La riche région de l’Est saoudien, berceau de la Vision 2030 : Pétrole, tourisme et prédation foncière

Sous couvert de guerre contre le terrorisme, l’Arabie saoudite mène une lutte sans merci contre des groupuscules armés à l’Est du pays. Cette région historiquement rebelle et conservatrice, ne prête pas systématiquement allégeance aux Al-Saoud, famille régnante du pays. Mais dans le cadre de la mutation culturelle voulue par le prince héritier Mohammed Ben Salmane désignée Vision 2030, toute la riche région de Dammam et de Dhahran, à forte concentration occidentale –cadres américains, britanniques, italiens travaillant pour le géant Aramco-, est l’objet de réaménagements titanesques en vue d’une transformation immobilière et touristique en profondeur. La région est destinée à devenir La Mecque du tourisme du golfe persique. Reste deux contraintes majeures : mentalité de la population locale et le foncier. Les autorités saoudiennes pèsent de tout leur poids pour transférer tout un pan des habitants d’Al Qatif vers d’autres villes en contrepartie de dédommagements financiers.

Al Awamiyah, à feu et à sang

Al Awamiyah, quartier nord de la région d’Al Qatif, à majorité chiite dans une région orientale d’Arabie saoudite régulièrement agitée par des troubles, connaît depuis plusieurs jours, des affrontements entre hommes armés et forces de l’ordre ayant fait plusieurs victimes de part et d’autre. Dans le département d’Al Qatif, les musulmans chiites, minoritaires dans ce pays majoritairement sunnite, sont toutefois prédominants.

Les chiites réclament aux autorités saoudiennes de les traiter sur un pied d’égalité avec les sunnites alors que Ryadh les accuse d’être à la solde de l’Iran.

Ces trois derniers jours, plusieurs attaques et opérations terroristes à la roquette, à la Kalachnikov et aux grenades ont secoué le quartier al-Masoura de Qatif. Des dizaines de policiers et assaillants sont tombés.

Le foncier, une contrainte majeure

La plupart des chiites saoudiens vivent dans l’Est du pays, riche en pétrole. Et c’est dans cette région stratégique qui donne sur le Golfe Persique et raccordée au Bahreïn par une liaison fixe, que se développent les futurs projets touristiques de l’Arabie saoudite qui veut transformer cet espace en attraction mondiale pour riches oisifs occidentaux. D’où une guerre sans merci sur l’assiette foncière entre tribus chiites et pouvoir central.

Discriminés, les chiites saoudiens de cette riche région de l’Est accusent Ryadh de vouloir procéder à leur encontre à une vaste opération de transfert pour baliser le terrain aux futurs investisseurs et autres Tour Operators dans le cadre de la Vision 2030 menée par le Prince héritier Mohammed Ben Salmane, homme fort du régime.

La riche région de Dammam et de Dhahran, à forte concentration occidentale, regroupant des cadres américains, britanniques, italiens travaillant pour le géant Aramco et les militaires des bases américaines, est l’objet de réaménagements titanesques en vue d’une transformation immobilière et touristique en profondeur.

#TheRedSea Sky is the limit

La région, qui est destinée à devenir la cible du tourisme de luxe mondial dans le cadre du projet grandiose Read Sea, se veut être à l’image, ou plus, des stations de Sharm el-Sheikh en Egypte, de Akaba en Jordanie, à Eilat en Israël, Dubaï aux Emirats arabes unis et Antalya en Turquie.

Chassé-croisé de et vers Ryadh


Pour ne pas irriter Téhéran, ces changements géostratégiques se font de concert avec l’Iran. Ces dernières semaines ont été fertiles de rencontres de haut niveau entre responsables saoudiens et iraniens/et ou irakiens proches de Téhéran : le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane qui a reçu le dignitaire chiite irakien Moqtada al-Sadr, le ministre de l’Intérieur Abdel Aziz ben Saoud Ben Nayef ben Abdel Aziz Al-Saoud qui reçoit le chef de l’armée Hachd Populaire chiite et la récente rencontre hautement symbolique entre les ministres saoudien et iranien des Affaires étrangères, Adel al-Jubair et Jawad Zarif.

Ces navettes annonceraient des mesures majeures qui reconfigureraient profondément une région acculée au changement sous la pression américaine et israélienne. Inquiet de ce large mouvement géopolitique, le roi du Bahrein, Hamad Ben Issa Al-Khalifa, a effectué aujourd’hui, une visite éclair en Arabie saoudite où il a rencontré le vice-roi et prince héritier Mohammed Ben Salmane qui dirige les affaires du pays en l’absence de son père le roi Salmane Ben Abdelaziz, actuellement en villégiature au Maroc.

Abdellah El Hattach

 

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