Donald Trump en Arabie saoudite : Le hold-up du siècle !

Le roi Salmane Ben Abdelaziz d’Arabie saoudite, accompagné du président américain Donald Trump et de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement de pays musulmans ont inauguré dimanche, à Ryadh, le “Global Center for Combating Extremist Ideology” -Centre international pour la lutte contre les idéologies extrémistes. Le but de ce centre, qui vient couronner les travaux du premier sommet Etats-Unis/Pays musulmans, est le suivi et l’analyse des médias de tout genre, ainsi que les réseaux sociaux, en vue de s’assurer qu’ils soient exempts d’idéologies terroristes. Mais l’événement le plus marquant a eu lieu la veille, samedi. Le Saudi-U.S. CEO Forum a réuni l’establishment économique saoudien et son homologue américain et mobilisé la crème des CEO US pour s’achever par la signature de méga-contrats d’une valeur de 400 milliards de dollars dont 110 libérables immédiatement.

Pour la première fois de leur histoire, les Etats-Unis et l’Arabie saoudite signent un accord écrit. Pour la première fois de l’histoire américaine, presque tout le gotha du Nasdaq et de Wall Street a fait le déplacement à Ryadh pour signer de juteux accords avec les saoudiens. Il est effectivement extrêmement rare de voir réunis autour du président américain les top executives du NYSE pour signer des contrats mirobolants à même de garantir la création de centaines de milliers d’emplois aux Etats-Unis. C’est chose faite à Ryadh : Jamie Dimon, patron de JPMorgan Chase & Co., Steve Schwarzman, CEO de Blackstone Group LP CEO, Marillyn Hewson, numéro un de Lockheed Martin Corp., Steven Demetriou, patron de Jacobs Engineering Group, Dennis Muilenburg, président de Boeing, entre autres patrons de General Dynamics Corp. et Raytheon Co.’s, avec à la clé 400 milliards de dollars de commandes et un accompagnement tous azimuts de la Vision 2030.

L’Arabie Saoudite, qui veut s’affirmer comme la base alliée et la porte d’entrée des intérêts américains dans la région, se trouve ainsi coincée entre l’hégémonie des Etats-Unis qui reviennent en force sur le plan militaire et du renseignement, et la ‘menace’ iranienne qui était le point central de l’ordre du jour du sommet USA/pays musulmans. Téhéran est accusée par les saoudiens de menacer la stabilité intérieure du royaume et d’être l’instigateur de tous les conflits de la région.

Aujourd’hui, les Etats-Unis vont booster l’activité de leur complexe militaro-industriel et garantir une paix sociale et politique à Washington, le tout payé cash par les saoudiens et les émiratis. Pour financer tout ça, Ryadh est tenue de mener la plus grande opération de privatisation de ses fleurons industriels, dont principalement le géant ARAMCO, avec à l’horizon quelque 200 milliards de dollars de revenus pour le compte de l’Etat qui va les dépenser illico dans la lutte antiterroriste à travers le financement du Global Center for Combating Extremist Ideology, une sorte de NSA bis spécialisée dans le tracking des mouvements extrémistes au Moyen-Orient et en Afrique du nord.

Avec une tendance haussière du prix du baril de pétrole grâce à une nette baisse de la production des pays de l’OPEP, l’Arabie saoudite peut compter sur des revenus supplémentaires pour combler ses graves déficits et satisfaire le grand appétit américain aux dépens de son développement. Même si l’ambitieux programme Vision 2030 a été justement mis en place pour réduire la dépendance saoudienne du pétrole et développer des ressources alternatives pour relancer les secteurs de la santé, de l’éducation, des infrastructures et du tourisme à l’instar de ce qui se fait à Dubaï.

Avec 400 milliards de dollars en poche, Donald Trump s’est immédiatement dirigé vers Israël, non seulement pour se recueillir sur le Mur des Lamentations comme il l’a fait une fois arrivé à Al-Qods occupée, mais également et surtout pour assurer à l’Etat hébreux le plein engagement de Washington à garantir sa sécurité et sa pérennité et à soutenir son droit à l’expansion et à la colonisation.

Abdellah EL HATTACH

Abdellah El Hattach

Abdellah El Hattach

Directeur de publication at LE1
Directeur de publication du www.le1.ma . Consultant en relations publiques . Editorialiste et analyste politique . Ancien journaliste au sein des publications arabophones Al-Massae et Al-Akhbar, et ancien Directeur de la Rédaction de l’hebdomadaire francophone PUCE MAGAZINE . Ancien correspondant de plusieurs agences de presse internationales
Abdellah El Hattach
Abdellah El Hattach

Directeur de publication du www.le1.ma . Consultant en relations publiques . Editorialiste et analyste politique . Ancien journaliste au sein des publications arabophones Al-Massae et Al-Akhbar, et ancien Directeur de la Rédaction de l’hebdomadaire francophone PUCE MAGAZINE . Ancien correspondant de plusieurs agences de presse internationales

2 Comments

  1. Trump en Arabie saoudite a réussi le hold up du siècle en faisandant une bande de chameliers qui par leur doctrine Wahabiste sont les vrais responsables du terrorisme islamiste a travers le monde.
    Remonter les Sunnites contre les Chiites, c’est bien l’objectif, en accusant les Iraniens de tous les maux dans la région par je ne sais quel croissant Chiite qui vise l’hégémonie de l’Iran sur la région en voulant faire d’une pierre deux coups, satisfaire l’état d’Israël qui combat le Hezbollah libanais au Nord et les saoudiens embourbés dans le conflit les opposants aux houtis du Yemen armés par l’Iran, ainsi que les Alaouites Syriens.
    Et DAECH c’est qui ?
    Ne serait il pas une création pure des chameliers de Riyad pour combattre l’Iran dans la région, l’avenir nous le dira !

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