Nawfal Laarabi

Intelligence analyst. Reputation and influence Strategist
20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.

#FIAD2017: SNI sponsor officiel

En l’absence du Président Mohamed El Kettani, membre de la délégation officielle accompagnant le Roi Mohammed VI dans sa tournée africaine, qui signait deux importants Protocoles d’Accord entre le groupe Attijariwafa bank et le Ministère de la Défense de Côte d’Ivoire, Boubker Jai, DG du Groupe a présidé, lundi 27 février 2017, une conférence de presse annonçant l’organisation, sous le Haut Patronage Royal, de la 5ème édition du Forum International Afrique Développement, les 16 et 17 mars 2017, à Casablanca.

#FIAD2017 : Montée en puissance de la SNI

Le Forum International Afrique Développement, outil d’influence pensé et orchestré par Mohammed Mounir El Majidi en 2008, connait cette année une rupture nette dans son organisation. En effet, le Forum qui s’est imposé en 4 éditions comme le Davos Africain, et dont a émané, en 2016, le Club Afrique Développement -un réseau BtoB déployé dans 13 pays du continent-, cherche à accroître son efficience. C’est pour cela que les organisateurs du Forum ont décidé de mettre fin à la gratuité de participation ainsi qu’à la co-organisation avec Maroc Export, qui tourne au ralenti après l’annonce en juin 2016 du projet de sa fusion avec l’AMDI et l’OFEC.

L’édition 2017 du FIAD est marquée également par la montée en puissance de la SNI. En effet, avec sa participation en tant que sponsor officiel, associant par la même occasion ses filiales Managem et Nareva, le fonds d’investissement panafricain, décide de capitaliser davantage sur la puissance de l’événement et de l’envergure de sa visibilité, pour porter sa stratégie et son engagement intra-africain.

Plus de 1 500 opérateurs économiques et institutionnels africains et internationaux de plus de 20 pays sont attendus à cette édition autour du thème « Les nouveaux modèles de croissance inclusive en Afrique » qui sera examiné en 3 workshops « animés par des experts de haute facture “-promet le communiqué du Groupe Attijariwafa bank :

  • Le rôle des acteurs privés dans la création de valeur partagée en Afrique,
  • L’Urbanisation de la fracture au levier de la croissance et de l’inclusion : les opportunités d’investissement,
  • Comment accélérer inclusion financière?

Outre les rencontres BtoB et BtoG et les Trophées de la Coopération Sud-Sud, sera maintenu le marché de l’investissement, composante centrale du Forum mettra 8 pays à l’honneur (Burkina Faso, Madagascar, Rwanda, République du Congo, Tunisie, et l’Egypte). Leurs délégations officielles respectives présenteront les plans nationaux de développement et leurs projets d’investissements.

La concurrence veut chacune son FIAD

Devant la réussite du Groupe Attijariwafa bank et de son actionnaire de référence la SNI à imposer le FIAD comme L’ÉVÉNEMENT PANAFRICAIN majeur du continent, et devant l’implication croissante des opérateurs financiers marocains dans des projets d’investissement accompagnant la stratégie d’intégration régionale du Royaume dans le continent, la concurrence cherche inlassablement à organiser des événements de même dimension que le FIAD. 

C’est dans cette dynamique, que la BMCE dont le Président Othman Benjelloun a été impliqué dans plusieurs projets d’investissement en Afrique de l’Est, a décidé de capitaliser sur l’expérience de Maroc Export acquise lors de sa co-organisation des 4 dernières éditions du FIAD, pour annoncer l’African Business Connect, une mission d’affaires BtoB au Rwanda, Tanzanie et Madagascar du 2 au 8 Avril 2017.

 

La Banque Centrale Populaire -moins efficace en Afrique- n’arrive pas encore à oser le pas et lever le défi de l’organisation d’événements de cette envergure, serait en passe d’accompagner timidement à travers des rencontres BtoB, le Salon Made In Morocco du Groupe Rahal prévu pour fin mai à Abidjan.

Nawfal LAARABI 

La fausse bonne idée de Moncef Belkhayat

Décidément nous vivons une drôle d’époque.

Les libéraux et les capitalistes assumés qui ont, sur plusieurs décennies, clamé l’économie de marché, le libre-échange et l’abolition des frontières commerciales, tout en diabolisant le protectionnisme, ont été subitement gagnés ces derniers temps par une drôle de fièvre, la fièvre du Trump Wall.

