP) , — une association non constitutionnelle, et dans laquelle la MAP n’a le statut ni d’électeur ni d’éligible— pour délivrer la carte de presse, ne sont pas opposables à des journalistes du service public qui demeurent régis par le code de la fonction publique et du statut de la MAP conformément à l’art. 3 de la loi 13-89 du journaliste professionnel.» souligne la dépêche.

«(..) c’est la carte de presse professionnelle de la MAP qui prévaut pour les journalistes de l’Agence marocaine de presse à l’exclusion de tout autre carte» s’insurge le DG de l’agence.

Le lendemain, mardi 24 mars, Youness Moujahid répond à cette décision de Khalil Hachimi Idrissi avec autant de virulence. Le président du CNP affirme que «la MAP n’a le statut ni d’électeur ni d’éligible dans le CNP pour délivrer la carte de presse aux journalistes du service public».

Il estime que cette décision constitue une « violation flagrante de la loi 90.13, portant création du CNP, et en particulier de son article 2, qui stipule que l’octroi de la carte de presse professionnelle est du ressort exclusif du Conseil».

«Il est donc faux de prétendre que les journalistes de l’agence ont été privés de leur carte de presse, un paralogisme avancé par la direction de l’agence pour « justifier » sa décision de produire une carte de presse alternative, en violation flagrante de la loi» fustige le communique du CNP.

Acte 5 : Suspension de l’édition et de la distribution des journaux en raison de la pandémie

Le 25 mars, le jour où le CNP s’est réuni pour adopté en plénière le règlement intérieur du régulateur de la profession, Khalil Hachimi Idrissi va attaquer le Conseil encore une fois pour remettre en cause son appel à la suspension de l’édition et de la distribution des journaux en raison du coronavirus.

L’attaque n’a pas réussi à faire couler le CNP, puisque deux mois plus tard, le 11 mai 2020, le règlement intérieur du Conseil sera entériné par décret du Chef du Gouvernement avant d’être publié au dernier Bulletin officiel (numéro 6885 du 25 mai 2020).

Le décret publié, Youness Moujahid se met enfin sur selle pour traiter les affaires relatives à la déontologie ou concernant la médiation et l’arbitrage dont il est saisi. Il ne manquera pas d’ailleurs, sept mois plus tard d’appliquer ses prérogatives sur celui qui voulait sa peau, Khalil Hachimi Idrissi.

Acte 6 : Le Syndicat national de la presse marocaine étrille la MAP

Juin 2021, Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) dirigé par Abdellah Bakkali, allié de Youness Moujahid au sein du CNP, publie un rapport cinglant sur le travail syndical au sein de la MAP durant la période 2019-2021.

Khalil Hachimi Idrissi réplique par une dépêche officielle violente. «Le SNPM n’est pas présent à la MAP car ce syndicat a été incapable de faire élire des délégués. Pas un seul. Nous le mettons au défi de produire un quelconque récépissé légal de constitution. La direction ne peut pas recevoir un syndicat fantôme qui n’a pas une existence légale et formelle en son sein», a-t-il écrit.

Pour le patron de la MAP, le SNPM et ses dirigeants actuels ( Bakkali et Moujahid, ndlr) sont «des hommes du passé pour ne pas dire du passif. Ils ont transformé ce syndicat en rente personnalisée et en officine politique misérabiliste gérée dans l’opacité la plus complète».

Et d’ajouter, «Les syndicalistes honnêtes et authentiques ont été marginalisés. Les responsables actuels, et à leur tête Abdellah Bakkali, que le DG de la MAP a trainé devant la justice pour diffamation, ont conduit ce syndicat au naufrage et à la perte de ses positions, autrefois solides, dans de nombreuses institutions médiatiques».

Acte 7 : Youness Moujahid retire la carte de presse à Khalil Hachimi Idrissi

Youness Moujahid attendra le moment opportun pour enclencher une nouvelle salve contre le patron de la MAP.

Les remous suscités suite à l’édition du livre « Figures de la presse marocaine » par l’agence de presse ont été du pain béni pour le Président du CNP. Tous les griefs du duo Moujahid/ Bekkali y sont rassemblés : mal utilisation des derniers publics, copinage et soupçons de diffamation.

Youness Moujahid va oser l’impensable. Il décide de retirer la carte de presse au DG de l’agence de presse officielle du Royaume, nommé par le Souverain. Du jamais vu!

Techniquement, Khalil Hachimi Idrissi n’a plus le droit d’exercer sa profession de journaliste durant une année entière. La sanction notifiée à Khalil Hachimi Idrissi ce mercredi 9 février 2022 comprend en plus du retrait de la carte de presse, une amende de 50.000 dirhams.

Dès sa publication, le livre incriminé par le CNP a suscité beaucoup de réactions passionnées. Et pour cause, l’auteur a signé un ouvrage où il a autant distribué d’hommage que de coups de chicotte (Expression empruntée de Jeune Afrique).

