Gouvernement Macron : La fin de trente ans d’hypocrisie politique

Ni de gauche ni de droite et, en même temps de droite et de gauche. Réunissant des visages des Républicains, du Parti Socialiste, du Centre, de la société civile, de l’UDI, du Modem, des écologistes, des personnalités issues de la diversité, des sécuritaires, des hauts fonctionnaires, des (très) jeunes et des moins jeunes, le gouvernement Macron dirigé par l’iconoclaste Edouard Philippe est une réelle mosaïque politique. Gouvernement d’union nationale ? Pas si sûr. Gouvernement pluriel ? Encore moins sûr. Il s’agit, selon Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l’Intérieur et de la Défense, d’une «recomposition qui met un terme à trente ans d’hypocrisies et de faux-semblants». Pour ce vétéran de la classe politique française, «le système fondé sur l’alternance du pareil et du même» a définitivement capoté. LE1 a décidé de vous reproduire l’excellente lecture du sage Chevènement publiée aujourd’hui sur son site web juste après l’annonce de la composition du nouveau gouvernement français.


Le gouvernement Philippe met un terme à trente ans d’hypocrisies et de faux-semblants

La répartition des portefeuilles au sein du gouvernement d’Edouard Philippe qui fait une place très substantielle à des ministres issus de la droite et du centre, illustre la profondeur de la recomposition politique qu’a voulue Emmanuel Macron.

Une ère se clôt : cette recomposition met un terme à trente ans d’hypocrisies et de faux-semblants. Le système fondé sur « l’alternance du pareil et du même » a turbulé.

Le paradoxe de la situation tient à ce que le gouvernement d’Edouard Philippe concentre, à gauche et à droite, la quintessence des élites formées à la Doxa maastrichtienne au moment où, justement, le système que symbolisait Maastricht est arrivé à son épuisement. En effet, les problèmes qui ont mis la construction européenne en crise demeurent : déficit démocratique, Brexit, fragilité de la monnaie unique, chômage de masse dans les pays de l’Europe du Sud, insuffisance de la croissance dans la zone euro, réfugiés et migrants, enlisement en Ukraine, etc.

Les héritiers de dogmes européistes ou atlantistes obsolètes vont devoir s’en dégager, car tel est le prix de la réussite. Ils doivent ensemble s’affranchir des tabous d’une vision du monde dépassée pour ouvrir, comme l’a dit le Premier ministre, « une voie difficile et risquée », celle de la réussite, pour eux-mêmes mais aussi, et avant tout, pour la France.

C’est pourquoi je forme tous mes vœux pour la réussite du nouveau Président de la République et pour celle de son gouvernement. Il leur faudra, pour cela, beaucoup d’audace, car sans audace point de salut !

Jean-Pierre Chevènement

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