Le patient zéro ayant présenté des symptômes de ce syndrome chez nous au Maroc, n’est autre que l’homme d’affaires et politique, le non moins hyperactif, Moncef Belkhayat.

Les premières bouffées de chaleur transparaissaient, en 1080p HD sur les players Youtube, (notez bien Youtube) pendant que l’ancien ministre donnait sa déclaration « historique » au journaliste du site web d’information Hespress.com (lien):
“Il est urgent de réduire la prédominance des réseaux sociaux et des moteurs de recherches, Google, YouTube et Facebook. Ils cumulent scandaleusement plus de 80% du marché de la publicité au Maroc. Je lance donc, un appel au gouvernement, afin qu’il promulgue une loi qui régulera le marché de la publicité en ligne et limitera la part de ces géants à 50% de l’investissement publicitaire pour sauver la presse numérique de la faillite, et promouvoir le contenu journalistique digital marocain. Et « inchallah Arrahmane Arrahime », dès que ce gouvernement sera constitué, le ministère de la Communication doit prendre en charge ce dossier.”

En d’autres termes, Moncef Belkhayat souhaite ériger un mur contre Facebook, Youtube et Google, to “ Make Moroccan News web sites WB Africa, Great Again !

Surréaliste n’est-ce pas !?

Cette déclaration tonitruante et empathique envers les sites web d’information en faillite, s’est faite en marge d’une rencontre cosie, avec la presse, organisée par notre patient, fébrile de voir partager des milliers de fois sur Google, Youtube, Facebook, « son nouveau rêve » africain (cette fois-ci): WB Africa (cliquer pour visiter)

WB Africa est un projet d’agence de communication qui projette de s’implanter sur plus d’une dizaines de pays du continent. Mais WB Africa, c’est d’abord et surtout un projet de machine à cash, alimentée par de l’achat d’espace publicitaire. Car M. Belkhayat, à qui l’ignore, est le numéro 2 marocain de l’achat média à travers l’agence WBmedia (Starcom) chopée en 2012 à son ennemi juré le publicitaire Karim Bennani, profitant d’un imbroglio juridique qui avait éclaté entre Starcom et le patron de MCN (cliquer pour visiter)

Personne n’est dupe, la sortie médiatique du Vice-Président de la région de Casablanca, calculée ou pas, n’avait rien d’empatique ou d’engagé (voir réactions d’anonymes plus bas). Néanmoins cette sortie a permis de révéler au grand jour, l’importance et la taille qu’ont pris les majors d’Internet sur la publicité digitale au Maroc.

Toutefois, le fait de désigner du doigt Facebook, Youtube et Google, qui sont d’abord les concurrents de WB Media, ses concurrents, comme l’axe de mal qui oeuvre à faire couler les éditeurs d’information digitale, et se proposer de défendre ces derniers en appelant, de par sa casquette politique, à faire voter une loi « antidopage » mais ne cherchant en vérité que protéger la position et le business plan de WB Africa vendu à Actif Invest, est une erreur et une maladresse de plus à accrocher sur le Wall of Shame de M. Belkhayat.

Anomalie 1: Libéralisme ou protectionnisme, il faut choisir

Quand on prône, en tant qu’acteur économique et politique ouvertement et publiquement, la libre entreprise, le libre-échange, la libre consommation et quand on est identifié dans la société comme défenseur du libéralisme économique, qui est, on le sait tous, fondé sur une faible, voire une non-intervention de l’Etat dans l’économie, un tel discours émanant de notre patient constitue une contradiction majeure et nous pousse naturellement à chercher les vraies motivations de cette communication.

Anomalie 2: Quand je déclare la guerre aux mêmes outils qui ont fait ma notoriété

Hormis le foot et les petites histoires, il faut reconnaître que l’ancien ministre a été pionnier et a su profiter de la puissance des réseaux sociaux pour accroître sa notoriété. Ces mêmes outils qui constitueraient, aujourd’hui, un “réel danger” quant à la survie de la presse digitale, ont été hier encore, et plus précisément durant les élections régionales de 2015, très décisifs pour l’issue des résultats obtenus par le candidat.

Moncef Belkhayat, Monsieur Facebook, aurait-il perdu la foi dans son fonds de commerce et aurait-il perdu la bataille contre les haters?

Anomalie 3: Chiffre d’affaires contre contenu, une histoire de mindset vendeur vs marketeur

Quand un vendeur cherche à placer un produit, à un prix donné et à réaliser ses objectifs, puis se voit coincer entre une qualité médiocre de son produit/service d’une part et des concurrents à fonds illimités d’autre part, il baisse sa marge, revoit son d’ambition puis crie au loup. La perspective de voir fondre comme neige sa commission le hante nuit et jour.