En décalage avec sa mission de médiateur de la MAP où il est sensé favoriser le débat et la réflexion sur l’éthique et les bonnes pratiques de la profession, Driss Ajbali assume le fait d’avoir «écarter la méthode scientifique pour laisser libre cours à une subjectivité assumée tout au long de son travail de rédaction du livre».

Feu Fahd Yata : « Figures de la presse marocaine » ou les élucubrations subjectives d’un pâle biographe…

Feu Fahd Yata, n’a pas été particulièrement amusé par le récit de Driss Ajbali financé par son ami Khalil Hachimi Idrissi. Le 13/08/2021, il publie un article pour lequel il a choisi un titre qui résume tout le mal qu’il pensait du livre : « Figures de la presse marocaine » ou les élucubrations subjectives d’un pâle biographe

Fahd Yata s’est demandé si l’objectif de l’auteur n’était autre que «de faire la part entre « les copains et les coquins », au gré de ses amitiés, de ses préférences idéologiques, de ses partis-pris et de sa subjectivité».

«Bien évidemment, tous ceux affublés de qualificatifs laudateurs, d’une titraille bassement racoleuse, y trouveront leur compte, tandis que les autres n’y comprendront que bassesse et insignifiance, voyant dans cet ouvrage une machine à régler des comptes, parfois anciens…» s’est-il indigné.

Anis Hajjam : La MAP et la mémoire broyée

L’ancien animateur télé Anis Hajjam, n’a pas manqué d’exprimer lui aussi son étonnement à la lecture du livre de la MAP.

Dans un article publié sur les colonnes de L’Opinion, Anis Hajjam corrige les erreurs et approximations de sa propre biographie parue sur l’ouvrage de Driss Ajbali. «– moi qui ne suis pas né en 1961, moi qui n’ai pas démarré ma carrière à la RTM, moi qui n’ai jamais été membre du jury de Studio 2M, moi qui ne «trainais» pas dans toutes les manifestations et festivals de cinéma, moi qui ne me consacre pas à l’écriture journalistique que récemment, moi qui ne traite pas que de musique…» s’est-il offusqué.

Et d’ajouter «Dommage pour une publication, validée par la MAP, censée servir de référence pour de futures générations amenées à faire des recherches sur le journalisme marocain d’avant et d’hier». 

Anis Hajjam estime que l’ami Khalil Hachimi Idrissi (Driss Ajbali, ndlr) qui qualifie cette belle oeuvre ratée de «travail herculéen» a dû s’arrêter au dénombrement (non exhaustif et parfois insensé) des personnes, pas en fonction de ce qu’ils sont, de ce qu’ils ont donné ou à quoi ressemblait leur parcours.

«Dommage pour un spécialiste du ton que j’ai connu à Paris, dans une autre vie, comme producteur et manager des Frères Bouchnak» a-t-il lancé.

Mustafa Elfanne : Les décisions du CNP comportent une menace pour l’État

Inattendue et choquante, la décision du CNP de retirer la carte au Patron de la MAP a tétanisé les commentateurs. Si Ridouane Erramdani s’est contenté d’écrire la phrase suivante sur son sa page Facebook : «Conseil militaire de la presse…», son confrère Mustafa Elfanne va s’insurger contre le Conseil de Youness Moujahid.

Sur sa page Facebook, Elfanne va se lancer dans une tirade pour laquelle il choisira la chute suivante : «Les décisions rendues par le Conseil menacent l’Etat…».

«Je ne dirai pas que ces décisions ont été rendues en dehors de la loi, hors de la constitution, hors de l’histoire et hors de la géographie. Je dirai plutôt qu’il faut remercier Dieu tout puissant car ce Conseil « souverain » n’a pas assorti ces lourdes peines contre ces journalistes d’une autre peine qui les priverait de liberté» a-t-il écrit.

«Nos collègues de ce Conseil « souverain » (CNP, ndlr) empêchent un haut fonctionnaire nommé par arrêté royal d’exercer sa profession» a-t-il ajouter.

Pour Mustafa Elfanne, cette décision de Youness Moujahid ne serait que «vengeance, règlement de comptes et surtout une manoeuvre préparant les conditions d’un second mandat à la tête du CNP».

En plus de Khalil Hachimi Idrissi, quatre autres journalistes sont sanctionnés par le CNP notamment Ahmed Najim de Goud

Ahmed Najim est l’autre journaliste dont le nom a fuité de la dernière fournée de journalistes sanctionnés par le CNP. Le directeur de publication de Goud a été incriminé pour diffamation à l’encontre d’une «influenceuse politique», Chama Darchoul.

Dans un article diffamatoire il a entre autres sous-entendu que cette jeune dame aurait utilisé son frère travaillant au Cabinet Royal pour accéder à de l’information sensible.

Najim s’est vu retirer sa carte de presse pour une durée de six mois.

Acte 8 : Said Ida Hassan avance que Khalil Hachimi Idrissi remplacerait Nasser Bourita

A la lecture des articles que publie l’ancien directeur du bureau de la MAP à Madrid, Said Ida Hassan sur son site web Andaluspress, on ne peut pas dire qu’il porte Khalil Hachimi Idrissi dans son coeur.

