Comme Juan Carlos en 1981, Felipe VI appelle à l’affirmation de l’Etat de droit en Espagne

À événement exceptionnel, sortie exceptionnelle. Le référendum pour l’indépendance de la Catalogne a été vécu par une partie des Espagnols, establishment en tête, comme une tentative de coup d’Etat. Ce qui a poussé le pouvoir à Madrid à chercher l’appui personnel du Roi Felipe VI en vue d’éteindre les flammes de ce que l’on peut désigner comme étant la plus grande crise politique que traverse le pays depuis le retour à la démocratie il y a quatre décennies.


Comme l’avait fait son père, le Roi Juan Carlos Ier, en 1981 quand il appelé les Espagnols à l’unité et un retour au processus démocratique suite à la tentative de putsch perpétrée par une junte militaire composée de 200 membres de la Guardia Civil emmenés par leur colonel, Felipe VI, faisant face au plus grand défi de son règne, a lui aussi appelé à faire prévaloir l’état de droit.
Le roi d’Espagne a dénoncé le comportement irresponsable des catalans qui ont mené cette tentative de sécession et a reconnu que le pays traversait une crise majeure et difficile.

Fustigeant les indépendantistes, Felipe VI a accusé les sécessionniste de mettre en danger la stabilité de la Catalogne et de tout le pays.

C’est ainsi qu’il a souhaité un retour immédiat au droit et à l’esprit de la Constitution espagnole.

De leur côté, les dirigeants séparatistes ont dénoncé le discours du Roi et ont menacé de prendre des mesures unilatérales si Madrid n’engage pas rapidement des négociations de fond sur l’avenir de la Catalogne qui a vécu ce mardi un jour de grève générale qui a paralysé presque la totalité des activités dans la province : port de Barcelone fermé, marché de gros rideaux baissés, routes bloquées…et des centaines de milliers de catalans étaient aujourd’hui dans les rues pour dénoncer les violations policières du dimanche dernier lors du scrutin référendaire, et qui ont fait, selon les autorités autonomes, plus de 800 blessés.

Sur fond de perspective sécessionniste, et malgré les menaces du pouvoir central, il s’agit réellement d’une crise profonde : 90% des votants au référendum ont dit oui à l’indépendance et la plupart des sondages vont dans ce sens. Madrid est devant un sujet épineux, complexe, voire inextricable.

Si la crise ne peut (et ne devrait pas) être résolue par la force, elle le sera certainement par consensus et dans le cadre de l’Europe. À défaut, l’Espagne risque l’éclatement dont on ne mesure même pas l’impact et les dommages collatéraux sur le voisinage.

Abdellah El Hattach

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