Tandis que le marketeur, analysera le marché, pensera marque, proposera du Brand Content, cherchera de la créativité et de l’émotion et réfléchira aux forces et faiblesses, tentera des alliances et transformera le business.

 

Anomalie 4: Ne pas apprendre des expériences passées

L’épisode de l’interdiction de la VoIP par l’ANRT, et la pression interne et externe immense qui a fait briser, après plusieurs mois de résistance, le mur de fer érigé contre WhatsApp et Skype entre autres, aurait dû faire réfléchir notre patient zéro plus d’une fois. Car les enjeux de la VoIP dépassaient des millions de fois les enjeux de WB Africa. Il y était de la survie de nos opérateurs Telecom et de la sécurité nationale.

Anomalie 5: Faire fi de son environnement

En voulant faire plaisir au sites web d’information, l’ancien ministre de la Jeunesse a oublié une composante essentielle de l’écosystème : les auto-entrepreneurs du digital et ils sont très, très, très nombreux. Ces auto-entrepreneurs, un statut qui représente by the way une fierté du Parti RNI et qui a figuré d’ailleurs dans les grandes réalisations du parti politique dont est issu M. Belkhayat, sont des petites fourmis qui produisent tant bien que mal du contenu, des logiciels, du graphisme à l’ensemble de l’économie numérique, passant des sites web d’information, des agences de communication (comme WB Arica) aux grandes entreprises publiques et privées.
Ces petits acteurs qui subissent l’inefficience du marché, l’étroitesse exponentielles des budgets, et les affres des délais de paiement se sont vu directement visés par le Belkhayat Wall. Des réactions en chaîne ont été enregistrées sur les réseaux obligeant notre patient zéro à s’expliquer…trop tard.

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Hey #KhoyaMoncef leave the kids alone… All in all it was just a brick in the wall.

Stratégie, générosité, partage et créativité

Oui je rejoins M. Belkhayat sur un point, résister à l’hégémonie des GAFA relève effectivement des prérogatives de l’Etat et du législateur. Mais c’est également de la responsabilité des acteurs économiques, culturels, des big players de l’écosystème numérique, des régions, des villes et des métropoles. Si vous êtes arrivé jusqu’ici, chers lecteurs du www.le1.ma, supportez 30s supplémentaires mes convictions à notre sujet:

  • Prendre le problème dans son ensemble et pas que du simple côté du cash en devise des publicités qui nous file quotidiennement entre mains.
  • Contrairement à l’idée de M. Belkhayat, l’initiative ne doit pas émaner du ministère de la Communication mais plutôt du Département de l‘Economie numérique géré d’ailleurs par le RNI. Qui à l’instar de la stratégie d’accélération industrielle, devrait nous proposer une stratégie de développement numérique et le renforcement de l’écosystème digital.
  • Créer des pools de pression, des advisory boards nationaux pour structurer la communication et les négociations avec les GAFA à l’instar de ce que font les groupe de pression sous d’autres cieux.
  • Encourager à la création nos propres plateformes technologiques nationales: datacenters, moteurs de recherche, partage de vidéo, réseaux sociaux…
  • Application stricte de la loi quant à la protection de la liberté intellectuelle, la lutte contre la contrefaçon, la piraterie et les autres atteintes aux droits intellectuels.
  • Démultiplier les incubateurs de créativité et de contenu digitaux afin de stimuler et valoriser la créativité, et encourager les initiatives nationales
  • Proposer et lobbyer au niveau de l’Union Africaine pour une stratégie continentale numérique destinée à ses 1,216 milliard d’habitants.

#LbaydaMonAmour vs #Wecasablanca

La générosité, la fraîcheur de ce travail est un cas d’école.

Bravo à l’agence de communication Bonzai.  #LbaydaMonAmour !


Nawfal Laarabi

Quatrième transformation digitale: Mark Zuckerberg chef de chantier du nouveau monde

Alors que la transformation digitale, telle qu’elle a émergé il y a dix années, est aujourd’hui au stade de la réflexion et, au mieux, d’expérimentation chez quelques grands opérateurs économiques et quelques organismes publics nationaux, sous d’autres cieux, la dynamique est autre et la vision est plus claire et plus précise : 2017 serait comme l’an Zéro de la Quatrième transformation digitale.

