Réunions simultanées du G4 et du G5 Sahel sur fond de lutte antiterroriste

A 24 heures d’intervalle, deux réunions d’une extrême importance se sont tenues respectivement à Bamako, au Mali, et à Séville, en Espagne, avec le même point fondamental à l’ordre du jour : la lutte contre le terrorisme. Les pays du G5 Sahel, auxquels s’est jointe la France, étaient réunis dimanche pour décider de la création d’une force militaire conjointe en appui à l’opération Barkhane. Aujourd’hui, c’est au tour des pays du G4 de se retrouver en conclave dans le sud de l’Espagne en vue d’une meilleure coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de sécurité et de lutte antiterroriste. L’Algérie est absente des deux événements.


C’est en présence d’Emmanuel Macron que le G5 Sahel s’est réuni dimanche à Bamako. Regroupant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, le G5 Sahel est un mécanisme politico-sécuritaire dont l’objectif est de coordonner et de procéder au suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité. Lors de cette réunion, le président français -dont c’est la deuxième visite au Mali en l’espace d’un mois- a annoncé les modalités du soutien de la France à la future force composée de cinq bataillons de 750 hommes – un bataillon par pays – qui s’ajoutera à la force française Barkhane et à la mission de l’ONU au Mali (Minusma) déjà déployées dans la région. Ce soutien est qualifié par l’Elysée comme «extrêmement important» et relevant d’un «effort significatif».

De leur côté, les présidents Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, le Tchadien Idriss Déby, Mohamed Ould Abdelaziz de Mauritanie, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et le Nigérien Mahamadou Issoufou se sont engagés à une contribution de 10 millions d’euros chacun, qui s’ajouteront aux 50 millions promis par l’Union européenne. La grosse part du financement est, quant à elle, assurée par Paris pour un budget global estimé à 423 millions d’euros. Ces fonds, appuyés par une logistique conséquente, pousseront les Etats du Sahel à s’impliquer directement et efficacement dans la lutte contre les différentes organisations terroristes de la région telles que AQMI, MUJAO, Boko Haram ou Al-Mourabitoune.

Ces mêmes groupements, en plus de Daech, sont dans la ligne de mire des gouvernements de l’Espagne, de la France, du Portugal et du Maroc dont des représentants sont réunis ce lundi à Séville. Au cours de cette rencontre, les ministres de l’Intérieur du G4 analysent et discutent diverses questions liées à la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, le trafic de drogue et la migration. Lors des travaux de cette réunion, qui se tiennent à huis clos, le Maroc est représenté par Abdelouafi Laftit, accompagné notamment du wali Khalid Zerouali, directeur de la migration et des frontières, la France par son ambassadeur à Madrid, Yves Saint-Geours d’Espagne, alors que l’Espagne et le Portugal sont représentés par leurs ministres de l’Intérieur respectifs, Juan Ignacio Zoido et Constança Urbano de Sousa.

En l’absence de l’Algérie, c’est le Maroc, candidat à la CEDEAO, qui joue le rôle sensible de maillon entre ces deux groupements, G4 et G5 Sahel, pour permettre aux deux espaces une meilleure coordination des actions communes, plus efficaces et plus efficientes.

LE1

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