fbpx

Abu Dhabi attaquée par les Houthis

Start

Le mouvement rebelle yéménite Houthi a déclaré lundi avoir mené une attaque militaire contre les Émirats arabes unis. Les autorités de la capitale Abu Dhabi ont annoncé plus tôt dans la journée que des frappes de drones avaient visé une zone industrielle et l’aéroport, tuant trois personnes et blessant six autres.

Avec Agences

L’agence de presse nationale des Émirats arabes unis, citant la police d’Abu Dhabi, a affirmé ce lundi 17 janvier qu’un incendie s’est déclaré dans la matinée, entraînant l’explosion de trois camions-citernes de pétrole dans ICAD 3, Mussafah, près des réservoirs de stockage d’ADNOC.

L’incident a fait trois morts, rapporte la même source. Il s’agit d’un Pakistanais et deux Indiens. Par ailleurs, un «incendie mineur» s’est produit dans une zone de construction de l’aéroport international d’Abu Dhabi, a indiqué le communiqué, ajoutant qu’une enquête préliminaire a permis de découvrir des objets qui pourraient être des drones dans ces deux endroits.

 

Les autorités compétentes ont lancé une enquête approfondie sur la cause de l’incendie et les circonstances qui l’entourent. Toutefois, les deux accidents n’ont pas causé de dommages importants, précise le communiqué.

Les rebelles yéménites houthis revendiquent l’attaque

L’attaque a été revendiquée par les rebelles yéménites houthis plus tard dans la soirée.

«Les forces armées (des Houthis) ont mené une opération militaire qualitative et réussie dans le cadre d’une opération baptisée Ouragan du Yémen», a affirmé leur porte-parole, Yahya Saree, dans un communiqué diffusé sur leur chaîne, Al-Massira. «Nombre de sites et installations émiraties importantes et sensibles» ont été ciblés à l’aide de missiles balistiques et de drones, d’après lui.

Les Houthis, soutenus par l’Iran, avaient à plusieurs reprises revendiqué des attaques de missiles et de drones au-delà de la frontière du Yémen, visant principalement des régions d’Arabie saoudite mais aussi des Émirats arabes unis, ce que les autorités émiraties ont précédemment démenti.

Anwar Gargash, un haut diplomate émirati, a condamné ce qu’il a appelé «l’attaque pécheresse des Houthis» dans un message lundi sur Twitter, dans une rare reconnaissance émiratie d’une attaque des Houthis contre le pays.

En septembre 2019, des frappes de drones revendiquées par les Houthis ont gravement endommagé des installations pétrolières saoudiennes d’Aramco, interrompant la moitié de la production du royaume pendant plusieurs jours.

Une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a déclaré lundi avoir intercepté plusieurs drones lancés vers l’Arabie saoudite après les attaques contre les EAU.

Les attaques de lundi – menées à près de 1.300 km du territoire contrôlé par les Houthis – sont le dernier signe en date de la manière dont la guerre, qui a tué des dizaines de milliers de personnes depuis son début il y a sept ans et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde, continue de déstabiliser la région du golfe. Elle a également montré que les Houthis maîtrisent de mieux en mieux les drones armés, dont on pense qu’ils sont fournis par l’Iran, écrit le Washington Post.

Le conflit au Yémen a commencé en 2014 après que les Houthis ont pris la capitale et évincé le gouvernement, et la violence s’est aggravée après l’intervention de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, dont font partie les Émirats arabes unis, dans les combats. La guerre a pris des éléments d’une bataille par procuration entre Téhéran et ses adversaires dans le Golfe, reflétant les tensions géopolitiques et sectaires de longue date entre l’Iran, une théocratie musulmane chiite, et les monarchies musulmanes sunnites à son ouest. Au cours des derniers mois, l’Iran a toutefois tenté d’améliorer ses relations avec des puissances régionales telles que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ce qui soulève des questions quant à cette attaque contre Abu Dhabi.

Nasraddin Amer, vice-ministre de l’information à Sanaa, la capitale yéménite, contrôlée par les Houthis, a confirmé que les forces rebelles avaient mené une attaque et a déclaré qu’elle avait été lancée en réponse à «l’escalade des EAU» à Shabwa et Marib, deux provinces contestées du Yémen. Les Émirats arabes unis ont soutenu les factions anti-Houthi dans cette guerre.

Volonté de négociation des Houthis ou démonstration de force des iraniens ?

Depuis un an, les combats se concentrent essentiellement dans la province centrale de Marib, qui abrite des infrastructures pétrolières et gazières essentielles contrôlées par le gouvernement internationalement reconnu, écrit le Washington post. L’avancée des Houthis sur Marib a provoqué une crise de de migrants et entravé les efforts internationaux visant à mettre fin à la guerre.

Plus récemment, les combats ont repris dans la province voisine de Shabwa. La semaine dernière, la brigade Giants, une force yéménite soutenue par les Émirats arabes unis, aurait annoncé qu’elle avait arraché le contrôle de Shabwa aux Houthis.

Dans ce contexte explosif, croit le Washington post, l’attaque conter Abu Dhabi constituerait un «signal» ou une «volonté de négociation» de la part des Houthis, citant Abdulghani al-Iryani, chercheur principal au Centre d’études stratégiques de Sanaa.

La réaction des Emiratis déterminera si cela entraînera une escalade majeure dans la guerre, ajoute la même source. Mais il est certain que MBZ ripostera par de lourdes frappes aériennes sur Sanaa.

Toutefois, le policy Director du think tank «United Against Nuclear Iran», Jason Brodsky, nous informe que cette attaque a une dimension locale et internationale. Locale, car elle intervient suite à la percée d’Abu Dhabi dans les localités de Marib-Shabwa et Internationale car elle profite à Téhéran, qui démontre ainsi son influence sur les centres économiques régionaux au moment que les négociations de Vienne se poursuivent.

Pour illustrer ses propos, Brodsky a retweeté une caricature menaçante, publiée dimanche par les Corps des Gardiens de la révolution islamique, montrant un compte à rebours d’un projectile vers Abu Dhabi.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.