Shell Isreal et Robert Scoble les prophètes de la «Quatrième Transformation»

Dix années après la révolution de la technologie “Touch” et l’avènement de l’iPhone, deux gourous du digital se sont lancés dès 2013 dans un travail de prospective sur les évolutions post “iPhone et Social média”. Les deux amis, Shell Israël et Robert Scoble, ont fait le tour de tous les grands laboratoires R&D de la planète : les GAFA, constructeurs automobile (Tesla, BMW), Datacenters gouvernementaux entre autres. Ils ont également reçu et interviewé un nombre important de startups évoluant dans plusieurs écosystèmes technologiques : Silicone valley, Israël, Allemagne et Inde.
Après ces 4 années d’immersion, les deux complices décident de dévoiler le fruit de leur recherche dans un livre qu’ils ont intitulé “The Fourth Transformation”, un livre prémonitoire annonçant une très proche transformation digitale majeure encore plus puissante que l’avènement du PC ou de l’iPhone.

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La Quatrième Transformation concerne la Réalité virtuelle, augmentée et mixte et l’apprentissage machine

«Aujourd’hui, le barycentre de nos vies numériques est passé du bureau aux petits appareils que nous transportons. Il n’y a eu ni migration brusque du réel au virtuel, ni migration massive d’un périphérique à l’autre: par contre, nous passons simultanément d’un univers à un autre et surtout nous avons commencé à envoyer moins de mails et plus de messages», a précisé Shell Israël lors de la présentation de son livre.

Le verdict est sans équivoque: Nous sommes à l’aube de la Quatrième Transformation. Une transformation majeure qui déplacera la technologie de ce que nous portons à ce que nous portons. L’interface utilisateur passera d’un écran qu’on touche à des images générées par ordinateur qu’on peut toucher et sentir. Au lieu de taper avec nos doigts sur les claviers physiques, nous tapoterons plus vite avec nos yeux sur des claviers virtuels. Dans les transformations précédentes, il s’agissait de l’interface entre la technologie et les gens: Aujourd’hui, il s’agit de l’expérience – et cela change presque tout.

D’un point de vue technologique, la Quatrième Transformation concerne la Réalité virtuelle, augmentée et mixte ainsi que l’Intelligence artificielle ou, plus précisément, l’apprentissage machine. Les lunettes de réalité mixtes contrôleront les voitures autodidactes, les drones, les robots et l’Internet des objets [IoT], mais ils vont faire beaucoup plus que cela : ils vont brouiller les lignes entre ce qui est réel et l’illusion générée par un ordinateur. Maintenant, au lieu de rester assis et de regarder des choses sur des écrans, nous serons immergés et entourés, errant librement dans et autour d’elle.

D’un point de vue commercial, cette transformation concerne un meilleur ciblage, une plus grande productivité, efficacité et sécurité dans l’entreprise : une manière entièrement nouvelle de communication entre les entreprises et leurs clients.

Au niveau social, ça serait un meilleur moyen d’apprendre, de diffuser des nouvelles, de rencontrer de nouvelles personnes, de communiquer visuellement afin que tout le monde comprenne, plutôt que seulement ceux qui parlent en une langue particulière.

La Quatrième Transformation serait une transformation fondamentale et globale.

La “Mixed Reality”, l’avenir assumé de Mark Zuckerberg … et de Mélenchon

Pour donner raison aux deux prophètes de la Quatrième Transformation, 2 évènements majeurs et pas les moindres se sont produits pas plus loin qu’en ce mois de février 2017.

Pour la première fois, et à l’occasion de son 13ème anniversaire, Mark Zuckerberg a accompagné l’annonce des résultats 2016 de Facebook par la publication de 4 objectifs chiffrés sur 5 ans et 10 ans et a dévoilé ainsi ses 4 engagements technologiques stratégiques :
• WhatsApp
• Facebook Messenger
• Internet pour tous
• Réalité virtuelle

Mark Zuckerberg ne s’est pas arrêté à cette annonce. 48 heures après, il publie pour la première fois des photos de l’intérieur d’une de ses filiales laboratoires, Oculus Research lab à Washington, dévoilant ainsi quelques chantiers les plus avancés de son nouveau monde, son monde, sa communauté de 2 milliards de citoyens virtuels où il veut régner en maître.

Les prophéties de Shell Israël et de Robert Scoble semblent être en phase avec la stratégie de développement du maître du Digital, Facebook : Davantage de messages privés [IM] et explosion de la réalité virtuelle.