Dans un papier en date du 09 février 2022, soit le jour même de la décision du CNP de retirer la carte de presse au DG de la MAP, Said Ida Hassan avance que les jours de Nasser Bourita étaient comptés à la tête du ministère des Affaires étrangères et que Khalil Hachimi Idrissi serait candidat à sa succession.

L’ancien agencier de la MAP à Madrid et ami de Youness Moujahid, évoque des rumeurs de salons à Rabat sur une éventuelle volonté royale de remplacer Bourita et les lie avec les activités diplomatiques, qu’il qualifie d’intenses, récemment entreprises par Khalil Hachimi Idrissi.

Said Ida Hassan fait allusion à deux rencontres en une semaine du patron de la MAP avec l’ambassadrice de Jordanie et celui de l’Inde.

Ce sont les expressions utilisées dans les dépêches résumant ces rencontres qui ont poussé entre autres le fondateur d’Andaluspress, de penser que Khalil Hachimi Idrissi pourrait succéder à Nasser Bourita.

En effet, la dépêche parle de l’entrevue du DG de la MAP avec l’ambassadeur indien comme «occasion pour les deux parties de passer en revue les moyens d’approfondir la coopération entre les deux pays et de hisser les relations bilatérales à des niveaux supérieurs, particulièrement dans le domaine des médias, en vue de permettre aux peuples des deux pays de mieux se connaître». Une expression usuellement utilisée entre chefs d’Etats ou chefs de diplomatie.

Khalil Hachimi Idrissi rêve de faire de la MAP l’axe central du «pôle audiovisuel public»

Nommé le 27 juin 2011 par le Roi Mohammed VI à la tête de la MAP, Khalil Hachimi Idrissi a hérité d’une institution qui battait de l’aile.

On se rappelle tous de l’image qu’avaient l’agence de presse officielle durant le printemps arabe, surtout auprès des jeunes qui ont investit les réseaux sociaux.

Il faut reconnaitre à Khalil Hachimi Idrissi d’avoir réussi le pari du web, d’avoir améliorer significativement le «Brand Content» de la marque MAP et d’avoir ouvert l’agence sur le monde.

Nul ne peut nier aujourd’hui le fait que la MAP est devenue la principale sinon l’unique source fiable de l’information au Maroc, dans un monde infesté par les fake-news. Khalil Hachimi Idrissi a également réussi à trouver un mix entre l’info gratuite et payante ainsi qu’à saturer les moteurs de recherches en multipliant les portails notamment les régionaux.

Fort de ce succès, il décide de s’attaquer au pôle audiovisuel public que représente désormais la SNRT. Pour cela, il va enrichir l’arsenal juridique de l’agence en lobbyant, notamment avec le soutien de son ami Mustapha El Khalfi, pour l’entrée en vigueur du projet de loi 02.15 relatif à la réorganisation de la MAP.

La loi n° 02.15 a permis à Khalil Hachimi Idrissi à afficher son objectif de faire sortir l’Agence de la logique du produit unique « la dépêche » et de lancer un service de diffusion audiovisuelle par satellite.

Le 14 octobre 2021, le patron de la MAP lance un signal aux pouvoirs publiques en faisant dire à un «professeur chercheur» tout haut ce qu’il pense tout bas. Dans une dépêche signée par le professeur chercheur, Saïd Tammame, Khalil Hachimi Idrissi affiche son ambition : «La loi 02-15 relative à la réorganisation de l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) a conféré à l’Agence de nouvelles missions qui la prédisposent à devenir l’axe central du « pôle public », qui se compose également de la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT) et de la SOERAD-2M».

Particulièrement pressé, il va s’aventurer dans deux expériences audiovisuelles dont l’impact et l’utilité restent encore à démontrer : La radio et la télé de la MAP. Au vu des ressources humaines et moyens financiers dont dispose l’agence, les projets RIM et M24 se sont retrouvés plus en concurrence avec les médias privés qu’avec le trio SNRT, SOREAD et Medi1. Le modèle Khalil Hachimi Idrissi arrive à son plafond de verre.

L’autre perversion du modèle KHI, est le déséquilibre de sa stratégie d’ouverture commerciale de la MAP. Au fil du temps, le portail de l’agence et ses réseaux sociaux sont devenus des espaces publicitaires de marques internationales. Encore plus inquiétant, la MAP a mis à sa crédibilité et son statut en jeu en se laissant utilisée comme outil d’influence sur les politiques publiques, à l’image des campagnes PR du constructeur chinois Huawei, en guerre commerciale pour se placer au Maroc. Encore plus problématique, Khalil Hachimi Idrissi a rendu la MAP plus difficile d’accès aux entreprises marocaines au moment où il déroule le tapis rouges aux marques étrangères.

Notant qu’aucune agence de presse officielle au Monde ne fait de publicité pour une téléphone où une boisson gazeuse., sauf celle de Khalil Hachimi Idrissi.


Références