A des années lumières de cet objet céleste qu’est Facebook et du système économico-technologico-virtuel où il gravite, un miracle s’est produit et pas loin de chez-nous : Jean-Luc Mélenchon, Monsieur grognon de la scène politique française, le maosite-communiste et porte drapeau européen de l’anti-globalisation, a opté pour une projection holographique pour son premier meeting de sa campagne présidentielle !

«En chair et en os devant 12 000 personnes à Lyon, il est apparu d’un claquement de doigts sous forme d’hologramme au même moment près de Paris. 6 000 personnes s’étaient déplacées pour voir la silhouette en 3D du candidat», a rapporté LeMonde.fr.

L’hologramme, c’est de la préhistoire pour la réalité virtuelle actuellement en production dans les laboratoires de la silicone Valley. D’ailleurs le premier homme politique ayant utilisé ce système n’est autre que Recep Tayyip Erdoğan, lors des élections présidentielles turques de 2013.

Cependant, il s’agit tout de même d’une révolution culturelle majeure, initiée par le camp politico-social qu’on attendait le moins sur ce registre.
Si en 2017 l’objectif du candidat Mélenchon de l’utilisation d’une réalité virtuelle même archaïque, était de la communication et de l’image, en 2021 l’utilisation de la réalité virtuelle dans l’ère de la Quatrième Transformation aurait d’autres desseins et d’autres objectifs plus ambitieux :

Placez-vous donc en 2021, les élections présidentielles américaines battent leurs pleins. Mark Zuckerberg candidat démocrate contre Donald Trump (s’il achève son mandat) annonce son meeting … sur Facebook.

1,8 milliards d’utilisateurs reçoivent une notification dans toutes les langues: Zuckergerg live dans 5 minutes.

Dans son monde virtuel, Zuckerberg serait sur une esplanade, pouvant contenir plusieurs millions de profils, physiquement présents sur plusieurs Etats et plusieurs continents. Lui et son équipe de campagne pourront, en temps réel, capter et mesurer chaque émotion, chaque applaudissement, chaque message. Les sondages d’opinion peuvent être réalisés en temps réel et avec un degré de précision et de fiabilité inégalé car basé sur la bigdata, solide de 17ans de données. Zuckerberg candidat, t’envoie sur WhatsApp et sur Messenger son programme, son discours et ses photos. Une révolution !

La transformation digitale au Maroc, c’est d’abord une histoire de culture

Le souci au Maroc, lorsqu’on évoque les processus de transformation et de ré-engineering est la relation culturelle d’une majorité de nos responsables et de nos organisations qu’ils entretiennent avec le TEMPS.

Si on fait un zoom sur l’histoire du digital dans le Royaume, le tissu économique marocain a complètement raté la deuxième transformation digitale des années 90. Plusieurs champions nationaux ont essayé d’investir cette transformation mais ils y ont vite laissé des plumes à l’image du Groupe Ex ONA avec sa filiale NTIC Mercure.com, du groupe Saham avec Cap’info et Orsys et du Groupe Finance.com avec Finatech, et ça pour diverses raisons.

Le rythme de développement et de transformation des nouvelles technologies est infernal. Les coûts de de recherches et développement sont énergivores et souvent à fonds perdus. La concurrence mondiale et la dominance de quelques nations (USA, Inde, Russie et Israël) et quelques firmes (GAFA), l’étroitesse de notre marché local, sont autant de facteurs qui peuvent expliquer le retard considérable de l’évolution de l’économie numérique de notre pays.

Certaines personnes et certaines entreprises essaient toujours de s’adapter à la transition vers le mobile, la troisième transformation, le chevauchement de la quatrième transformation, qui prendra au moins une décennie pour se dérouler complètement.

Il sera entraîné non seulement par l’essor des nouvelles technologies et le déclin simultané des autres, mais aussi par la montée des jeunes générations et le déclin d’une plus vieille.

Pour qu’elle soit une transformation authentique, plus que la technologie doit changer, c’est à la culture de s’adapter simultanément. La façon dont les gens se rapportent à la technologie doit se transformer et qui va changer la façon dont les entreprises interagissent avec les partenaires, les parties prenantes, les employés et les clients interagissent doivent changer.

La transformation digitale est un processus irréversible vu l’ensemble de l’investissement humain et matériel consenti de par le monde. Seule une prise de conscience réelle des décideurs politiques et économiques de notre pays et notre continent imposent un changement culturel majeur, peut nous protéger contre la prédation et l’influence culturelle et politique d’opérateurs économiques et politiques universels.

Nawfal Laarabi